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MARK TWAIN : CETTE MAUDITE RACE HUMAINE

Publié le par Claude Léa Schneider

MARK TWAIN : CETTE MAUDITE RACE HUMAINE

Aujourd’hui un  Coin de la page  de STATION SIMONE en forme de devinette.

Bon d'accord, il y a le titre et la couverture en photo, mais inutile de tricher, pour votre plaisir, essayez de jouer le jeu...

Qui donc a écrit : « L’homme est l’animal religieux. Il est le seul animal religieux. Il est le seul animal à détenir la vraie religion, même plusieurs. Il est le seul animal qui aime son prochain comme lui-même  et qui lui tranche la gorge si sa théologie n’est pas correcte. » ? Si vous me répondez  :  Ouh , ça commence fort avec les événements  récents, c’est un éditorialiste  qui  a écrit ça sur Twitter ?… Je vous réponds :  pas du tout !

 

Qui a écrit  « L’égalité entre les hommes  et les femmes n’a jamais été reconnue par aucun peuple, ancien ou moderne, civilisé ou sauvage. «  « Les hommes ont leurs harems, mais imposés par la force, privilégiés qu’ils sont par des lois atroces établies sans la moindre concertation avec l’autre sexe » ?  Si vous me répondez : Ah !  à tous les coups, ça, ça sort d’une revue  féministe, genre Causette, c’est pas ça  ? Je vous réponds :  pas du tout !

MARK TWAIN : CETTE MAUDITE RACE HUMAINE

Qui donc peut avoir écrit que l’homme descend du singe, au sens propre, c’est-à-dire qu’il est tout en bas de la chaîne animale,  parce que  « de tous les animaux, l’homme est le seul à être cruel » et  le plus sciemment destructeur  de ses semblables  et de son environnement ?  Si vous me répondez :  Un maire ou un député écolo ? Je vous réponds :  pas du tout !

 

Qui dénonce  les travers de notre société, son refus de voir la réalité sociétale et  son « l’hypocrisie verbeuse » ? Si vous me dites :  j'chais pas : Debord ? Bourdieu ? Je vous réponds :  euh ...en effet, certainement , mais c'est  une autre réponse que j'attends. 

 

Qui dénonce notre anthropocentrisme,  l’absurdité de nos comparaisons animalières  linguistiques, en toute méconnaissance des vrais comportements animaux ?   Vous me dites : Ah alors là, je ne suis pas bête comme une oie quand même !   à tous les coups, c’est  encore un de ces ouvrages antispécistes,  ces gens-là, je vais vous dire (chut  : c’est  une secte !) Je vous réponds :  pas du tout !

MARK TWAIN : CETTE MAUDITE RACE HUMAINE

Qui prend le risque de régler son compte à ce qu’on nomme « patriotisme » ?  Non,  mais vous allez arrêter  avec vo

s tracts d’extrême gauche ! ?

C’est un même auteur qui a écrit tout ça, et dans un même livre!  Qui c’est ?  Inutile de donner votre langue au chat ?  Il n’en voudra pas : en ce moment il dort sur le canapé, vous allez le déranger.

 

Eh bien, toutes ces idées ont été exprimées  en 1887 par Mark Twain dans :  Cette maudite race humaine.  Twain qu’on connaît davantage pour Tom Sawyer ou Huckleberry Finn, du moins dans leur « version  édulcorée ou dysneyfiée » comme l’écrit Nancy Huston –  s'il vous plaît !  - dans la préface ce petit livre de 80 pages décapantes qui va vous réveiller  si le reconfinement vous  avait  rengourdi-e.

 

Twain y manie l’ironie à travers 5 chapitres très courts dont ; la naissance des espèces et de l’homme  dans une géologie hilarante de la création du monde. Ironie  constructive qui nous remet  avec humour  à notre  juste place dans l’univers.  Une saine lecture !

Ça  s’appelle Cette maudite race humaine, de Mark Twain,  traduit de l’américain par Isis von Plato et Jörn Cambreleng, préface de Nancy HUSTON,  Actes Sud Babel, mai 2020, 5,80€.

Mark Twain en 1895 par Napoléon Sarony.

Mark Twain en 1895 par Napoléon Sarony.

NOTA BENE : En cherchant d’autres titres de Mark Twain, j’ai découvert  Le soliloque du roi Léopold. Il s’agit d’une satire sur le  roi Léopold II, roi des Belges et Souverain du Congo,  dit « le roi bâtisseur » -tu parles ! -qui a régné de 1865 à 1909,  dont on déboulonne aujourd’hui les bustes et les statues, ce qui n’est pas un tort, vu qu’il est responsable de crime contre l’humanité :  10 millions de morts  et des milliers de petites mains du caoutchouc  tranchées vif . Ce que dénonçait déjà  Mark Twain, et d’autres de ses contemporains, comme  Sir Arthur Conan Doyle, mais qu’on a feint pudiquement de ne pas vraiment savoir  jusqu’à aujourd’hui.

Statue de Léopold II peinte en rouge sang ... (Photo Deutsche Welle)

Statue de Léopold II peinte en rouge sang ... (Photo Deutsche Welle)

 Du  Soliloque du roi Léopold de Mark Twain, il  existe 2 éditions et 2 traductions. Je ne saurais vous en recommander une, vu que je n’en ai encore lu aucune. Mais si vous en avez une à me conseiller, dites-le moi s'il vous plaît sur ce blog.  A bon échangeur d’un Coin de  la  page, salut !

MARK TWAIN : CETTE MAUDITE RACE HUMAINE
MARK TWAIN : CETTE MAUDITE RACE HUMAINE

Le Coin de la page est une émission de STATION SIMONE, votre web radio sur laquelle vous pourrez retrouver prochainement cette chronique.

 

MARK TWAIN : CETTE MAUDITE RACE HUMAINE

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LE MILLE-FEUILLE EN MILLE MOTS

Publié le par Claude Léa Schneider

Mille-feuille "à la française"

Mille-feuille "à la française"

Pour la reprise de l'enregistrement du BCG  sur STATION SIMONE,   je vous propose  une chronique  de rentrée de 1ère nécessité gourmande, pour fêter les largement  plus de  11 000 pages lues sur ce blog et remercier les plus de 8000 visiteurs.

Vous le savez : la France est la reine du gâteau pâtissier individuel.

Alors que, dès que vous franchissez le Rhin, on vous torture une Torte  en la coupant en parts coulantes qu’on vous emballe  façon couche-culotte, les gâteaux individuels à la française ne sont  ni sortis super-secs  des fouilles de  Pompéi  ou d’Herculanum comme  ceux de certaines  pâtisseries italiennes, ni des objets déco de mako-moulage comme les cupcake anglais.

La preuve : 2 photos de cupcakes, laquelle montre des cupcakes "comestibles" et laquelle des gâteaux factices ?!!!
La preuve : 2 photos de cupcakes, laquelle montre des cupcakes "comestibles" et laquelle des gâteaux factices ?!!!

La preuve : 2 photos de cupcakes, laquelle montre des cupcakes "comestibles" et laquelle des gâteaux factices ?!!!

Non !  Le gâteau individuel français est un pur artefact traité esthétiquement, dans son unicité :  moelleux,  velouté, fondant, croquant, croustillant…

Une "Conversation" :

ce gâteau léger et craquant est un peu passé de mode, pour l'instant, mais il n'en reste pas moins délicieux.

Le gâteau individuel français ne révèle pas , comme le croient à tort  certains, un manque de convivialité. C’est au contraire un plaisir  visuel et gourmand,  dans  le respect  des  consignes de sécurité sanitaire et de liberté du choix gustatif :

"Tu préfères la tartelette au citron meringuée et moi l’amandine au cassis, passons un bon moment ensemble à  déguster chacun son gâteau, à 1,50m de distance,  en respectant la distance physique préconisée et il n’y aura ni frustration ni contagion  !"

Tartelette au citron meringuée.

Tartelette au citron meringuée.

J’ai donc choisi en 1000 mots de vous parler d’un classique du gâteau individuel :  le 1000-feuille. Et chers ami-e-s  du BCG qui m’entourez de pas trop près, je vous invite donc à dire 1000 à chaque fois, à mon signal et sans postillonner.

On essaie : 1000 ! parfait !

J’aurais pu vous parler du gâteau au chocolat et aux marrons que confectionnait Alexandrine, la femme d’É1000  Zola,  mais j’ai eu peur qu’il vous reste un peu  sur l’estomac.

Donc la France compte environ 35 000 boulangeries-pâtisseries sur son territoire, dont les gâteaux sont généralement bons : même en période restrictive ou pandémique, il vous reste largement  le choix.

J’aurais voulu  vous énoncer les 10 commandements du 1000-feuille, comme dans un  film de Cecil B. De1000, mais en fait les historiens de la pâtisserie se battent  pour savoir qui a inventé ce gâteau. Cependant, rassurez-vous, je ne vais pas lancer une enquête comme dans le célèbre roman d’aventure d’Erich Kästner É1000 et les détectives. D’ailleurs l’origine en est apparemment assez simple, du moins elle me plaît bien :

LE MILLE-FEUILLE EN MILLE MOTS
LE MILLE-FEUILLE EN MILLE MOTS

L’inventeur  en serait François Pierre La Varenne, né et mort où ? je vous le donne en 1000 :  à Dijon !   La Varenne (Mil 618-Mil 678) était le  cuisinier du marquis d’Uxelles, gouverneur de Chalon-sur-Saône et un des premiers  à avoir modernisé la cuisine en redonnant aux aliments leur vrai goût.  Je pense que vous apprécierez  tous sa devise étonnamment moderne  : « Santé, modération et raffinement ».Il a publié en Mil651, Le Cuisinier français, qui est le premier livre de cuisine moderne, et en Mil653 paraît Le Pâtissier français, qu’il n’a pas signé mais qu’on est content et fier de lui attribuer.

