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Devinez qui ...

Publié le par Claude Léa Schneider

Chronique Club Sandwich n° 11 du 27 novembre 2016

Chronique Club Sandwich n° 11 du 27 novembre 2016

Aventi !

Comme promis, mes chroniques jusqu’à Noël vont être constructives. C’est mon calendrier de l’Avent, ou plutôt le calendrier de l’ « Aventi ! ». Le calendrier qui fait avancer !

Et cette chronique va être le moins radiophonique possible. Eh oui, c’est un défi !  Puisque je vais vous décrire une photo. Et je vous garantis, chers auditeurs dominicaux, que personne dans ce studio n’a cette photo sous les yeux, même pas moi. Et vous qui lisez cet article, essayez de deviner avant d’aller voir la photo en fin d’article.

Laissez-vous guider

Allez, on commence… laissez-vous donc guider par vos images mentales ….

C’est une photo en noir et blanc, de format portrait. Elle représente un jeune homme. Il vient tout juste d’avoir 22 ans. En pantalon et veste assez longue sous laquelle on  devine une chemise blanche, un gilet, une cravate.  Il prend la pause pour la photo, debout – mais derrière lui il y a une chaise- sa main droite est appuyée sur l’angle d’un meuble. Le cadrage rapproché montre le jeune homme en entier, sauf ses pieds. On ne voit pas  ses chaussures et ce n’est certainement pas un hasard. Les chaussures en cuir sont chères, on a fait l’effort sur le costume pour qu’il soit présentable, mais le photographe a dû voir qu’il valait  mieux camoufler des chaussures un peu fatiguées.

Fils d'émigré italien

Revenons à son visage. Il a des cheveux bruns, partagés par une raie sur le côté gauche, le front dégagé. Il porte un collier de barbe fourni. Est-ce qu’il sourit au photographe ? Non, pas du tout ! Il nous regarde droit dans les yeux, mais sa bouche aux lèvres serrées  affiche une moue légèrement tordue et très contrite. On sent qu’il a accepté de se faire tirer le portrait, mais qu’il n’est pas, mais alors pas du tout à l’aise.

Il y a de quoi ! Il est fils d’un émigré italien. Ses parents étaient venus habiter dans une grande ville du sud de la France. Son père avait pourtant  réussi à se faire un nom dans son métier, mais par malchance il est mort prématurément.  À l’école, les copains du jeune de la photo se moquaient de lui parce qu’il avait un accent et qu’il  ne savait pas prononcer correctement le mot « saucisson ».

 Il a raison d'y croire

Avec sa mère, veuve, le jeune homme-fils unique-est monté à Paris. Sa mère n’a pas d’argent,  elle se sacrifie pour qu’il puisse poursuivre ses études. Et il vient de rater son bac ! Et impossible de le repasser. Déjà qu’ils logent dans un minuscule appartement minable. C’est donc la dèche, la mouise, la panade …. Et socialement, il est que dalle !

Il faut urgemment qu’il travaille.

Ça y est : il a trouvé du taf.  Il vient de rentrer chez Hachette. L’éditeur Hachette. À l’échelon le plus bas : il est manutentionnaire, toute la journée, il fait des paquets.

Voilà pourquoi il a l’air si contrit sur la photo ! Il sent qu’il a du potentiel en lui, il sent qu’il vaut beaucoup beaucoup mieux que ce mec minable et fauché qu’il est au moment où il pose pour cette photo. Oui, mais comment le faire savoir ? Comment ? Il fait bien des trucs, chez lui, comment se faire connaître ?

Pourtant, au fond de lui, il y croit et  il a raison d’y croire !

Cette photo, où il a 22 ans, elle a été prise en  …..

Si vous retrouvez ce paravent ...

Ah, j’ai oublié de vous dire. Quand il vivait encore dans le Midi, au lycée, ce jeune homme très mal dans sa peau avait tout de même un bon copain.

