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Seconde main

Publié le par Claude Léa Schneider

Peinture sur main de l’artiste  italien Guido Daniele

Peinture sur main de l’artiste italien Guido Daniele

Prenant conscience que l’industrie textile est devenue  la 2ème industrie la plus polluante, j’achète moins  de vêtements. Et même parfois j’achète des vêtements de 2nde main. Je ne le fais pas avec les bijoux ou avec les sacs parce que je trouve ça trop personnel, et un peu aussi par superstition, mais avec les vêtements, ça va.  Le piège c’est qu’il y a maintenant des faux vêtements de 2nde  main, comme il y a de fausses soldes.   Et parfois il faut faire des pieds et des mains pour en trouver.  C’est pas facile, vous allez voir.

Peinture sur main de l'artiste italien Guido Daniele

Peinture sur main de l'artiste italien Guido Daniele

D’abord,  on va faire une petite expérience. Posez vos mains à plat sur la table et regardez-les : quelle est la 2nde  main ?

Si vous êtes droitier, vous allez dire que votre 1ère main, c’est la droite, et la 2nde main, c’est la gauche. Mais laissez toujours vos mains sur la table : dans quel sens on lit et on compte, en français ?  de gauche à droite ! vous êtes bien d’accord ? Donc maintenant comptez vos mains en partant de la gauche  : 1 la gauche, 2 la droite. Votre 2nde  main, c’est la droite !

À l’inverse si  vous êtes gaucher vous allez dire que la 1ère main est la main gauche, donc la 2nde  main est la droite ; mais  si vous êtes gaucher et que vous parlez une langue qui se lit   de droite à gauche,  votre 2nde  main sera la gauche :  vous voyez que ça se complique !

Vous allez me dire que vous êtes ambidextre ? Vraiment ?  Est-ce que, comme Kurt Cobain, vous êtes capable d’écrire de la main droite et de jouer la guitare de la main gauche ?  Non !  Vous voyez bien que vous n’êtes pas ambidextre. On a généralement tous une main plus habile que l’autre. Entre parenthèses, les seringues de 2nde main, je vous les déconseille !

Peinture sur main de l’artiste italien Guido Daniele

Peinture sur main de l’artiste italien Guido Daniele

Maintenant imaginez : vous êtes droitier, amateur de manga,  vous venez d’acheter une voiture anglaise de 2nde main, vous roulez sur la route de Dublin à  Londonderry et vous vous apprêtez à passer la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, en période de Brexit. Vous avez bien suivi ? parce que j’ai plusieurs questions : Où se trouve le levier de vitesse ? Avec quelle main vous passez les vitesses ? Vous êtes obligé-e de réfléchir ! Maintenant vous voyez un auto-stoppeur sur le bord de la route : de quel côté vous vous garez pour le prendre ? Vous hésitez ? Vous êtes un vrai danger public ! Comment ça,  vous ne pouvez pas le prendre parce que vous n’avez pas de place ! vous êtes tout seul au volant ! Mais pourquoi il y a des croquettes pour chien et chat à ras bord dans votre voiture ? Ah ! c’est pour votre amie de Londonderry qui a un chien et un chat ?!  Mais y en a au moins 700 kg ! C’est pour ça que votre  voiture n’avance pas ! La vie devient compliquée.

Peinture sur main de l’artiste peintre  Guido Daniele

Peinture sur main de l’artiste peintre Guido Daniele

D’où la difficulté d’acheter des vêtements de 2nde main ; d’autant plus que de « seconde main » s’écrit sans s ; donc ça veut dire qu’il n’y a qu’une 2nde main. ! Ce qui peut poser problème. Allez donc  dans la cabine d’essayage d’une boutique de vêtements de 2nde main  essayer un pantalon de 2nde  main avec une seule main ! c’est difficile ! Il vaut mieux que vous remettiez cet essayage à demain.

Comme c’est difficile, j’ai décidé d’être ma propre 2nde  main. Je garde d’anciens vêtements en bon état, je les tiens propres, et l’année suivante, je me  remets en mains propres ma propre 2nde  main. Mais comme je viens d’écrire en « mains propres » au pluriel : panique ! parce que  avec ma 2nde main et mes 2 mains propres  je me retrouve comme  le  commissaire Juve dans Fantomas se déchaîne :  avec une  3ème main ! Et vous savez les ennuis que ça  procure …

Du coup je fonce sur le dictionnaire d’orthographe,  et je lis  que « en main(s) propre(s) » peut s’écrire au singulier ou au pluriel. Alors là je respire ! parce que par exemple,  prenez un robinet, de l’eau, une savonnette et essayer de vous faire une main propre au singulier, c’est-à-dire avec une seule main ! Surtout si c’est votre propre main. Et encore plus difficile si c’est votre propre 2nde main . Vous n’y arrivez pas ! La savonnette glisse, c’est une catastrophe. Au pluriel, ça va nettement mieux. Et vous obtenez 2 mains propres. Ce qui vous fait gagner du temps et ce qui  peut s’avérer très utile  si vous avez 2 documents différents à remettre simultanément en mains propres à 2 personnes différentes.

Peinture sur mains de l’artiste italien Guido Daniele

Peinture sur mains de l’artiste italien Guido Daniele

La vérité c’est qu’on manque de mains. Ce n’est pas récent. Déjà à l’époque de Molière. Prenez L’Avare, par exemple.  Harpagon à son valet La Flèche : Montre-moi tes mains !  La Flèche : Les voilà !  Harpagon : Les autres ! La Flèche : Les autres ? Eh ben il n’en a pas ! La vérité c’est qu’on a toujours manqué de mains.

On manque de mains. On manque de bras aussi. L’industrie manque de bras. Enfin elle dit qu’elle manque de bras parce qu’elle ne veut pas payer décemment ceux à qui sont les bras. Et comme ceux à qui sont les bras sont mal payés, ils lèvent le poing.  Alors l’industrie a trouvé plus commode de fabriquer des bras, avec des mains très bien articulées, qui ne lèvent pas le poing.  C’est-à-dire des robots.

Mais l’industrie qui cherche la rentabilité, est-ce qu’elle va fabriquer des robots androïdes avec une main plus habile que l’autre ? Bien sûr que non. Les concepteurs de robots androïdes, ils  les font  parfaitement ambidextres. Donc, prenez un  androïde : quelle est sa 2nde  main ? Eh ben il n’en a pas ! Il a deux 1ère mains. Alors pour l’instant ça ne pose pas de problème parce que les androïdes dans notre vie quotidienne c’est  encore tout récent. Mais dans 20 ans ? –et dans 20 ans, c’est demain- quand on voudra acheter des androïdes de 2nde main, eh ben on ne pourra pas. Parce qu’ils n’en ont pas !