 

LE MILLE-FEUILLE EN MILLE MOTS

Ne dépensez pas des 1000 et des cents pour déguster votre  1000- feuille.  Le meilleur, c’est souvent le classique des dimanches de votre enfance, acheté en banlieue, en ville ou à la boulangerie-pâtisserie du village. Un brave 1000-feuille de campagne, comme on dit une tenue de campagne, une maison de campagne, ou un hôpital de campagne,  parce qu’il panse les blessures des repas de famille…

Edouard Manet, Le déjeuner dans l'atelier, 1868.

Edouard Manet, Le déjeuner dans l'atelier, 1868.

Le traditionnel avec son glaçage blanc,  un décor  rayé en diagonale,  décoré de sympathiques accolades en chocolat, très légères. Au dessous :  son alternance de trois  couches superposées et bien alignées de pâte feuilletée et de crème pâtissière.

Attention les gourmands ! ne pas se risquer à  le déguster sans attendre, à peine sorti de la pâtisserie,  sur le bord du  trottoir,  à trois heures de l’après-midi,  sous prétexte que vous n’avez pas eu le temps de déjeuner !

Cet exercice s’avérerait tout aussi périlleux pour vous que pour l’apprenti qui s’entraîne  à  confectionner un 1000-feuille  pour réussir son CAP de pâtissier ! Il y a beaucoup d’étapes et il faut qu’il les assi1000.

LE MILLE-FEUILLE EN MILLE MOTS

Ce gâteau s’appelle un 1000-feuille ! alors SVP ne pas  tricher en laboratoire ! Ne pas remplacer la pâte feuilletée par une autre pâte, même plus légère . C’est comme si vous vouliez  méditer sur  la  lecture  des  Cent 1000 Chants de 1000Larépa  et qu’on vous en propose un reader prétendu plus  digest (e) !

 

Certains ont voulu renouveler le genre en disposant la crème en pastilles, en le rendant moins friable, plus maniable, en le couvrant de chocolat, de crème, de pâte d’amande  ou de couleurs ! Je suis à 1000 lieues de penser que ce sont de mauvais pâtissiers ou de mauvaises pâtissières, mais non, trop c’est trop ! un 1000-feuille doit rester un classique 1000-feuille !

Photo Cuisine actuelle.

Photo Cuisine actuelle.

Et je dirais même plus, un bon  et beau 1000-feuille doit se transformer en  catastrophe dès que vous l’entamez à la  fourchette à gâteau dans l’assiette à dessert, si bien que finalement vous terminez la dernière couche en vous léchant les doigts. C’est comme ça qu’on l’aime !  Et s’il y a trop de miettes sur la nappe des dimanches avant de servir le café, voilà une belle occasion de sortir le ramasse-miettes  à friction que vous avez hérité de vos grands-parents.

LE MILLE-FEUILLE EN MILLE MOTS

Un artisan-artiste-pâtissier dijonnais a voulu élever le 1000-feuille au rang d’œuvre d’art, en le tournant à 90°,  avec un feuilletage détaché et un coussin de crème pralinée verticale. C’est joli, c’est délicieux, mais c’est comme s’essayer à la flûte traversière quand on est habitué à  la flûte à bec :  on ne sait pas trop comment placer sa bouche ni ses doigts !

Photo page Facebook pâtissier-chocolatier-glacier Franck Pourrier à Dijon

Photo page Facebook pâtissier-chocolatier-glacier Franck Pourrier à Dijon

Bon, vous l’avez mangé, votre gâteau : vous voilà prêt à traverser le Groenland en traîneau,  comme Paul É1000 Victor, mais vous ne courrez pas aussi vite qu’ É1000 Zatopek !

Et votre gâteau, s’il est tombé par terre,

C’est la faute à Voltaire !

La crème dans le ruisseau

C’est la faute à Rousseau-

 qui a écrit comme vous le savez  E1000 (feuilles) ou de l’éducation !

2020 : une année bissextile ?   la faute à qui ? à Mi1000 !

Vous avez mis dans le 1000 !

Et pour votre attention, je vous dis 1000 mercis !

LE MILLE-FEUILLE EN MILLE MOTS
LE MILLE-FEUILLE EN MILLE MOTS
LE MILLE-FEUILLE EN MILLE MOTS

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LE COIN DE LA PAGE : SERVIR LE PEUPLE-YAN LIANKE

Publié le par Claude Léa Schneider

LE COIN DE LA PAGE : SERVIR LE PEUPLE-YAN LIANKE

Je vous propose  de découvrir aujourd'hui  sous forme d’abécédaire, un petit livre chinois faussement rouge qui s’appelle -Servir le peuple de YAN Lianke. Vous êtes prêts ?

 

A comme

Armée populaire de Libération et ça ne rigole pas

B comme

Baiser. Le nom ou le verbe ? Plutôt le … vous le découvrirez  bien assez vite !

C comme

Colonel  de l’Armée chinoise, parti  deux mois en séminaire d’étude sur la façon de « réduire les effectifs tout en améliorant l’efficacité ». Pas la peine de vivre en Chine pour entendre parler de cette recette miracle

D comme

Décevoir: ne jamais  décevoir, surtout la femme du colonel

E comme

Érotisme, torride !

F comme

Folie destructrice : attention, on casse des statues !

G comme

Gastronomie et concours de recettes : au fait vous avez déjà cuisiné tout nu ?

H comme

Hukou:  permis de résidence déposé au commissariat du quartier. Obtenir un hukou de citadin peut changer radicalement votre misérable vie de paysan.

I comme

Injonction  : servir le peuple et I comme  iconoclaste, YAN Lianke le romancier

J comme

Jubilatoire, ce roman est jubilatoire !

L comme

Liu Lian, le nom de l’héroïne, à peine plus âgée que le héros, et femme du colonel

M comme

Manipuler. Au fait qui manipule qui dans cette histoire ?

N comme

Ne pas : Ne pas faire ce qu’on ne doit pas faire, ne pas dire ce qu’on ne doit pas dire, ne pas demander ce qu’on ne doit pas demander ! C’est compris ?!

O comme

Osmanthe. L’osmanthe appelé aussi Olivier de Chine et utilisé en parfumerie, exhale une puissante odeur fruitée.

P comme

Pouvoir Pancarte Poser.  Vous ne devineriez jamais  le pouvoir érotique d’une pancarte négligemment posée sur le coin de la table de la cuisine …

Q comme

Quota : quand les quotas de citadins sont atteints, inutile de chercher à habiter en ville.

R comme

Rire : jamais je n’aurais pensé rire  autant en lisant des slogans de la Révolution culturelle.

S comme

Slogan. Servir le peuple est un des 286 slogans que Wu sait par cœur. Aux slogans, on fait bien dire ce qu’on veut .

T comme

Trembler, d’amour et  de Terreur.

U comme

Unique amour, et tout est dit.

V comme

Victime d’une conspiration parfaitement orchestrée car sinon quel rapport entre une histoire d’amour et la dissolution d’un régiment ?

W comme

Wu, Wu Davang, le héros, 27 ans, ordonnance du colonel, prêt à servir le peuple, faisant office de jardinier et surtout de cuisinier, d’excellent cuisinier.

Y comme

 Yangzhou. Vous êtes déjà allé-e à Yangzhou ? on dit que les filles de Yangzhou sont les plus belles de Chine.

Z comme

Zedong, Mao Zedong, Le Grand Timonier,  ça vous rappelle quelque chose ?

 

C’était Servir le peuple, un roman de l’ écrivain chinois YAN Lianke, livre saisi et interdit en Chine dès sa publication en 2005. Traduction française de Claude Payen. Editions Picquier poche.

Bonne lecture !

Vous pouvez aussi écouter cette chronique sur STATION SIMONE, à l'onglet Le Coin de la Page. 

Et si vous deveniez aussi contributeur du Coin de la Page, l'émission qui dure moins de 5mn  et qu'on peut enregistrer de son téléphone ? 

Rejoignez nous !   contact@stationsimone.fr                 

  à écouter sur "Le Coin de la Page", une émission de STATION SIMONE.
  à écouter sur "Le Coin de la Page", une émission de STATION SIMONE.

à écouter sur "Le Coin de la Page", une émission de STATION SIMONE.

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ANTONIN CHARBOUILLOT ET L'APPEL DU SAUVAGE

Publié le par Claude Léa Schneider

ANTONIN CHARBOUILLOT ET L'APPEL DU SAUVAGE

Supposons une supposition.  Supposons qu’on prenne vraiment conscience  de l’incroyable beauté du monde sauvage, très lointain ou proche, tout à côté de nous.

Supposons une supposition. Supposons qu’on réapprenne à observer le vivant.

Supposons une supposition.  Supposons qu’on prenne enfin la vie et la sensibilité animales au sérieux et  rêvons à tout ce que cela changerait pour l’humanité.

Avant de courir voir l’exposition à Latitude 21, si vous voulez savoir  quand Antonin Charbouillot a ressenti « l’appel du sauvage », d’où vient sa passion pour le loup et s’il était  fan des romans  de Jack London quand il était enfant …

Si vous voulez découvrir comment  il a  apprivoisé la solitude, quelle est sa méthode d’approche du monde sauvage  et quelle leçon d’observation en tirer  pour nous reconnecter au  vivant  qui nous entoure, tout proche, à portée de nous, écoutez cette interview qui n’a pas été enregistrée en Alaska …mais presque !