 Justement, un jour, il demande à ce copain :

  • Qu’est-ce que tu fais, cet aprem ?

Le copain lui répond :

  • Je vais peindre un paravent chez une dame, ça me fait un peu de thunes.

En effet comme ce copain est très doué en arts plastiques, il gagne un peu d’argent de poche en faisant des petits travaux de déco chez les gens.

Le jeune homme répond :

  • Oui, mais moi, je sais pas aussi bien dessiner que toi !

L’autre lui répond :

  • Ça fait rien, tu m’aideras quand même, viens avec moi, ce sera plus marrant.

À propos, si vous retrouvez ce paravent, un jour, dans un grenier du sud de la France, ne le mettez pas tout de suite aux encombrants, hein ?  Appelez-nous avant  à la radio au 03 80 30 07 48 !

Bravo Emile !

Ah oui, parce que le copain, peintre du paravent, c’est Paul ! Mais oui, Paul ! Vous connaissez bien Paul !

Donc, revenons chez Hachette : comme on s’aperçoit que ce jeune homme qui fait les paquets a une belle écriture, on le passe au Bureau des expéditions. Puis on s’aperçoit que non seulement il a une belle écriture, mais qu’il rédige bien : alors on lui fait écrire des pubs. Et ça marche : il sait trouver des arguments très convaincants pour faire acheter. Et  en 2 ans, à 24 ans, il se retrouve directeur de la pub chez Hachette, lui, le moins que rien,  sans bac !

Sa mère est très contente, elle le sent tiré d’affaire et elle le félicite. Elle lui dit :

  • Bravo Émile !

Prends confiance en toi

… Émile ! Mais, oui, vous le connaissez aussi,  Émile ! C’est Émile Zola, et son copain Paul, c’est Paul Cézanne, qui ne va pas tarder à le rejoindre à Paris.

Alors Toi, fille ou garçon,   qui nous écoutes, que tu aies 22 ans, moins, ou plus, voire beaucoup plus, prends confiance en ce que tu sens de positif en toi. Il n’est jamais trop tard. Si tu sens que tu es doué/e, crois-y fermement ! Ne te décourage pas !   Prends garde à toi tout de même. On le sait maintenant : Émile Zola est mort assassiné, à cause de ses idées, qui dérangeaient.    Mais quand même, quelle belle vie bien accomplie!

Finalement vous voudriez bien la voir,  la photo de 1862 sur laquelle Zola à 22 ans affiche cette moue  contrite, oui, mais je ne l’ai pas apportée, exprès. Pour que le message soit plus fort.

Et de toute façon, la photo, tout le monde pourra la découvrir prochainement avec le podcast du Club Sandwich  sur www.almanachdeclaudelea.com . Aventi !

Emile Zola à 22 ans, en 1862.

Emile Zola à 22 ans, en 1862.

La photo, vous l'avez découverte ci-dessus.

Le podcast complet du Club Sandwich n° 11

avec Christophe, et toute son équipe, il est ci-dessous.

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Club%20Sandwich%20-%2027%20novembre%202016.mp3

A bientôt !

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Danse pour tous

Publié le par Claude Léa Schneider

 Atelier "Danse sans (se) voir, KLAP Maison pour la danse, Marseille

Atelier "Danse sans (se) voir, KLAP Maison pour la danse, Marseille

Savez-vous ce qu'est un "colorino" ?

  • "Le Colorino est un identificateur de couleur parlant assurant également la reconnaissance de lumière." C'est "l'objet fétiche" apporté par Dominique Bertucat invitée du 46e n° du Mot sur la Main consacré à la danse contemporaine pour tous, avec Patricia Lamboley, Jenny Biron et Julie Saconnet.  Et pourquoi est-ce l'objet fétiche de Dominique ? Parce qu'elle est non-voyante. Elle est non voyante et elle danse ? oui ! Elle pratique la danse contact. Et grâce à son "colorino", elle porte chaque jour une tenue dont les couleurs sont parfaitement assorties, en toute indépendance. Vous ne serez pas au bout de vos surprises en écoutant le podcast dont vous trouverez le lien à la fin de cet article.