Peinture sur main de l’artiste italien Guido Daniele

Peinture sur main de l’artiste italien Guido Daniele

Ah j’oubliais de vous dire : les achats de 2nde main, c’est très bien aussi pour les chaussures. On trouve de très belles chaussures de 2nde main.  D’ailleurs ce que j’ai aux pieds là, aujourd’hui,  c’est mes secondes mains. Comment ça je m’appelle Cheeta ? pas du tout ! je m’appelle Claude Léa. Mais tiens, vous m’y ferez penser tout à l’heure  : j’ai oublié d’écrire sur la liste de courses  pour demain qu’il faut racheter des bananes.                                                                                             

   16 décembre 2019

Seconde main

Publié dans Chroniques, Station Simone

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L'héautontimorouménos: Plastique bernant 2

Publié le par Claude Léa Schneider

L'héautontimorouménos: Plastique bernant 2

Plastique bernant- Épisode 2 : « L’héautontimorouménos »    c’est le titre !

« L’héautontimorouménos » :  ça ne vous dit rien ? c’est le titre d’un poème de Baudelaire : dans  Spleen et Idéal. Ça veut dire en grec :

 « le bourreau de soi-même » qui dit  :

Je suis la plaie et le couteau !

Je suis le soufflet et la joue !

Je suis les membres et la roue,

Et la victime et le bourreau ! »

C’est tout à fait nous, ça, quand nous croyons aller vers le progrès  alors que nous sommes en train de nous détruire ! Remarquez, dans le même recueil, j’aurais pu faire d’autres détournements écologiques avec par ex : Remords posthume ou L’irréparable ou L’irrémédiable.

Vous trouvez que c’est trop intello ? Alors je vous propose une adaptation plus moderne : L’héautontimorouménos »  ou « C’est l’automne et y a comme un os. »

et je vais  vous inviter à trouver avec moi quelques rimes en « os ».

Bon, ça c’était le hors-d’œuvre de saison, maintenant arrive le plat –stique- de résistance  avec de  beaux plastiques bien  bernants.

Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, illustrations de Rodin.

Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, illustrations de Rodin.

Ça commence par un souvenir d’enfance : sur la table du dimanche il y avait des fausses feuilles en plastique, imitant parfaitement de vraies feuilles d’érable –d’érable durable !-avec de belles  couleurs d’automne ; c’était des dessous de  verres et de bouteilles, pour protéger la nappe. J’aimais bien toucher ces feuilles et les appuyer contre la fenêtre face au soleil et regarder en transparence leurs belles couleurs rouge et jaune, comme des vitraux. Ça planait pour moi. Bon ça c’était avant, avant qu’on prenne conscience…

Mais  qu’est ce que je vois, aujourd’hui sur un site marchand ?!!  Qu’on vend toujours de fausses feuilles d’automne,  par paquet de 100, pour décoration et mariage …  sachet de 100 pièces : 2,90€ + 8,90 € de livraison, expédition par avion en provenance de Hong Kong virgule Chine. De fausses feuilles d’automne livrées par avion, ça c’est de la belle empreinte carbone, les gars !  en provenance de Hong Kong, virgule Chine. Cette petite virgule qui n’a l’air de rien, entre Hong Kong  et Chine, je la vois en forme de gros coup de matraque sur la tête d’un Hongkongais, pas vous ?

L'héautontimorouménos: Plastique bernant 2

Des fausses feuilles d’automne  pour décoration de mariage ! Quels futurs mariés  seraient assez givrés pour  faire venir de Hong Kong des fausses feuilles de déco, alors  que sous les arbres  il y a de vraies belles feuilles d’automne, naturelles et qu’il n’y a qu’à se baisser pour les ramasser  ! ? L’héautontimorouménos !

Allez, les rimes en os !

L’héautontimorouménos,

C’est l’automne, et c’est pas la noce !

C‘est pas Eros, c’est Thanatos,

Si t’achète ça, t’es un boloss !

Gingko du Jardin des Sciences (Arquebuse) à Dijon, automne 2015

Gingko du Jardin des Sciences (Arquebuse) à Dijon, automne 2015

Mais il y a du plastique plus bernant encore ! Puisqu’on parle de Chine, allons voir  à  Chongqing, dans le district du Wushan. A Chongquing,  en automne figurez-vous que les arbres perdent leurs feuilles ! C’est un scandale ! alors on les remplace  par des feuilles, en plastique, jaune  d’or!  Vous ne me croyez pas ? Eh bien la preuve  page 34 dans le   Courrier International Hors-Série « La Loi de la Chine »  paru au printemps 2019.

Chongqing, feuilles en plastique, 2017. Courrier International Hors-Série « La Loi de la Chine » 2019

Chongqing, feuilles en plastique, 2017. Courrier International Hors-Série « La Loi de la Chine » 2019

Et dans ce même numéro, on découvre  une autre photo tout aussi édifiante : dans le Yunnan, à Haidong, dans la périphérie de la ville de Dali, une ville qui se veut « de classe internationale et modèle d’écologie ». - Dali, la bien nommée parce qu’on est en plein surréalisme ! -dans  cette énorme nouvelle ville fantôme  où personne ne veut habiter-et on les  comprend- quand les arbres qu’on vient de planter n’ont pas encore de feuilles, qu’est-ce qu’on fait ?  Eh bien on les couvre de grandes bâches en plastique d’un vert  bien  laid  pour faire plus joli! Comme ça on est sûr que les vraies feuilles ne vont pas  pousser : ça c’est de l’arboriculture, les gars ! L’héautontimorouménos !

Allez, les rimes en os !

L’héautontimorouménos,

Mais qu’est-ce que c’est que ce matos ?

Tout ce plastique, c’est pas chicos !

Le PVC,  c’est pas gratos !

Haidong, Dali, Yunnan, 2017. Courrier International Hors-Série « La Loi de la Chine » 2019

Haidong, Dali, Yunnan, 2017. Courrier International Hors-Série « La Loi de la Chine » 2019

Vous allez me dire : ils sont fous ces Chinois, encore que chez nous ….

