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Plastique bernant-Episode 1

Publié le par Claude Léa Schneider

Plastique bernant-Episode 1

Avant de commencer je voudrais dire que j’ai eu l’idée de cette série qui s’appelle Plastique bernant bien avant– d’ailleurs il y a des témoins- bien avant  que le site belge Nordpress  annonce que le chanteur Plastic Bertrand  a changé de nom.  Pour être plus écoresponsable, Plastic Bertrand  s’appelle maintenant  Compost Bertrand !

Ma série s’appelle Plastique  ber-nant, du verbe berner, tromper, 1er groupe ! pour plus d’info, allez voir Bescherelle.

Aujourd’hui Épisode 1 : « la Maison du plastique ».  Ça commence :

Rouen : sa cathédrale gothique -la 3ème plus haute du monde- sa statue de Jeanne d’arc  et son site classé Seveso.

La Cathédrale de Rouen illuminée

 

Beauvais :  sa cathédrale gothique, son chœur le plus haut du monde, sa statue de Jeanne Hachette  et son site classé Seveso.

 

Chœur de la cathédrale de Beauvais illuminé.

Je précise : Jeanne Hachette, dont la statue en bronze se dresse à Beauvais,  place… Jeanne Hachette, non loin d’ailleurs du Lycée …Jeanne Hachette et de la résidence …Jeanne Hachette, n’est pas  l’arrière-grand-tante par alliance de Pierre, de Pierre …. Larousse. Là je sens que c’est Le Seuil de ce que pouvez supporter comme blague . Non. Je vous explique :

Jeanne Hachette a vécu au XVe siècle,  c’est l’héroïne de la résistance des femmes de Beauvais, pendant le siège de Beauvais. -? Et qui, Jeanne Hachette  a-t-elle balancé dans le vide du haut d’un rempart de la ville, d’un coup de sa Hache, d’où son nom, Hachette, je vous le demande ?!

Jeanne Hachette au siège de Beauvais 1472, par Grobet 1902.

Jeanne Hachette au siège de Beauvais 1472, par Grobet 1902.

Eh bien j’ose à peine vous le dire, chers auditeurs, alors que nous sommes en train d’enregistrer cette émission  au cœur de Dijon, à moins de 500m du Palais des Ducs de Bourgogne :  Jeanne Hachette a bouté  hors de Beauvais un Bour-gui-gnon ! Eh oui, Beauvais était une ville particulièrement choyée  par Louis XI, il n’y en a pas eu tant que ça, et elle était assiégée  par les  troupes de Charles le Téméraire !  Et dire que je suis venue vivre en Bourgogne ….

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, vers 1474, Musée des Beaux-Arts, Dijon

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, vers 1474, Musée des Beaux-Arts, Dijon

On me signale que Jeanne Hachette, de Beauvais, a envoyé par Chronopost, un masque anti-pollution et  une très grosse boîte de mouchoirs à Jeanne d’Arc, à Rouen, parce que Jeanne d’arc  souffre en ce moment  de difficultés respiratoires. Parce que, tout de même  Jeanne d’arc  à Rouen, 1431 : asphyxiée  par les fumées de son propre bûcher ;  1944 : asphyxiée  par le bombardement et l’incendie de la cathédrale ; 2019 :  asphyxiée  par les fumées toxiques de Lubrizol. Et on ne parle pas de Jeanne d’arc à Paris, où tous les ans, au 1er mai, ça sent aussi très mauvais. Quand est-ce que ça va s’arrêter?  elle se demande, Jeanne d’arc. Elle en a  ras le heaume et même ras la frange sous le heaume.

Plastique bernant-Episode 1

Bon, c’était une petite intro historique pour que vous ne mouriez pas idiots. Donc je reprends :  Beauvais :  sa cathédrale gothique,  son chœur le plus haut du monde, sa statue de Jeanne Hachette-maintenant vous savez qui c’est-  son site classé Seveso ET sa MAISON DU PLASTIQUE.

Enfin il y a longtemps, quand mes cousins et moi, on  était enfants, et qu’on passait la fin des vacances  d’été dans l’Oise, près de Beauvais avec notre grand-mère, née un 23 août , ce qui tombait bien :  une occasion, chaque année, de casser nos tirelires pour lui  offrir un beau cadeau d’anniversaire, acheté dans un vrai palais des merveilles, un temple sur 2 niveaux-et ça planait pour nous- dédié au dieu Plastique : La Maison du plastique ! Avec plein de cadeaux multicolores,  qu’on pouvait acheter avec notre argent poche,  comme par ex :

  • un tablier multipoche en plastique pour le jardinage,
  • une trousse de toilette en plastique  avec ses étuis  à brosse à dents et à savonnette en plastique bleu lavande,
  • une nappe en plastique décorée de fleurs des champs, pour protéger la table de jardin,  en fer, qui rouille, contrairement au plastique !
  • un imperméable en plastique transparent, irisé comme une aile de libellule, plié dans sa pochette, à glisser dans le sac à main pour se protéger des averses surprises,
  • des bijoux  en plastique imitant parfaitement l’ivoire,  et qui n’avaient pas fait de mal aux éléphants ! Et ça c’était bien, on en était déjà conscients,   etc… etc…
Plastique bernant-Episode 1Plastique bernant-Episode 1

Notre grand-mère, qui était  née à Montrouge à la fin d’un autre siècle, adorait le plastique.  Et aussi les meubles en  Formica. Et aussi pulvériser dans nos chambres de grands jets d’insecticide Fly-tox- j’en ai encore le souvenir « sévésien » dans les narines- pour nous protéger des moustiques.

 

Et elle était contente de nos cadeaux en plastique, parce qu’elle adorait  le Plastique, symbole de « Progrès ».  Mais il faut le dire : dans ces prétendues 30 glorieuses, on était tous bernés par ces fausses certitudes. C’était juste avant le 4 janvier 1966, quand la raffinerie de Feyzin, classée Seveso, a explosé …

 

Et maintenant, ne me dites pas que ces trésors, offerts avec nos cœur d’enfants, sont allés grossir le 7e continent quelque part dans le Pacifique, parce que je vais pleurer.

 

Je me suis renseignée : cette Maison du plastique à Beauvais n’existe plus, et il y a maintenant à la place, devinez quoi ? une boutique  « zéro plastique ». Pauvres fatals petits Picards : qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir offrir à leur grand-mère ?

S’ils en ont les moyens, ils pourront toujours aller à Paris, dans la très chic Rue de Rennes (6e arrondissement) où il y a maintenant une Maison du plastique !  mais oui, ces objets sont devenus le comble du vintage chic et  décalé !!!

