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Exclu !

Publié le par Claude Léa Schneider

Exclu !

Club Sandwich n° 24 du 19 mars 2017

Exclu !

Exclu ! Depuis quelques temps je reçois sur mon mobile ce message de la part d’enseignes commerciales auxquelles j’ai eu la faiblesse de céder mes coordonnées. Ou peut-être qu’elles m’ont été extorquées à la faveur d’une promo bidon.

Et pourquoi je suis exclu/e, je me demande ? qu’est-ce que j’ai fait ?

 Non, erreur ! il ne s’agit pas du participe passé du verbe exclure, d’une injonction qui m’enverrait immédiatement sur le banc de touche ! il s’agit du nom exclusivité radicalement tronqué et raccourci à  deux syllabes. Ex-clu ! Exclu= Exclusivité !

 

Ah bon ! Ce n’est donc pas une mise au ban de la société, mais au contraire une invitation qui me montre que je fais partie d’un petit nombre de privilégiés partageant des privilèges privilégiants, des bonus bonifiants, des avantages avantageux, des faveurs favorisantes, des droits exclusifs dont je peux jouir, une prérogative de client privilégié, avec mes points, mes coups de tampons, mes croix, mes étoiles, mes cœurs, mes smiley, ma carte VIP, ma « favor box », mon statut Gold Platine Diamant, tout l’arsenal de la « walkcast fidélisation ». « Encore une fois, la fidélité est une question d’émotion, pas de rationnel, et le fait d’offrir des bonus vous fait toucher l’émotionnel et fidéliser vos clients ».

J’adore ces conseils donnés aux professionnels qu’on trouve sur les sites de marketing (en cherchant bien).http://www.conseilsmarketing.com/fidelisation/comment-augmenter-la-fidelite-de-ses-clients-walkcast-fidelisation-3

 

Donc le texto « Exclu » est destiné à toucher mon émotionnel, parce que je suis  un consommateur délicat, une célibataire exigeante, une internaute distinguée, un fin  connaisseur, ah ah,  à moi, à ma petite personne, on ne fourgue pas n’importe quoi ! Je suis le destinataire de cette vente privée, de cette soirée exclusive, de cet eugénisme consumériste, de cet entre-soi groupé, groupons, groupons, mais entre nous,  pour cette exclusivité exclusive et excluante. Ce n’est pas tant l’argent qui peut-être économisé, mais c’est surtout que ça flatte, ça bichonne mon petit ego !

Et tout ça n’est rien d’autre qu’une version moderne de la chanson : J’ai du bon tabac dans ma tabatière, j’ai du bon tabac, tu n’en auras pas ! A consommer avec modération, bien sûr ! https://fr.wikipedia.org/wiki/J%27ai_du_bon_tabac

 

Ça veut que quand je peux avoir quelque chose que les autres n’ont  pas, j’en profite davantage ? !!! Non, mais tu te rends compte de ce que tu dis ?

Et ce texto qui me classe parmi les élus- bon d’accord il y a 200 000 clients ont reçu le même- il me distingue du peuple ! « Peuple, peuple, populace, piteux troupeaux de péquenots, tu pues, pollues et me répugnes » comme disait Didier Bourdon dans le sketch des exercices d’articulation du ministre des Inconnus,

https://www.youtube.com/watch?v=MiD8oCnwlyw

 ou bien Odi profanum vulgus et arceo, comme dirait Julie, et aussi le poète Horace : « Je hais la foule profane et je la tiens à l’écart ». 

Qui veut des passe-droits ? Moi ! moi ! moi ! et déjà plein de mains se lèvent, à l’Assemblée Nationale, dans le monde politique ?  oui, d’accord, mais pas que !

Parce que « j’ai un beau-frère qui connaît untel qui va te faire sauter ta contravention ».

Parce que « tu lui téléphones et tu lui dis que c’est de ma part, tu vas voir qu’il va te faire passer avant les autres. »

Parce que « si vous me remettez discrètement une enveloppe de 3000 €, non déclarée à la Sécu, je peux vous opérer dans les 8 jours », etc etc …

Tout le monde veut son tour de faveur, son affranchissement, sa dispense, qui empiète, qui usurpe, qui outrepasse dans un tour de passe-passe, oh ! parce que moi, oh  oh ! j’ai le bras long !

Parce que chacun  veut une exemption exemptante, une prérogative prérogativante, une immunité immunisante, un apanage apanageant en eaux troubles, un monopole monopolisant, anabolisant, une justice pour les autres, mais pas pour moi !

Parce que je ne suis pas un gugusse,  je veux des bonus,  un numerus clausus, comme un nommé russe, unique homo oligarcus, sinon gare au virus ! et cet autre olibrius qui me prend mon monopolus gazus, il est bon pour le collapsus dans les geôles russes !

Exclu = exclusivité ? Non : exclu = exclusion !

C’était ma chronique morale à la manière d’un sermon de Bossuet.

La prochaine fois je vous parlerai de la célibataire exigeante à la façon d’un caractère de La Bruyère.

Publié dans Chroniques

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La Corne de Rhinocéros

Publié le par Claude Léa Schneider

La Corne de Rhinocéros

Club Sandwich n°23 du dimanche 12 mars

La Corne de rhinocéros

Vince, 4 ans, a pris trois balles dans la tête alors qu’il dormait paisiblement à côté de Gracie, 37 ans, et Bruno, 5 ans. Nulle doute que la respectable et volumineuse Gracie se serait sacrifiée pour épargner le jeune Vince, mais elle n’a pu que mettre en fuite les odieux braconniers qui ont quand même eu  le temps de tronçonner une des deux cornes de Vince, le jeune rhinocéros de la réserve africaine du parc animalier de Thoiry.

Pour paraphraser Oscar Wilde qui détestait la chasse à courre et la chasse tout court, et définissait un « gentleman anglais galopant après un renard » comme « l’innommable à la poursuite de l’immangeable », je dirais que de tels braconniers sont « des affreux d’Asie à la poursuite des affreudisiaques. »

Entre  25.000 et 200.000 euros la corne sur le marché sombre des aphrodisiaques. Pour quels mâles en mal de mâlitude et de puissance?  On se le demande ! Faire ça la veille de la journée internationale de la Femme, y en a des qui ont encore rien compris !

La Corne de Rhinocéros

Mais cette triste histoire de corne de rhinocéros m’a rappelé un album éponyme des Aventures de Spirou et Fantasio, La Corne de rhinocéros, un album de 1955 toujours réédité chez Dupuis, parce que, comme on le voit, il est encore d’actualité.

Ça m’a donné l’idée de reprendre la collection des aventures de Spirou et j’ai pensé qu’à la rédaction du Club Sandwich, on pourrait se cotiser pour en envoyer  quelques exemplaires dédicacés à certains de nos contemporains, du monde politique et du monde mondial.

Allez, vous pouvez jouer avec moi, je vous donne un titre- je précise que tous les titres sont ceux  de vrais albums de Spirou -vous me proposez des destinataires et après je vous dis ceux que j’ai choisis.

Pour écouter les noms proposés par Christophe et toute son équipe, c'est par  ici, en écoutant le podcast de l'émission :

La Corne de Rhinocéros

 Titres

Des faciles et des pas méchants :

1 Du Cidre pour les étoiles

2 Des Haricots partout

3 Touchez pas aux rouges-gorges

4 La Boîte noire (vous me pardonnerez cet humour noir)

5 Les Pirates du silence

6 Une curieuse ferme

Plus vache, justement, en politique française :

7 Panade à Champignac

8 Tora-Torapa

9 Les petits formats

10 La mauvaise tête

11 Le singe bleu

12 Le Marsupilami descend sur la ville

13 Les Patins téléguidés

14 Le Royaume de Rakiki

15 Le Repaire de la murène

16 Le Gorille a bonne mine

17 L’Homme invisible

18 La Vallée des bannis

19 Le Faiseur d’or

20 Le Groom du  président

21 Vacances sans histoires

La Corne de Rhinocéros

Suggestions de destinataires : 1 À Thomas Pesquet  ;  2 Aux écologistes ; 3 Aux anti-spécistes ; 4 Aux familles des disparus du vol MH370 de Malaysia Airlines qui lancent une collecte de fonds pour la poursuite des recherches, les pauvres gens... ; 5 à tous les lanceurs d’alerte, avec nos remerciements ; 6 à celle des 1000 vaches ; 7  Au maire de Sablé-sur-Sarthe ; 8  À Alain Juppé ; 9 Au Parti socialiste ; 10 À Mélanchon ; 11 À l’hologramme de Mélanchon ; 12  À Emmanuel Macron ; 13  à François Bayrou ; 14  À Jacques Cheminade ; 15  Au siège du FN ; 16 Aux assistants parlementaires du FN  ; 17 À François Coppé ; 18 Aux candidats à la présidentielle dont les médias ne parlent jamais ; 19 À tous les candidats à la présidentielle, au cas où l’un trouverait la formule ; 20 À Gaspard Gantzer, vous savez, celui qui a fait dire à F. Hollande, après la projection du documentaire d’Yves Jeuland : «  Je trouve que l’homme à lunettes à côté de Gaspard est très bien. » ; 21  À François Hollande, à partir de juin 2017.