Outre les paroles roboratives  d’Antonin,  vous  croiserez  au passage quelques  citations à méditer  du photographe Raymond Depardon,  des philosophes  Baptiste Morizot et Florence Burgat.

Bonne écoute en suivant le lien ci-dessous.

Retrouvez également Antonin Charbouillot sur ses pages Instagram et Facebook :

https://www.instagram.com/charbs_explorer/

https://www.facebook.com/AntoninCharbouillotPhotographer

ANTONIN CHARBOUILLOT ET L'APPEL DU SAUVAGE
ANTONIN CHARBOUILLOT ET L'APPEL DU SAUVAGE

Publié dans Station Simone

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MARION HEILMANN (LEONARD LAMB) UN HOMMAGE

Publié le par Claude Léa Schneider

Marion Heilmann (Leonard Lamb) devant l'aquarelle Le songe du roi. Photo Alexandre Bakker

Marion Heilmann (Leonard Lamb) devant l'aquarelle Le songe du roi. Photo Alexandre Bakker

"Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme comme elle est, infinie."

William Blake (1757-1827), Le Mariage du Ciel et de l'Enfer

à retrouver dans l'édition bilingue NRF, Poésie Gallimard, traduction de Jacques Darras, 2013.

 

Nul doute que le foisonnement de l'œuvre  de Leonard Lamb a "nettoyé" nos yeux et dessillé notre perception.

J'ai découvert l'œuvre de Marion Heilmann -Léonard Lamb est son nom d'artiste, son hétéronyme et bien davantage -il y a un presque six ans ans, à l'occasion d'une exposition à La Ferronnerie de Dijon et je n'oublierai jamais ce moment.

Vous ne connaissez pas cet (te) artiste ? Rien d'étonnant, Marion Heilmann  aura eu un parcours sans concession avec le siècle et les réseaux sociaux.

 

Alors que vient tout juste de se terminer à l'abbaye d'Auberive (Haute-Marne) l'exposition  "Pêle-Mêle" où 7 salles lui étaient consacrées, j'ai eu envie  de rassembler ici quelques documents et d'évoquer les brefs moments où j'ai eu la chance de la rencontrer. 

 

Au sortir du confinement,  Alexandre Bakker, son compagnon qui a rassemblé toute l'œuvre exposée de Marion,  nous envoyait ce mail : 

 

MARION HEILMANN (LEONARD LAMB) UN HOMMAGE

 

Ces pages de présentation vous auront donné un aperçu de la variété et du foisonnement artistique de Leonard Lamb.

Alexandre Bakker a également réalisé un très beau film personnel, rares moments où on entend l'artiste s'exprimer et où l'on découvre qu'elle peignait couchée ! comme Frida Kahlo, mais pour d'autres raisons.

Suivre le lien ci-dessous. 

Un autre lien en-dessous  vous conduit vers un  film qui a le mérite de rendre compte de l'ampleur de l'exposition.  J'aime beaucoup le choix de la musique de Kraftwerk  dont les leitmotive s'accordent aux thèmes obsessionnels de l'artiste. 

Huile, encre, aquarelle, faux-collages,  grands tableaux cosmogoniques,  tableaux abstraits entre pixellisation et suintement organique, inspiration de la Bible, évocations hantées par la Shoah, Leonard Lamb a produit une œuvre multiple avec laquelle on est tenté de faire rapprochements, même si son univers est unique.

Ce sont ces rapprochements que nous avions tentés lors d'une rare  interview qu'elle m'avait accordée- avec Alexandre Bakker et la metteure en scène Hélène Polette- le 12 février 2015 (interview dont je n'ai malheureusement pas pu récupérer la bande-son) 

William Blake et aussi le peintre britannique d'origine suisse Füssli (1741-1825) viennent tout d'abord à l'esprit. Ci-dessous un manuscrit de Blake.

Füssli, Le Silence (vers 1799-1801)

Mais l'artiste auquel j'avais  pensé en premier est le peintre suisse Adolf Wölfli ( 1864-1930) interné presque toute sa vie dans un hôpital psychiatrique de Berne, qui a laissé une œuvre hallucinante,  prophétique et énigmatique de 1300 dessins et  25 000 pages, et qui serait resté méconnu sans la perspicacité d’un jeune psychiatre, Walter Morgenthaler, et auquel ensuite les autres artistes se sont intéressés. 

Composition d'Adolf Wölfli

Vous pouvez aussi trouver que le travail de Leonard Lamb n'est pas sans évoquer celui du  peintre naïf géorgien Niko Pirosmani (1862-1918) 

Pirosmani, Famille d'ours, 1917.

Ou encore le peintre britannique Stanley Spencer ( 1891-1959) 

Spencer, Dîner à l'hôtel Lawn, 1956-57

ou son ami australien, le peintre Henry ... Lamb  ! (1883- 1960) 

Henry Lamb, Mort d'une paysanne, 1911.

Mais Leonard Lamb s'est aussi intéressé(e) au théâtre et a réalisé des marionnettes géantes, des masques et des costumes conçus à l'origine sans destination particulière, mais qui prendront vie dans le spectacle Les Animals, création du théâtre ISPOUG.

 

Le propos du spectacle Les Animals était de recréer au théâtre la frontalité de la peinture en mêlant images, mime, musique, rituel et chorégraphie. Un spectacle qui a magnifiquement donné à l'univers pictural de Leonard Lamb une présence scénique. L'argument en était sobre : dans un cirque fou, des animaux se font persécuter jusqu'à la mort par un couple de dompteurs.

Je garde un souvenir inoubliable de cette représentation au Théâtre des Feuillants à Dijon, de ce décor en damier sur fond noir  qui faisait perdre le sens des dimensions et des proportions, un  spectacle "dantesque" au sens propre car il se découpait davantage en cercles qu'en tableaux ou scènes, traversés par des personnages en transit dans un dénuement universel. J'ai admiré la façon dont les acteurs ont maintenu sans faillir pendant une heure les "tremblements sacrés "(Ispoug en russe) et j'ai pensé à la force des ballets de Maguy Marin.

Rappelons que ce spectacle était un formidable travail d'équipe: Marion Heilmann, Alexandre Bakker, Hélène Polette à la mise en scène, une pièce du compositeur Patrick Heilmann. Avec les comédiens David Drouin, Charlotte Heilmann, Susanne Kayser,  Anne-Lise Lodenet, Faustine Rosselet et Raquel Santamaria. Benjamin Thieland, Stephane Lafoy et Franck Guinfoleau pour les créations vidéo, lumière et son. Et l'aide de Gaëlle Mengin pour aider les comédiens à habiter les marionnettes et les objets scéniques sur-dimensionnés. Qu'un hommage leur soir également rendu.

Il n'y a pas eu beaucoup de représentations, hélas, de ce spectacle fort, la presse locale l'ayant annoncé comme un "spectacle pour enfants", ce qu'il n'était pas ! 

C'était un spectacle qui parlait à l'enfant qui est en nous et ne devrait pas cesser d'y habiter. Et c'était bien sûr une métaphore universelle de la Shoah et de toutes les formes de persécution, de l'homme sur l'homme et de l'homme sur l'animal.

Et d'ailleurs l'actualité donne à ce souvenir un relief particulier.

"Si la cruauté humaine s'est tant exercée contre l'homme, c'est trop souvent qu'elle s'était fait la main sur les animaux." écrivait Marguerite Yourcenar.

 Il y a eu plusieurs représentations des Animals en Bourgogne et en Bretagne, mais il n'y a pas eu, à ce jour,  d'opus 2 pour le théâtre Ispoug, malheureusement.

Ci-dessus, une partie de la troupe au travail (photo Ulule)

Vous trouverez une courte vidéo (3mn) de la représentation en suivant le lien ci-dessous

Le théâtre, poème de Marion Heilmann :

 

On peut évoquer à l'occasion Oskar Schlemmer (1883-1943) peintre et scénographe allemand et  "son souci d'allier l'immobilité hiératique de la rigueur géométrique et de la pureté des contours à la vivacité des formes et la mobilité de l'espace."

Oskar Schlemmer, mise en scène de L'homme qui danse, ballet triadrique (1922)

sur ce sujet, voir le très intéressant article ci-dessous 

Ajoutons qu' Alexandre Bakker, qui a parfois exposé avec sa compagne (ci-dessous) mène de son côté une œuvre graphique importante, "maniériste", fabuleuse, au sens propre, et non dépourvue d'humour. Vous pouvez le retrouver sur son site (lien ci-dessous) 

 

En visitant l'abbaye d'Auberive on peut voir la cellule où a  été emprisonnée Louise MICHEL (1830-1905) avant d'être déportée en Nouvelle-Calédonie.

Sur le site CULTURE PRIME, une très intéressante vidéo (7mn) : "10 choses à savoir sur Louise MICHEL". 

https://www.facebook.com/cultureprime/videos/267442707910222

 

Voir aussi le film que Solveig ANSPACH -également trop tôt disparue- lui a consacré (lien ci-dessous) 

La musique et toutes les formes de culture, c'est STATION SIMONE

La musique et toutes les formes de culture, c'est STATION SIMONE

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C'est la rentrée sur STATION SIMONE !

Publié le par Claude Léa Schneider

C'est la rentrée sur STATION SIMONE !