Pour terminer  je conseille tout de même à Jeanne Hachette, par précaution,  de garder un masque et une boîte de mouchoirs par devers elle. Parce que je le répète : Beauvais :  sa cathédrale gothique, son chœur le plus haut du monde, sa statue de Jeanne Hachette, sa recette du bourguignon haché,  sa maison « zéro plastique »   et son site classé Seveso.

Claude Léa Schneider, 20-10-2019.

Statue de Jeanne Hachette, par  Vital  Gabriel Dubray (1851) place Jeanne Hachette à Beauvais

Statue de Jeanne Hachette, par Vital Gabriel Dubray (1851) place Jeanne Hachette à Beauvais

Jeanne Hachette au siège de Beauvais  en 1472 par Jacques Barbier (1781)

Jeanne Hachette au siège de Beauvais en 1472 par Jacques Barbier (1781)

Publié dans Chroniques, Station Simone

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Matcha-Macho

Publié le par Claude Léa Schneider

Matcha-Macho, ou à la manière de Pirandello : 1184 personnages en quête d’auteurs.

Aujourd’hui, j’ai fait un cake au matcha. Vous connaissez sans doute le matcha :  c’est un thé vert,  moulu très fin, qu’on utilise en cuisine.

Maintenant  je vous propose un feuilleté au macho.  Je ne sais pas si ça  conviendra à votre régime, parce que je vais vous proposer  une recette d’Ancien Régime. Mais allez voir qu’on peut très très facilement l’actualiser.

Bon, maintenant, est-ce que vous avez de quoi écrire ? Prenez de quoi noter la recette.

 

Cake au thé vert matcha

Cake au thé vert matcha

En février dernier, le Courrier international a consacré  un article aux femmes peintres oubliées de la Renaissance italienne.  Parce que il y a une fondation américaine qui s’appelle  Advancing Women Artists (AWA) [pour la promotion des femmes artistes] qui  fouille dans les archives, les églises et  les sous-sols de Florence à la recherche de tableaux, souvent splendides, qui sont là à pourrir, certains depuis des siècles, dans l’humidité et sous les déjections de chauves-souris,  parce qu’ils  ont eu le malheur d’avoir été peints par des femmes.

Cette fondation  a déjà retrouvé 2000 tableaux ;  elle en a  restauré  pour l’instant 60 qu’elle  expose. Attention, ce n’est pas des petits tableaux de bouquets et des miniatures, dites « féminines ».  Non ! il y a tous les sujets, y compris les sujets « nobles » et les sujets religieux.

Par exemple, au 16e siècle, une jeune florentine qui s’appelait Plautilla Nelli, née d’une famille riche de Florence qui l’a enfermée au couvent à 14 ans,  a peint des œuvres magnifiques, dont une Cène, comme Léonard de Vinci, une Cène de 7 m de haut, immense tableau qui a été retrouvé et restauré.  Plautilla Nelli était  pourtant reconnue à son époque comme une peintre excellente, mais elle a été complètement escamotée ensuite par ce qu’on pourrait appeler le culte –machiste- des « grands hommes ».

Plautilla Nelli, Cène, vers 1550.

Plautilla Nelli, Cène, vers 1550.

 Bizarrerie de notre langue :  pas d’équivalent féminin à « grands hommes »,  c’est comme ça : un « grand homme » se distingue par le sens d’un « homme grand », mais une « grande femme » ne se distingue pas d’une « femme grande » !

Bon, vous avez toujours de quoi écrire ? je vous donne l’adresse d’un site : siefar.org/   Société-Internationale-Étude-Femmes-Ancien-Régime

Qu’est-ce que c’est ? c’est une société internationale, qui s’est créée en 2000, pour l'Étude des Femmes de l'Ancien Régime  et qui a –je cite :  « pour vocation l’étude des conditions de vie, des actions, des œuvres et de la pensée des femmes des périodes précédant la Révolution française. [La SIEFAR] travaille à mieux faire connaître ces domaines, pour rendre visible la présence des femmes dans la vie économique, politique, intellectuelle, scientifique et artistique des siècles passés et faire cesser le silence qui continue trop souvent à régner

Et sur ce site décidément bien intéressant, on trouve un dictionnaire, avec une catégorie « Avis de recherche »  de 1184 noms de femmes qui ont compté dans leur époque, qui ont  été citées par des biographes anciens mais sur lesquelles la recherche aujourd’hui ne travaille pas ou plus,  femmes dont certaines sont tombées dans l’oubli et qui sont en quête de biographes du XXIe siècle, pour en faire une étude  moderne.

J’ai donc parcouru ces 1184 noms : on y trouve des curiosités, et c’est sûr, j’aimerais bien savoir qui étaient Mademoiselle Corail, et  Mademoiselle Souris,  dite La Souris, qui ont vécu au 17e-18e siècle, mais j’ai été consternée de trouver dans cette liste de noms, des noms très connus, dont des noms de reines, de reines  de France :

  • Isabeau de Bavière, épouse de Charles VI et mère de Charles VII
  • Marguerite de Bourgogne, celle qui était la femme  de Louis X «le Hutin»
  • Marie de Médicis, femme d’Henri IV
  • Marie Stuart, reine de France et reine d’ Ecosse
  • La belle Agnès Sorel, dite « dame de beauté » : « Sois belle et tais-toi » et  on ne saura plus rien sur toi !
  • La reine Christine de Suède
  • Madeleine et Armande Béjart, qui ont pourtant beaucoup compté dans la vie de Molière, l’une sa compagne de toute une vie et l’autre sa femme.
  • Et même Marie Brizard, inventrice au 18e siècle d’une anisette- à consommer avec  modération-  mais tout de même aujourd’hui Marie Brizard est  une société cotée en Bourse !
  • Et sur toutes ces femmes, rien, pas d’études contemporaines ! Alors, avis aux chercheuses, ou aux chercheures et aux chercheurs en quête de sujets innovants.
Frédéric Peyson, Marguerite de Bourgogne assise, vers 1844, dans le meilleur  style "troubadour" !

Frédéric Peyson, Marguerite de Bourgogne assise, vers 1844, dans le meilleur style "troubadour" !