La Corne de Rhinocéros

Allez, on envoie plus loin, plus large :

Cette fois je vous propose directement mes destinataires

Spirou découvre l’Europe

 à tout citoyen britannique qui se rend sur le continent

Le Fils du milliardaire

Envoi en nombre à Dubaï et ailleurs ...

La Foire aux Gangsters

à pas mal de monde

Le Champignon nippon

à Shinzo Abe, pour le champignon de transpiration qui lui a poussé sur la paume après sa très longue poignée de main avec Donald Trump

La Peur au bout du fil

Aux femmes du  secrétariat de la Maison-Blanche

Le Dictateur et le champignon

Je précise que c’est  un champignon hallucinogène : à Kim Jong-Un 

La Menace

À Erdogan

Bravo les Brothers

Aux frères Kaczynski, enfin à celui qui reste

Z comme Zorglub

à P comme Poutine

L’Ombre du Z

À Medvedev

Le Réveil du Z

à l’Amicale des Anciens du KGB

QRN sur Bretzelburg

à l’Amicale des Anciens de la Stasi

Le Gri-gri du Niokolo-Koba

À l’Amicale des Anciens de la Françafrique

Kodo le Tyran

On a le choix, et la  liste s’allonge

Virus

À votre ennemi intime

Panique à la rédaction

Au Club Sandwich !

La Corne de Rhinocéros

  • Un petit PS : au sujet du trafic de cornes de rhinocéros et surtout de défenses d’éléphants, (re)lisez donc Les Racines du Ciel de Romain Gary.

Pour en savoir davantage sur le Rhinocéros d'Albrecht Dürer, suivez le lien :

Publié dans Chroniques

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Caravane de la Mémoire

Publié le par Claude Léa Schneider

Caravane de la Mémoire

Bonjour à tous,

Qui n’a pas, à l’occasion d’une visite d’un parent dans une maison de retraite, été stupéfait d’observer comment une personne âgée peu valide retrouve, lors d’une animation, toute sa mobilité et ses réflexes pour danser une valse ou un tango …

Eh bien il y a  des personnalités lumineuses qui sont allées  bien au-delà de cette simple observation et qui en ont fait tout un concept qui nous donne de l’espoir en nous faisant passer de la maladie d'Alzheimer à "la Mélodie d'Alzheimer",  il s’agit du projet nomade "La Caravane de la Mémoire.

 

C'est pourquoi, pour le n° 52 du Mot sur la Main, je reçois :

Anne Bramard-Blagny, grande voyageuse, documentariste, créatrice d’ABB Reportages,  productrice de plus de 200 documentaires avec sa fille Julia Blagny, elle-même «réalisatrice voyageuse ».

Pour en savoir davantage  :

ainsi que France Mourey, Docteur de l’Université de Bourgogne, chercheur à l’INSERM/STAPS à l’Institut Jules Marey, spécialiste en motricité dans la maladie d’Alzheimer.

Pour en savoir davantage :

Elles nous présentent toutes deux "La Caravane de la Mémoire : de la maladie ...à la Mélodie d'Alzheimer", une action de grande ampleur, dont elles sont tout à la fois les initiatrices et les locomotives, action  conduite à partir du 12 mars 2017 à Dijon, en Bourgogne et en Argentine et vous trouverez le compte à rebours complet en fin d'article.

Caravane de la Mémoire
Caravane de la Mémoire

Qu'est-ce que La Caravane de la Mémoire ? Ecoutez notre émission en podcast sur le 100.0 FM pour le découvrir.

Mais en voici les grandes lignes :

“Cinq années de présence « Musique et Tango » dans des unités accueillant des personnes atteintes de maladie de type Alzheimer ont permis à l'équipe de ABB REPORTAGES de réaliser des documentaires et programmes courts afin de poser le rôle de la Musique, du Mouvement et du Tango sur cette maladie."

 

"La Caravane de la Mémoire, c'est l'itinérance organisée et engagée d'artistes pour apporter des notes, des pas, des souvenirs, des projets d’avenir d’ateliers et spectacles..Ils animent une formation aux aidants dispensée à l’Institut Marey de Dijon pour que ce projet novateur et efficace, une fois initié, perdure”

Tout cela demande de convaincre, d'initier, de développer,  de trouver des fonds... car ce programme c'est :

  • 1 documentaire
  • 44 programmes courts
  • 1 formation
  • Des ateliers Musique et Tango
  • 1 Symposium à Buenos Aires
  • 1 quinzaine d’étapes
  • et d'autres actions en cours ...

 Petite parenthèse : pour ma part, j'ai beaucoup appris sur   Etienne-Jules Marey (né à Beaune en 1830 et mort à Paris en 1904) et sur  tout ce que lui doivent les effets spéciaux d'aujourd'hui dans la relation entre  image et mouvement,  grâce à ce documentaire.

 

Le podcast du n° 52 du Mot sur la Main se trouve ici :

http://www.radio-cultures-dijon.com/podcasts/le-mot-sur-la-main-caravane-de-la-memoire-199

Pour participer au Crowfunding Cocoricauses :

https://cocoricauses.org/projects/be743944-5ff6-4175-8f57-9d56bb1c450c/la-caravane-de-la-memoire-de-decize-a-baigneuxlesjuifs

Lisez, écoutez, réagissez, participez, exprimez vos réactions : à très vite !

 

La 1ère partie du programme complet : mars, avril, mai, juin 2017.
La 1ère partie du programme complet : mars, avril, mai, juin 2017.

La 1ère partie du programme complet : mars, avril, mai, juin 2017.

Mettez-vous donc au tango pour le plaisir d'aujourd'hui et l'espoir des vieux jours ! "J'oublie tout, sauf le tango"

Le générique des Allegro d'Alzheimer : "Allegro con fuoco, all' ungherese" du "Quatuor à cordes" de Maurice Emmanuel, interprété par l'ensemble Stanislas. (Référence : Timpani / 1C1167) 7 :18

« Libertango » de Piazzolla, Interprété par Sara Chenal au violon et Olivier Pelmoine à la guitare. SanTelmo - Duo Cordes et Ames Référence : Skarbo 3 :12

« Adios nonino » de Piazzolla, Interprété par "L"Orquestra de Cambra Teatre Lliure" dirigé par Pablo Mainetti. Référence : Harmonia mundi France / LC7045 8 :13

"Café" de Piazzolla Interprété par Sara Chenal au violon et Olivier Pelmoine à la guitare. SanTelmo - Duo Cordes et Ames Référence : Skarbo 6 :32

Et aussi les jeunes !

Caravane de la Mémoire
Caravane de la Mémoire

Publié dans Le Mot sur la Main

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C'est toujours mieux après

Publié le par Claude Léa Schneider

C'est toujours mieux après

Club Sandwich n°22 du dimanche 5 Mars 2017

« La fiabilité des souvenirs, comme chacun le sait d’expérience, ne vaut pas grand-chose. »

C’est avec ce rappel à l’ordre psychologique que le poète et essayiste allemand,  Durs Grünbein, de passage à Dijon en février dernier,  commence son livre … de souvenirs, justement !

Tu dis :  C’était mieux avant ! mais avant quoi ?

Ça fait près de 70 ans qu’Anny Cordy chante, danse et joue la comédie, ce qui d’ailleurs finit par forcer l’admiration. En 1974  elle chantait La bonne du curé, et elle le chante toujours, tu vois qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Prends conscience de la pérennité des choses.

A propos de curés, à cette époque on ne savait pas grand-chose sur la pédophilie ecclésiastique, au moins aujourd’hui la vérité sort de la vase et vient crever en bulles à la surface.