Petit tour dans les forêts normandes : sur le site de franceinfo, via  la plateforme #AlertePollution, on apprend que quand l'Office national des forêts plante de jeunes arbres, elle les entoure  avec de larges protections en plastique "seul moyen d'assurer la croissance des jeunes tiges face aux dents du gibier" dit l’ONF–vous savez bien que le responsable, c’est toujours l’animal !!! le pet des vaches réchauffe le climat,  les chats tuent les oiseaux, non non, c’est pas les pesticides …

Le problème, c’est que l’ONF n’a pas les moyens de retirer  ces bâches autour des arbres quand ils grandissent. Or, ces bâches en plastique ne se délitent pas,  elles  s’effritent en petits morceaux qui jonchent le sol des forêts par centaines, comme le constatent les promeneurs.  Et aussi M. Alexis Ducousso, généticien à l’INRA, et membre de France nature environnement (FNE) qui dit que  ces protections "abîment les arbres car des bouts de plastique s'y insèrent". De plus, ces éléments "fragmentables" et "non-biodégradables (...) entrent dans la chaîne alimentaire et peuvent poser des problèmes de santé", et il ajoute que  "le phénomène ne concerne pas que la Normandie" mais "toute la France"

L’héautontimorouménos !

Ibidem
Ibidem

Ibidem

Allez, on termine par un hymne  en os !

L’héautontimorouménos,

Y a du plastique dans l’Calvados

Et de Dunkerque à Biscarrosse !

Et du Cap-Gris jusqu’à Fos,

Et de St Quentin à Seignosse

Et de la Bourgogne à Port-Cros,

Il faut changer d’ vie rapidos !

Et se montrer bien plus véloce,

Comme un putt de Ballesteros !

Et si on l’chantait, Amigos,

Sur un air de Villa-Lobos,

A moins qu’ce soit Demis Roussos ?

Comme aurait dit Robert Desnos :

Tout ça c’est dang’reux pour nos gosses !

 

Pardon, mes chers poètes, pardon ! mais c’est pour la bonne cause.            27-11-2019

L'héautontimorouménos: Plastique bernant 2

Publié dans Chroniques, Station Simone

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Simone en Histoire : Grande Guerre avec les ADCO

Publié le par Claude Léa Schneider

Simone en Histoire : Grande Guerre avec les ADCO

Nouveau sur STATION SIMONE !

Après JEANNIN JANIME sur son 30 (octobre 1870) avec SIMONE,  retrouvez également en cliquant sur  l'onglet "Simone en Histoire" :

les Inédits de la Grande Guerre (1914-1918) des Archives Départementales de la Côte-d'Or (ADCO) pour une écoute en continu.(lien ci-dessous)

En cliquant sur l'onglet Grande Guerre de ce blog, retrouvez regroupés tous les articles s'y rapportant, la bibliographie (non exhaustive) que je vous propose, des documents iconographiques inédits des ADCO, et d'autres articles à venir sur le sujet. Bonne écoute !

NB: ne pas se fier à la durée affichée sur les fichiers : chaque partie compte 10 épisodes et dure entre 45 et 50 minutes environ.

 

Simone en Histoire : Grande Guerre avec les ADCO

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Les yeux de Gohette

Publié le par Claude Léa Schneider

Goethe par Tischbein, Playmobil et Michael Sommer !

Goethe par Tischbein, Playmobil et Michael Sommer !

Ça commence un matin par une sonnerie de téléphone. Une  interlocutrice inconnue  me dit qu’elle  appelle de la part d’une maison d’édition (connue)  et elle me demande si je veux être « influenceuse ». Influenceuse ! je me dis : c’est une blague ! un  gag ?!   Je réponds que c’est très gentil de me faire cette proposition, mais que non, désolée, je ne veux influencer personne et que je suis pas qualifiée pour ça.  Et je lui demande : Mais comment vous avez eu mes coordonnées ? Et elle me répond : Sur votre site « Les yeux de Gohette »! Intérieurement je rigole et je raccroche. C’est vrai que j’ai une auto-entreprise  qui s’appelle « Les Yeux de Goethe » et un onglet sur ce blog ! Par ailleurs vous êtes tout excusé-e si vous ne saviez pas que le nom de l’auteur de Faust  se prononce « Gueut»,  mais qu’une personne prétendant travailler dans le domaine culturel ignore le nom d’un auteur mondialement connu, c’est inquiétant.

"Gohette" pour rimer avec  "goélette" ?

"Gohette" pour rimer avec "goélette" ?

Mon compagnon  se souvient d’un prof de fac racontant  qu’il avait été invité à un colloque littéraire aux États-Unis et que  l’un des intervenants américains prononçait Goethe  « Goussi », ce qui avait fait rigoler le prof  toute une journée !

Ça me rappelle aussi que, dans les années 90, un ex-candidat à la Maison blanche-dont j’ai oublié le nom- à qui un journaliste opposait comme argument une citation du même Goethe-  avait répondu très sérieusement : « Donnez-moi son n° de téléphone à ce Goethe, je vais lui dire deux  mots ! » Bon, depuis, en matière culturelle on a vu pire à La Maison blanche, et bien élu celui-là ! Et peut-être même réélu ….  points de suspension,  suspendus dans l’avenir incertain du monde.  C’est  inquiétant.

Les yeux de Gohette

Tout aussi inquiétant est de confondre Beethoven le musicien avec Beethoven le chien du film ! Rappelez-vous : si le chien s’appelle « Beethoven », c’est parce qu’il a aboyé  en entendant la 5e symphonie de Beethoven. Un musicien / un chien. D’accord,  me direz-vous, mais justementcomment ne pas les confondre  ? C’est vrai que Beethoven le musicien avait une abondante chevelure et que Beethoven le chien est un Saint-bernard avec un  poil fourni, mais c’est facile, et c’est la musique qui nous sauve, vous allez voir  :  à ce jour il y a 8 films Beethoven, dont le dernier est « Beethoven et le trésor des pirates » mais il y a 9 symphonies de Beethoven !  Donc si on vous parle de la 9e de Beethoven, il s’agit bien du  musicien qui  a composé aussi La lettre à Élise… Vous le saviez ? Non, La Lettre à Élise n’est pas  de Richard Claydermann, malgré ses 340 disques d'or et de platine. La Lettre à Élise c’est de Ludwig van Beethoven, le musicien allemand! Vous êtes sourd ou quoi ?

L'un des quatre "bras"  du Danube à Vienne :  pas vraiment  ce qu'on imaginait...

L'un des quatre "bras" du Danube à Vienne : pas vraiment ce qu'on imaginait...

