Nostalgie = poison

Publié le par Claude Léa Schneider

Chers Amis - plus jeunes que moi- vous qui me partagez sur Facebook des chansons de Brel, de Brassens … ce dont je vous remercie. Des chansons de grande qualité, composées par de grands poètes, certes, mais qui vivaient à leur époque qui n’est plus la nôtre, et que je n’ai aucunement envie d’écouter !

Il faut se méfier de la nostalgie, c’est un poison insidieux et pervers.

Car je ne suis pas du tout du genre à chanter cet air bien français du «c’était mieux avant ». Certes, chacun a ses morts familiers dont il regrette parfois cruellement l’absence. Mais se figer dans le passé empêche de vivre et de préparer l’avenir pour les plus jeunes – la seule vraie chose qui vaille la peine. Et c’est ce qui, encore aujourd’hui, me fait lever avec enthousiasme le matin et travailler de nombreuses heures par jour.

Le passé, historique ou familial, m’intéresse par ses faces cachées et ses incidences sur le présent. C’est pour cette raison par exemple que je me suis replongée dans les archives journalistiques de mon père. Et puisque j’en suis à évoquer mes parents, quand je vais chaque semaine voir ma mère à sa maison de retraite –elle a «toute sa tête » comme on dit, mais est totalement paralysée- on nous assène à chaque fête du « Petit vin blanc sous la tonnelle » et autre « Madelon » que ni elle ni moi n’avons envie d’entendre ! Elle est née en 1927 !

Je ne sais pas si je finirai aussi dans une maison de retraite, mais quelles chansons assénera-t-on aux vieux de ma génération ? Celles des années 60 ? Plutôt crever tout de suite !

« Celui qui oublie le passé est condamné à le revivre » C’est bien pour ça qu’il faut décrypter le passé, mais pas le vénérer. Devoir de mémoire, mais pas pétrification. Et le présent a urgemment besoin d’être décrypté aussi.

Vivre culturellement dans le passé raccourcit la vie. Et puis on se sent toujours moins con aujourd’hui que les années précédentes, non ?! Vous n’avez jamais éprouvé ce sentiment, vous aussi ?

Si je vous écris tout ça, c’est parce que vous êtes jeunes – mais si ! – alors les gars, écoutez donc la musique d’aujourd’hui de qualité, il y en a ! – ça n’empêche pas d’aimer Wagner ou Debussy ou Arvo Pärt – profitez du présent pour ce qu’il est, et préparez l’avenir.

Je termine par The Suburbs d’Arcade Fire -une chanson de qualité et d’aujourd’hui qui pose des questions d’aujourd’hui - et vous embrasse très affectueusement.

Publié dans Chroniques

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