Oh les belles années 50 …. les Français travaillaient beaucoup et gagnaient peu. Pour la grande majorité des Français : pas de voiture, pas de téléphone, pas de télévision, pas de salle de bains, pas de machine à laver …

Oh les belles années 50 : si je  transpose en euros pour qu’on se rende compte : un ouvrier gagnait la valeur de 90 € par mois quand un transistor en coûtait 38,  soit plus du tiers de son salaire …

C'est toujours mieux après

Ah les belles années 60 … Aujourd’hui on sodomise peut-être à la matraque, je te rappelle que le 17 octobre 1961, on a jeté des Algériens dans la Seine et  que la police de Paris dont le chef était Maurice Papon, lequel avait organisé la déportation des juifs en Gironde entre 1942 et 1944 et qui a été jugé plus tard pour complicité de crimes contre l’humanité, avait donné l’ordre de tirer à vue sur les manifestants algériens qui ne réclamaient rien d’autre que leur indépendance. Et que le nombre de morts n’a toujours pas été établi officiellement. Mais  Papon est mort de vieillesse à 96 ans en 2007.

Ah les belles années 60 … Guerre d’Algérie,- un million et demi de jeunes appelés-, attentats de l’OAS, guerre du Vietnam, guerre du Biafra, guerre des Six Jours, plus toutes celles que j’oublieCombien de morts déjà ?

Tu dis qu’avoir 20 ans en 2017, ce n’est pas facile : mais rappelle-toi qu’en 1914, ce n’était pas drôle non plus, ni en 1939, ni entre 1954 et 1962: d’Avoir 20 ans dans les Aurès. Si un jour tu as l’occasion de voir ce film de René Vautier, très peu diffusé, malgré son prix au Festival de Cannes en 1972, tu ne l’oublieras jamais, je t’assure.

Ah les belles années 60… et la construction du mur de Berlin, l’assassinat de Kennedy et  de Martin Luther King,  la dictature des colonels en Grèce, Nelson Mandela condamné à perpétuité, les essais nucléaires français et le bétonnage du littoral.

Ah les belles années 60 …où on n’était majeur qu’à 21 ans et où pouvait mourir d’aimer.

C'est toujours mieux après

Oh les belles années 70… et  la grâce accordée à Paul Touvier (voir Maurice Papon plus haut), ses négationnistes,  ses créationnistes, son extrême-droite qui s’installe et  la censure d’Hara Kiri, ancêtre de Charlie Hebdo.

Oh les belles années 70… et l’introduction des stock-options dans les sociétés, la libération progressive des marchés financiers et les  belles centrales nucléaires.

Oh les belles années 70… avec ses manifestants du Larzac qu’on n‘écoutait pas davantage que ceux de ND des Landes … On croyait dur comme fer de Lorraine- qu’on était déjà en train de licencier- que notre salut était la croissance.

Oh les belles années 70 … et l’expansion du chômage et ses années de plomb, pas seulement en Italie.

Tiens, et hop ! puisque je publie cet article le 8 mars...et qu'encore aujourd'hui en France une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon. (source Télérama n°3504, p 26)

Tiens, et hop ! puisque je publie cet article le 8 mars...et qu'encore aujourd'hui en France une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon. (source Télérama n°3504, p 26)

Ah les belles années 80… et la chute rapide de la dégradation de l’environnement, ses grosses catastrophes pas si naturelles que ça, et ses catastrophes clairement écologiques, Bhopal, Tchernobyl, etc … Combien de morts déjà ?

Ah les belles années 80… et les attentats de l’IRA, la guerre des Malouines, la guerre Iran-Irak, la guerre du Liban, la Valse avec Bachir, plus tout ce que j’oublie … Combien de morts déjà ?

Ah les belles années 80…. et l’apparition du sida. Combien de morts déjà ?

Ah les belles années 80… Ronald Reagan, Margaret Thatcher et le flanc ouvert au libéralisme sauvage.

Ah les belles années 80… la progression de la misère et l’ouverture par Coluche des Restos du cœur, aujourd’hui plus que jamais nécessaires.

C'est toujours mieux après
C'est toujours mieux après

Oh les belles années 90… et ses guerres en Yougoslavie, en Tchéchénie, au Congo, au Libéria, en Sierra Léone, la guerre civile en Algérie, le génocide des Tutsis au  Rwanda, plus tout ce que j’oublie … Combien de morts déjà ?

Oh les belles années 90…. et leurs sommets écologiques dont les décisions ne sont pas suivies d’effet : Sommet de Rio, Protocole de Kyoto, Forum de l’eau …

Oh les belles années 90… ses séismes, ses cyclones, ses ouragans, ses OGM  et ses famines …… Combien de morts déjà ?

Un petit tour dans les années 90 ? Lisez ces deux excellents livres d'Andréï Kourlov, écrivain ukrainien russophone, venu à Dijon il y a 3 ans pour le festival Clameurs.
Un petit tour dans les années 90 ? Lisez ces deux excellents livres d'Andréï Kourlov, écrivain ukrainien russophone, venu à Dijon il y a 3 ans pour le festival Clameurs.

Un petit tour dans les années 90 ? Lisez ces deux excellents livres d'Andréï Kourlov, écrivain ukrainien russophone, venu à Dijon il y a 3 ans pour le festival Clameurs.

Ah les belles années 2000… considérées comme les moins violentes depuis 1840, moins de 1 million de tués par des violence d’Etat, dit Wikipédia... certes, mais rappelle-toi : le 11 septembre, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Irak, le Darfour, et  en toile de fond de tout ça le permanent conflit israélo-palestinien, la dégradation accélérée de l’environnement, plus tout ce que j’oublie… Combien de morts déjà ?

Bon, je  continue ou on s’arrête là ?

En vérité il n’y a pas d’âge d’or, il y avait ta jeunesse passée, dont tu es peut-être nostalgique, mais crois-moi la nostalgie, c’est un très très mauvais plan.

Ou ta jeunesse présente, dont le propre est la peur de l’avenir, mais ça c’est dans l’ordre des choses.

En vérité « C’est toujours mieux après coup » parce que du temps passé, c’est du temps que l’on est sûr d’avoir vécu. C’est du "déjà ça de gagné". C’est déjà un morceau de nous  que Poutine, Trump ou un autre n’aura pas.

« Encore un que les Prussiens n’auront pas ! » disait déjà, à la fin d’un bon repas, mon arrière-grand-mère que je n’ai pas connue.

C'est toujours mieux après

En France et en Europe, il y a eu des périodes de quasi plein-d’emploi, et tu as raison, c’est certainement là le plus important de tout, mais tu ne m’empêcheras pas de ne pas aimer ces 30 glorieuses de certitudes, d’idéologies, d’enfermement dans le culte d’un progrès, dont on s’aperçoit maintenant qu’il n’en était pas un. Au moins aujourd’hui, on sait mieux se poser des questions, même si on n’a pas toujours les réponses.

Je ne veux pas me prendre pour Hannah Arendt, mais tout de même, le 20ème siècle a banalisé, industrialisé et mondialisé la barbarie pour les hommes, comme pour les bêtes.

On le voit aujourd’hui, le « plus jamais ça » tient à peine une génération, et après ça recommence. Plus loin on est allé dans l’escalade de la barbarie, aussi longtemps on devra la supporter.

Alors "Carpe diem quam minimum credula postero", comme dirait Julie, et comme disait déjà  le poète Horace vers 22 avant Jésus-Christ.

Mais pourquoi je te raconte tout ça ?! Mais parce que, chaque année, tu me dis que  c’est l’an pire, alors je contre-attaque !

Et le podcast complet de l'émission, c'est ci-dessous. A très vite !

http://www.radio-cultures-dijon.com/podcasts/club-sandwich-emission-du-dimanche-5-mars-2017-209

Publié dans Chroniques

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Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école

Publié le par Claude Léa Schneider

Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école

Paradoxe : alors que nos enfants  vont parfois à l'école à reculons, il y a, de par le monde, des enfants que la soif d'apprendre fait parcourir quotidiennement des kilomètres à pied  au milieu de tous les dangers pour aller à l'école.

Pour Le Mot sur la Main  n° 49 consacré au bilan de  la Semaine de la Solidarité internationale en Côte d'Or, consacrée cette année aux "Chemins de l'Ecole", je reçois :

  • Claude Vielix, président de la Semaine de la Solidarité internationale  21 (SSI21)
  • Françoise Duguet : présidente de la Cimade Bourgogne-Franche Comté, jusqu'en 2013, actuellement bénévole et membre élu du Conseil national
  • Didier Thomas, président du CCFD Terre Solidaire Côte d’Or

Pour télécharger le dossier :

 

Les objets "fétiches" de nos invités.
Les objets "fétiches" de nos invités.
Les objets "fétiches" de nos invités.
Les objets "fétiches" de nos invités.

Les objets "fétiches" de nos invités.