Tout ça me rappelle que cet  été, on est allés à Vienne en Autriche et  que, pour préparer ce voyage, on a acheté un guide Le Petit Futé - Vienne, édition 2019-2020, et en cherchant la rubrique « pour s’y rendre » , on a eu la très grande surprise de lire p24 :

Le Danube à  moins de 3h de Paris !!!  Le rédacteur du Petit futé n’aurait pas confondu Vienne en Autriche avec Vienne en France, au bord du Rhône, par hasard ? Et personne n’aurait relu et corrigé cette énorme bourde ?! c’est inquiétant ! Vous allez encore  me dire : Vienne en Autriche et Vienne en France, comment ne pas  les confondre  ? Je vous réponds,  c’est facile, et c’est encore la musique qui nous sauve : Johann Strauss (le fils) a bien composé Le beau Danube bleu, mais il n’a jamais composé de valse qui  aurait ouvert le bal à Schönbrunn en 1867 et qui s’appellerait  La lyonnaise des eaux.  Quelqu’un me dit :  Si ! Si ! mais non !

Maison/musée  Beethoven à Heiligenstadt

Maison/musée Beethoven à Heiligenstadt

Donc en allant à Vienne (Autriche), on a eu une petite pensée pour Beethoven, le musicien, et on est allé à Heiligenstadt, dans ce village viticole, maintenant  dans la banlieue nord de Vienne, autrefois à la campagne,  où le médecin avait  envoyé Beethoven  pour qu’il repose son audition.  Eh bien je vais vous dire : si vous êtes Bourguignon ce n’est pas la peine de faire 1000km pour ça ! C’est surprenant mais Heiligenstadt  ressemble tout à fait  à Talant ! autre ancien village viticole,  limitrophe de Dijon. Vous allez encore me demander : Heiligenstadt/ Talant, comment ne pas les confondre ?  Eh bien je vais vous  répondre : c’est facile ! d’abord les bus  Divia B 10 et Liane 5  ne passent pas  Heiligenstadt : on a vérifié ! Et une autre preuve, et c’est encore la musique qui nous sauve : c’est bien à Heiligenstadt, le 6 octobre 1802 que Beethoven a écrit à ses frères pour leur dire  qu’il devenait  sourd et qu’il en était désespéré. Lettre retrouvée après sa mort  et qu’on appelle  « le testament de Heiligenstadt ».  Pas « le testament de Talant ». Cela dit il y a peut-être quelqu'un à Talant qui a écrit à son frère pour lui dire qu’il devenait sourd, mais pas Beethoven.  Mozart  est venu à Dijon, rue Jeannin, mais pas Beethoven ! Vous allez me dire : comment ne pas les confondre ? Mais là je vous dis stop !

Beethoven : page autographe du "testament de Heiligentstadt".

Beethoven : page autographe du "testament de Heiligentstadt".

Revenons à Goethe, auteur de Faust et de Werther.  Vous me dites :  Ah ! Werther’s Original ?  Mais non ! c’est vrai que les  Werther’s Original  ce sont  de délicieux   caramels au lait,  mais je vous assure, le vrai  Werther, l’« original », c’est bien celui de Goethe, dans  Les souffrances du jeune Werther,  roman culte paru à la Foire du livre de Leipzig en 1774 –eh oui déjà ! qui raconte l’amour réciproque mais impossible de Werther et de Charlotte, dite Lotte, fiancée puis mariée à  Albert ! après quoi Werther désespéré se suicide ! 

 Parce qu’attention quand même : les  deux Werther sont dangereux.  Et vous allez encore me demander : comment ne pas les confondre ?  eh bien cette fois, c’est facile :  c’est la Sécu qui nous sauve: les caramels Werther sont dangereux pour la couronne, pas la couronne des Habsbourg, non, celle que le dentiste venait de vous poser, qui a coûté bonbon, et qui justement est partie dans le caramel.  Tandis que le Werther de Goethe est dangereux pour le cœur et provoque  le suicide.  La Sécu rembourse une partie des soins dentaires et  même un peu plus si vous avez une bonne mutuelle, mais la Sécu ne rembourse pas les soins de désespoir d’amour. C’est comme ça qu’on les différencie.

Les yeux de Gohette

Ça fait un moment que je vous cite des auteurs et des chefs d’œuvre, ça commence à se  mélanger  et vous me demandez : comment ne pas les confondre ? : alors là cette fois, c’est facile et c’est  Playmobil qui nous sauve !  parce qu’un écrivain et metteur en scène allemand qui s’appelle Michael Sommer  a eu l’idée de raconter sur YouTube en vidéos de quelques minutes tous les chefs d’œuvre de la littérature mondiale rien qu’avec des Playmobil. Il fait ça depuis 2013. C’est en allemand ou en anglais et c’est hilarant : suivez le lien ci-dessous (e

Michael Sommer à la bibliothèque de Heidelberg

Michael Sommer à la bibliothèque de Heidelberg

Maintenant pour terminer, même si « Gohette » rime avec goélette, je vous assure que je ne vous ai pas menés en bateau.  Tous les faits que je viens de citer  sont  véridiques, mais je vous déconseille absolument de  raconter  cette histoire des « Yeux de Gohette » à votre chat ; c’est beaucoup trop dangereux pour lui.  Vous me demandez : Pourquoi l’histoire des yeux de Gohette est dangereuse pour le chat ?  Et je vous réponds : vous voulez voir vous voulez voir le Sha –kes- peare, le chat qu’expire ?!

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Détournons la barricade #2

Publié le par Claude Léa Schneider

Détournons la barricade #2

RAPPEL : Vous vous souvenez de notre "Jeannin se met sur son 30" #1 du 27 octobre 2018 ? je vous renvoie à l'article ci-dessous :

 

Au café des Voyageurs, 81 rue Jeannin à Dijon, nous avions "joué" avec tous ceux qui le souhaitaient, un texte des Archives de l'Assemblée nationale du 8 mars 1871. Ce jour-là, Victor Hugo, alors député de la Seine,  claque la porte de l'Assemblée nationale, révolté parce que  l'élection de Garibaldi, qui vient d'être élu député, est invalidée, sous prétexte qu'il n'est pas français, alors qu'il a défendu la France contre les Prussiens en remportant deux victoires, à Châtillon en novembre 1870 et à Dijon en janvier 1871. Pour en savoir davantage sur Garibaldi, et retrouver le texte  de l'Assemblée nationale, vous pouvez cliquer sur les liens ci-dessous :

Quelques photos de "Jeannin se met sur son 30"#1, avec René dans le rôle de Victor Hugo et le reportage de Christophe  pour Station Simone.
Quelques photos de "Jeannin se met sur son 30"#1, avec René dans le rôle de Victor Hugo et le reportage de Christophe  pour Station Simone.
Quelques photos de "Jeannin se met sur son 30"#1, avec René dans le rôle de Victor Hugo et le reportage de Christophe  pour Station Simone.
Quelques photos de "Jeannin se met sur son 30"#1, avec René dans le rôle de Victor Hugo et le reportage de Christophe  pour Station Simone.