..."Suppose et supposons une supposition
que le mot ver luisant se prononce escarcelle,
que le mot chocolat se prononce violon,
que le mot tirelire se prononce hirondelle." ...
 
extrait d'un poème de Claude Roy) Le rire en poésie, Editions Gallimard

Pour cette nouvelle série, résolument tournée vers l'avenir, j'ai emprunté sans vergogne un vers du poète Claude ROY :  « Supposons une supposition » ! 

Remarquez que le logo (ci-dessous)  ne représente pas n'importe quel sac de voyage : c'est celui de FREUD, photographié dans sa maison à VIENNE ! Les fantômes qui se reflètent dans la vitrine qui le protège, c'est nous ! Espérons que ce bagage historique  nous accompagnera  aussi loin que possible dans la prospective.

C'est la rentrée sur STATION SIMONE !

Le premier numéro de « Supposons une supposition » a été enregistré en juillet 2020 à LATITUDE 21, maison de l’architecture et de l’environnement, 33 rue de Montmuzard  à Dijon .

  Une occasion de donner la parole à son directeur, Sébastien APPERT, qui nous présente le très attrayant jardin partagé du Mont des Muses, la vie intense et les missions de l'institution LATITUDE 21 : expositions, ateliers, excursions, conférences ... à destination de tous les publics.    Puis de  parcourir en sa compagnie  quelques salles avant la fin de la très belle exposition Luc SCHUITEN., un architecte visionnaire.

Pour écouter l'émission, c'est facile, il suffit de cliquer sur le lien STATION SIMONE ci-dessous, de descendre la page d'accueil . Vous voyez le logo de l'émission "Supposons une supposition" , ainsi que celui de Latitude 21, à gauche se trouve  le lecteur du podcast : il n'y a plus qu'à cliquer sur la flèche de lecture et à se laisser porter par le chant des oiseaux ....

Au cours de cette visite, nous évoquons deux livres importants qui plairont à tous ceux que toutes les formes du vivant intéressent et  qui souhaitent "refaire connaissance" pour   "approcher  les habitants de la Terre, humains compris. "   Les voici ci-dessous :

 

Et si vous souhaitez également "pister des loups",  ce sera possible  à Latitude 21 avec la nouvelle exposition qui  s'ouvre dès mardi 1er septembre ! 

 

Au cours de l'interview, Sébastien APPERT explique que nous retrouverons prochainement Luc SCHUITEN à LATITUDE 21  puisqu'il participe au projet paysager très novateur  qui a été retenu  pour le site de la Saline Royale d’Arc et Senans:  Le cercle immense.  Sébastien APPERT, philosophe de formation, participe également à ce projet.

Pour en savoir davantage sur cette aventure passionnante,  suivez donc  le lien ci-dessous :

C'est la rentrée sur STATION SIMONE !

Mais c'est aussi la rentrée de SIMONE QUESTIONNE,  émission dont c'est déjà le 24e numéro ! 

Je suis allée rendre visite à la plasticienne Edith NICOT, dans son atelier, 98 rue Berbisey à Dijon, à l'occasion de l'exposition à laquelle elle participe, à Salins-les-bains.

 

Un très petit aperçu des créations d'Edith NICOT

Un très petit aperçu des créations d'Edith NICOT

Au cours de cette interview, nous parlons, entre autres,  de sa technique de fabrication du papier, le kozo, à partir du liber du mûrier, de sa double casquette professionnelle, de ses sources d'inspiration et de son choix de  matériaux insolites qui la font renouveler son art sans cesse. 

 Et aussi d'un fabuleux nid de guêpes qui vous fera porter un autre regard sur ces insectes. Une façon de retrouver les recherches de Baptiste Morizot cité plus haut.

A  quand un musée (sérieux) de l'art des animaux ? (qui n'est pas l'art animalier !)

Diffusion  de SIMONE QUESTIONNE n°24  avec Edith NICOT ce  lundi 31 août à 13h et mercredi 2 septembre à 10h; et ensuite en rediffusion, puis en podcast.

le tout ici : https://www.stationsimone.fr/

Retrouvez-la aussi sur ses pages Facebook :

https://www.facebook.com/edith.nicot.1

https://www.facebook.com/Papier-de-Soi-602444060166257

Et sur RV dans son atelier  98 rue Berbisey 21000 Dijon- edith.nicot@bbox.fr

C'est la rentrée sur STATION SIMONE !

MAIS STATION SIMONE, C' EST AUSSI TOUTES LES EMISSIONS  QUE VOUS DECOUVREZ EN DESCENDANT CETTE PAGE !

VOUS AVEZ UNE IDEE, UN PROJET D'EMISSION QUE VOUS SOUHAITERIEZ REALISER ? PRENEZ CONTACT AVEC NOUS : stationsimone@gmail.com

A STATION SIMONE, NOUS SOMMES TOUS BENEVOLES !

STATION SIMONE, C' EST TOUTES LES EMISSIONS QUE VOUS VOULEZ CREER !
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Bon anniversaire, Boris Pahor !

Publié le par Claude Léa Schneider

Boris Pahor en 2012 photo ULF ANSERSEN- AURIMAGES franceinfo

Boris Pahor en 2012 photo ULF ANSERSEN- AURIMAGES franceinfo

Bon anniversaire Boris Pahor !  Vous avez 107 ans aujourd’hui, ce 26 août 2020 ! Vous êtes né à Trieste, en 1913,  ce qui vous  donne le très honorable titre de « doyen de la littérature mondiale », mais vous avez toujours préféré les engagements aux honneurs.

Félicitations et admiration sans réserve, tout de même. Vite récrire un  article sur vous ! Vous qui vous adressez aux jeunes pour leur parler d'avenir,  mais que la génération des responsables de l’Europe écoute peu. Elle ne manquera pas de vous encenser post mortem, soyez-en sûr- et d’ailleurs vous le savez bien- sans   prendre  davantage en compte par des actes  ce que vous ne cessez de nous dire. Vous le pressentez aussi, hélas.

Ce qu'il a toujours à nous dire, Boris Pahor, il l'a exprimé le 16 octobre 2013, à Bruxelles, accueilli par Martin Schultzinvité au Parlement européen pour qu'on lui remette  le Prix du Citoyen Européen : à 100 ans, il était  temps, il était temps qu'on l'écoute un peu  !

Debout et sans notes, dans son bref discours de 6 minutes, il a nous a dit que "l'Europe n'est pas digne de tous les morts du 20ème siècle qui se sont battus pour la liberté", qu'il y a toujours des gens qui fuient les dictatures, qui viennent demander asile  et meurent en mer ou en chemin. 

Qu'"il faut que les  jeunes  sachent qu'on n'est jamais vacciné  contre la dictature qui peut toujours revenir."

Que "les morts sont là à attendre une Europe avec une éthique, pas une éthique de l'argent, mais une éthique sociale".

Que "les femmes dans l'Europe d'aujourd'hui ont la possibilité de changer l'Europe"

Qu' "il faut que l'Europe trouve une identité politique et sociale qui se fasse valoir, et pas seulement écrite."

Et qu'"elle doit  être tournée vers le futur et conduire à un renouveau du monde occidental, pour le changement de la société européenne."

Quai de Trieste, 27 juillet 2015.

Quai de Trieste, 27 juillet 2015.

Maintenant je m’adresse à toi, lectrice ou lecteur, que je remercie au passage de lire cet article, et permets que je te tutoie, car la question que je vais te poser est intime. Est-ce qu’il t’est déjà arrivé dans les transports en commun, d’être à côté de personnes qui ne sont pas des touristes mais qui discutent dans une langue étrangère – qui n’est pas l’anglais- et de sentir autour, de la part d’autres voyageurs,  une espèce d’agacement, d’hostilité ?

Tu as remarqué ? Je l’observe souvent dans le tram de la ville de province où j’habite, et je n’aime pas ça du tout. Je n’aime pas cette espèce de xénophobie sournoise et silencieuse.  C’est comme si pour  certains, on faisait intrusion dans leur univers francophone.  Et ça les dérange.  D’ailleurs  il y a même des gens qui se lèvent carrément et qui changent de place tellement ça leur est insupportable. Comme si c’était épidermique.

Si je te parle de ça, c’est parce que Boris Pahor raconte la même chose même si ça se passe il y a plus d’un demi-siècle.

 Pour commencer la scène est muette et  se passe en Italie : l’auteur et sa femme sont dans un train, ils sont partis de  Trieste où ils vivent, et ils vont à Florence voir une exposition consacrée au peintre Raphaël. Et comme le voyage est un peu long, ils ont emporté de la lecture. La femme de l’auteur est plongée dans le Corriere delle sera, le journal italien bien connu. Quant au narrateur, il lit un guide touristique italien. Assis à côté d’eux, il y a  un monsieur élégant qui leur sourit très aimablement à chaque fois qu’ils lèvent les yeux.

Tout à coup,  l’auteur s’adresse à sa femme et il lui parle dans leur langue maternelle, c’est-à-dire en slovène. Stupéfaction du monsieur élégant  qui ne peut carrément pas  supporter ce scandale, alors qu’il croyait que ses voisins de train, qui lisaient en italien, étaient Italiens comme lui !  Il les regarde d’un air indigné, il se lève, il change carrément de place et  il continue de leur lancer des regards exaspérés jusqu’à la fin du voyage.