Dominique Bertucat est présidente de l'Association Les Yeux en promenade qui permet aux personnes mal-voyantes ou non-voyantes de retrouver confiance et autonomie en participant à de nombreuses activités, dont des ateliers danse en partenariat avec le  Centre de développement chorégraphique  (CDC) dont Jenny est responsable de l'action culturelle et de la communication. Patricia, quant à elle, est professeure missionnée par le Rectorat au service éducatif du CDC.

Julie, dont la voix vous est familière sur le 100.FM, a envisagé un moment de faire de la danse contemporaine son métier, avant d'y renoncer  et elle nous dit pourquoi.

Pour en savoir davantage sur l' association les Yeux en promenade : https://www.francebleu.fr/infos/societe/dijon-des-ateliers-pour-apprendre-guider-les-personnes-mal-ou-non-voyantes-1457865582

Pour en savoir davantage sur le CDC Art-Danse : http://art-danse.org/

Batsheva, troupe cosmopolite d'Ohad Naharin

Avec nos invitées, nous évoquons d'abord quelques sujets qui peuvent faire obstacle et débat  face à la danse contemporaine : son aspect "art contemporain" justement, la peur de la façon dont le corps est mis en mouvement, le fait que le ballet contemporain  montre un reflet de la société et  renvoie à notre quotidien, son cosmopolitisme, sa fonction politique ... (Photo : Batsheva, troupe cosmopolite du chorégraphe Ohad Naharin)
Nous évoquons aussi tout ce qui peut parfois décourager qui veut suivre une formation professionnelle de danse. (Photo : Batsheva, troupe cosmopolite du chorégraphe Ohad Naharin)

Puis nous parlons de tout ce qui permet justement de surmonter ces obstacles, ceux que rencontrent danseurs et spectateurs. Parce qu'il est bien nécessaire de former le spectateur très jeune, c'est le rôle des actions pédagogiques et du CDC.

Dans nos sociétés, "les gens ont besoin de corps", comme le dit la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker.

D'où un renouveau des danses folkloriques, facteur d'intégration sociale et culturelle.

Et une ouverture de la pratique de la danse pour tous, pour tous les corps, et donc aussi pour tous les handicaps, ce qu'on appelle la danse intégrée.

3 films pour en savoir davantage :

http://festivaldemarseille.com/2015/danse-et-handicap-trois-films-autour-de-la-danse-integree/

L'actualité danse est très riche en ce moment. Instances, à Chalon sur Saône, vient de se terminer, mais à Dijon et en périphérie, profitez des nombreux spectacles proposés par le festival des Nuits d'Orient du 26 novembre au 11 décembre.

Vous pouvez télécharger le programme ici :

Programme Nuits d''Orient 2016

Vous pourrez découvrir en particulier le chorégraphe Kader Attou, directeur du Centre Chorégraphique National de La Rochelle, et sa compagnie Accrorap qui présentera le 9 décembre son spectacle "Douar" (Hameau).

Un bel article sur Kader Attou dans le n° 1 de  Contact Magazine :

http://www.contact-magazine.com/

 http://www.honk-asso.com/edition

Pour ma part, j'ai un coup de coeur pour son spectacle "The Roots" (Les Racines), dont je vous invite à découvrir un extrait ici :

 

En suivant ce lien, vous pourrez voir la bande-annonce de ce film qui vient tout juste de sortir :

http://www.telerama.fr/cinema/films/polina-danser-sa-vie,512033.php

Réalisé par (2016)

Et il est encore temps de voir l'excellente série documentaire Let's Dance de Florence Platarets et Olivier Lemaire sur ARTE :

http://www.arte.tv/guide/fr/062247-001-A/let-s-dance-2-3

 

 