Quelques photos de "Jeannin se met sur son 30"#1, avec René dans le rôle de Victor Hugo et le reportage de Christophe pour Station Simone.

Eh bien notre projet a pris de l'ampleur et pour pérenniser une "fête du 30 octobre", nous avons "joué" "Jeannin se met sur son 30"#2 le 26 octobre 2019.

 

Cette année, nous avons choisi de "jouer" un texte de Clément-Janin (1831-1885)  extrait et  adapté de son Journal de la Guerre de 1870-71 à Dijon et dans le Département de la Côte-d’Or .

En voici la distribution :

 

Texte de présentation :

"Ne vous mélangez pas  les Janin ! "ou " ne vous emmêlez pas  les Janin", au choix !

Nous allons lire ensemble des textes de Clément-Janin, ou plus exactement de  Michel-Hilaire Clément-Janin. Attention:

  • ne pas le confondre bien sûr avec Pierre Jeannin, dont notre rue porte le nom, qui fut président au Parlement de Bourgogne et qui vécut sous Henri IV. Ne le  confondez pas non plus avec  son oncle, l’écrivain  et académicien  du 19e siècle Jules Janin (1804-1874) ! et  ne  le confondez pas non plus avec son propre filsNoël Clément-Janin (1862-1947) !  écrivain, éditeur et critique d’art. On les confond souvent parce que, en 1938, le fils a donné les manuscrits de son père à la bibliothèque municipale de Dijon. C’est le fonds Clément-Janin.

·        D'ailleurs à Dijon, il y a une rue qui s’appelle  tout simplement « rue Clément-Janin », sans mention de prénom : ça fait des économies de plaques et  ça honore aussi bien le père que le fils dans la même rue !

·        Donc  Michel-Hilaire Clément-Janin (1831-1885), dont il va être question aujourd’hui, et que nous allons appeler tout simplement « Clément-Janin » a été  journaliste dans la presse locale,  notamment au Petit Bourguignon et au  Progrès de la Côte-d’Or. Il a écrit de très nombreux articles et ouvrages sur l’histoire, le folklore et  les traditions populaires de Bourgogne.

·        Pendant la guerre de 1870-71, Clément-Janin a 40 ans et il raconte les événements au jour le jour dans son :

·        Journal de la Guerre de 1870-71 à Dijon et dans le Département de la Côte-d’Or, en 5 volumes publiés entre 1873 et 1875. "

 

Alors, rappelons rapidement  les circonstances : 

  •  En plein été caniculaire, le 15 juillet 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Très vite, ça va très mal pour les Français parce que l’état–major se montre incapable d’appliquer une stratégie  coordonnée et d’avoir une unicité de commandement.
  • le 16 août 1870 Strasbourg est assiégée par l’armée prussienne,
  • le 2 septembre 1870  c’est la défaite à Sedan :  Napoléon III capitule et Gambetta proclame la République.
  • Le 19 septembre 1870 , Paris est encerclée par les Prussiens
  • et à la  mi-octobre, Garibaldi arrive à Dole, pour porter secours aux Français.
  • L’armée prussienne, qui au départ n’était  intéressée ni par la prise de  Dijon et ni par la prise de Besançon, reçoit l’ordre de descendre rapidement vers Lyon pour protéger l’axe Strasbourg- Paris.
  • Mais le 14 octobre 1870, devant la gravité croissante de la situation, Gambetta, décide par décret,  de mettre en place des comités militaires départementaux qui viendront prêter main-forte sur le terrain  partout où l’armée en aura besoin.
  • Et c’est précisément à cette date, le 14 octobre 1870, que commence le tome 1 du Journal de guerre de Clément-Janin. Nous allons suivre  les événements  ensemble pendant 14 jours, jusqu’à la nuit du 28 octobre. Pour ce qui se passera ensuite, les 29 et 30 octobre, dont la barricade de la rue Jeannin, eh bien nous garderons le suspense jusqu’au 4 avril 2020 !
  • Précisons que ce que nous allons lire ensemble est uniquement tiré du Journal de Clément-Janin, sans recoupement d’autres sources.
  • Vous voulez écouter notre séance du 26 octobre 2019 ?  vous en retrouverez l"enregistrement en podcast en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

Détournons la barricade #2
Détournons la barricade #2
Détournons la barricade #2
Et merci à Marco (Marc Kubiez) propriétaire du Café Les Voyageurs toujours prêt à accueillir nos animations !

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Plastique bernant-Episode 1

Publié le par Claude Léa Schneider

Plastique bernant-Episode 1

Avant de commencer je voudrais dire que j’ai eu l’idée de cette série qui s’appelle Plastique bernant bien avant– d’ailleurs il y a des témoins- bien avant  que le site belge Nordpress  annonce que le chanteur Plastic Bertrand  a changé de nom.  Pour être plus écoresponsable, Plastic Bertrand  s’appelle maintenant  Compost Bertrand !

Ma série s’appelle Plastique  ber-nant, du verbe berner, tromper, 1er groupe ! pour plus d’info, allez voir Bescherelle.

Aujourd’hui Épisode 1 : « la Maison du plastique ».  Ça commence :

Rouen : sa cathédrale gothique -la 3ème plus haute du monde- sa statue de Jeanne d’arc  et son site classé Seveso.

La Cathédrale de Rouen illuminée

 

Beauvais :  sa cathédrale gothique, son chœur le plus haut du monde, sa statue de Jeanne Hachette  et son site classé Seveso.

 

Chœur de la cathédrale de Beauvais illuminé.

Je précise : Jeanne Hachette, dont la statue en bronze se dresse à Beauvais,  place… Jeanne Hachette, non loin d’ailleurs du Lycée …Jeanne Hachette et de la résidence …Jeanne Hachette, n’est pas  l’arrière-grand-tante par alliance de Pierre, de Pierre …. Larousse. Là je sens que c’est Le Seuil de ce que pouvez supporter comme blague . Non. Je vous explique :

Jeanne Hachette a vécu au XVe siècle,  c’est l’héroïne de la résistance des femmes de Beauvais, pendant le siège de Beauvais. -? Et qui, Jeanne Hachette  a-t-elle balancé dans le vide du haut d’un rempart de la ville, d’un coup de sa Hache, d’où son nom, Hachette, je vous le demande ?!

Jeanne Hachette au siège de Beauvais 1472, par Grobet 1902.

Jeanne Hachette au siège de Beauvais 1472, par Grobet 1902.