Comment j’ai découvert  ce site ? eh bien en travaillant sur Denis Diderot et le vin, j’ai croisé beaucoup de femmes qui ont compté au 18e siècle, dont, entre autres,  deux grandes artistes  que le machisme a mal traitées à plusieurs égards :

Anna Dorothea Therbusch, grande portraitiste berlinoise qui s’est installée à Paris en 1765- elle a peint un portait de Diderot-  mais elle  a été tellement mal reçue par ses collègues masculins qu’elle a quitté Paris 3 ans après et qu’elle est   retournée à Berlin ; et pourtant elle était membre de plusieurs académies européennes. Sur Wikipédia, il y a son autoportrait avec une lunette, et c’est particulièrement audacieux et chouette

Portrait de Marie-AnneCollot par son mari, Falconet fils, 1773.

Portrait de Marie-AnneCollot par son mari, Falconet fils, 1773.

Et Marie-Anne Collot, une des rares sculptrices professionnelles de l’Ancien Régime : c’était la belle-fille du sculpteur Falconet, malheureuse et maltraitée par son mari, fils de Falconet. Et quand Falconet père a merdouillé-parce qu’il n’ y a pas d’autre mot- pendant 12 ans à St Pétersbourg, à réaliser  la statue de Pierre le Grand que Catherine II lui avait commandée, qui c’est qui lui a sauvé la mise en sculptant la tête de Pierre le Grand qu’il n’arrivait pas à faire ? sa jeune belle-fille de 19 ans. Et, de l’avis des contemporains, c’est la partie la plus réussie de cette la sculpture monumentale. Les œuvres sauvegardées de  Marie-Anne Collot sont aujourd’hui visibles au musée de Nancy

Voilà maintenant  mon feuilleté au macho est cuit-cuit  à point. Vous reprendrez bien un peu de cake au matcha ?

Claude Léa Schneider, septembre 2019.

Retrouvez cette chronique dans "Buffet campagnard gratuit" sur

Publié dans Chroniques, Station Simone

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Et Chelsea ?

Publié le par Claude Léa Schneider

Et Chelsea ?

Et Chelsea ?

C’est bien connu, rien de tel pour réveiller la plupart des hommes à table que de parler football, surtout en fin de soirée, et  surtout s’ils ne s’attendent pas à ce que vous en parliez.

Ne commettez pas l’erreur de Brigitte Macron, en pleine campagne électorale à la télé, qui voulant dire au futur président  de la suivre  pendant qu’il était penché sur son téléphone,  s’est entendu répondre : « Attends ! je regarde les résultats du foot … » A quoi elle lui a rétorqué « Mais viens, on s’en fout ! »

Non, on ne s’en fout pas ! Non la plupart ne s’en footent pas !

Et Chelsea ?

Donc, en fin de repas, quand la conversation commence à stagner ou  à prendre un dangereux virage politique parce qu’un de vos convives demande  si l’hologramme de Mélenchon a aussi été amené à comparaître devant le  tribunal de  Bobigny,  ayez l’art de changer de sujet,  relancez élégamment la conversation sur le foot  et  dites :  « Et Chelsea ? »

Vous remarquerez que je n’ai pas choisi ce club au hasard. Dites « Et Chelsea ? » pour voir : sentez qu’aussitôt un sourire tout à fait charmeur se dessine sur votre visage. N’oubliez pas que pour sourire, 17 muscles doivent travailler simultanément, les muscles zygomatiques majeurs et mineurs sont activés pendant que le muscle risorius, qui abaisse le coin des lèvres, est inhibé : la chose n’est donc pas à prendre à la légère.

Dites « Et Chelsea ? »  et les commissures de la bouche  s’étirent, les pommettes remontent,  vos yeux s’illuminent. Un beau sourire pour le 500e anniversaire  de Léonard de Vinci, ça ne se refuse pas.

Et Chelsea ?

C’est  beaucoup mieux que « cheese », certes efficace, mais qui laisse quand même un petit  goût de fromage dans la bouche, or vos convives sont justement en train de déguster votre délicieuse mousse au chocolat.

Ou que « ouistiti-sex » qui tire bien sur le grand zygomatique, mais j’aime autant vous dire qu’ à STATION SIMONE, on est  résolument contre tout  harcèlement zoophile !

Donc « Et Chelsea ? » le « tch » fait t’chic, le « el » s’envole et « sea » … sea, sex and sun ! bien sûr !  

En matière de foot c’est quand même beaucoup plus sexy  de lâcher  : « Et Chelsea ? »  que de dire « Autrefois les Canaris jouaient  à Saupin  et puis après  ils ont joué  à la Beaujoire» !

Saupin fait illico penser à Sopalin, et vous voilà avec un Sopalin  en train de nettoyer la Beaujoire la bauge que les enfants et leurs copains ont laissée au goûter sur la table  de la cuisine ! A moins que vous  ne préfériez récurer l’évier à l’Ajax d’Amsterdam !

Et Chelsea ?

Sachez aussi dire « Et Chelsea ? », prenez un ton enjoué, en manifestant de l’intérêt mais sans trop en faire. Ne vous croyez pas obligée de le dire d’un ton grave, inquiet, passionné, style Orgon de retour chez lui, demandant à sa femme: « Et Tartuffe ? »  (même ton tragique) : « Et Chelsea ? ». Non ! ne tuez pas l’effet. Si vous tenez à Molière, restez plutôt dans le registre d’Agnès dans L’École des Femmes,  ingénument dites : « Le petit chat est mort. Et Chelsea ? »

Et Tartuffe ?

Et Tartuffe ?

Effet beaucoup moins garanti avec d’autres clubs, exemple : « Et le  Chkalovets Novosibirsk ? »  Je vous déconseille ce club :  Chkalovets Novosibirsk : vous n’éviterez pas le chachlik de langue, surtout si vous avez forcé sur la vodka à l’apéritif. Pour les mêmes raisons, évitez le Borussia Mönchengladbach. Allez-y, essayez pour voir (léger) : « Et le Mönchengladbach ?» ça marche pas aussi bien, hein ?!

Et Chelsea ?

Pour rester dans les clubs allemands, c’est difficile à table si vous dites : « Et le FC Schweinfurt ? »  :  Schweinfurt ! avec un sourire carnassier, Schwein :  le porc en allemand !  « Balance ton porc » mais ne balance pas ton FC Schweinfurt ! attention, vous risquez d’indisposer un de ces les messieurs qui se sentira secrètement visé,  vos hôtes vont se demander si c’est du lard ou du cochon et vous risquez d’écœurer les végans et  les végétariens !

Vous me demandez si c’est plus facile avec le Bayern de Munich  :  « Et le Bayern de Munich ? » oui,  mais Franck Ribéry y a laissé des souvenirs… grammatikeux.  Vos convives, c’est vrai  que chez vous, c’est un endroit qu’ils aiment bien venir,  parce qu’ à votre table les assiettes sont  toujours aussi  pleines à domicile comme à l’extérieur, et ils se sentent énormément très bien chez vous, mais faut pas qu’on exagérez quand même,  parce ce que,  quand  la routourne tourne, elle tourne vite ! et vous risquons d’avoir des ennuis avec la justice et avec le frisc.