Envie d'un stage ? c'est possible ! Cliquez sur le calendrier pour lire. Et aussi prochainement https://sabinearman.wordpress.com/2016/10/26/le-festival-danse-a-dijon-17-janvier-au-1er-fevrier-2017-art-danse-cdc/
Envie d'un stage ? c'est possible ! Cliquez sur le calendrier pour lire. Et aussi prochainement https://sabinearman.wordpress.com/2016/10/26/le-festival-danse-a-dijon-17-janvier-au-1er-fevrier-2017-art-danse-cdc/
Envie d'un stage ? c'est possible ! Cliquez sur le calendrier pour lire. Et aussi prochainement https://sabinearman.wordpress.com/2016/10/26/le-festival-danse-a-dijon-17-janvier-au-1er-fevrier-2017-art-danse-cdc/

Envie d'un stage ? c'est possible ! Cliquez sur le calendrier pour lire. Et aussi prochainement https://sabinearman.wordpress.com/2016/10/26/le-festival-danse-a-dijon-17-janvier-au-1er-fevrier-2017-art-danse-cdc/

La musique de notre 1ère  pause musicale est ici :

  •  Idaho "Live Today Again"

https://www.youtube.com/watch?v=KIz_pyCVTPY

Elle  donne envie d'inventer une chorégraphie, non ?

Le podcast de l'émission est là :

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Le%20mot%20sur%20la%20main%20-%2021%20novembre%202016%20-%20danse%20contemporaine%202.mp3


Et pour terminer ....

Cette émission, cet article vous ont plu ? Dites -le nous ! A bientôt.

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Lie-de-vin et lie de la terre

Publié le par Claude Léa Schneider

 Club Sandwich n° 10 du 21 novembre 2016

Retrouvez ici  ma chronique ainsi que le podcast du Club Sandwich, avec Christophe et toute son équipe.

  • Vous savez que j’aime bien vous proposer à chaque fois une chronique d’un style différent, alors aujourd’hui, comme la nuit tombe vite en cette saison, je vais vous parler de couleurs.
  • Figurez-vous qu’au XIXe siècle, de savants philologues se sont demandé si les yeux des Grecs de l’Antiquité voyaient la couleur bleue, parce qu’elle n’est presque jamais nommée dans les textes anciens. D’où toute une série de théories pseudo-scientifiques qui se sont avérées fausses, bien sûr, parce que les yeux des Grecs, comme les nôtres, voyaient la couleur bleue ! Mais ils ne la nommaient pas comme telle. C’est ce que nous apprend l’excellent Michel Pastoureau, historien des couleurs.

  • Moi, je me demande si les responsables des produits et des emballages – du "packkkaggging " -comme on dit chez Sephora - destinés aux femmes de plus de 50 ans savent que les dites femmes sont capables de percevoir d’autres couleurs que violet !
  • Et je ne parle pas de la chaude couleur cassis de la crème de Cassis de Bourgogne, ni du rouge profond vitaminé des petits fruits des Hautes Côtes, ni même du parme parfumé de la violette qui se cache dans les jardins en février.
  • Non, je vous parle de toutes cette gamme violasse qui me lasse ! Violine pour la ligne, aubergine pour les vitamines, mauvasse pour le teint fadasse, rosâtre pour les acariâtres, prunâtre pour les opiniâtres, mauve rose pour la ménopause, rose mauve pour éviter d’être chauve,  lie-de-vin, vineux,  vinasse, et  violacé : assez du viol de nos yeux !
  • Comme on fait tomber la petite-fille dans le rose girly, on roule la femme de + de 50 ans  dans le mauve  dé-girly, histoire de lui montrer qu’elle peut tirer un trait sur … sur quoi d’ailleurs ?
  • Et on ne parle pas de la case à cocher « 60 ans et plus ». Vous remarquerez que sur les questionnaires, il n’y a jamais de case à cocher 70, 80, 90, 100 ans …, car qui oserait les cocher, ces cases ? !
  • Au-delà de cette ligne violine et incertaine de la soixantaine, votre billet d’existence sociale est n’est plus valable, et toute sortie est définitive !