Eh bien j’ose à peine vous le dire, chers auditeurs, alors que nous sommes en train d’enregistrer cette émission  au cœur de Dijon, à moins de 500m du Palais des Ducs de Bourgogne :  Jeanne Hachette a bouté  hors de Beauvais un Bour-gui-gnon ! Eh oui, Beauvais était une ville particulièrement choyée  par Louis XI, il n’y en a pas eu tant que ça, et elle était assiégée  par les  troupes de Charles le Téméraire !  Et dire que je suis venue vivre en Bourgogne ….

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, vers 1474, Musée des Beaux-Arts, Dijon

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, vers 1474, Musée des Beaux-Arts, Dijon

On me signale que Jeanne Hachette, de Beauvais, a envoyé par Chronopost, un masque anti-pollution et  une très grosse boîte de mouchoirs à Jeanne d’Arc, à Rouen, parce que Jeanne d’arc  souffre en ce moment  de difficultés respiratoires. Parce que, tout de même  Jeanne d’arc  à Rouen, 1431 : asphyxiée  par les fumées de son propre bûcher ;  1944 : asphyxiée  par le bombardement et l’incendie de la cathédrale ; 2019 :  asphyxiée  par les fumées toxiques de Lubrizol. Et on ne parle pas de Jeanne d’arc à Paris, où tous les ans, au 1er mai, ça sent aussi très mauvais. Quand est-ce que ça va s’arrêter?  elle se demande, Jeanne d’arc. Elle en a  ras le heaume et même ras la frange sous le heaume.

Plastique bernant-Episode 1

Bon, c’était une petite intro historique pour que vous ne mouriez pas idiots. Donc je reprends :  Beauvais :  sa cathédrale gothique,  son chœur le plus haut du monde, sa statue de Jeanne Hachette-maintenant vous savez qui c’est-  son site classé Seveso ET sa MAISON DU PLASTIQUE.

Enfin il y a longtemps, quand mes cousins et moi, on  était enfants, et qu’on passait la fin des vacances  d’été dans l’Oise, près de Beauvais avec notre grand-mère, née un 23 août , ce qui tombait bien :  une occasion, chaque année, de casser nos tirelires pour lui  offrir un beau cadeau d’anniversaire, acheté dans un vrai palais des merveilles, un temple sur 2 niveaux-et ça planait pour nous- dédié au dieu Plastique : La Maison du plastique ! Avec plein de cadeaux multicolores,  qu’on pouvait acheter avec notre argent poche,  comme par ex :

  • un tablier multipoche en plastique pour le jardinage,
  • une trousse de toilette en plastique  avec ses étuis  à brosse à dents et à savonnette en plastique bleu lavande,
  • une nappe en plastique décorée de fleurs des champs, pour protéger la table de jardin,  en fer, qui rouille, contrairement au plastique !
  • un imperméable en plastique transparent, irisé comme une aile de libellule, plié dans sa pochette, à glisser dans le sac à main pour se protéger des averses surprises,
  • des bijoux  en plastique imitant parfaitement l’ivoire,  et qui n’avaient pas fait de mal aux éléphants ! Et ça c’était bien, on en était déjà conscients,   etc… etc…
Plastique bernant-Episode 1Plastique bernant-Episode 1

Notre grand-mère, qui était  née à Montrouge à la fin d’un autre siècle, adorait le plastique.  Et aussi les meubles en  Formica. Et aussi pulvériser dans nos chambres de grands jets d’insecticide Fly-tox- j’en ai encore le souvenir « sévésien » dans les narines- pour nous protéger des moustiques.

 

Et elle était contente de nos cadeaux en plastique, parce qu’elle adorait  le Plastique, symbole de « Progrès ».  Mais il faut le dire : dans ces prétendues 30 glorieuses, on était tous bernés par ces fausses certitudes. C’était juste avant le 4 janvier 1966, quand la raffinerie de Feyzin, classée Seveso, a explosé …

 

Et maintenant, ne me dites pas que ces trésors, offerts avec nos cœur d’enfants, sont allés grossir le 7e continent quelque part dans le Pacifique, parce que je vais pleurer.

 

Je me suis renseignée : cette Maison du plastique à Beauvais n’existe plus, et il y a maintenant à la place, devinez quoi ? une boutique  « zéro plastique ». Pauvres fatals petits Picards : qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir offrir à leur grand-mère ?

S’ils en ont les moyens, ils pourront toujours aller à Paris, dans la très chic Rue de Rennes (6e arrondissement) où il y a maintenant une Maison du plastique !  mais oui, ces objets sont devenus le comble du vintage chic et  décalé !!!

Pour terminer  je conseille tout de même à Jeanne Hachette, par précaution,  de garder un masque et une boîte de mouchoirs par devers elle. Parce que je le répète : Beauvais :  sa cathédrale gothique, son chœur le plus haut du monde, sa statue de Jeanne Hachette, sa recette du bourguignon haché,  sa maison « zéro plastique »   et son site classé Seveso.

Claude Léa Schneider, 20-10-2019.

Statue de Jeanne Hachette, par  Vital  Gabriel Dubray (1851) place Jeanne Hachette à Beauvais

Statue de Jeanne Hachette, par Vital Gabriel Dubray (1851) place Jeanne Hachette à Beauvais

Jeanne Hachette au siège de Beauvais  en 1472 par Jacques Barbier (1781)

Jeanne Hachette au siège de Beauvais en 1472 par Jacques Barbier (1781)

Publié dans Chroniques, Station Simone

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Matcha-Macho

Publié le par Claude Léa Schneider

Matcha-Macho, ou à la manière de Pirandello : 1184 personnages en quête d’auteurs.

Aujourd’hui, j’ai fait un cake au matcha. Vous connaissez sans doute le matcha :  c’est un thé vert,  moulu très fin, qu’on utilise en cuisine.

Maintenant  je vous propose un feuilleté au macho.  Je ne sais pas si ça  conviendra à votre régime, parce que je vais vous proposer  une recette d’Ancien Régime. Mais allez voir qu’on peut très très facilement l’actualiser.

Bon, maintenant, est-ce que vous avez de quoi écrire ? Prenez de quoi noter la recette.

 

Cake au thé vert matcha

Cake au thé vert matcha

En février dernier, le Courrier international a consacré  un article aux femmes peintres oubliées de la Renaissance italienne.  Parce que il y a une fondation américaine qui s’appelle  Advancing Women Artists (AWA) [pour la promotion des femmes artistes] qui  fouille dans les archives, les églises et  les sous-sols de Florence à la recherche de tableaux, souvent splendides, qui sont là à pourrir, certains depuis des siècles, dans l’humidité et sous les déjections de chauves-souris,  parce qu’ils  ont eu le malheur d’avoir été peints par des femmes.