Et Chelsea ?

Évitez le « RCC Waterloo » qui a un goût de défaite, surtout pour l’anniversaire  des 250 ans de la naissance de Napoléon ; même chose  avec le « CS Sedan-Ardenne », Sedan ! pour les 150 ans de la guerre franco-prussienne ! un peu de d’à-propos historique  !

De même, évitez les « Chamois Niortais » :  des chamois !  à Niort !!!

A éviter absolument,  les noms de club qui plombent tout de suite l’ambiance:  tous les ASPTT, « ASPPT », PTT, on se croirait au XXe siècle ! 

Pas le PSG non plus, trop dangereux :  il n’ y a qu’à voir comment les riverains autour du Parc des Princes  barricadent  les  appartements  au rez-de-chaussée, les jours de match …

et puis pas  le Dijon FCO, pru-den-ce …

Et Chelsea ?

Mais déjà on me fait signe en régie que je n’ai pas droit à du temps additionnel pour cette chronique !!! Par Toutatis et par Tottenham !  si tous ces noms de clubs de foot vous ont donné  mal à la tête, prenez  donc un comprimé d’aspirine  Bayer Leverkusen !

Claude Léa Schneider- Septembre 2019

Et Chelsea ?

Publié dans Chroniques, Station Simone

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STATION SIMONE nouveau site

Publié le par Claude Léa Schneider

STATION SIMONE nouveau site
STATION SIMONE nouveau site

Bonjour à tous,

Merci à tous ceux qui ont consulté ces derniers  mois ce blog un peu immobile...Et merci pour vos messages encourageants.

Cette pause, c'était pour mieux renaître. Nouvelles images, nouvelles rubriques, nouveau site de Station Simone et  nouvelle adresse : stationsimone@gmail.com

A très vite ! Claude Léa

STATION SIMONE nouveau site
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Publié dans Station Simone

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BOITE DE PASTILLES POETIQUES CONTRE LE POPULISME-2019

Publié le par Claude Léa Schneider

BOITE DE PASTILLES POETIQUES CONTRE LE POPULISME-2019

Un grand merci à tous pour ce Printemps de l'Europe 2019 !

Toutes les pastilles sont disponibles à l'écoute en podcast sur le lien ci-dessous:

Publié dans Station Simone

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Commémorations de la Grande Guerre en habits de tous les jours

Publié le par Claude Léa Schneider

Commémorations  de la Grande Guerre en habits de tous les jours

Bernard Pivot tweetait ce dimanche 4 novembre : « Novembre est le mois le plus triste de l’année avec son jour des morts et le 11, sa victoire crépusculaire. Novembre 2018: carrément sinistre avec les commémorations des fiertés et horreurs patriotiques. »

Bien d’accord avec lui, mais il n’empêche. Ces commémorations auront au moins  le mérite de mettre en lumière des archives inédites, toujours plus proches, que l’on prend comme un coup de poing dans la figure, et  de montrer de nouvelles" horreurs patriotiques" qu’il est sain de révéler. Et puis de mettre au jour une guerre "en tenue de tous les jours" pour reprendre l'expression du journal Le Temps à propos de la réédition d'un livre (cf plus bas) de Jean Giraudoux, un auteur que l'on ferait bien de relire  aujourd'hui  dans cette actualité  dangereusement années-trentiste.

Commençons donc par  mettre nos bottes, non pour en faire dangereusement claquer les talons, mais pour aller dans les vignes de Santenay comme le décrit la 4ème de couverture du livre qui ouvre cette bibliographie : Travaux de vigne et Guerre d'usure, par Marc Sorlot, aux éditions de l'Escargot savant.

Voilà qui vous rappelle les lettres échangées par Henri Soichot, affecté en 1915 au 37e régiment d'artillerie  à Bourges,  avec sa femme Apolline.  Apolline  se partage entre l'atelier de serrurerie de la rue Berbizey à Dijon et  les  vignes familiales à Marsannay-la-Côte et cherche désespérément  de la maind'oeuvre. Pour (ré) écouter ces lettres lues par Édouard Bouyé, suivre les épisodes 8 à 14 des Inédits de la Grande Guerre sur ce lien :

http://stationsimone.free.fr/index.php/nos-podcasts/les-inedits-de-la-grande-guerre

 

Restons encore en Côte d'Or avec cet album publié en 2013 par les Éditions Sutton :

Pour en savoir davantage :

http://www.editions-sutton.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=55265

Deux éditions et deux couvertures pour les Lectures pour une ombre de Jean Giraudoux. " Publié en mars 1917, le livre se compose de trois récits, « Le retour d'Alsace, « Périple » et « Les cinq soirs et les cinq réveils de la Marne ». On y voit le sergent Giraudoux, attaché au colonel de son régiment comme secrétaire-interprète, car il parle allemand. (...) . Et c'est le récit d'autant plus hallucinant qu'il décrit sans emphase « la surface ravagée de la guerre, avec [...] toutes ses dépouilles, képis, souliers, avec une paire de bretelles étendue comme à l'étalage, avec une main raide qui sort d'un silo. »

Deux éditions récentes de ces textes de Giraudoux
Deux éditions récentes de ces textes de Giraudoux

Deux éditions récentes de ces textes de Giraudoux

Quand on lit  des journaux de l'époque, on s'aperçoit que nos fake-news du 21e siècle n'ont rien à envier à la propagande visant à rassurer l'arrière, du style "les balles allemandes ne tuent pas, elles ne font que des bleus" !

De toutes les "horreurs patriotiques" de grands romans de la fin du 20e siècle ont eu le mérite de nous éclairer sur les automutilations, les mutineries et les fusillés pour l'exemple.

Citons des livres plus récents qui s'attaquent à ces sujets:

Citons 3 livres de Jean-Yves Le Naour
Citons 3 livres de Jean-Yves Le Naour
Citons 3 livres de Jean-Yves Le Naour

Citons 3 livres de Jean-Yves Le Naour

D'autres auteurs.
D'autres auteurs.
D'autres auteurs.

D'autres auteurs.

On oublie souvent que la guerre ne s'est pas arrêtée le 11 novembre 1918 pour tout le monde et qu'elle a continué sur le front d'Orient.