  • Mauve dé-girly, ça vous fait …dé-gueurler, hein ? ça vous fait une belle gerbe !
  • Parfois on nous concède généreusement l’améthyste ecclésiastique, la couleur liturgique de la pénitence, alors là, vraiment merci !
  • Le même Michel Pastoureau nous apprend que le violet est une ½ couleur, qu’en latin ça se dit subniger = demi-noir ! comme demi-deuil, et que c’est généralement la couleur la plus détestée après le brun… Encore merci !
  • Je remarque qu’Hillary Clinton, qui a affectionné, tout au long de sa campagne, une étrange tunique-pantalon-pyjama rouge vif- curieuse idée  de se déguiser en clown républicain, alors qu’il y en avait déjà un ! -portait  le lendemain de sa défaite, un tailleur noir à grands revers violets. Couleur du renoncement, on vous dit !
Lie-de-vin et lie de la terre

  • Mais attention à qui ne se plie pas à cette règle tacite du renoncement : alors que ça fait des millénaires que des hommes épousent des femmes dont ils sont les aînés sans qu’on trouve à y redire,  gare à la femme qui ose vivre avec un homme plus jeune, à elle d’endosser les sobriquets de dangereux prédateurs !

  • Je remarque aussi qu’une mode de femmes chics à cheveux blancs progresse sournoisement. Signe de la baisse quasi générale du niveau de vie ? Sans doute.  Une coloration coûte cher, surtout quand il faut l’entretenir, c’est vrai. Mais j’y vois ramper autre chose, une sorte de stigmatisation. Car en ces temps difficiles la stigmatisation galope sur tous les fronts sociaux.
  • Et voilà que Dessange s’y met aussi avec les cheveux blancs ! L’inventeur du coiffé-décoiffé  ressort la photo en noir et blanc de 1983 (ci-dessus à gauche) qui l’a rendu célèbre, celle d’Ana blonde, alias le mannequin Catherine Ahnelle, avec les grandes boucles d’oreilles.
  • Entre temps – j’ai vérifié-Catherine Ahnelle est devenue une galeriste reconnue, elle a 30 ans de plus, mais porte les cheveux longs et blonds !

  • Non, le groupe Dessange a repris la même photo de 1983 ! pour nous vendre un produit pour cheveux blancs ! Même pose, mêmes boucles, même pull, et  facile en noir et blanc de faire passer le blond clair pour du blanc, le visage de Catherine Ahnelle a purement et simplement été vieilli à coup de Photoshop ! Avec ça, Dessange veut nous vendre  un produit pour -ouvrez les guillemets »- « cheveux éteints, en perte de lumière », tout un programme ! Et devinez quelle est la couleur du flacon ? violet dé-girly !
Lie-de-vin et lie de la terreLie-de-vin et lie de la terre

  • C’est vrai qu’une femme peut porter les cheveux blancs glamour, mais tout le monde n’a pas la fougue d’Élisabeth Quinn, et ses 28 minutes, chaque soir, sur ARTE.
  • Il faut avoir l’âme sacrificielle  de Françoise Hardy et boire le calice lie-de vin, jusqu’à la lie pour porter si tôt les cheveux blancs. Bon, d’accord, il y a la grave maladie contre laquelle elle se bat si courageusement. Mais qu’une fille si jolie et si douée ait passé sa jeunesse et sa toute vie ! à attendre que les passades de son Jacquot se passent, ça, ça me dépasse ! Voilà bien les couleurs du renoncement.
Lie-de-vin et lie de la terreLie-de-vin et lie de la terre

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New Temps Modernes

Publié le par Claude Léa Schneider

Etats-Unis : employés du secteur volailler privés de pause-toilette et obligés de porter des couches. Photo http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/13/prives-de-pause-pipi-des-employes-obliges-de-porter-des-couches/

Etats-Unis : employés du secteur volailler privés de pause-toilette et obligés de porter des couches. Photo http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/13/prives-de-pause-pipi-des-employes-obliges-de-porter-des-couches/

Voici ma chronique du Club Sandwich n°9 du 13 novembre 2016. Animé par Christophe, avec Edouard, Julie, Benoit, et ma fraise.