Cette fondation  a déjà retrouvé 2000 tableaux ;  elle en a  restauré  pour l’instant 60 qu’elle  expose. Attention, ce n’est pas des petits tableaux de bouquets et des miniatures, dites « féminines ».  Non ! il y a tous les sujets, y compris les sujets « nobles » et les sujets religieux.

Par exemple, au 16e siècle, une jeune florentine qui s’appelait Plautilla Nelli, née d’une famille riche de Florence qui l’a enfermée au couvent à 14 ans,  a peint des œuvres magnifiques, dont une Cène, comme Léonard de Vinci, une Cène de 7 m de haut, immense tableau qui a été retrouvé et restauré.  Plautilla Nelli était  pourtant reconnue à son époque comme une peintre excellente, mais elle a été complètement escamotée ensuite par ce qu’on pourrait appeler le culte –machiste- des « grands hommes ».

Plautilla Nelli, Cène, vers 1550.

Plautilla Nelli, Cène, vers 1550.

 Bizarrerie de notre langue :  pas d’équivalent féminin à « grands hommes »,  c’est comme ça : un « grand homme » se distingue par le sens d’un « homme grand », mais une « grande femme » ne se distingue pas d’une « femme grande » !

Bon, vous avez toujours de quoi écrire ? je vous donne l’adresse d’un site : siefar.org/   Société-Internationale-Étude-Femmes-Ancien-Régime

Qu’est-ce que c’est ? c’est une société internationale, qui s’est créée en 2000, pour l'Étude des Femmes de l'Ancien Régime  et qui a –je cite :  « pour vocation l’étude des conditions de vie, des actions, des œuvres et de la pensée des femmes des périodes précédant la Révolution française. [La SIEFAR] travaille à mieux faire connaître ces domaines, pour rendre visible la présence des femmes dans la vie économique, politique, intellectuelle, scientifique et artistique des siècles passés et faire cesser le silence qui continue trop souvent à régner

Et sur ce site décidément bien intéressant, on trouve un dictionnaire, avec une catégorie « Avis de recherche »  de 1184 noms de femmes qui ont compté dans leur époque, qui ont  été citées par des biographes anciens mais sur lesquelles la recherche aujourd’hui ne travaille pas ou plus,  femmes dont certaines sont tombées dans l’oubli et qui sont en quête de biographes du XXIe siècle, pour en faire une étude  moderne.

J’ai donc parcouru ces 1184 noms : on y trouve des curiosités, et c’est sûr, j’aimerais bien savoir qui étaient Mademoiselle Corail, et  Mademoiselle Souris,  dite La Souris, qui ont vécu au 17e-18e siècle, mais j’ai été consternée de trouver dans cette liste de noms, des noms très connus, dont des noms de reines, de reines  de France :

  • Isabeau de Bavière, épouse de Charles VI et mère de Charles VII
  • Marguerite de Bourgogne, celle qui était la femme  de Louis X «le Hutin»
  • Marie de Médicis, femme d’Henri IV
  • Marie Stuart, reine de France et reine d’ Ecosse
  • La belle Agnès Sorel, dite « dame de beauté » : « Sois belle et tais-toi » et  on ne saura plus rien sur toi !
  • La reine Christine de Suède
  • Madeleine et Armande Béjart, qui ont pourtant beaucoup compté dans la vie de Molière, l’une sa compagne de toute une vie et l’autre sa femme.
  • Et même Marie Brizard, inventrice au 18e siècle d’une anisette- à consommer avec  modération-  mais tout de même aujourd’hui Marie Brizard est  une société cotée en Bourse !
  • Et sur toutes ces femmes, rien, pas d’études contemporaines ! Alors, avis aux chercheuses, ou aux chercheures et aux chercheurs en quête de sujets innovants.
Frédéric Peyson, Marguerite de Bourgogne assise, vers 1844, dans le meilleur  style "troubadour" !

Frédéric Peyson, Marguerite de Bourgogne assise, vers 1844, dans le meilleur style "troubadour" !

Comment j’ai découvert  ce site ? eh bien en travaillant sur Denis Diderot et le vin, j’ai croisé beaucoup de femmes qui ont compté au 18e siècle, dont, entre autres,  deux grandes artistes  que le machisme a mal traitées à plusieurs égards :

Anna Dorothea Therbusch, grande portraitiste berlinoise qui s’est installée à Paris en 1765- elle a peint un portait de Diderot-  mais elle  a été tellement mal reçue par ses collègues masculins qu’elle a quitté Paris 3 ans après et qu’elle est   retournée à Berlin ; et pourtant elle était membre de plusieurs académies européennes. Sur Wikipédia, il y a son autoportrait avec une lunette, et c’est particulièrement audacieux et chouette

Portrait de Marie-AnneCollot par son mari, Falconet fils, 1773.

Portrait de Marie-AnneCollot par son mari, Falconet fils, 1773.

Et Marie-Anne Collot, une des rares sculptrices professionnelles de l’Ancien Régime : c’était la belle-fille du sculpteur Falconet, malheureuse et maltraitée par son mari, fils de Falconet. Et quand Falconet père a merdouillé-parce qu’il n’ y a pas d’autre mot- pendant 12 ans à St Pétersbourg, à réaliser  la statue de Pierre le Grand que Catherine II lui avait commandée, qui c’est qui lui a sauvé la mise en sculptant la tête de Pierre le Grand qu’il n’arrivait pas à faire ? sa jeune belle-fille de 19 ans. Et, de l’avis des contemporains, c’est la partie la plus réussie de cette la sculpture monumentale. Les œuvres sauvegardées de  Marie-Anne Collot sont aujourd’hui visibles au musée de Nancy

Voilà maintenant  mon feuilleté au macho est cuit-cuit  à point. Vous reprendrez bien un peu de cake au matcha ?

Claude Léa Schneider, septembre 2019.

Retrouvez cette chronique dans "Buffet campagnard gratuit" sur

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Et Chelsea ?

Publié le par Claude Léa Schneider

Et Chelsea ?

Et Chelsea ?

C’est bien connu, rien de tel pour réveiller la plupart des hommes à table que de parler football, surtout en fin de soirée, et  surtout s’ils ne s’attendent pas à ce que vous en parliez.

Ne commettez pas l’erreur de Brigitte Macron, en pleine campagne électorale à la télé, qui voulant dire au futur président  de la suivre  pendant qu’il était penché sur son téléphone,  s’est entendu répondre : « Attends ! je regarde les résultats du foot … » A quoi elle lui a rétorqué « Mais viens, on s’en fout ! »

Non, on ne s’en fout pas ! Non la plupart ne s’en footent pas !

Et Chelsea ?