  • Le SSI21 a regroupé un nombre très important d'associations dont les actions ont été centralisées et relayées par Bourgogne Coopération, organisme  piloté par Timothée Romain http://www.bourgognecooperation.org
  • Le Rectorat a également joué un grand rôle dans les actions auprès des scolaires.
  • Cette "semaine" de solidarité internationale s'est en fait déroulée sur plusieurs semaines en Côte d'Or
  • L'exposition  au Cellier de Clairvaux a attiré plus de 700 adultes et 600 scolaires, soit plus 1300 visiteurs.
  • 250 personnes ont profité du programme cinéma dédié.
  • 7500 jeunes ont bénéficié de "Repas du Monde" dans les restaurants scolaires.
  • Le bilan est donc un succès

 

 

 

Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école

Quelques-uns des thèmes dont nous débattons dans l'émission (dont vous trouverez le podcast à la fin de cet article.)

  • Qu'en est-il de la solidarité internationale, alors qu'il y a si peu de solidarité nationale, sans parler de la solidarité européenne ?
  • Rappel de la longue tradition en France des Club UNESCO fondés en 1956
  • Peut-on vraiment définir des droits humains universels face à la diversité des peuples ?
  • Droit à l'école : il y a actuellement dans le monde 57 millions d'enfants non scolarisés. Pourquoi il y a urgence à en informer.
  • Analyse de situations particulièrement alarmantes :
  • la situation des filles, les dangers liés aux changements climatiques, des droits universels bafoués,
  • Les actions qui marchent, en particulier le partenariat d'échange de jeunes à jeunes.
  • Les actions concrètes de la SSI en Côte d'Or :
  • Pour en citer quelques-unes :
  • Expositions, films documentaires :  "Les chemins de l'école", "Quand la rentrée scolaire est une galère", "Le Volontariat de Solidarité internationale en photos" ...
  • Des projections et débats organisés par la DCC, CUCDB, le festival  Migrant'scène...
  • L'éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale par l'action "Repas du monde" dans les restaurants scolaires ..

 

Pour une des pauses musicales, j’ai choisi un chemin vers les écoles de musique. Je vous propose d’écouter, Gustavo Dudamel, ce tout jeune chef vénézuélien que vous avez peut-être vu à la TV le 1er janvier 2017 pour la retransmission du concert du nouvel an à Vienne.

C’est actuellement l’un des chefs d’orchestre les plus populaires. Il a lui-même appris le violon à 10 ans grâce au programme vénézuélien d'éducation musicale El Sistema et à L'Orchestre symphonique des jeunes du Venezuela Simón Bolívar, qui exerce une activité sociale et solidaire puisqu’elle permet aux enfants plus démunis de pratiquer la musique classique.

Chaque enfant désireux de jouer reçoit un instrument, et avec l’aide d’un tuteur peut commencer très vite à pratiquer plusieurs heures par jour. Gustavo Dudamel est lui-même très engagé dans ce programme et persuadé que l'accès à la musique fait partie des droits fondamentaux. On va l’entendre diriger le Teresa Carreño Youth Orchestra. (Sistema) February 2009 at TED2009

A l'occasion du festival Migran'scène, une conférence a été donnée à Sciences Po Dijon par Michel Sauquet   sur l'intelligence interculturelle.

Qu'est-ce que c'est ? C'est la construction d'un outil appelé Culturoscope  consultable  ici http://www.eclm.fr/ouvrage-379.html

Outil qui permet  une approche des cultures mondiales et "de l'invisible des cultures" et qui répertorie 4 grands domaines qu'il faut prendre en compte dès qu'on veut entreprendre une action pluriculturelle, selon le tableau ci-dessous :

Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école

Vous trouverez le podcast complet de l'émission ici :

http://www.radio-cultures-dijon.com/podcasts/le-mot-sur-la-main-solidarite-internationale-98

A bientôt !

Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école
Semaine de la solidarité internationale : les chemins de l'école

Publié dans Le Mot sur la Main

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Zappar, amour et réalité

Publié le par Claude Léa Schneider

Zappar, amour et réalité

Club Sandwich n°21 du dimanche 19 février 2017

Zappar, amour et réalité

Tout a commencé quand j’ai reçu le n°1370 du Courrier International, mon hebdomadaire préféré, auquel je suis abonnée depuis 15 ans. Avant j’étais abonnée à Picsou Magazine, que j’aimais bien aussi parce qu’il y avait toujours une page de ce jeu qui consiste à relier avec un crayon des points numérotés pour obtenir un dessin. J’aimais particulièrement dessiner la tête de Donald. Mais je suis contente d’avoir changé d’abonnement parce qu’aujourd’hui un autre Donald m’a gâché mon vrai Donald.

Donc le n° 1370 du 2 au 8 février m’annonce : « un numéro en réalité augmentée ». Je me dis chouette, déjà que la réalité de 3  373 000 chômeurs, c’est pas mal, alors en réalité augmentée, on va atteindre les 4 millions, ça va être super.

J’ai fait ce qu’on m’a dit en page 4 : j’ai téléchargé l’appli Zappar pour pouvoir scanner mes Zapcodes, j’ai branché le casque, et me voilà partie. J’ai vu la voiture de la couverture s’envoler, j’ai parcouru les fuseaux horaires, j’ai survolé l’Antartique avec Air Antartica, et ô merveille, p 37 il y avait un dessin avec des points numérotés à relier – c’est la 1ère fois qu’ils font ça, au Courrier International, alors là je ne regrette plus du tout mon abonnement à Picsou Magazine. Quel dessin allait apparaître ? J’avais hâte de le savoir !

Au lieu de prendre un crayon, j’ai donc scanné le Zapcode, et d’abord j’ai entendu des chants d’oiseaux, puis, le dessin s’est tracé tout seul, et puis j’ai vu apparaître un vrai loup qui s’est animé et qui a fait « ououhh !!! ».

 

 

J’ai trouvé ça vraiment super et je me suis dit que ça allait révolutionner les livres et même toute l’histoire de la littérature, qu’il allait falloir récrire avec des zapcodes tous ces vieux bouquins. Et je me suis dit qu’on allait demander ça à Google vu qu’il s’est déjà approprié une partie de la littérature mondiale. Par exemple La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas pourrait devenir La Dame aux Caméras, d’Alex Madus, et mourir comme ça,  vraiment, sous nos yeux, en scannant le Zapcode, en réalité augmentée  avec toutes les caméras qui la filmeraient en réality show.

Cette histoire d’amour de Dame aux Camélias m’a rappelé que la St Valentin approchait, et  je me suis mise à chercher sur le net  une jolie phrase originale sur l’amour et je suis encore retombée  sur cette vieille citation de St Exupéry : « Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction. » Et aussi sur son  « On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. » dans Le Petit Prince. Cette vieille histoire, ça m’a vraiment  énervée.

 Parce que le Petit Prince, parlons-en, cet espèce d’allumé du réverbère, qui prétend avoir vu  sur son astéroïde, le soleil se coucher 44 fois à la suite, alors qu’on n’avait pas encore  inventé les casques de réalité augmentée ! Un mec menteur qui n’arrive pas à se faire de potes. Bien fait pour lui ! Il n’a qu’à pas arracher les baobabs ! Et la biodiversité, hein, tu y as pensé ? Et la protection de l’environnement. Le mec  qui dit qu’il ne faut jamais écouter les fleurs !

 

Mais si, il faut les écouter, les fleurs ! Il faut même leur jouer de la musique, comme aux vignes, aux fruits et aux légumes. Et puis, un renard ! Y a pas de renard dans le désert, c’est un fennec ! Et puis : « S'il vous plaît… dessine-moi un mouton ! » D’abord il y a une faute de français que je me suis empressée de signaler à Bescherelle Ta Mère. Et puis « Dessine moi un mouton »  pour quoi faire ? pour le mettre dans une caisse ! En plein désert ! Sans rien à boire ! Et les droits des animaux alors ? Et elle est  minuscule la caisse sur le dessin du bouquin ! C’est pas normal ! Encore un mouton OGM !

Deux souris qui portent un gène codant pour une protéine fluorescente entourent une souris non transgénique. © Moen et al., BMC cancer

Deux souris qui portent un gène codant pour une protéine fluorescente entourent une souris non transgénique. © Moen et al., BMC cancer

A propos de mouton OGM, justement ça m’a rappelé quelque chose que j’avais lu dans Le Monde qui relayait une info du Parisien. Il paraît qu’il y a quelques temps, en région parisienne à l’INRA, une agnelle, qui s’appelait Emeraude, avait été génétiquement modifiée avec une protéine de méduse, la green fluorescent protein, pour rendre sa peau transparente et fluorescente,  afin de faciliter des greffes. On en pensera ce qu’on voudra, toujours est-il qu’ à l’automne suivant, Emeraude  a donné naissance  à une autre agnelle OGM, laquelle au mois de novembre 2014, a été abattue par erreur, ou mauvaise intention, on ne sait pas,  et commercialisée à un particulier d’Ile de France, on ne sait plus à qui non plus, comme viande de boucherie. Et là normalement, vous êtes médusés !