Management algorithmique.

Un instant les amis : j’ajuste mon oreillette obligatoire, comme déjà pas mal de vendeurs dans de  nombreuses boutiques et enseignes, pour vous parler de mon nouvel emploi.   

Car  j’ai  accepté le métier de livreur de chroniques et de sandwichs pour Club Sandwich Power  System qui m’offre des conditions   très rémunératrices.  Je n’ai plus ni patron ni supérieur hiérarchique, je suis en free-lance, je peux gérer mon temps de travail, à moi la liberté et la belle vie ! car Club Sandwich Power System pratique le management algorithmique.  

Relié à mon smartphone par cette oreillette, mon métier consiste à aller chercher des chroniques et des sandwichs chez Chroniko Uber Team et à les livrer en un temps record aux médias qui en ont besoin quand leurs  journalistes sont en panne d’inspiration.

Pourquoi faire  livrer des chroniques par coursier, me direz-vous, alors qu’il serait si simple de les envoyer par mail ?

         

La force de Chroniko Uber Team

Réponse : pour contourner l’implosion du  piratage informatique, les chroniques sont écrites sur d’anciennes machines à écrire  non connectées et ensuite acheminées sous plis scellés par un coursier, ce qui assure leur totale exclusivité. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

D’autre part, les journalistes étant, on le sait, amateurs de sandwichs, surtout quand ils sont en panne d’inspiration, Chroniko UberTeam, pour apporter une offre plus concurrentielle,  s’est associé à Club Sandwich Power System  pour livrer des chroniques Et des sandwichs et gérer la logistique algorithmique.

Des chroniqueurs très efficaces

Chroniko Uber Team est donc un centre d’écriture de chroniques pour les médias. Les chroniqueurs de Chroniko sont rodés aux méthodes du politiquement correct et aux champs lexicaux les plus consensuels, toutes les chroniques sont donc à la fois exclusives  ET interchangeables et donc immédiatement adaptables au média qui en fait la demande. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

Chez Chroniko Uber Team chaque chroniqueur est capable de produire 8 chroniques par jour. Comment ce miracle est-il possible, me direz-vous ? Vous qui peinez à en écrire une par semaine !  Eh bien les chroniqueurs  les écrivent à la chaîne, 8 h par jour,  rivés à leur table de travail, muni d’un casque, face à leur machine à écrire,  dans  leur bureau openspace.

Employés dans les mêmes conditions

Employés dans les mêmes conditions

Impossible de déjeuner avec ses amis

Une seule pause toilette quotidienne leur étant accordée, ils réduisent au maximum leurs prises de liquides, ce qui règle de facto l’improductif problème des pauses-café. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

La pause-déjeuner est limitée  à 30 mn et organisée de telle sorte qu’on ne peut la prendre en même temps que ses voisins de bureau, ce qui limite l’inutile bavardage convivial et les risques d’ententes syndicales.

Un médecin du travail a bien  fait quelques remarques sur cette forme de harcèlement moral et physique et a tenté de mettre en place une cellule d’écoute, mais il a finalement dû démissionner, comme les 12 autres médecins qui l’ont précédé. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

Obligés de porter des couches culottes

Quant aux sandwichs, ils sont préparés par des employés qui  voient régulièrement leurs demandes de pauses-pipi refusées par leur chef qui leur répond par des menaces de sanctions ou de renvoi. Les employés sont ainsi « maintenus sous pression pour garder la vitesse de production. ». Ils sont donc obligés de porter des couches culottes et ils urinent et défèquent debout face à leur plan de travail. C’est ça la force de Chroniko Uber…..