"Ce n'est qu'en mars 1919 que les poilus d'Orient sont rembarqués d'Odessa avec le sentiment d'avoir injustement été les oubliés de la Grande Guerre."  source : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/le-front-dorient-1915-1919

Un livre paru en 2016 traite ce sujet :

Pour en savoir davantage sur cet ouvrage de Max Schiavon, suivre  lien ci-dessous :

Commémorations  de la Grande Guerre en habits de tous les jours

Enfin, terminons cette courte bibliographie complémentaire par un livre qui s'intéresse au "silence des peintres "pendant la Grande Guerre. En effet, nous avons tous en mémoire "La Guerre", le triptyque hallucinant peint par Otto Dix entre 1929 et 1932 qui se trouve actuellement à la Galerie Neue Meister  de Dresde.

En suivant le lien ci-dessous vous pourrez l'observer en détail  à l'aide de la loupe:

https://www.flickr.com/photos/mazanto/39540596595

Mais Philippe Dagen s' interroge sur le fait que les grands peintres européens de l'époque ont pour beaucoup poursuivi leurs recherches picturales personnelles (cubisme, futurisme, post-impressionnisme, expressionnisme ...) à l'écart des événements de la guerre.

Pour un compte-rendu de cet ouvrage ,vous pouvez lire l'article qui lui est consacré en  cliquant sur le lien ci-dessous.

Pour avoir travaillé un peu sur les rapports entre les peintres allemands et la Grande Guerre, j'ai pu découvrir  que si beaucoup se sont engagés volontairement  en 1914 comme Otto Dix lui-même, Max Beckmann, Ludwig Kirchner, Oskar Kokoschka, Franz Marc ... beaucoup ont rapidement déchanté !

Ou ne reviendront pas, comme comme August Macke mort à 27 ans  dès le 26 septembre 1914 dans la boucherie collective de Perthes-les Hurlus.

Ci-dessous August Macke en 1908.

Si le sujet vous intéresse, je vous conseille l'excellent  livre  ci-dessous, facilement trouvable à petit prix sur le net dans sa version française chez Taschen.

Commémorations  de la Grande Guerre en habits de tous les jours

Par ailleurs, plusieurs des livres que j'ai  cités dans cet article sont disponibles à la Bibliothèque municipale de Dijon. 

L'ouvrage Travaux de vigne et guerre d'usure de Marc Sorlot est en vente Au Duché de Bourgogne, place de la Libération à Dijon.

Au moment où je termine cet article, je découvre la couverture du Télérama de cette semaine (ci-dessous). Non, ne vous inquiétez pas les gars, cette commémoration du centenaire a ravivé des souvenir familiaux, même enfouis, nous a fait vous connaître plus intimement.  On ne va pas vous laisser tomber. On ne va pas laisser retomber sur vous cette lourde  dalle du centenaire. On ne vous oubliera pas. Et on continuera à vous évoquer car vous êtes LA génération sacrifiée dans une horreur absolue. Et nous vous devons bien cela.

 

Commémorations  de la Grande Guerre en habits de tous les jours

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Détournons la barricade #1

Publié le par Claude Léa Schneider

"La barricade Jeannin" en inversion polaire !

"La barricade Jeannin" en inversion polaire !

Commençons par le commencement : non loin de la rue Jeannin, il y a la place du 30 octobre que vous avez peut-être déjà traversée à pied, à vélo, en voiture ou sous toute forme de mobilité moderne qu'il vous plaira. Savez-vous pourquoi elle se nomme "Place du 30 octobre et de la Légion d'Honneur" ? Ce nom évoque la Guerre de 1870-71 qui opposa la France à la Prusse (l'Allemagne). La statue que vous voyez en son centre commémore la 1ère bataille de Dijon, bataille particulièrement sanglante, au cours de laquelle les troupes  françaises appuyées par les Dijonnais, ont tenté de résister aux Prussiens. Il est arrivé des mésaventures à cette statue du sculpteur Paul Cabet, jugée trop révolutionnaire avec son bonnet phrygien, dont l'original se trouve maintenant à Nuits St Georges ! Mais c'est une autre histoire que je vous raconterai un jour prochain.

 

Vous promenant dans ce même quartier Jeannin de Dijon, vous avez peut-être déjà remarqué ce buste  de Garibaldi, en haut à droite du mur en trompe-l’œil sur la placette à l'angle de la rue Jean-Jacques Rousseau et de la rue Auguste Comte.

Garibaldi, à la tête de l'Armée des Vosges, a prêté main forte à la défense de Dijon et a remporté, près du château de Pouilly (qui se trouve au nord de Dijon, tout à côté du centre commercial de la Toison d'Or) une des rares victoires françaises dans cet immense désastre qu'a été la Guerre de 1870, au cours de laquelle la France a perdu les territoires d'Alsace et de Lorraine.

La barricade de la rue Jeannin, Édouard Paupion, 1871© Direction des Musées, musée de la Vie bourguignonne Perrin de Puycousin, Dijon (photo. François Perrodin)

La barricade de la rue Jeannin, Édouard Paupion, 1871© Direction des Musées, musée de la Vie bourguignonne Perrin de Puycousin, Dijon (photo. François Perrodin)

Et que s'est-il passé rue Jeannin ? Le célèbre tableau "La barricade de la rue Jeannin" peint par Édouard Paupion en 1871, dont on a tiré nombre de cartes postales, se trouve actuellement  au Musée de la vie bourguignonne de Dijon.

Observons-le un instant : dans un cadrage qui montre une vue d'ensemble de la rue Jeannin, le peintre a illustré la résistance héroïque de la population dijonnaise. Le 30 octobre 1870, au carrefour de la rue Jeannin  avec la rue Paul Cabet, une barricade constituée de matériaux de fortune est âprement défendue par des soldats et des civils, tandis qu'au loin éclate un obus.

C'est en souvenir de cet événement que l'association Jeannin Janime souhaite instaurer une fête conviviale annuelle "Jeannin se met sur son 30" le samedi le plus proche du 30 octobre.

La Fête #1 a eu lieu samedi 27 octobre 2018, et je vous en parlerai dans un prochain article. Mais Jeannin Janime a d'autres projets.

Détournons la barricade #1

Revenons à notre question initiale : contre quoi dresserions nous une barricade aujourd'hui ? Et vous, contre quoi dresseriez-vous une barricade ? Contre le gaspillage ? contre le plastique ? Contre les préjugés et les idées reçues ? ....

Car en 2020, pour les 150 ans de l'événement, Jeannin Janime souhaite proposer aux habitants du quartier, aux scolaires et aux institutions culturelles qui déjà  s'associent à cette folle aventure, de participer à des reconstitutions modernes, détournées ou décalées du fameux tableau "La barricade de la rue Jeannin" sur le lieu même de l'événement. Ce projet prend de l'ampleur. Alors, si l'envie d'y participer vous tente, rejoignez-nous, ou apportez-nous vos idées. C'est facile !