 

Même si, selon l’INRA, « il n’y a pas de risque sanitaire »- pas de risque sanitaire, mon œil ! ou plutôt mes trois yeux !   Et si,  dans le RER, vous croisez un gars, un peu gélatineux-verdâtre, avec beaucoup de bras, vous pourrez en déduire qu’il aime le gigot d’agnelle. Peut-être que cette histoire est  à l’origine, à Sèvres,  du mythe de Médusor de Fais pas ci, fais pas ça,   on ne sait pas vraiment non plus…

Mais revenons à notre premier mouton.

Donc, pendant que Mélanchon jouait à Pokemon Go aux Docks d’Aubervilliers, ce qui était bien vu, parce que la réalité augmentée de son hologramme fascinait et empêchait de réfléchir à la réalité de son programme, comme j’étais vénère avec cette  histoire  de Petit Prince et de citation que je n’arrivais pas à trouver, j’ai composé le n° de téléphone de  St Exaspéry sur mon mur tactile, et je l’ai appelé pour lui demander  qu’il nous re-write tout ça. Dans la vraie vie, St Exaspéry est dialoguiste pour drones chez Microsoft. Il est l’auteur bien connu de Vol de Nuit MH 370 Malaysia Airlines  et de Pilote de Gears of War.

St Exaspéry a donc re-writé pour vous quelques citations  du Petit Prince et de  Terre des Hommes.

Ce qui donne, dans Le little Ceprin :

 « -STP, dessine-moi un mouton !

  • Dessiner ! Non ! on fait plus ça. De quelle planète tu viens ? Télécharge l’appli Zappar sur ton Galaxy S12 (petite note en bas de page : placement de produit), scanne le Z que je suis en train de tracer dans le sable du désert. Bon, et là, tu le vois ton mouton, tu l’entends ? Bien, maintenant, fous-moi la paix, joue avec ton mouton virtuel et  laisse-moi appeler Air Qatar Assistance pour qu’ils viennent me réparer mon Rafale. »

Et puis une autre citation du  little Ceprin :

« On ne voit bien qu’avec ses Google Glass,  l’essentiel est invisible pour les yeux. »

Et maintenant que la  St Valentin 2017 est passée et que votre Androïd  vous a permis d’augmenter  la réalité de votre amour, vous apprécierez tout particulièrement cette citation de  St Exaspéry dans son dernier book  Terre des Geeks :

« Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder chacun son écran,  en se tenant par la main. »

Bon allez, tout ça, ça me déprime : je vais aller m’imprimer du chocolat en 3D.

Christophe : Finalement, il manque le fennec dans ton histoire !

Moi: Il manque le fennec ?  Eh bien le voici sur le lien ci-dessous :

Nekfeu - Réalité Augmentée

https://www.youtube.com/watch?v=itLckw1v0jE

Et le podcast complet du Club Sandwich est ici :

http://www.radio-cultures-dijon.com/podcasts/club-sandwich-emission-du-dimanche-19-fevrier-2017-190

A bientôt !

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Une demoiselle sur une balançoire

Publié le par Claude Léa Schneider

Rock en Seine 2016

Rock en Seine 2016

Club Sandwich  n°20 du  dimanche 12 février 2017

Chanson du dimanche

Quand  on  sort de Rock en Seine, qui se tient chaque fin d’été depuis 2003 dans le Domaine national de St Cloud, au bord de la Seine, dans l’actuel 92 -on dit bien St Cloud, C.L.O.U.D. et non « St Claoud » - autrement dit dans le parc de St Cloud, celui où j’ai appris à marcher, dans les jardins dessinées par Le Nôtre, notre foule de festivaliers est non seulement étroitement escortée par un cordon de policiers, comme si nous étions des malfrats, jusqu’à l’entonnoir de la station de métro Pont de St Cloud, mais on laisse derrière nous,  après  trois jours de festival dans la partie basse du parc le long de la Seine, des pelouses  laminées par les 240 000 pieds qui les ont foulées.

 

Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire

Quand j’y pense ! J’ai presque appris à lire sur les pancartes « Pelouse interdite » de ce parc, où d’effrayants gardiens à sifflets traquaient les ballons, les amoureux et les patins  roulettes, et m’interdisaient de poser sur le précieux gazon un pied pointure 22, quand  je tentais désespérément de cueillir une pâquerette !

Plus bas dans l'article vous trouverez 4 photos où j'ai entre  deux et cinq ans, (je les avais promises !) dans le Parc de St Cloud. Bien que le scann même retouché ne soit pas excellent, vous remarquerez que les pancartes étaient bien présentes et que l'esplanade avec la grande balustrade et la vue sur Paris et la Tour Eiffel n'a pas changé.

La fête à St Cloud, par Fragonard (détail partie droite)

La fête à St Cloud, par Fragonard (détail partie droite)

Oui, là, dans le Domaine  de St Cloud, celui-là même où a été assassiné Henri III, où Bonaparte a pris le pouvoir, où Napoléon III a rétabli l’Empire et dont le château a été incendié par le bombardement des Prussiens ! Dans ce domaine se tenait, depuis 1785, date à laquelle Marie-Antoinette l’avait racheté, une fête peinte par Fragonard, une fête qui se tient toujours en septembre,  une immense  fête foraine que j’attendais avec impatience, d’autant plus que la rentrée était à l’époque plus tardive, et nous, enfants franciliens, pouvions  en profiter tous les jours du moment qu’un adulte et son porte-monnaie nous accompagnaient !

Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)
Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)
Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)
Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)
Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)

Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)

Ce qui me ravissait, c’était les balançoires, depuis je n’en ai jamais vu d’aussi variées,  et le manège où des bateaux glissaient sur l’eau sous un ciel étoilé, jamais revu non plus.

A l’époque je n’avais pas le droit de porter les cheveux longs, c’était comme ça, mon  père refusant tout ce qui aurait pu me donner un air de « petite fille de bonne famille » comme les petites filles de cette banlieue ouest. C’était comme ça, on ne discute pas avec la politique, surtout à quatre ans !  Et  pourtant j’aurais tellement adoré porter des nattes, comme mes poupées, que j’appelais toutes … Nathalie !

Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire

Quand on n’a pas droit aux nattes comme les autres filles, on tresse ce qu’on peut, les brins d’herbe, les rouleaux de réglisse, tout ce qui vous tombe sous la main, et surtout les cheveux en coton perlé de deux petites filles sur des balançoires, une châtain et une blonde, brodées sur la robe de l’été de mes cinq ans. Oui, des broderies en relief, avec de « vrais »  cheveux en coton que je pouvais natter et dénatter. J’ai vainement cherché sur le net un modèle identique pour vous montrer à quoi ça ressemblait mais je n’ai pas retrouvé une telle merveille. (ci-dessous une photo avec le même genre de broderie, pour vous donner une petite idée.)

Une demoiselle sur une balançoire

A cette robe et aux balançoires de la Fête foraine de St Cloud est associée tout naturellement une chanson que chantait Yves Montand : Une demoiselle sur une balançoire. J’aimais bien cette chanson qu’on fredonnait à la maison, surtout le dimanche quand je portais cette robe et qu’on allait à la fête, et  je l’aime toujours, même si je ne l’écoute jamais- je l'aime bien parce que ce n’est pas une chanson chantée ! Je n’aime pas trop les chansons en français (à cause des "e" qui, à mon avis passent mal).  Mais une chanson jouée, comme une scène de théâtre, avec des surprises et des changements de ton et le phrasé si caractéristique du grand chanteur et acteur qu’était Yves Montand.

Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire

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Les aventures de Mme Sanlardon (1)

Publié le par Claude Léa Schneider

Fabrication traditionnelle de la choucroute d'Alsace

Fabrication traditionnelle de la choucroute d'Alsace

Les aventures  de Madame Sanlardon,  

Club Sandwich n°19 du dimanche 5 février 2017

Aventure n°1,

ou comment mesurer le taux d’islamophobie dans une charcuterie française.

Savez-vous planter les choux ?  Car si les choux appartiennent à la famille des Brassicacées, pour les planter il ne faut pas être un bras si cassé que ça.