Une nouvelle commande

Mais je m’interromps car une nouvelle commande arrive dans mon oreillette. J’ai 30 secondes pour réagir : je dois balayer l’écran de mon smartphone  pour  “Accepter la livraison” – de toute façon c’est la seule option qui m’est proposée puisque je dois obligatoirement travailler au moins deux jours consécutifs durant les week-ends.

Je dois vous dire  que je reçois tous les mois un audit de performance qui recense mes « délais d’acceptation des commandes, temps de trajet client, temps passé chez le client, retards de livraison et commandes non honorées. »

Le temps d’enfourcher mon scooter et de griller  2 feux rouges, je récupère ma chronique sous son pli hermétique, et je fonce chercher les sandwichs. Je fais au plus vite car depuis que j’ai commencé à travailler en free-lance ma rémunération à la course est passée de 12 € à 4,50 €. Un plan apparaît alors sur mon smartphone :

l’algorithme me fournit l’adresse de livraison : je dois filer à Radio Cultures Dijon, 19 rue de la Préfecture,  où on me signale qu’un chroniqueur est justement en panne.

New Temps Modernes

Maudit escalier

Je trouve l’adresse, monte l’escalier, dépose mon colis dans leur local vraiment exigu où sont entassés des chroniqueurs accablés. Je fais signer l’écran de reçu à un prénommé Christophe, et je redescends en 4ème vitesse, mais catastrophe ….je rate une marche de ce maudit escalier et je dégringole. Impossible de me relever : j’ai dû me fracturer quelque chose. Les chroniqueurs de Radio Cultures, alertés par le bruit,  se précipitent, accablés mais sympas quand même, ils appellent les secours, et me voilà parti dans l’ambulance.

Immobilisé  sans couverture sociale

C’est bien ce que je craignais : on m’a posé un plâtre qui va m’immobiliser  pendant plusieurs semaines. Je m’aperçois alors que  je n’aurai ni remboursement  des frais médicaux, ni indemnités journalières, puisque je suis employé sans employeur et que c’était à moi de cotiser aux régimes de santé et de protection sociale, ce que j’ignorais.

J’ai reçu de Club Sandwich Power System  un message me demandant de justifier mon absence, bien que je leur aie envoyé un mail et un certificat médical  pour les prévenir. Ils me répondent que le contrat est rompu et  que je ne toucherai le solde de ma rémunération que  lorsque j’aurai rendu mon matériel et  fourni la preuve que j’ai enlevé de mes sacs de livraison tous les autocollants de Chroniko Uber Team. C’est ça la force de …

Je suis désolée, je dois interrompre cette chronique. On me signale que des âmes sensibles qui nous écoutaient ont dû quitter la table dominicale à l’énoncé des conditions de travail que je viens de décrire ! Pourtant elles sont vraies !

2 films à voir et à revoir et une idée de lecture
2 films à voir et à revoir et une idée de lecture
2 films à voir et à revoir et une idée de lecture

2 films à voir et à revoir et une idée de lecture

Et merci aux ressources en ligne du Huffington Post, Courrier International, Oxfam, Mediapart et AlterEcoPLus.

Je dédie cette chronique aux 80 ans des Temps Modernes du génial Charlie Chaplin et aux 80 ans de Ken Loach, dont le Moi, David Blake, Palmes d’or à Cannes, vient de sortir récemment en salles.

le podcast intégral du Club Sandwich n°9, c'est ici :

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Club%20Sandwich%20-%2013%20novembre%202016.mp3

Et le livre (sur un autre sujet) présenté en fin d'émission.

Et le livre (sur un autre sujet) présenté en fin d'émission.

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Entreprendre Pour Apprendre

Publié le par Claude Léa Schneider

Mathieu Chaillot

Et voici le n° 43 du Mot sur la Main sur le 100 FM ! Entreprendre pour Apprendre, ou comment donner aux jeunes le goût d'entreprendre, à travers 4 parcours, du CM1 à l'Après Bac !