Cette scène se trouve dans un recueil  de nouvelles de Boris Pahor qui s’appelle Arrêt sur le Ponte-Vecchio,

Bon anniversaire, Boris Pahor !
Vue de Trieste en soirée,  25 juillet 2015

Vue de Trieste en soirée, 25 juillet 2015

Trieste, ville funeste, ville d’écrivains d’accord, ville de carte postale peut-être, concurrente de Venise pour les séjours en amoureux, soit  ! Mais, si vous prévoyez d'y passer votre voyage de noces, je vous le déconseille.  Le passé terrible de cet espèce de four à karst austro-mussolinien  et de ses redoutables  « foibe » transpire partout C’est bien le souvenir de juillet 2015 que j’en garde.

Et n'espérez pas vous asseoir tranquillement  au bord de l'Adriatique, la ville ne l'a pas prévu ! A moins que les photos ci-dessous ne vous enchantent ! Ne cherchez pas de plage accueillante non plus. 

Quais de Trieste.
Quais de Trieste.

Quais de Trieste.

Trieste est une ville dure. La présence de nombreux touristes, russes en majorité, n'y change rien. Ni les rayons du soleil dans les verres de Spritz sur les terrasses bondées dès  la fin d'après-midi, ni les glaces délicieuses.

 

Tout le monde connaît la partition de Berlin en 4 zones après la conférence de Yalta en 1945, puis la construction du mur de Berlin en 1961 et sa chute en novembre  1989.

Mais peu de gens connaissent les multiples partitions de Trieste au 20e siècle. Cette ville bien située stratégiquement au nord de l'Istrie, presqu'en face Venise, a été  propice aux grands nettoyages ethniques  et aux épurations politiques.

 Encore autrichien au début du 20e siècle, revendiqué par les Italiens, les Serbes, les Croates et les Slovènes, ce grand port de l’Adriatique devient un des nids de l’Italie fasciste en 1921, occupée par les Allemands en 1943, jusqu’à l’entrée des Yougoslaves de Tito en 1945 et des Néo-Zélandais.

Divisée en 1947 en 2 zones sous contrôle de l’ONU : la zone A anglo-américaine et la zone B yougoslave. Jusqu’à ce qu’en 1954, la zone  A retourne à l’Italie, la B à la Yougoslavie mais partagée entre la Croatie et la Slovénie !  Trieste n’est totalement italienne qu’en 1977 ! mais les conflits sont encore sous-jacents aujourd’hui. Il n’y a qu’à regarder la délicate  répartition de l’espace maritime.

Bon anniversaire, Boris Pahor !

En 1913 à la naissance de Boris Pahor, Trieste fait encore partie de l’Empire austro-hongrois.  On construit à la périphérie de la ville  une usine de décorticage du riz, une « risiera », la Risiera di San Sabba.

Mais dans les années 20, quand Mussolini arrive au pouvoir,  à l'école on  interdit à Boris de parler sa langue maternelle, le slovène. Et  l’enfant voit brûler sous ses yeux le centre culturel slovène. Pour les fascistes, les Slovènes sont des « punaises ».  "Est-ce que les punaises qui infestent un appartement ont une nationalité?" lit-on dans la presse fascisante de l'époque.

la Risiera di San Sabba.
la Risiera di San Sabba.

la Risiera di San Sabba.

En 1943- Boris Pahor a 30 ans- ce nid de fascistes est occupé par les Nazis qui transforment discrètement  la risiera, un ensemble de grands bâtiments de briques un peu à l'écart du centre,  en camp de la mort : ce sera le seul en Italie. Camp avec four crématoire. Le four a été construit par des ouvriers de Trieste à qui les Nazis avaient passé  commande, sans leur en donner la destination : les ouvriers pensaient construire un four industriel ...  ç’en était un, très sinistrement industriel.

En 2015, pour trouver la risiera, ce n'était pas si simple, il n'y avait presque pas de fléchage et nous étions peu nombreux à visiter le site. C'est sans doute pourquoi, ceux qui entretenaient ce lieu de mémoire nous ont remerciés  chaleureusement de notre visite.

Maintenant il y a un site sur lequel vous pouvez découvrir ces lieux.

27 juillet 2015; l'emplacement initial du four.
27 juillet 2015; l'emplacement initial du four.

27 juillet 2015; l'emplacement initial du four.

Le bâtiment principal de la risiera abrite une très instructive et douloureuse exposition.

Le bâtiment principal de la risiera abrite une très instructive et douloureuse exposition.

A cette époque, Boris Pahor rejoint l'armée de libération yougoslave, ce qui lui vaut d'être emprisonné à la Risiera, puis déporté au Struthof, puis à Dachau, puis à Dora, puis  à Bergen-Belsen ...

En 1945, c'est l'entrée de Tito à Trieste : autre grande vague d'épuration. La ville se prête géologiquement à merveille à tous les nettoyages ! Elle est adossée à un massif de karst, roche blanche creusée de gouffres verticaux  qu'on appelle des "foibe". Depuis des siècles,  et à certaines époques encore davantage, on a pris la méchante habitude d'y précipiter les gens, morts ou vifs.

Bon anniversaire, Boris Pahor !

 

Dans les années 50, quand Boris revient à Trieste, il écrit Quand Ulysse revient à Trieste  ! Comme pour d'autres écrivains malmenés de cette époque- et toutes celles et tous  ceux qui ont vécu l’expérience des camps-  on n’avait pas envie d'entendre ce qu'ils avaient à dire.

Ce roman écrit en 1951, paru en 1955, n'a été traduit qu'à partir des années 2000 : traduction  française en 2013 pour le centenaire de son auteur. Quant aux éditeurs italiens, ils ont refusé de publier son témoignage dans les années 80. ci-dessous le lien Étonnants voyageurs. 

Boris Pahor vit toujours à Trieste, ou plus exactement à Prosecco, petit village perché sur les hauteurs de Trieste, près de la « route  Napoléon ».

Cher Boris Pahor, je n’ai pas de verre de prosecco (!)  à lever pour vous souhaiter un bon anniversaire et boire à votre courage et à votre belle santé. Alors permettez-moi, pour vous faire honneur, de lever un verre de Corton Grand Cru, récolté et élevé par mon fils, non loin de l’endroit d’où je vous écris ! Je vous souhaite une belle 107ème année.

Bon anniversaire, Boris Pahor !
Bon anniversaire, Boris Pahor !
Bon anniversaire, Boris Pahor !
Bon anniversaire, Boris Pahor !
Statue de Maximilien de Habsbourg à Trieste, un fil conducteur de " 4M ", à suivre ....

Statue de Maximilien de Habsbourg à Trieste, un fil conducteur de " 4M ", à suivre ....

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HUMBOLDT ET LES TROIS MANCHOTS

Publié le par Claude Léa Schneider

Manchot de Humboldt - Photo  Wilfried Wittkowsky — httpscommons.wikimedia.org

Manchot de Humboldt - Photo Wilfried Wittkowsky — httpscommons.wikimedia.org

Quand une blague du 1er avril devient une idée géniale : le directeur du musée d'art Nelson-Atkins de Kansas-City  et le directeur du zoo de cette même ville du Missouri, dont les établissements étaient fermés pour cause de confinement, ont eu l' idée magnifique  mais pas si farfelue, de faire visiter l’un par des pensionnaires de l’autre, afin de les sortir de l'ennui du zoo déserté. Trois manchots d' Humboldt sont venus visiter le musée des Beaux-Arts !

Les manchots d’Humboldt (Spheniscus humboldti), une espèce menacée d’extinction,  vivent habituellement sur les côtes du Chili et du Pérou, et comme  Julian Zugazagoitia, le directeur du musée, est né au Mexique, il  les a considérés comme des visiteurs « hispanophones » ! Vous allez voir au fil de cette chronique que  ce détail mexicain a son importance.

Comme vous pouvez le constater sur le document ci-dessous, les trois manchots invités - Bubbles (5 ans), Maggie (7 ans) et Berkley (8 ans)-  se sont montrés très respectueux et intéressés par la visite. Et d'ailleurs plus amateurs de peinture de la Renaissance que de Nymphéas !

Voilà une histoire qu’aurait vraiment adorée  Humboldt, dont ces manchots  portent le nom ! 

- Mais qui est-ce?

- Comment ça, vous ne savez pas ?

- Euh ... non.  Ah si ! l'université de Berlin, sur Unter den Linden,  en face de   l'Opéra, s'appelle "Humboldt" ! C'est le même ?

- Non !  lui c'est Wilhelm, il a fondé l'Université de Berlin en 1810.

- Si ce n'est lui, c'est donc son frère ?

- Exact ! Son petit frère Alexander  qui a donné son nom à plus de 300 plantes, plus de 100 animaux –dont ces  manchots - et qui détient le record mondial des lieux qui portent son nom, y compris sur la Lune,  et que l'on considère comme l'un des pères de l’écologie.  Et nous ne le connaissons pas ? Étonnant, non ?