Savez-vous planter le chou à la mode de chez nous ? le chou pommé ? le Brassica oleracea capitata? le Quintal d’Alsace ? le Précoce de Louviers ? le Pointu de Chateaurenard ? Le Cœur de bœuf des vertus ? Non ?

Remarquez que si vous appelez votre copain « mon chou », et que vous hésitez sur le féminin « ma chouchoute »  dites « Honney », « Mein Spatz ! » ou « My sweet »,  ne dites pas à votre copine « ma choucroute », elle risquerait de mal  le prendre. Et c’est un tort !

Dessin de Hansi

Dessin de Hansi

Car qu’est-ce que la choucroute ? une noble préparation traditionnelle d’Alsace obtenue par fermentation, dans des fûts, de lanières de chou blanc, additionné de sel, aliment bon marché, léger, peu calorique, diététique, très riche en vitamine C, idéal pour éviter les rhumes d’hiver, qui a préservé du scorbut des générations de matelots depuis le 18ème siècle et qui est venue jusque dans nos assiettes parce que les Allemands- ou plutôt les Prussiens comme aurait dit mon arrière-grand-mère- avaient annexé l’Alsace en 1871 et  contraint des milliers d’Alsaciens  à émigrer, en emportant dans leurs bagages leur savoir faire  la choucroute.

A cet instant,  à table, devant la choucroute familiale du dimanche midi dont vous  êtes en train d’expédier la 2ème assiette, vous haussez un sourcil incrédule : comment ? la choucroute légère et diététique, vous étonnez-vous, en la sentant déjà  peser sur votre estomac ? Eh oui, une portion de 200g de choucroute ne fait que 40 kcalories. Chez nous, on en mange souvent.

Ah, mais c’est parce que vous, vous êtes en train de manger une  choucroute garnie, garnie de charcuterie ! avec son cortège de saucisses trop roses, de couenne gélatineuse, de côte de porc incarcéré  et de jambon reconstitué !

Dessin de Hansi

Dessin de Hansi

Vous dites : quoi ? Une choucroute sans charcuterie ? sans lardons ? à cette idée, vous pensez tomber dans les pommes, d’inanition virtuelle,  car déjà votre estomac commence à ballonner pendant que vous entamer la 3ème assiette.

Eh bien oui, faites tomber la choucroute dans les pommes, de préférence des Canada grises que vous aurez laissé caraméliser dans un verre de cidre, c’est délicieux et  laissez donc les cochons galoper dans les prés ! Le cochon est un animal très intelligent, sensible, affectueux et bien élevé pourvu qu’on l’élève. Il peut être aussi proche de nous qu’un chien. Vous reprendrez bien un peu de choucroute au chien, peut-être, avec quelques pommes de terre ?

Tiens, pourquoi tout à coup  cette grimace  horrifiée ? Quand vous aurez digéré, ce soir avant le dîner, vers  19h 30, juste avant de repasser à table pour finir les restes de charcuterie du dimanche, essayez donc  de poser clairement ce problème philosophique et éthique : pourquoi dans votre assiette un animal, et pas l’autre ?

 

Souvent, quand je suis pressée, j’achète de la choucroute déjà cuite, car faire cuire la choucroute crue, c’est meilleure, mais ça demande du temps. Généralement, chez le charcutier ou le traiteur, la choucroute est cuite avec du genièvre, et des lardons.

Au marché, demander au  charcutier qui est habitué à mes singularités « 700g de choucroute  cuite sans lardons, s’il vous plaît » ne pose aucun problème : dans le brouhaha de la cohue du samedi matin, nul n’a entendu, que lui, et il me remplit avec le sourire une barquette en évitant soigneusement les lardons. Ce pourquoi je l’achète chez lui.

Mais j’ai eu tort un jour de lui faire une infidélité. Les aventures de Madame Sanlardon commencent  un samedi de décembre 2016 dans un commerce dijonnais, homonyme d’une célèbre épicerie de luxe de la place de la Madeleine à Paris, parce qu’il m’était venu l’idée de comparer les choucroutes.

Cette échoppe bourgeoise et réputée présente la particularité de laisser très peu de place aux nombreux clients qui s’étirent en une longue file étroite coincée devant le présentoir vitré. J’attends longtemps, vient mon tour et je demande poliment : « Vous avez de la choucroute cuite sans lardons, s’il vous plaît ? »

A cet instant, dix paires d’yeux s’écartent brutalement de la contemplation béate de l’étal  pour me considérer avec indignation ! Va-t-on me dénoncer illico à la brigade anti-terroriste ?  j’entrevois dans le regard de certains l’étonnement que je ne porte pas de foulard, et dans d’autres un éclat métallique de menottes. Eh oui c’est ainsi aujourd’hui dans une partie de la société française, l’islamophobie va se nicher partout :  pas de porc = islam, islam=islamiste ! c’est une schématisation tellement facile, tellement simple !!!

L’employée de la charcuterie me répond gentiment que non, leur choucroute cuite est généreusement pourvu en lardons. Ne voulant pas avoir fait la queue pour rien et parce qu’elle est très aimable, je demande alors s’il y des tartes aux légumes « sans viande »  et j’achète de délicieuses tartelettes provençales.

Déjà je sens la tension baisser d’un cran. Ah, c’était donc ça : les voilà rassurés ! Ahh… Elle est végétarienne : c’est une secte, ils sont fous, mais pas dangereux. Encore que, quand ils veulent filmer un abattoir …

C’est alors que vos amis que vous accueillez pendant leur séjour en Bourgogne, qui sont Anglais ET végan, ce qui vous occasionne quelques cauchemars en cuisine, vous demandent pourquoi sur les tasses qu’ils viennent d’acheter place de la Libération à Dijon, il est écrit « Trop choux les hiboux ». Sur leur application smartphone, ils ont lu que « chou » veut dire « cabbage », et là je vous sens mal embarqué/e dans l’explication en anglais …

A bientôt !

Le podcast complet du Club Sandwich est ici :

http://www.radio-cultures-dijon.com/podcasts/club-sandwich-emission-du-dimanche-5-fevrier-2017-143

Et pour finir sur une belle histoire : celle d'un jeune taureau qui était resté attaché toute sa vie, mais un jour ...

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Manger des insectes?

Publié le par Claude Léa Schneider

Manger des insectes?

Vous avez déjà mangé des insectes ? Oui ? Non ? Pas encore ?

Il se pourrait bien que vous en ayez déjà mangé sans le savoir ! D’ailleurs il y a déjà 2 milliards et demi de personnes qui en mangent, et qui en ont toujours mangé, comme vous, vous mangez des crevettes. Et si c’était l’avenir pour nourrir 9 milliards d‘individus dans 30 ans ?

C'est le sujet du 45ème n° du Mot sur la Main qui reçoit Stécie Girardin, gérante de la Société Grain de Cassis, rue Rameau à Dijon, une épicerie fine qui commercialise  des insectes comestibleset, par téléphone Raphaëlle Browaeys, responsable de communication de la  Société Jimini’s,  une start up, basée en région parisienne, qui vend des insectes comestibles 100% européens depuis tout juste 4 ans et qui ne cesse de se développer.

Et en 2ème partie d'émission, une dégustation d'insectes en direct avec tous les volontaires présents dans le studio !

Mais auparavant on regarde quelques chiffres : (cliquez sur les flèches pour faire défiler le diaporama)

Documents Jimini's
Documents Jimini's
Documents Jimini's
Documents Jimini's

Documents Jimini's

Vous  vous demandez : quel est aujourd'hui l'intérêt de manger des insectes, et qui plus est des insectes  européens en Europe ?

Voici quelques éléments de réponses :

  • Parce que c’est bon pour l’environnement :
  •  l'impact écologique est faible : les insectes  se nourrissent de sous-produits agricoles à peu près inutilisables
  • Nécessite peu de ressources et de place (élevage vertical)
  • 10kg nourriture produisent : 1kg de bœuf, 3kg de porc, 5kg de volaille, 9kg d’insectes
  • Leur croissance est  rapide et peu polluante
  • Actuellement, l’élevage occupe 50% des terres cultivables à la surface de la Terre
  • Si tout le monde sur terre devait manger comme nous en Europe de l'Ouest, c’est 4 planètes qu’il nous faudrait !
  • Les maladies qu’ils peuvent contracter ont peu de risque de se transmettre aux mammifères que nous sommes.
Manger des insectes?
  • Parce que c’est un problème de santé  et d’équilibre mondial :
  • Entre 1950 et 2000, pendant que la  population mondiale a doublé,  la  consommation de viande a quadruplé dans certains pays
  • 1 Américain du nord consomme 120kg viande/an
  • En Europe : autour de 83kg/pers/an ;
  • Sur le continent africain,  en moyenne 12kg/pers/an,  avec beaucoup de disparités
  • le but est de descendre en Europe à 45kg – réduire de moitié !
  • d’un côté : 3 milliards ne consomment jamais de viande car trop pauvres et sur ces 3 milliards, 850 millions ne mangent jamais à leur faim
  • c’est la course aux protéines !
  • Les autres tentatives pour produire des protéines ont échoué ou sont en bout de course.
Manger des insectes?