  • Avec Catherine Dubos, chargée de mission à la Cellule Relation écoles-Entreprises (CRéE) au Rectorat de Dijon,
  • Pauline Fuster, Directrice régionale de "Entreprendre pour Apprendre" (EPA) Bourgogne (photo ci-dessous)
  • et Mathieu Chaillot, (photo ci-dessus) actuellement étudiant en information-communication à l'IUT de Besançon, mais qui a suivi le parcours quand il était élève de 2nde et qui peut apporter son témoignage avec un certain recul.
  • Pauline FusterLongtemps, trop longtemps, les mondes scolaires et universitaires ont été tenus à l'écart du monde du travail pour des raisons variées et plus ou moins idéologiques.
  • Quant à la représentation que les jeunes - et aussi les moins jeunes- ont des métiers et des univers professionnels, elle est très floue et construite sur l'iceberg du visible et des clichés.
  • On ne le répétera jamais assez : il faut ouvrir à tout âge son champ des représentations professionnelles.
  • Au cours d'un stage effectué dans une entreprise où travaille un de ses parents, un jeune est généralement très surpris quand il découvre le quotidien professionnel de son père ou de sa mère !
L'écoblet, 3ème Collège Malraux, Dijon, 2012.

L'écoblet, 3ème Collège Malraux, Dijon, 2012.

Catherine DubosL' "objet-fétiche" de notre émission est l'écoblet, (photo ci-dessus) un gobelet "pocket", écologique, étanche et pliable conçu et fabriqué par les 3ème option Découvertes Professionnelles 3h, au collège André Malraux de Dijon en 2012, équipe pilotée par Catherine Dubos, professeure de Technologie (photo ci-contre).

Si vous voulez en savoir davantage sur les différentes étapes de la création d'un produit en mini-entreprise  : conception, étude de marché, entretiens d'embauche, ouverture d'un compte bancaire, fabrication, assemblée générale, vente, salon régional ..., 

regardez ce clip de présentation d'une mini-entreprise EPA qui suit une équipe tout au long d'une année scolaire en cliquant sur la vidéo ci-dessous :https://vimeo.com/114992447

 

Pauline et Catherine  nous expliquent le fonctionnement du dispositif.

Mathieu nous raconte son expérience et sa satisfaction de l'avoir vécue quand il était élève de 2nde au lycée St Joseph de Dijon.

Nous évoquons aussi toutes les qualités que cette aventure développe chez les jeunes.

Et une plus grande ouverture sur le monde du travail pour les enseignants de l'équipe !

Mathieu déclare que cette expérience l'a bien aidé à communiquer, lui qui n'aimait pas trop s'exprimer.

D'ailleurs il fait actuellement des études de ... communication !

De 10 à 25 ans, du CM1 aux classes post-bac, de la toute première initiation à l'entreprise jusqu'au programme START-UP, où  les étudiants construisent et gèrent ensemble une véritable entreprise durant une année scolaire,  tous les parcours sont possibles.

 

 

Nous ne nous quittons pas sans évoquer :

  • les obstacles à surmonter pour les jeunes et les moins jeunes quand il s'agit de créer son entreprise,
  • la fragilité du statut d'autoentrepreneur,
  • la tendance à l' "ubérisation" dans certains secteurs professionnels ...

Raisons de plus pour apprendre à entreprendre avec Entreprendre pour Apprendre !

Merci à nos trois invités Pauline, Catherine et Mathieu,  et à Florian à la technique.

Deux livres sur le sujet, destinés aux jeunes et d'une lecture facile.Deux livres sur le sujet, destinés aux jeunes et d'une lecture facile.

Deux livres sur le sujet, destinés aux jeunes et d'une lecture facile.

Le Mot sur la Main est une émission conçue et présentée par Claude Léa Schneider le lundi à 19h sur le 100 FM.

Le Mot sur la Main est une émission conçue et présentée par Claude Léa Schneider le lundi à 19h sur le 100 FM.

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