 

Alexander von Humboldt en Amérique du Sud, vers 1800

Alexander von Humboldt en Amérique du Sud, vers 1800

Vous connaissez peut-être la bio de Pascal, expresse et percutante, que Chateaubriand a  écrite dans Le Génie du Christianisme et qui commence comme ça : « Il y avait un homme qui à douze ans avec des barres et des ronds, avait créé les mathématiques ; qui à seize avait fait le plus savant traité des coniques qu’on eût vu depuis l’antiquité ; qui à dix-neuf réduisit en machine une science qui existe tout entière dans l’entendement » et qui se termine par : « cet effrayant génie se nommait Blaise Pascal. »

Si vous voulez lire le texte intégral (rassurez-vous, il est court), suivez ce lien :

https://fr.wikisource.org/wiki/G%C3%A9nie_du_christianisme/Partie_3/Livre_2/Chapitre_VI

Eh bien je vous propose une bio, un peu à la manière de Chateaubriand, mais forcément un peu plus longue, puisque si Pascal est mort à 39 ans, Alexander von Humboldt a vécu un demi-siècle de plus,  une longue vie de 89 années 1/2 hyper actives. (1769-1859)

Si je peux me permettre  le faire, c'est parce que je viens de terminer le livre passionnant d'Andrea Wulf, sa biographe (traduit de l'anglais par Florence Hertz et paru dans l'édition française en 2017) : 

Ce gros livre de 600 pages, dont j'ai extrait la plupart des citations, allie  le rythme trépidant d'un roman d'aventures à la rigueur d'un travail universitaire. Il se dévore et je vous le recommande chaudement !

Vous êtes prêt-e pour la bio "à la manière de", mais illustrée !  c'est parti !

Il y avait  un homme né à Berlin, d'une famille aristocrate, fut républicain toute sa vie;

qui, à 20 ans, en 1789,  fila  à Paris pour voir la Révolution et aida à transporter du sable pour la construction du Temple de la Liberté,

qui, à 21 ans rédigea sa première publication scientifique ;

qui, à 22 ans fut nommé conseiller des mines de Prusse,  inventa pour les mineurs un masque pour éviter d'inhaler les poussières  et une lampe sécurisée et fonda une école des Mines à ses frais ; avec qui Goethe, son aîné de vingt ans, mit au point un appareil d’optique, Goethe qui disait de lui : « En huit jours de lecture assidue, on n’en apprendrait pas autant  qu’avec lui en une heure. » ;

De gauche à droite :  Schiller, Wilhelm, Alexander (debout) et Goethe, dans le jardin de Schiller à Iéna.

De gauche à droite : Schiller, Wilhelm, Alexander (debout) et Goethe, dans le jardin de Schiller à Iéna.

qui, à 28 ans s’installa à Paris et fréquenta tous les milieux scientifiques, fut intime avec Gay-Lussac et Arago,  marqua tous les esprits de son temps et inspira Darwin, Thoreau, Morse et les jeunes savants des générations postérieures ;

François Arago (1786-1853) : la vie des cinq frères Arago est passionnante (et on y retrouve le Mexique): https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Arago

qui, à 30 ans cosmopolite, polyvalent  et polyglotte, embarqua avec le naturaliste et botaniste Aimé Bonpland pour un voyage d’études de cinq années en Amérique latine et aux États-Unis, traversa les Andes, entreprit l’ascension du Chimborazo jusqu'à 5917 m (Volcan d'Équateur qui culmine à 6263m) ) et  en fit une cartographie globale qui changea radicalement la façon de voir le monde ;

Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland dans la jungle amazonienne, par Edouard Ender.

Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland au pied du Chimborazo par Friedrich Georg Weitsch 1806.

Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland au pied du Chimborazo par Friedrich Georg Weitsch 1806.

qui « fut le premier à définir la fonction  fondamentale  de la forêt dans l’écosystème et son rôle dans la régulation du climat »,  qui était capable de « lire l’enchaînement de tous les phénomènes terrestres en même temps »

 

qui « fut le premier  à établir un lien entre le colonialisme et la destruction de l’environnement » , qui toute sa vie condamna l’esclavage, « le plus grand de tous les maux  qui ont affligé l’humanité » ;

Museo Nacional del Virreinato, Tepotzotlán, Mexico  Représentation des "races" au Mexique.

qui fréquenta Simon Bolivar et Jefferson ; un homme qui dans le premiers tiers du 19e siècle mit sur pied, avec son ami Gauss,  la « Croisade magnétique » : un réseau international de stations de mesures géomagnétiques qui recueillit près de deux millions d’observations en trois ans ; 

qui avait le projet de fonder au Mexique un centre scientifique, international et libre,  qui accueillerait tous les savants désireux de partager une vision commune de la science;  

Timbre de RDA (1983) émis pour le bicentenaire de la naissance de Bolivar, avec Humboldt au 2nd plan. Cependant Humboldt condamna fermement son ancien ami, quand le "Libertador" devenu "un tyran hypocrite" réprima dans le sang  le soulèvement  les peuples indigènes.

qui, à 58 ans, de retour à Berlin, auprès du Roi de Prusse qui l'appelait « Le plus grand homme après le Déluge » organisa, à l’université que son frère avait fondée, des conférences scientifiques  gratuites vraiment tout public où étaient admis étudiants, ouvriers, domestiques et femmes !

L'université Humboldt  à Berlin en 1850.

qui, à 59 ans, entreprit un voyage scientifique en Russie et en Asie centrale -16 000 km en moins de six mois - aux frais du tsar,  à qui il demanda la grâce de prisonniers politiques déportés en Sibérie ; qui à Miass fêta ses 60 ans avec le grand-père du futur Lénine ;  qui, protégé par un masque en cuir « muni d’une fente pour les yeux couverte d’un grillage en crin de cheval » traversa indemne des contrées où sévissait une épidémie d’anthrax  et nota que  c’était « la consommation de viande qui transmettait la maladie aux hommes » ;

source de la carte :

https://crecleco.seriot.ch/recherche/biblio/13HUMB/v-GorsheninaOK.pdf

qui,  à 70 ans, échangeait des données et travaillait déjà selon une méthode scientifique moderne  de savoirs partagés ; qui aidait financièrement les jeunes savants sans le sou alors que lui-même empruntait parfois de l’argent à son valet et ne possédait même pas la collection complète de ses propres œuvres parce qu’elle était trop chère ; qui recevait quatre à cinq mille lettres du monde entier par an;

qui, à 75 ans, publia le 1re des 5 tomes de Kosmos, pour « décrire le monde physique tout entier dans un seul et même ouvrage »,  un best-seller scientifique vendu à 20 000 exemplaires en deux mois, réédité et traduit en dix langues avec des cartes comparatives comme personne n'en avait jamais fait.

source de la carte : https://actualite.housseniawriting.com/science/2019/09/18/le-scientifique-le-plus-influent-dont-vous-navez-peut-etre-jamais-entendu-parler/29657/

qui à 87 ans, victime d’une attaque, nota scrupuleusement  par écrit tous  ses symptômes;

Alexander von Humboldt, âgé, dans son bureau berlinois.

Cet homme universel, scientifique et poète, adoré de Pouchkine et d’Edgar Poe, dont l’anniversaire était fêté jusqu’à Hong Kong, qui était l’homme le  plus célèbre au monde après Napoléon Bonaparte -jaloux de lui, Napoléon voulait l’expulser de France ! - dont le centenaire de la naissance le 14 septembre 1869 fut célébré dans le monde entier, qui avait écrit plusieurs de ses grands ouvrages en français et dont le capitaine Nemo de Jules Verne possédait tous les livres,

  MAIS dont trois  guerres avec l’Allemagne nous ont fait  absurdement oublier jusqu’au nom, laminant la mémoire, non pas de cet "effrayant génie" mais de ce généreux génie  qui se nommait Alexander von Humboldt.

 

Alexander von Humboldt en 1843, dans sa tenue favorite, économique et "toutes occasions" (costume noir, chemise et cravate blanches) par Stieler.

Alexander von Humboldt en 1843, dans sa tenue favorite, économique et "toutes occasions" (costume noir, chemise et cravate blanches) par Stieler.

Alors, oui, Alexander von Humboldt aurait vraiment adoré voir "ses" manchots visiter un musée, lui qui reliait "les mondes culturel, biologique et physique" sur une Terre "où tout entre en relation" (et sans jamais évoquer Dieu ), "l'humanité n'étant qu'une petite partie de l'ensemble".  Mais il aurait été  catastrophé par nos imprudences,  notre sur-exploitation forcenée des ressources de la Terre et nos visions à court terme, "redoutant l'influence de l'activité humaine sur le climat, et de graves conséquences sur les "générations futures" malgré ses avertissements lancés il y a maintenant deux siècles !

Est-ce seulement par sentiment anti-allemand persistant que nous l'avons oublié, et le monde anglo-saxon aussi qui a brûlé ses livres et  débaptisé des rues portant son nom ?

Ou bien est-ce parce que ce visionnaire a tort d'avoir eu raison ?

HUMBOLDT ET LES TROIS MANCHOTS

Cet article est  un  "prolongement préparatoire" (il y en aura d'autres) d'une future conférence prévue  pour novembre 2020, qui s'appellera " 4M " (ah, tiens donc, pourquoi ?) et que j'aurai le plaisir de présenter en duo avec l'historienne Joëlle Cornu.

Photo personnelle: mais où donc l'ai-je  prise ?

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DECONFINONS AVEC YAN LIANKE

Publié le par Claude Léa Schneider

DECONFINONS AVEC YAN LIANKE

Nul doute que dans les jours prochains je vais me procurer  un roman de Yan LIANKE !

Je n’en ai encore jamais lu. Et vous ?

Cette envie m’est venue en  lisant  la leçon inaugurale que cet écrivain chinois a adressée à ses  étudiants de lettres de Hong Kong.  On trouve ce texte  dans le n° de mars 2020 (n°1532) du Courrier International dans un article titré «  Ne laissons pas Pékin réécrire l’histoire de l’épidémie. » (lien en annexe en fin d'article )

La Chine est particulièrement  douée pour la manipulation de  l’Histoire à coups de  mensonges et de crises d’amnésie, bien qu’elle n’en ait pas le triste monopole.