Fête des voisins organisée par Jeannin Janime

Fête des voisins organisée par Jeannin Janime

Parce que l'association Jeannin Janime organise pour tous ceux qui le souhaitent, du quartier Jeannin ou d'ailleurs - et même de beaucoup plus loin !- fête des voisins, pique-nique de rue, déco de fin d'année, animations de Noël, galette des rois, conférences, printemps de poètes, lectures chez les commerçants, fleurissement, vide-grenier ...

Parce qu'un quartier vivant et agréable pour tous l'est aussi pour soi, et aussi parce qu'un élan de convivialité réchauffe le cœur où que l'on se trouve.

Rejoignez-nous !

jeanninjanime@gmail.com

https://www.facebook.com/jeanninjanime/

https://twitter.com/ @JeanninJanime     

Détournons la barricade #1

Cet article vous a intéressé-e, mais vous voudriez davantage de précisions historiques ? Patience, cela viendra : ce # 1 est une mise en bouche.

Vous voulez laisser des commentaires ? Vous avez des idées (folles) à nous proposer? N'hésitez pas,  vous pouvez l'écrire sur ce blog, je le lirai, je  vous répondrai mais ça ne sera pas publié.

Dans tous les cas, suivez le fil conducteur : "Détournons la barricade"

A suivre.

 

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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus

Publié le par Claude Léa Schneider

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus

Bonjour à tous, un grand merci pour vos messages d'intérêtpar mail ou postés sur les réseaux.

Avant d'envoyer les images du diaporama, je voudrais répondre à 2 questions qui m'ont été posées le soir de la conférence.

Concernant le décor de l'épée d'académicien d' Edouard Estaunié, je n'ai malheureusement rien trouvé, ni dans le discours de réception, ni sur l'onglet "épée" du site de l'Académie. Les épées décrites et photographiées sont celles réalisées par de grands joailliers, et la plus ancienne présentée est celle de Jacques Bainville en 1935. J'ignore s'il y a un descriptif de son épée caché dans les 6ml de la BPE de Dijon. A vos recherches si vous le souhaitez. Si vous trouvez la réponse, envoyez-la moi et je la publierai sur ce blog.

Concernant l'astronome Camille Flammarion qui en 1869, a prononcé l'éloge funèbre d'Allan Kardec avec ces mots : « Le spiritisme n’est pas une religion mais une science-science dont nous connaissons à peine l’ABC. », je me souviens que, habitant l'Essonne dans mon adolescence, on m'a montré son observatoire à Juvisy sur Orge, en forme de "château-fort"! Il a longtemps été en travaux.

L'article (lien ci-dessous) est extrêmement détaillé, très riche en notes et références et vous y trouverez peut-être les liens qui vous intéressent. La rénovation de l'Observatoire Camille Flammarion est maintenant achevée, et de plus je lis que "L'Observatoire sera desservi à partir de 2018 par une station souterraine de la Ligne 7 du tramway d'Île-de-France, Observatoire." Un petit voyage à Juvisy s'impose peut-être ! Bonnes recherches !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Flammarion

Photos personnelles des documents Edouard Estaunié et des différentes éditions du roman Les Choses voient avec l'autorisation de la BPE de Dijon.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus
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NB : il se peut que l'intégralité des diaporamas soit plus facilement visible sur ordinateur que sur téléphone.
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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus
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Publié dans Les Yeux de Goethe

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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Publié le par Claude Léa Schneider

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Attention, cette 3ème partie est déconseillée aux personnes sensibles ! :-)

La 1ère expérience de spiritisme d'Edouard  Estaunié a lieu  en 1896, il a 34 ans, chez des amis, les Morel,  à Versailles, - M. Morel est inspecteur des postes et sa femme est médium. Il est secrétaire de séance et il note, en physicien :  
« mesure  de la table :1,20 m x 0,60m ;  température : 20° ; beau temps. » 

Il est impressionné par cette 1ère expérience. Mais pour l’instant il en reste là. En 1904 apprend que Pierre Curie « très préoccupé par les questions de métapsychisme » a commencé une série d’expériences, mais, poursuit Estaunié dans ses Souvenirs :

« Madame Curie, toute à son matérialisme et au surplus ne se souciant pas d’assumer le risque de polémique ou de ridicule, s’était empressée de détruire le dossier en cours. » 

Sur ce, Pierre Curie meurt accidentellement en avril 1906, et c’est la fin des expériences de métapsychisme.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Mais Estaunié continue plus assidûment entre 1907 et 1908, avec les Arnal, les Morel et surtout sa mère. A  partir de cette période, il rédige un PV à chaque séance. Voici, par exemple, quelques extraits du PV du 9 novembre 1907 :

1er Acte : Mouvement de la table, elle dit : « vous verrez ma puissance » (…)

2ème Acte : Le rideau se gonfle, un léger bruit, le guéridon de bois blanc se pose sur la table. Crépitements grêles de petits coups dans le fond.

3ème Acte :  Un dessous de plat est projeté sur la table ; chacun de nous le tient ; il est enlevé, voltige en l’air, vient se poser sur la tête des assistants à leur demande, est repris de leurs mains. (…)

4ème Acte : (…)Lévitation de la table, pendant qu’elle est soulevée, le guéridon vient dessous, juste au milieu – et la table parlait en frappant sur le guéridon. On vérifie la position de la lumière. On éteint, le guéridon se sauve à sa place, la table (…)épèle « Fini ». (…) Pendant toute la séance, le rideau était agité gonflé, drapait les médiums et l’on sentait des mains à travers la soi du rideau. »

Même si parfois il a des doutes et s’il se demande si ce qui lui arrive n’est pas une sorte de projection de son inconscient, ses doutes sont balayés par le fait que ces séances expriment des prédictions (généralement sur des petites choses matérielles) et que ces prédictions se réalisent !