Les 400 millions de chiens et 200 millions de chats qui nous tiennent compagnie  mangent déjà des farines d’insectes dans leurs croquettes.

 

J’ai demandé à Raphaëlle Browaeys si les farines étaient les mêmes.

 

J'ai demandé à Stécie Girardin comment faire accepter aux Français et aux Européens de manger des insectes.

Ecoutez leurs réponses sur le podcast en fin d'article.

Manger des insectes?
  • Parce que manger des insectes c'est bon pour la santé :
  • Trop de dépenses mondiales de santé sont liées à l’obésité et aux maladies liées à la surconsommation de viande
  • Pays de l’OCDE : 46 % des personnes en surpoids
  • Insectes : très riches en protéines et en fer assimilable, minéraux, vitamines et fibres
  •  Parce que c’est certainement plus éthique :
  • Car il y a une plus grande prise de conscience des consommateurs de la souffrance animale dans les élevages industriels.
  • Le bien-être des insectes ne pose  peut-être pas les mêmes problèmes éthiques que pour les mammifères et les oiseaux car ils vivent naturellement en colonies denses : pas besoin d’anxiolytique …Encore que ?
Manger des insectes?
Ce roman, à l'origine d'un célèbre feuilleton TV, montre que la pomme de terre a mis également longtemps à s'imposer en France.

Ce roman, à l'origine d'un célèbre feuilleton TV, montre que la pomme de terre a mis également longtemps à s'imposer en France.

Publié dans Le Mot sur la Main

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Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

Publié le par Claude Léa Schneider

Et maintenant, une boisson qui intéresse nos Voltaire, Rousseau et Mozart, nos trois gars du quartier, et  que vous attendez tous : le vin !

Mais d’abord occupons-nous rapidement de la bouteille. La bouteille en verre existe depuis l’Antiquité, mais petite et plutôt  pour contenir des parfums. Elle commence à contenir du vin en Europe dès la fin du Moyen Âge, mais  le rôle de la bouteille se limitait à assurer le trajet de la cave  à la table. Les autorités n’étaient pas favorables à faire voyager les bouteilles sur de plus longues distances, parce que les contenances n’étaient  pas  réglementées et donnaient souvent lieu à des fraudes.

Mais tout change au XVIIIe siècle. Regardons ce tableau de Jean-François de Troy Le déjeuner d'huîtres, commandé par Louis XV pour les petits appartements de Versailles, tableau  où il n’y a que des messieurs. Il faut vous dire qu’à l’époque, les huîtres, comme le chocolat et les artichauts, sont considérés comme aphrodisiaques ! Les convives boivent du champagne, quatre personnages regardent le bouchon qui saute.  Les bouteilles sont foncées et trapues.

Devant la table, une desserte-rafraichissoir sert à garder les bouteilles au frais dans de la glace et à ranger les assiettes (le 18e siècle adore inventer des petits meubles pour tous les usages).

Ce sont les Anglais qui ont mis au point la bouteille en verre noir très épais, avec une large base, bien bouchée grâce au bouchon de liège qui vient d’être inventé. En 1728, Louis XV donne l’autorisation du transport de champagne en  bouteilles. Et en 1750, l’année où Rousseau remporte le prix de l’Académie de Dijon – vous le retiendrez- Louis XV donne l’autorisation du transport des bouteilles de bourgogne.

En 1792, avec la création du système métrique, la bouteille de vin sert aussi de mesure.

 

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin
Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin
Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin
Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

Et regardons aussi les verres dans lequel on aime déguster le vin. Vous en possédez peut-être toujours de semblables.

Toujours au 18ème siècle, on s’aperçoit que le vin se bonifie en vieillissant. Les amateurs se tournent alors vers des vins plus évolués, aux arômes  plus complexes. A partir de 1760, les appréciations sur les vins se multiplient dans les récits et les guides de voyage. Ce sont les débuts du discours œnologique qui va se développer au 19ème siècle.

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vinVoltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

Rousseau aime le vin, il ne s’en est jamais caché, il l’écrit plusieurs fois dans les Confessions, mais il prend bien la peine de signaler qu’il n’a jamais été « ivre d’alcool » Il fait beaucoup de comparaison entre les vins de Suisse, il préfère « le vin du cru, qui est le vin de pays des gens modestes » aux vins fins qui sont « un luxe des élites sociales »

Dans L'Emile ou De l’Education, 1762, on remarque  qu’apprendre à déguster le vin fait partie de l’éducation reçue par Emile.

 Dans La Nouvelle Héloïse, Julie de Wolmar  présente à son amant une carte des vins  qu’ils dégustent ensemble, ce sont des vins blancs du Valais  et elle conclut:

« Comme on est sûr de ce qui les compose, on peut au moins les prendre sans risque », avec l'idée de bien connaître l’origine de ce que l’on boit et de ce que l’on mange, idée dont nous retrouvons l'importance aujourd'hui.

Alors justement : qu’est-ce qu’on mange ? Dans la France du 18ème siècle, le « régime de Pythagore » jouit d’un regain d’intérêt parmi les naturalistes, des juristes et les écrivains.

Par ailleurs Julie est végétarienne, comme Rousseau, qui l’est parce qu’il considère que la nature humaine est frugivore, et aujourd’hui on dit que Rousseau a été " le premier à poser les bases de l’éthique animale."

Comme vous allez le voir ensuite, Voltaire est également végétarien, mais lui on le considère plus  comme un  précurseur de l’antispécisme, c’est-à-dire : sortons du système d’Aristote, il n’y a pas d’espèces d’en haut et d’espèces d’en bas, comme il le dit dans cet extrait du Dialogue du chapon et de la poularde :

« LA POULARDE.  Eh bien! quand nous serons plus gras, (les hommes) le seront-ils davantage?

LE CHAPON.   Oui, car ils prétendent nous manger.

LA POULARDE.   Nous manger! ah, les monstres!

LE CHAPON.  C’est leur coutume; ils nous mettent en prison pendant quelques jours, nous font avaler une pâtée dont ils ont le secret, nous crèvent les yeux pour que nous n’ayons point de distraction; enfin, le jour de la fête étant venu, ils nous arrachent les plumes, nous coupent la gorge, et nous font rôtir.(…)

LA POULARDE. (…) Nous traite-t-on ainsi dans le reste du monde?

LE CHAPON. (…) Non.(…) dans un pays nommé l’Inde (…) les hommes ont une loi sainte qui depuis des milliers de siècles leur défend de nous manger; (…) un nommé Pythagore, ayant voyagé chez ces peuples justes, avait rapporté en Europe cette loi humaine, qui fut suivie par tous ses disciples.

 

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vinVoltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

« LA POULARDE.  Eh bien! quand nous serons plus gras, (les hommes) le seront-ils davantage?

LE CHAPON.   Oui, car ils prétendent nous manger.

LA POULARDE.   Nous manger! ah, les monstres!

LE CHAPON.  C’est leur coutume; ils nous mettent en prison pendant quelques jours, nous font avaler une pâtée dont ils ont le secret, nous crèvent les yeux pour que nous n’ayons point de distraction; enfin, le jour de la fête étant venu, ils nous arrachent les plumes, nous coupent la gorge, et nous font rôtir.(…)

LA POULARDE. (…) Nous traite-t-on ainsi dans le reste du monde?

LE CHAPON. (…) Non.(…) dans un pays nommé l’Inde (…) les hommes ont une loi sainte qui depuis des milliers de siècles leur défend de nous manger; (…) un nommé Pythagore, ayant voyagé chez ces peuples justes, avait rapporté en Europe cette loi humaine, qui fut suivie par tous ses disciples.

(…) Il prouve que nous sommes les alliés et les parents des hommes; que Dieu nous donna les mêmes organes, les mêmes sentiments, la même mémoire, le même germe inconnu d’entendement qui se développe dans nous jusqu’au point déterminé par les lois éternelles, et que ni les hommes ni nous ne passons jamais! En effet, ma chère poularde, ne serait-ce pas un outrage à la Divinité de dire que nous avons des sens pour ne point sentir, une cervelle pour ne point penser? Cette imagination digne, à ce qu’ils disaient, d’un fou nommé Descartes, ne serait-elle pas le comble du ridicule et la vaine excuse de la barbarie?