Yan LIANKE,  né en 1958 de parents pauvres et illettrés du Henan,  a réussi à se sortir de cette condition en entrant en 1979 dans l’Armée populaire de Libération et en y devenant écrivain.  On devine qu’il n’avait pas le choix. On devine aussi  ce qu’il a dû être contraint de rédiger sous les ordres des thuriféraires de cette « armée de libération » et quelles couleuvres lexicales et petits arrangements avec la réalité sémantiques il a dû avaler.  Il a tenu bon, a commencé à être inquiété en 1992, puis censuré en 1994, et définitivement chassé de l’armée en 2002 quand il a écrit Bons baisers de Lénine, immédiatement censuré.

 

DECONFINONS AVEC YAN LIANKE

Cette fois, Yan LIANKE ne parle pas de la folie maoïste, mais de l’épidémie de Covid-19. Il s’interroge sur les chiffres officiels et il craint l’oubli à jamais de la réalité des faits si la vérité n’est pas reconnue dès à présent. Et nous pouvons nous interroger et nous inquiéter avec lui.

« Quand j’étais petit, lorsque je commettais la même erreur deux  ou trois fois de suite, mes parents m’appelaient et me demandaient en pointant un doigt sur mon front : “As-tu une mémoire ?” (…) Car perdre la mémoire, c’est risquer de perdre aussi les outils ou la capacité de cuisiner ou de cultiver.(…)

Pourquoi parler de tout cela aujourd’hui ? Parce que l’épidémie de Covid-19, cette catastrophe d’envergure nationale et internationale, n’est pas encore vraiment endiguée ; la contamination est loin d’être terminée.(…) Depuis que le Covid-19 est entré pas à pas dans nos vies, nous ne savons pas précisément combien de gens sont morts à ce jour, que ce soit dans les hôpitaux ou en dehors. Nous n’avons même pas encore eu le temps de nous en enquérir, et le temps passant, cela pourrait bien rester un mystère à jamais.(...)

Désormais, les souvenirs d’un individu sont un outil du temps présent, où les souvenirs d’une collectivité et d’une nation dictent à un individu la part des choses à oublier et celle des choses à retenir. (...)

DECONFINONS AVEC YAN LIANKE

En  France, des chercheurs  planchent  à juste titre sur le succès des théories complotistes. Mais s’interroge-t-on sur les causes de l’érosion  de la confiance dans le discours officiel ? Sans même évoquer les lourds secrets d’État, ni Tchernobyl - il n’a jamais été dit officiellement que le nuage de Tchernobyl ne franchissait pas nos frontières, c'était juste un bulletin météo - (lien en annexe en fin d'article ), nous connaissons aussi le déni d’État, les affirmations contradictoires et les  arrangements avec la vérité.

A cet égard, le triste et scandaleux épisode des masques est exemplaire ! Il se trouve que suivant le conseil d'une professionnelle de santé bien avisée,  j'en porte chez moi depuis des années pour faire du ménage ou vider l'aspirateur, ce qui a réduit considérablement rhumes et sinusite.  Les masques sont très efficaces et il a toujours été très difficile de s'en procurer en pharmacie. Ce n'était un secret pour personne.

 

Petite parenthèse à  propos de masques et de Chine : vous avez des jeunes près de vous ? Regardez donc avec eux ce magnifique film chinois de Wu Tiang Ming : "Le Roi des masques" et ensuite discutez avec eux du sort réservé aux filles en Chine jusqu'au XXe siècle compris. Pas de craintes pour les cœurs sensibles : le film finit bien !

 

Infantilisation généralisée

Des étudiants  allemands et italiens, avec qui j'ai l'habitude de discuter et qui  travaillent avec des étudiants français, font la même  remarque : les jeunes Français ne sont pas suffisamment élevés à être autonomes et responsables.

Sans doute cela explique-t-il pourquoi  l'État français traite ses concitoyens comme l’enseignement français a historiquement  l’habitude de traiter ses élèves :  sans  faire confiance et sans développer le sens des responsabilités. Il était frappant pendant cette période de comparer les interventions télévisées d'Angela MERKEL avec les interventions gouvernementales françaises.

D'un côté un discours qui en appelait posément  à la responsabilité collective, de l'autre cette façon judéo-chrétienne de considérer  les Français, dans un rapport de sujétion, comme s'ils étaient vaguement fautifs.

 De même appliquer les mêmes mesures de confinement en Ile-de-France et dans le Massif central a semblé absurde à plus d'un. Encore une fois, ça sent la punition générale, qui est, rappelons-le, aussi illégale qu’arbitraire.

DECONFINONS AVEC YAN LIANKE

Pendant ce confinement, notre jargon hexagonal s'est emballé !

"Hexagonal" en référence à un  petit livre de poche de 1970 -L'hexagonal tel qu'on le parle, de Robert BEAUVAIS- que je conserve précieusement.

Tout d'abord cette horrible expression de "distanciation sociale" au lieu "distance physique", tout simplement !

La "distanciation", c'est soit le recul (intellectuel, psychologique) que l'on prend par rapport à ce qu'on fait, à ce qu'on montre. C'est pourquoi ce terme est parfaitement adapté à l'effet voulu dans certaines pièces du  théâtre de Brecht : Verfremdungseffekt = effet de distanciation.

Et c'est aussi "l'écart, le refus de relation entre les différentes classes sociales", et alors là, pas la peine de nous l'imposer, cette distanciation  est déjà  particulièrement bien installée dans la société française !

Et pourquoi "social(e)" et non "physique" puisqu'il s'agit de se protéger d'un virus ? sans doute parce qu'on a créé récemment l'abominable et inutile néologisme : "sociétal(e)" alors que l'adjectif  social(e) suffit à tous les emplois.

Si comme moi vous donnez des cours de "Français Langue Étrangère" (FLE) et que vos étudiants vous demandent de leur expliquer le sens des phrases qui accompagnent les 7 cases à cocher de la fameuse "attestation de déplacement dérogatoire"-qui a pu pondre un titre pareil ?! - vous allez passer un moment tristement réjouissant ....

Et comme "dans les milieux autorisés, on s'autorise à penser", comme disait si bien COLUCHEvoilà maintenant qu’on nous incite à passer « un été apprenant » !

"Un été apprenant" avec quelques pauses pour jouer au  "référentiel bondissant en présentiel" sans doute ?!   NB : Pour les non -initiés au jargon hexagonal des instructions de l’Éducation nationale, le « référentiel bondissant » a désigné très sérieusement... un ballon !

"Un été apprenant" , nous voici une fois de plus infantilisés et  enjoints d'emporter un cahier de vacances ! comme si les Français n’étaient pas capables d’aller vers la culture tout seuls ! 

Rappelons que l’édition française de la  Nuit des Musées  a attiré plus de 2 millions de personnes en 2019,   qu'il y a eu 7,5 millions de festivaliers  cette même  année et plus de 12 millions de visiteurs en France en 2018 pour le seul week-end  des journées du Patrimoine !

Allez, petite citation (de mémoire) de Jean GUEHENNO -autre enfant pauvre qui s'est arraché à sa condition-  citation sur laquelle nos milieux autorisés feraient bien de méditer :  « Je pense que l’essentiel de la culture est dans l’appétit qui la fait rechercher. »

Jean GUEHENNO qui s'est arraché à sa condition pour plonger dans les tranchées de la Guerre de 14, osant dire, dans "Journal d'un homme de 40 ans"  « la seule chose qu'on n'ose jamais dire, parce qu'elle fait crier d'horreur les mères, les épouses, les enfants, les amis... Je dirai donc que cette mort innombrable fut inutile. Je dirai donc que j'ai conscience que mes amis sont morts pour rien. Douze millions de morts pour rien ».

 

Voilà qui nous ramène directement à la leçon inaugurale de Yan LIANKE et à ses interrogations que nous pouvons de tout cœur partager :

« Pourquoi les fosses de l’histoire doivent-elles toujours se remplir de milliers et de milliers de morts de simples gens, et les tragédies de notre époque être assumées par des milliers et des milliers de nos vies ?

Dans le grand flot de notre époque, les souvenirs personnels sont souvent considérés comme l’écume et le rugissement superflus de notre temps, que celui-ci pourra effacer. Le temps est capable sans bruit, sans un mot, de faire en sorte qu’ils n’aient jamais existé. »

« C’est ainsi qu’une fois les souvenirs passés dans la noria du temps, arrive le gigantesque oubli. C’en est fini des corps humains dotés d’une âme. Le calme a été établi ; le minuscule pivot de la vérité, sur lequel la terre s’appuie pour tourner, n’est plus là. Ainsi, l’histoire n’est plus que légendes sans fondements, oublis et imagination. Voilà pourquoi grandir avec une mémoire et des souvenirs personnels qui ne peuvent être altérés ni faire disparaître est important. Ce sont les fondements essentiels pour pouvoir dire la vérité. (…)Si un jour même nous sommes privés de cette pauvre part de vérité et de souvenirs, alors qu’adviendra-t-il en ce monde de la vérité individuelle et de l’authenticité des faits historiques ? »

DECONFINONS AVEC YAN LIANKE

Alors, par quel livre de Yan LIANKE commencer ?  A vous de choisir.

Il est important de dire que  sa traductrice française attitrée était Sylvie GENTIL qui a vécu 30 ans à Pékin, décédée de façon soudaine en avril 2017. Une traductrice émérite, élève de François CHENG, qui pour une fois n'a pas été oubliée des médias.

