L'Europe en séries

Publié le par Claude Léa Schneider

Bonjour à tous, comme souvent en début de semaine, retrouvez  ici le podcast du  Club Sandwich du dimanche précédent, avec "Christophe et toute son équipe."

Et justement, avant que je vous parle de séries européennes, aujourd'hui, partageons  d'abord la chronique de Christophe .

Eh eh ... de quel livre sont donc tirées les citations que Christophe a habilement tissées dans sa chronique politique ?

Vous avez deviné ?

Vous donnez votre langue au chat  ? Inutile, il préfère ses croquettes.

La solution est en fin de chronique, avec le podcast complet du Club Sandwich du dimanche 4 décembre 2016. Bonne lecture et bonne écoute !

Imaginez un pays. A peine plus gros que la France, à peine plus français que le nôtre. Imaginez un chef à la tête de ce pays. Un chef que le chef d'en face, celui de l'opposition, critique parce que le chef d'en face critique toujours le chef d'ici. « Le chef d'ici admet, avec lucidité, que son échec patent lui interdit d’aller plus loin*  ». Le chef de l'opposition a parlé : le chef tout court,normal, ne peut plus aller plus loin.

Pourtant il a essayé, il a voyagé, il s'est même déplacé sur un deux roues. Je lis ces quelques lignes de la nouvelle que j'ai dans les mains : Quelque chose en lui réclamait, un besoin nouveau, impérieux, qui n'était rien de moins que le besoin de traverser les murs. Dans la nouvelle dont je parle « Un président ne devrait pas traverser les murs »**, il est écrit plus loin : Le soir à l'heure de quitter le ministère, il était l'objet de plaisanteries sans fin de la part de ses camarades et la vie lui semblait moins belle.  Et je réfléchis. Et je repense à cette phrase d'un autre homme politique qui déclare : Cette décision ne nous fait ni rire ni pleurer.

Dans ce livre, il est écrit : malheureusement il lui manquait un but. Un jour pourtant, notre chef d'ici, voulut faire le pas. Ce n'est pas toujours facile d'analyser les raisons d'un renoncement. Ce n'est pas évident d’en parler. Partir par la grande porte ou se faire jeter par celle de derrière ? En traversant les cloisons et les murs, il eut l'impression d'un frottement inaccoutumé, aux hanches aux épaules. C'est vrai que notre chef d'ici n'avait pas toujours des costumes bien taillés. Toutefois, reprend l'histoire, il ne crut pas y devoir prêter attention. Ce ne fut qu'en pénétrant la mur de la clôture qu'il éprouva nettement la sensation d’une résistance. Au bout d'un temps... Il était comme figé à l'intérieur de la muraille.

Ainsi s'achève le récit du chef qui voulut partir, normalement. C'est Garou-Garou, m'indique la fin de ma nouvelle ! Garou-Garou qui lamente la fin de sa glorieuse carrière et le regret des amours trop brèves.

                                                       Christophe Saconnet

*Tweet de François Fillon le 1er décembre 2016

**Tweet de Philippe Poutou le 1er décembre 2016

  • J’ai une excellente nouvelle à vous annoncer :
  • vous pouvez contribuer à construire l’Europe en restant assis sur le canapé !
  • Vous allez me dire que vous voulez bien rester assis sur le canapé, mais déjà, vous vous montrez suspicieux. Vous dites : oui, mais après, qu’est-ce qui faut que je fasse ?
  • Vous flairez un piège et vous avez tort !
  • Je vous réponds : allumez la télé et regardez des séries européennes !
  • Vous dites, ouais, je veux bien allumer la télé, mais dans les séries européennes, souvent, ça va pas assez vite ! Surtout les séries scandinaves ! Et vous secouez la tête.
  • Je vous réponds : déformatez-vous un peu de la grosse machinerie américano-étasunienne, c’est comme ça que vous contribuez à construire l’Europe avec un grand E.
  • Vous allez me dire que vous en avez ras la réglementation de  l’Europe avec un grand E, de Bruxelles avec un grand B, et que la montée des démocratures eurosceptiques nationalistes avec un grand N, ça vous inquiète.

  • Alors moi je vous réponds que je vous propose de rêver, non sur l’Europe politique, mais sur notre bon vieux continent, l’Europe géographique et culturelle, de Brest à l’Oural et de Jo Nesbo à Camillieri.
  • Et j’ajoute que j’en ai ras l’écran d’un ½ siècle de forcing de séries étasuniennes, qui nous impose ses mêmes cadrages, ses mêmes plans de coupe, son Kiss Kiss Bang Bang, action ! action ! action !et de son fondu au noir pour caser les pauses de pub.
  • Bon, allez, exception faite de Twin Peaks, parce que David Lynch est complètement ouf,  qu’il rend complètement ouf et c’est pour ça qu’on l’aime.
  • Mais quand je vois que sur la trilogie suédoise Millenium,écrite par feu l’écrivain suédois Stieg Larsson, la Suède a produit et créé une superbe série télévisée suédoise, dans un univers suédois, et que moins de 2 ans après, David Fyncher a trouvé le moyen d’en faire un remake étasunien, certes avec des acteurs de différentes nationalités, mais quand même en bon petit donneur de leçon de cinéma américano-étasunien ! étasunien Et ta sœur ?! Comme si la télé suédoise n’était pas capable de créer une bonne série.