Donc, en fin de repas, quand la conversation commence à stagner ou  à prendre un dangereux virage politique parce qu’un de vos convives demande  si l’hologramme de Mélenchon a aussi été amené à comparaître devant le  tribunal de  Bobigny,  ayez l’art de changer de sujet,  relancez élégamment la conversation sur le foot  et  dites :  « Et Chelsea ? »

Vous remarquerez que je n’ai pas choisi ce club au hasard. Dites « Et Chelsea ? » pour voir : sentez qu’aussitôt un sourire tout à fait charmeur se dessine sur votre visage. N’oubliez pas que pour sourire, 17 muscles doivent travailler simultanément, les muscles zygomatiques majeurs et mineurs sont activés pendant que le muscle risorius, qui abaisse le coin des lèvres, est inhibé : la chose n’est donc pas à prendre à la légère.

Dites « Et Chelsea ? »  et les commissures de la bouche  s’étirent, les pommettes remontent,  vos yeux s’illuminent. Un beau sourire pour le 500e anniversaire  de Léonard de Vinci, ça ne se refuse pas.

Et Chelsea ?

C’est  beaucoup mieux que « cheese », certes efficace, mais qui laisse quand même un petit  goût de fromage dans la bouche, or vos convives sont justement en train de déguster votre délicieuse mousse au chocolat.

Ou que « ouistiti-sex » qui tire bien sur le grand zygomatique, mais j’aime autant vous dire qu’ à STATION SIMONE, on est  résolument contre tout  harcèlement zoophile !

Donc « Et Chelsea ? » le « tch » fait t’chic, le « el » s’envole et « sea » … sea, sex and sun ! bien sûr !  

En matière de foot c’est quand même beaucoup plus sexy  de lâcher  : « Et Chelsea ? »  que de dire « Autrefois les Canaris jouaient  à Saupin  et puis après  ils ont joué  à la Beaujoire» !

Saupin fait illico penser à Sopalin, et vous voilà avec un Sopalin  en train de nettoyer la Beaujoire la bauge que les enfants et leurs copains ont laissée au goûter sur la table  de la cuisine ! A moins que vous  ne préfériez récurer l’évier à l’Ajax d’Amsterdam !

Et Chelsea ?

Sachez aussi dire « Et Chelsea ? », prenez un ton enjoué, en manifestant de l’intérêt mais sans trop en faire. Ne vous croyez pas obligée de le dire d’un ton grave, inquiet, passionné, style Orgon de retour chez lui, demandant à sa femme: « Et Tartuffe ? »  (même ton tragique) : « Et Chelsea ? ». Non ! ne tuez pas l’effet. Si vous tenez à Molière, restez plutôt dans le registre d’Agnès dans L’École des Femmes,  ingénument dites : « Le petit chat est mort. Et Chelsea ? »

Et Tartuffe ?

Et Tartuffe ?

Effet beaucoup moins garanti avec d’autres clubs, exemple : « Et le  Chkalovets Novosibirsk ? »  Je vous déconseille ce club :  Chkalovets Novosibirsk : vous n’éviterez pas le chachlik de langue, surtout si vous avez forcé sur la vodka à l’apéritif. Pour les mêmes raisons, évitez le Borussia Mönchengladbach. Allez-y, essayez pour voir (léger) : « Et le Mönchengladbach ?» ça marche pas aussi bien, hein ?!

Et Chelsea ?

Pour rester dans les clubs allemands, c’est difficile à table si vous dites : « Et le FC Schweinfurt ? »  :  Schweinfurt ! avec un sourire carnassier, Schwein :  le porc en allemand !  « Balance ton porc » mais ne balance pas ton FC Schweinfurt ! attention, vous risquez d’indisposer un de ces les messieurs qui se sentira secrètement visé,  vos hôtes vont se demander si c’est du lard ou du cochon et vous risquez d’écœurer les végans et  les végétariens !

Vous me demandez si c’est plus facile avec le Bayern de Munich  :  « Et le Bayern de Munich ? » oui,  mais Franck Ribéry y a laissé des souvenirs… grammatikeux.  Vos convives, c’est vrai  que chez vous, c’est un endroit qu’ils aiment bien venir,  parce qu’ à votre table les assiettes sont  toujours aussi  pleines à domicile comme à l’extérieur, et ils se sentent énormément très bien chez vous, mais faut pas qu’on exagérez quand même,  parce ce que,  quand  la routourne tourne, elle tourne vite ! et vous risquons d’avoir des ennuis avec la justice et avec le frisc.

Et Chelsea ?

Évitez le « RCC Waterloo » qui a un goût de défaite, surtout pour l’anniversaire  des 250 ans de la naissance de Napoléon ; même chose  avec le « CS Sedan-Ardenne », Sedan ! pour les 150 ans de la guerre franco-prussienne ! un peu de d’à-propos historique  !

De même, évitez les « Chamois Niortais » :  des chamois !  à Niort !!!

A éviter absolument,  les noms de club qui plombent tout de suite l’ambiance:  tous les ASPTT, « ASPPT », PTT, on se croirait au XXe siècle ! 

Pas le PSG non plus, trop dangereux :  il n’ y a qu’à voir comment les riverains autour du Parc des Princes  barricadent  les  appartements  au rez-de-chaussée, les jours de match …

et puis pas  le Dijon FCO, pru-den-ce …

Et Chelsea ?

Mais déjà on me fait signe en régie que je n’ai pas droit à du temps additionnel pour cette chronique !!! Par Toutatis et par Tottenham !  si tous ces noms de clubs de foot vous ont donné  mal à la tête, prenez  donc un comprimé d’aspirine  Bayer Leverkusen !

Claude Léa Schneider- Septembre 2019

Et Chelsea ?

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STATION SIMONE nouveau site

Publié le par Claude Léa Schneider

STATION SIMONE nouveau site
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Bonjour à tous,

Merci à tous ceux qui ont consulté ces derniers  mois ce blog un peu immobile...Et merci pour vos messages encourageants.

Cette pause, c'était pour mieux renaître. Nouvelles images, nouvelles rubriques, nouveau site de Station Simone et  nouvelle adresse : stationsimone@gmail.com

A très vite ! Claude Léa

STATION SIMONE nouveau site
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Publié dans Station Simone

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BOITE DE PASTILLES POETIQUES CONTRE LE POPULISME-2019

Publié le par Claude Léa Schneider

BOITE DE PASTILLES POETIQUES CONTRE LE POPULISME-2019

Un grand merci à tous pour ce Printemps de l'Europe 2019 !

Toutes les pastilles sont disponibles à l'écoute en podcast sur le lien ci-dessous:

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