Aussi les plus grands philosophes de l’antiquité ne nous mettaient jamais à la broche. Ils s’occupaient à tâcher d’apprendre notre langage, et de découvrir nos propriétés si supérieures à celles de l’espèce humaine(…). Les sages ne tuent point les animaux(…). »

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vinVoltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

Mozart n’est pas du tout végétarien,  il évoque souvent son « solide appétit », il aime le chapon, la truite le porc, et il est plus gourmand que gourmet. Pour faire simple, sa table serait plutôt représentée par le 1er tableau ci-dessous, pour ne pas dire le 2ème !

 

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vinVoltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

A Ferney, Voltaire travaille beaucoup, il est toujours hyperactif,  il  écrit ou dicte une quarantaine de lettres par jour (il y en a 6000 répertoriées), plus ses ouvrages en cours.

C'est à Ferney qu’il écrit le Traité sur la Tolérance, le Dictionnaire philosophique, la Philosophie de l’Histoire, et les 9 volumes des Questions sur l’Encyclopédie ...

Il vit avec sa nièce, veuve, Mme Denis, la  fille de sa sœur. C’est vraiment l’Aubergiste de l’Europe, parce qu’on vient le voir de toute l’Europe. C’est Mme Denis qui reçoit comme maîtresse de maison :

« J’ai quelquefois 50 personnes à table. Je les laisse avec Mme Denis qui fait les honneurs, et je m’enferme ».

Qu’est-ce qu’on mange ? On mange de la nourriture de bonne qualité en petite quantité.  Et qu’est-ce qu’on boit ?  Voltaire se dit bourguignon, parce que Ferney, qui est dans le Pays de Gex, appartenait alors à la Bourgogne. Il a une belle cave :  il y a du  Champagne, des vins du Languedoc, de la vallée du Rhône, du Beaujolais, du Val de Loire, de Malaga, de Tokay.

Mais beaucoup de bourgognes et surtout du Corton.

 

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin
Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin
Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

Par son médecin, le docteur Tronchin de Genève, il avait fait la connaissance de Gabriel Le Bault, président du Parlement de Bourgogne, dont la femme, peinte ici par Greuze possédait des vignes à Corton situées aux climats « Les Perrières » et « les Bressandes. » Voltaire écrit  à Le Bault :

 « J’ai beaucoup de bons vins pour les   Genevois qui se portent bien, mais à moi malade, il me faut un restaurant bourguignon. (…) Je ne puis souffrir d’autre vin que le vôtre! (…) Je donne d’assez bon vin de Beaujolais à mes convives de Genève mais je bois le Corton en cachette. (…)Je vous supplie de m’envoyer quatre tonneaux de Corton toutes les années tant qu’il plaira à la nature de me permettre de boire. »

Voltaire ne demande pas seulement du vin à Le Bault, mais il veut jouer au gentleman-vigneron « J’ai la fantaisie de cultiver dans mon terrain hérétique quelques ceps catholiques… serait-ce prendre trop de liberté que de m’adresser à vous pour avoir deux cents pieds des meilleures vignes? Ce n’est qu’un très petit essai que je veux faire. Je sens combien ma terre est indigne d’un tel plant mais c’est un amusement dont je vous aurais obligation. » « Je sais qu’il est ridicule de planter à mon âge (68ans) mais quelqu’un boira un jour le vin de mes vignes et cela me suffit. (…)« Je ne connais rien de plus beau ici-bas que le travail de la vigne. »

Mais il doit bien se rendre à l’évidence, il n’a pas la terre qui convient qu’il ne peut, comme il dit, « que plaisanter avec son terrain calviniste. »

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

Mozart est gourmand et buveur sans modération,  l’alcool coule à flots dans son œuvre et dans sa correspondance : il aime particulièrement le tokay et les vins de Moselle, le champagne,et surtout  le Marzemino, un cépage italien de raisins noirs d’Italie du Nord, qu’il cite dans Don Giovanni.

En 1777, il part à avec sa mère à Paris (qui y décédera, c’est pourquoi vous la voyez en médaillon  sur le tableau de la photo ci-dessous), en passant par l’Allemagne. Son père est  obligé de rester à son poste à Salzbourg et Mozart, qui a 21 ans, est comme soulagé :

                             « Mon cœur est aussi léger qu’une plume ! »

Plusieurs fois Mozart voudrait se fixer un peu, il l’écrit à son père  qui  lui répond en substance et  en langage moderne :

                             « ça va pas, non ?! Et ta carrière !!! »

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vinVoltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

C’est le cas à Mannheim, où Mozart se fait des amis, mange, se cuite et se lâche, comme il le raconte le 14 novembre 1777 :

« Moi, Johannes Chrysostomus Amadeus Wolfgangus Sigismondus Mozart, je m’accuse de n’être rentré qu’à minuit à la maison, hier et avant-hier (et souvent déjà), et d’avoir de dix heures à ladite heure, chez Cannabich, en sa présence et en compagnie de sa femme, de sa fille, de M. le Trésorier, de Ramm et de Lang, souvent — et sans remords mais très légèrement — rimaillé. De plus, uniquement de cochonneries avec crotte, chier et lécher le cul, en pensée, en paroles, et — mais pas en action. Je ne me serais pas conduit d’une façon si dévergondée, si l’instigatrice — la dénommée Lisel (Elisabeth Cannabich) ne m’y avait poussé et excité ; mais je dois avouer que j’y ai pris grand plaisir. Je reconnais du fond du cœur tous ces péchés et ces écarts dans l’espoir d’avoir assez souvent à les confesser, et prends la ferme résolution d’amender toujours plus la vie dissolue que j’ai commencée à mener. — C’est pourquoi je demande la sainte absolution, si elle peut s’obtenir facilement. Sinon cela m’est égal, car que le jeu continuera. Lusus enim suum habet ambitum comme le chante le bienheureux Meissner, chapitre 9 page 24, et aussi le saint Ascenditor [le cafetier Staiger], patron du potage au café brûlé, de la limonade moisie, du lait aux amandes sans amandes, et tout particulièrement de la glace aux fraises remplie de glaçons, puisqu’il est un grand connaisseur et artiste en matière de choses glacées. »

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vinVoltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

Alors, si Mozart aimait tant le vin, quoi d’étonnant si aujourd’hui des viticulteurs bonifient leur vin au son de Mozart ? Je termine exprès par un sujet qui va vous faire parler ! De la musique dans les vignes :

Un vigneron de Toscane  a eu l’intuition que jouer de la musique à la vigne serait bénéfique pour sa croissance et la rendrait épanouie, il travaille avec les universités de Pise et de Florence. Il déclare :

« Avec ces universités nous avons étudié, à la fois sur le terrain et en laboratoire, les effets positifs des ondes sonores sur le système racinaire de la vigne, les feuilles et les fleurs, et en particulier sur l’effet répulsif des ondes sonores sur les parasites et les prédateurs. »

D’autres mettent de la musique dans les caves pour bonifier le vin, c’est le cas d’un  domaine d’Afrique du Sud, dans l’arrière-pays du Cap, dont le propriétaire affirme :

"Nous n'utilisons que du baroque et du classique parce que les deux ont des rythmes mathématiques, et il a été prouvé que les ondes sonores ont un effet positif sur la vie naturelle.(…) "Le vin est un être vivant, avec de nombreuses bactéries, et le processus de fermentation lui-même est fait avec des organismes vivants"

 

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

Et plus près  de nous, dans le vignoble de Santenay, dans une  cave,  il y a sur une table, deux haut-parleurs, une chaîne hi-fi et un CD de Mozart, et le jeune viticulteur explique

"Les fréquences musicales ayant des incidences sur les bactéries et les molécules d'eau, je me suis renseigné, et notre oenologue a trouvé l'idée bonne d'essayer sur les levures, dans le vin. Nos recherches nous ont conduits à choisir les fréquences de la Petite musique de nuit de Mozart. (…)  Pour la première fois, il n'y a eu aucun blocage de fermentation. La courbe a été égale et identique dans tous les fûts, ce qui ne nous était jamais arrivés. Les vins sont purs et très en place.

Tout cela vous étonne ? Mais après tout, vous avez bien qu’il faut également faire entendre de la bonne musique aux bébés, bien avant leur naissance…

 Alors, musique !

Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin
Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin
Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin
Voltaire, Rousseau, Mozart, 3ème partie : le vin

Publié dans Les Yeux de Goethe

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