  • Vous me rétorquez : oui, mais les séries françaises, c’est nul !
  • Alors là je vous réponds que ça doit faire longtemps que vous n’en avez pas regardé, parce que déjà en 2014, pour la 1ère fois, les fictions françaises ont dépassé en audiences les séries américaines.
  • Vous auriez parié, vous, qu’une série comme « Ainsi soient-ils » attire 1,5 million de téléspectateurs ? Et je ne parle pas d’Un village français, ni des Hommes de l’ombre.
  • Et je vous dis encore que les Assises européennes du CNC vont se réunir pour la 8ème fois en avril prochain sur le thème : Créer ensemble des séries en Europe : concevoir, financer, diffuser. Et qu’on parle aussi de la création d’un grand festival européen des séries, c’est pas beau ça ?

  • Les séries européennes plaisent parce qu’elles ont une personnalité, qu’elles prennent des risques narratifs et font appel à de vrais auteurs
  • Elles nous plaisent parce qu’elles nous font faire un aller-retour livre-film-livre: on regarde Keneth Branagh dans Wallander parce qu’on a adoré les polars de Henning Mankell et que l’Alzheimer de L’homme inquiet nous a tout autant attristés que la mort de son auteur.
  • Quant à la série britannique Downton Abbey, elle a poussé ses auteurs à écrire un livre documentaire pour mieux en préciser le contexte socio- historique.
  • Elles nous plaisent, ces séries européennes, parce qu’elles sont aux séries américaines ce que la slow-food est au fast-food : les séries européennes, ce sont des paysages locaux avec des situations locales qui posent des questions universelles, une recette originale pour laquelle on n’hésite pas à faire venir un chef d’un autre pays pour mélanger les saveurs, des produits frais qu’on savoure en prenant son temps.

  • Et ce que je vous propose de fortifier, bien calé sur votre canapé, c’est cette Europe culturelle, qui relie les peuples européens depuis un certain nombre de siècles, malgré… tout, et qui se reconstruit toujours, sous diverses formes, et en ce moment ce sont les séries européennes qui nous rassemblent parce qu’elles nous ressemblent.
  • C’est vrai que les séries espagnoles ne franchissent pas beaucoup les Pyrénées, mais ça va venir, peut-être avec la série anglo-espagnole The Réfugees ?
  • C’est vrai qu’on ne voit pas beaucoup les séries russes non plus, surtout celles inspirées par les grands romans français du XIXe siècle dont les Russes sont pourtant toujours de grands lecteurs. Ça manque.
  • Allez, qui prend son téléphone pour appeler Depardieu ?
  •  Vous n’êtes toujours pas convaincu/e ? Eh ben écrivez donc des scénarios !
  • On manque de scénaristes en France et je vous signale que la Fémis- l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son- a ouvert récemment  une section consacrée à l’écriture de séries.
  •  

  • Vous allez me dire que je suis sacrément remontée aujourd’hui ! Oui, j’ai la pêche, parce que je viens d’aller voir un film qui donne la pêche, et même la pêche bretonne, puisque le film s’appelle :
  • La Fille de Brest.
  • Non, je rigole, rien à voir avec la pêche, même si les premières images nous plongent dans la mer, puisque le scénario du film d’Emmanuelle Bercot, c’est le livre Mediator 150 mg, Combien de morts ? d’Irène Frachon. Irène Frachon est ce médecin pneumologue lanceur d’alerte qui a révélé les dangers mortels du Médiator.
  • Et qui c’est qui joue le rôle de l’insubmersible Irène Frachon, hein ? une Danoise, et même pas doublée ! Sidse Babett  Knudsen, qui nous a internationalement captivés dans le rôle du Premier ministre Birgitt Nyborg de la série Borgen, une femme au pouvoir .
  • Qu’une actrice danoise qui n’est pas un top model perfectionne son français pour jouer dans un film français populaire le rôle d’un médecin breton, eh bien je vous dis qu’il y a de l’espoir pour la culture européenne.

Allez, contruisez l’Europe en vous immergeant dans le fantastique nordique avec la série Jordskott, la forêt des disparus, dont les personnages au cœur pur se végétalisent.

Vous faites la moue devant  la mythologie scandinave ?

Mais c’est beau comme le mythe de  Philémon et Baucis  ou  comme la métamorphose de Daphné en laurier racontée par Ovide et sculptée par  Bernini à la  Galerie Borghèse !

Bernini (Le Bernin) Apollon et Daphné (détail), Galerie Borghèse, Rome.

Bernini (Le Bernin) Apollon et Daphné (détail), Galerie Borghèse, Rome.

Et tout de suite, le podcast :

et pour la solution de l'énigme  de Christophe,

cliquez sur les 2 images ci-dessous :

à droite, Marcel Aymé en passe-muraille, sculpture de Jean Marais, Place Marcel Aymé, 75018 Paris.à droite, Marcel Aymé en passe-muraille, sculpture de Jean Marais, Place Marcel Aymé, 75018 Paris.

à droite, Marcel Aymé en passe-muraille, sculpture de Jean Marais, Place Marcel Aymé, 75018 Paris.

L'Europe en séries

Publié dans Chroniques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article