Deux liens ci-dessous permettent d'apprécier  ce que nous  devons à son travail de traductrice:

Après des sujets si graves, terminons par un sourire : le monologue de Don Diègue du Cid revu par Robert Beauvais en hexagonal. Vous remarquerez que en un demi-siècle  certains mots ou expressions sont passés dans notre langage courant : c'était bien vu !

 

DECONFINONS AVEC YAN LIANKE

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ET LISEZ RECLUS 7 PARCOURS SCHUITENIEN

Publié le par Claude Léa Schneider

ET LISEZ RECLUS  7  PARCOURS SCHUITENIEN

Dernière la carapace du masque, des lunettes de soleil et des gants vinyle, cheminant dans la ville désertée, resplendissante et pourtant obscure, résonne en moi les vibrations de Lux Aeterna de LIGETI.

J’éprouve une sorte de sentiment étrange, en terrain faussement connu, sorte de « Souvenirs de l’éternel présent » comme dans cette étrange chambre « Louis XVI » où Bowman vit et meurt en temps accéléré à la fin de 2001, L’Odyssée de l’espace de KUBRICK.

ET LISEZ RECLUS  7  PARCOURS SCHUITENIEN

Depuis quelques jours, je recherche fébrilement sur le net une BD qu’on  m’avait prêtée au tout début des années 80 et dont les images me hantent. Et je l’ai retrouvée ! C’est Carapaces  de Luc et François SCHUITEN.

Luc et François ? « SCHUITEN » seraient-ils deux ?  Exactement ! Luc, né en 1944 et son frère  François, né en 1956, ont d’abord collaboré à imaginer les planètes fantastiques des trois albums des Terres Creuses dont Carapaces est le premier volet.

Je me souviens avec une très grande précision de l’endroit où  j’ai lu Carapaces, avec cette quasi certitude qu’il viendrait un jour où nous devrions vivre au quotidien avec des carapaces protectrices. Nous y sommes (presque).

Carapaces  de Luc et François SCHUITEN.

Carapaces de Luc et François SCHUITEN.

ET LISEZ RECLUS  7  PARCOURS SCHUITENIEN

Ensuite, Luc SCHUITEN a poursuivi sa carrière d'architecte "biomimétique" de l’après-demain : « Un architecte ne dessine jamais que le futur, il dessine des bâtiments qui n’existent pas aujourd’hui, qui existeront peut-être demain. C’est ce que je fais, mais au lieu que ce soit demain, c’est après-demain, un peu plus loin, dans cent ans ou plus tard encore. Je pose des hypothèses, celles qui sont désirables en tout cas pour moi : le monde dans lequel j’aimerais bien vivre, qui s’est réconcilié avec la planète, qui a commencé à bâtir des choses en bonne intelligence. »

 

Luc SCHUITEN, Metz en 2167.

Luc SCHUITEN, Metz en 2167.

Tandis que François SCHUITEN , associé à Benoît PEETERS, a inventé  sur un quart de siècle les mondes des onze (douze ?)  albums des Cités Obscures. Visionnaires tous les deux, tous les trois.

Rue Jeannin, une fine poussière d’immobilité s’est déposée sur des véhicules devenus bienheureusement inutiles.

Au n°8 le directeur des archives départementales met en ligne quotidiennement les fonds d’archives oubliées, de "coronarchives" en "sérendipités" et contribue à perturber la chronologie : au détour de la rue Lamonnoye déserte,  un passant au chapeau melon, comme sur une photo de Martial CAILLEBOTTE.

Passant rue Lamonnoye, document Archives départementales de la Côte-d'Or (ADCO).

François SCHUITEN et Benoît PEETERS, L'Archiviste, Éditions  Casterman.

François SCHUITEN et Benoît PEETERS, L'Archiviste, Éditions Casterman.

Parcours de la ville et parcours du temps. Suis-je  en uchronie  ou en dystopie ?

Imprimerie Lépagnez, document ADCO

« Aux zones en ruines succédaient quelques îlots plus préservés qui semblaient n'avoir été désertés que depuis peu. Parfois même, nous découvrions de curieuses machines dont je ne parvenais pas à comprendre l'usage. » Les Cités obscures, Tome 3 : La tour

 

François SCHUITEN et Benoît PEETERS, Souvenirs de l'éternel présent, Éditions  Casterman.

 

A part quelques  liseurs sur des balcons, les habitants avaient-ils  massivement quitté la ville ? Où étaient-ils ? D'où venait cette impression de décalage ?  Etait-ce une illusion  ? "Je commençais à ressembler aux autres habitants de Samaris, promeneur à demi léthargique parcourant chaque jour les mêmes ruelles."

François SCHUITEN et Benoît PEETERS, Les Murailles de Samaris, Éditions  Casterman.

« La question que maintenant je me pose est de savoir si un point du parcours du temps peut se superposer à des points de précédents parcours. En ce cas, l’impression d’épaisseur des images s’expliquerait par le battement répété du temps sur un identique instant. Il pourrait toutefois se produire, en certains points,  un petit décalage d’un parcours à l’autre : les images légèrement redoublées ou effacées seraient alors l’indice que le tracé du temps est un peu usé par l’usage et laisse une étroite marge qui joue  sur les bords  de ses passages obligés. Mais même s’il ne s’agit que d’un effet optique momentané, il reste l’accent comme d’une cadence dont il me semble que je la sens battre sur l’instant que je vis. Je ne voudrais  toutefois pas que tout ce que j’ai dit fasse apparaître cet instant comme doué d’une consistance intemporelle spéciale dans la série d’instants qui le précèdent et le suivent : du point de vue du temps c’est proprement un instant  qui dure aussi longtemps que les autres, indifférent à son contenu, suspendu dans sa course entre le passé et le futur ; ce que je crois avoir découvert, c’est seulement son retour ponctuel  selon une série qui se répète identique à elle-même à chaque fois. »

Italo Calvino, Temps zéro, traduit de l’italien par Jean Thibaudeau, Éditions du Seuil, 1970.

 

Pourtant, tout avait bien commencé  dans la bulle du 9 janvier 2020 au vernissage de l’exposition Luc SCHUITEN à Latitude 21, alors que le même jour, sous une autre latitude, les autorités sanitaires chinoises –et l’OMS-  déclaraient l’existence d’un nouveau coronavirus qui sévissait depuis un mois et  que nous feignions d’ignorer.

 

Nous étions très nombreux à ce vernissage et  nous n’étions pas venus pour le buffet ! Nous nous pressions  dans une promiscuité rêveuse devant les aquarelles et dessins de Luc SCHUITEN,  ses maisons bioclimatiques, ses « habitarbres », ses villes végétales éclairées en bioluminescence,  ses habitations en osmose complètes avec le lieu de leur implantation.

Ci-dessus une photo prise pendant l'expo, mais la plupart des reproductions sont protégées. Vous pouvez consulter un album sur  le site ci-dessous :

Et Luc SCHUITEN était présent, en grande forme ! Et toujours aussi nombreux, nous  l’avons écouté nous « raconter le futur avec les deux pieds sur terre dans la réalité d’aujourd’hui »,  nous expliquer que « chacun de [ses] dessins est une hypothèse faite pour se poser la question de savoir si  nous avons envie d’y aller ou pas. »  Nulle doute que nous étions prêts à y aller, et  tout de suite !

 

Luc SCHUITEN, le 9 janvier 2020 à Latitude 21 (Dijon), citant Francis BLANCHE :

"Mieux vaut penser le changement que  changer le pansement."

Comme nous étions heureux de l’écouter nous décrire - loin de tout mythe eschatologique et sans prophétie collapsologique- l’obsolescence  de notre actuelle manière de vivre, nous expliquant, avec un enthousiasme communicatif, qu’il y a un autre monde à réinventer et  que la nature nous offre des modèles qui sont une formidable source d’inspiration.

Contents, mais un peu frustrés dans cette cohue, de ne pas avoir eu plus d’espace et de temps pour parcourir toutes les salles, nous étions nombreux à nous promettre de revenir « au calme » pour regarder cette exposition de plus près.

Et puis, les portes de l’exposition se sont refermées à la mi-mars, écourtant l’exposition qui devait durer jusqu’au 30 avril.

L’exposition sera-t-elle prolongée ? D’autres lieux la réclament sans doute. Mais ce n’est pas le plus important. L’important c’est sur quel avenir ces portes se rouvriront.

Portes fermées  de l'exposition  Luc SCHUITEN à Latitude 21.

Portes fermées de l'exposition Luc SCHUITEN à Latitude 21.

Alors que tous les médias et politiques nous entonnent en mode mineur  les chansons du " monde d’après" la crise du COVID 19,

 

c’est à chacun de nous de nous activer pour démontrer qu’ils se trompent et qu’il y a d’autres possibles, pour peu qu’on le veuille.

Pour nos enfants, courage !

« Pour les gens qui veulent bâtir un modèle de société en croissance infinie sur une planète déjà surexploitée, le mot utopie signifie l’illusion d’un rêve impossible à réaliser qui ne s’applique pas à leurs projets. Pour nous qui cherchons à construire un nouveau modèle de société durable, dans une symbiose avec notre environnement naturel, le mot utopie veux dire simplement, un possible qui n’a pas encore été expérimenté. »

Luc SCHUITEN, citation extraite de :

Source : luc-schuiten-installation-lumineuse-arc-et-senans;  photo  Collet

Source : luc-schuiten-installation-lumineuse-arc-et-senans; photo Collet

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