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

 Un jour au cours d’une séance, Mme Morel, médium,   lui propose d’appeler un écrivain avec lequel il désirerait communiquer grâce à l’écriture automatique. Ça le tente parce qu’ il a l’impression qu’il pourrait être un médium d’écrivain, (on dit aussi un psychographe). Il demande donc d’invoquer Maupassant - mort en 1993- et ça fonctionne ! La table se met en mouvement, « Maupassant », par l’intermédiaire de la table, lui donne RV pour le lendemain 6h.  Et le lendemain, à 6h, chez sa mère,  la table s’agite, Estaunié se met alors à écrire. Au cours des séances suivantes,  la plume court sur le papier et il a l’impression que « Maupassant » l’aide à écrire le roman en cours (Ferment )sur lequel il était bloqué :

« Partagé entre l’exaltation d’un travail enfin repris et le sentiment profond que j’étais le jouet de mon propre inconscient. »

Ces séances sont sans témoin, sauf sa mère qui se met de plus en plus à croire à la réalité de la collaboration de « Maupassant »…

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Ultime étape, et la plus étonnante : début 1912, Estaunié a commencé à écrire laborieusement son roman Les Choses voient, et, c’est la panne ! il n’arrive pas à le terminer.  Au même moment sa mère, déjà très âgée, tombe malade et meurt au mois de février. Estaunié a 50 ans, il a toujours vécu avec elle  et cette mort le laisse complètement désemparé. Il a l’impression physique que sa mère le tient toujours dans ses bras, et il met 5 jours à admettre qu’elle est décédée. Et il continue à lui parler. De plus,  Mme Estaunié voulait être enterrée à Dijon, mais lui veut que ce soit à Paris, au cimetière Montparnasse, et comme par hasard tout près de la tombe de Maupassant …

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Quand on regarde la plaque  qu’il fait exécuter pour la tombe de sa mère, sur laquelle il s’est fait représenter à droite, regardez sa main et vous comprendrez pourquoi j’ai mis la photo précédente, ça nous fait une impression des plus  bizarres. C’est un peu nécrophile, non ?  A mon avis, il devient un personnage de Maupassant. Donc, le jour même de la disparition de sa mère, sa première préoccupation c’est d’entrer en communication avec elle. Parce qu’il n’admet pas qu’elle soit morte. D’abord pour lui demander des conseils matériels  et puis pour qu’elle l’aide à terminer son roman Les Choses voient parce qu’il a l’impression que sans elle il n’y arrivera jamais. 

Dans l’ In Memoriam à sa mère qui sert de préface au livre, il écrit :

«  Tu vis toujours. Tu agis. Tu conseilles. Tu préserves. Si tu as cessé d’être visible, ce n’est pas que tu sois partie, c’est que je suis aveugle. »

A la bibliothèque d’étude de Dijon, il y a 2 gros cartons contenant les manuscrits de ces séances de spiritisme de 1912,  que j’ai feuilletés et consultés avec une certaine stupeur et une certaine émotion, je l’avoue, car quand on feuillette ces documents originaux, quoi qu’on en pense, ça ne laisse pas indifférent :

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Parallèlement, Estaunié tient un journal rigoureux de ces expériences qu’il appelle Récits spirites, il y en a 760 pages !  et  qui commence ainsi :

 « Ayant été favorisé d’une manière exceptionnelle, et m’étant trouvé non seulement le témoin mais l’acteur principal de faits qui m’ont amené à la certitude de la continuité de la vie, j’estime de mon devoir de ne pas garder pour moi ces faits. (…)   C’est en sorte une observation médicale que je m’efforcerai d’établir. »

Rassurez-vous je ne vais pas vous montrer les 2 cartons de manuscrits spirites,  j’ ai sélectionné 9 feuilles qui me semblent les plus représentatives de ses expériences d’écriture automatique,  qu’il « garantit sous serment » et qu’il décompose en 4 étapes :

Du 19 mars au 16 avril 1912 :  j’apprends à poser ma main.

Ce sont des grands ronds qui se tracent. Estaunié dit que le mouvement imposé à son bras est très violent.

Ce sont des grands ronds qui se tracent. Estaunié dit que le mouvement imposé à son bras est très violent.

Parfois c’est tellement violent que le papier se décrire.

Parfois c’est tellement violent que le papier se décrire.

Du 16 avril au 20 avril : j’apprends à déplacer le bras et je commence à écrire.

Il sent  qu’il entre en communication avec sa mère qui l’appelle: « chéri ». Et puis l’écriture se forme de plus en plus,

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Du 20 avril au 4 mai : on m’entraîne à recevoir la suggestion du mot en même temps que j’écris.

Regardez. Les boucles des lettres se forment. Il explique que les progrès ne sont pas constants, il y a des échecs et des retours en arrière. Il y a  un mot qui revient, qui ressemble à « moyenâgeux » et qui lui sert d’exercice. Souvent, au fil de ces pages manuscrites, on trouve ces mots d’exercices, parce que parfois, il y a des retours en arrière, la communication se fait mal.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites
Mais quand ça marche, ça va parfois tellement vite qu’il récrit en-dessous  après coup pour ne pas perdre le texte.

Mais quand ça marche, ça va parfois tellement vite qu’il récrit en-dessous après coup pour ne pas perdre le texte.

Parfois sa mère lui donne rendez-vous: « à demain ».

Parfois sa mère lui donne rendez-vous: « à demain ».

Et parfois il note un appel « de meuble » , comme un appel téléphonique.

Et parfois il note un appel « de meuble » , comme un appel téléphonique.

Du 4 mai au 16 mai : on libère définitivement ma main.( …) Et tout à coup, à la fin d’une de ces séries, j’eus l’impression unique, extraordinaire, vraiment indescriptible de la suppression des liens qui arrêtaient mon crayon : subitement  celui-ci partit  et j’écrivis avec une incroyable rapidité ce qui suit : »

Suit un texte « dicté par sa mère », entre guillemets, qui conclut :

« Enfin nous y sommes ! (…) Quelle ivresse de sentir que désormais je suis à tes côtés comme jadis, que rien ne m’arrête plus et que ma pensée trouve la tienne dans un nuage. [Maupassant] a été exquis pour moi. Il m’a soutenue, accueillie, dirigée. Aime-le, remercie-le : et surtout que tu ne t’effrayes pas de ce pas terrible qu’est la mort. Nous serons toujours deux pour te recevoir et te guider à notre tour. (…) Tu n’étais pas médium et tu le deviens. Mon chéri, c’est le fil renoué sans la poste. C’est la lettre quotidienne .(…) Ne te décourage pas dans ton ambition. Son aide agit sur toi et tes pensées. Il va te prouver [ce] que tu peux obtenir avec lui. Moi je suis sûre que vous arriverez à la gloire. 

Après ça, « Maupassant » va aider Estaunié à terminer Les Choses voient  en lui donnant 12 pages de  suggestions et il le morigène :

« Le roman [Les Choses voient] est en bonne voie, mais il a besoin d’un fameux coup d’épaule si j’en juge à votre paresse. Donc vous allez reprendre le collier. (…) La première séance de travail aura lieu vendredi vers 9h du matin. (…)Plus de découragement sot, plus de pleurnicheries. Il faut avoir le sentiment du réel et le réel c’est nous.(…)Voilà : j’ai dit. »

Et il « conclut » quelques jours plus tard : "C’est tout, et ce sera poignant et épatant. Croyez-moi. Allons c’est parfait comme écriture. Je laisse votre mère vous parler encore. »

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Il termine comme on passe le téléphone à son voisin ! Et quand, sous la main d’Estaunié vient la signature de « Maupassant », eh bien il est sûr que « Maupassant » l’a aidé. A la fin de ces séances de « dictée » très rapide et très intense,   Estaunié se  dit  totalement vidé, épuisé, tant moralement que physiquement.

Ensuite, dernière étape, il aura quelques raps (=coups frappés) et des visions ectoplasmiques jusqu’en 1915. Puis plus rien jusqu’à la fin de sa vie en 1942.

« Interruption sur la ligne du S » comme on dirait dans le RER de Berlin !

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Alors, à quoi ça ressemble et de quoi ça parle  Les Choses voient ?

A la bibliothèque d’étude de Dijon,  on m’a sorti toutes les éditions disponibles et je me suis aperçue que ce roman a eu effectivement beaucoup de succès.  On l’a réédité jusque dans les années 50,

on en a fait une dictée à Paris l’année même où il est sorti

on en a fait une dictée à Paris l’année même où il est sorti

et il en existe de belles éditions et rééditions en cuir.

et il en existe de belles éditions et rééditions en cuir.

Regardez  la couverture originale et en relief de cette  réédition de 1931, elle  ressemble à la porte du 29 place St Michel

Regardez la couverture originale et en relief de cette réédition de 1931, elle ressemble à la porte du 29 place St Michel

On va entrer dans cette maison grâce à Mme Thomassin qui a été locataire de cette maison et que je remercie.

Comme dit  Gaston Bachelard dans Poétique de l’Espace- Bachelard qui a été prof à l’université de Bourgogne- « il y a un sens à lire la maison(…) la maison qui est un espace anthropomorphique » et c’est particulièrement vrai dans ce roman.

Pour Estaunié, la maison crée les destins de ceux qui l’habitent et les conserve en mémoire :

 «  Une maison (…) c’est une âme attentive à regarder le passé.(…) Ce sont des yeux qui savent, c’est une oreille qui écoute encore les pauvres disparus, un cœur qui, les ayant perdus, ne cesse de les chercher . »

En visitant, j’ai pu prendre quelques photos, que j’ai rapprochées d’ aquarelles d’une édition des années 30: pour ne pas alourdir cet exposé, j’ai mis dans le « diaporama d’attente » les illustrations des différentes éditions, dont les aquarelles de François de Marliave avec des vues de Dijon. Volontairement je ne les ai pas intégrées au récit.

On entre donc par un long couloir carrelé avec de beaux détails décoratifs, comme ces boiseries « en pli de serviette ».

On entre donc par un long couloir carrelé avec de beaux détails décoratifs, comme ces boiseries « en pli de serviette ».

d’où s’élève un très bel escalier qui conduit aux étages. Quand on compare à l’aquarelle, pas grand-chose n’a changé  en fait.

d’où s’élève un très bel escalier qui conduit aux étages. Quand on compare à l’aquarelle, pas grand-chose n’a changé en fait.

Au bout du couloir il y une cour.

Au bout du couloir il y une cour.

La pièce principale du rez-de chaussée est classée monument historique

La pièce principale du rez-de chaussée est classée monument historique

Par les deux fenêtres on voit la Place St Michel. Très important dans ce roman en huis-clos où on épie derrière les fenêtres et où on écoute aux portes !

Par les deux fenêtres on voit la Place St Michel. Très important dans ce roman en huis-clos où on épie derrière les fenêtres et où on écoute aux portes !

Entre ces murs se joue donc, dans le roman, un drame à huis-clos de l’amour, de la jalousie et de l’argent, un drame en 3 actes  et sur 3 générations  qui est raconté par les meubles de la maison puisque « les choses voient »,

Entre ces murs se joue donc, dans le roman, un drame à huis-clos de l’amour, de la jalousie et de l’argent, un drame en 3 actes et sur 3 générations qui est raconté par les meubles de la maison puisque « les choses voient »,

:  Au début du roman,  la maison est à vendre avec ses meubles,  dont 3 meubles anciens « à la retraite » au grenier :   une horloge, un miroir vénitien et un secrétaire Louis XVI.

: Au début du roman, la maison est à vendre avec ses meubles, dont 3 meubles anciens « à la retraite » au grenier : une horloge, un miroir vénitien et un secrétaire Louis XVI.

C’est l’horloge qui raconte la 1ère partie : une histoire d’amour, de jalousie, et d’un faux en écriture sur une lettre qui conduit  une jeune femme au suicide.

C’est l’horloge qui raconte la 1ère partie : une histoire d’amour, de jalousie, et d’un faux en écriture sur une lettre qui conduit une jeune femme au suicide.

Le miroir raconte l’histoire de la 2ème génération, 25 ans après.

Le miroir raconte l’histoire de la 2ème génération, 25 ans après.

C’est une sombre histoire de spoliation d’héritage et de chantage, dans laquelle, une femme, Noémi,  choquée de devoir contraindre sa fille à épouser un homme qu’elle n’aime pas, pour empêcher la divulgation d’un secret de famille,  a une attaque. Dès lors, elle est comme les meubles, elle voit tout, elle entend tout mais elle ne peut plus parler.

 Le miroir a vu les véritables sentiments  des personnages et il dit :

 « Nous autres miroirs, sommes ainsi faits que l’impalpable nous atteint : aux rayons visibles que nous envoie la forme, s’en mêlent d’autres venant du cœur de l’être et donnant son image. »

L’histoire de la 3ème génération, c’est le secrétaire Louis XVI  qui la raconte et qui explique:

L’histoire de la 3ème génération, c’est le secrétaire Louis XVI qui la raconte et qui explique:

  « Il y a pour les hommes, comme pour les meubles, des styles. » Ses tiroirs contiennent tous les secrets des personnages de la maison. Sur la 3ème génération, il est question d’une reconnaissance de paternité :  Juste, le  père du jeune ingénieur en aéronautique héritier de la maison n’est pas son père génétique. Il le savait et les papiers trouvés dans le secrétaire prouve qu’il le savait,  mais qu’il il n’a rien dit, parce qu’il aime ce fils qu’il a élevé, bien que ce ne soit pas le sien.

« Le Secrétaire a vu un cœur d’homme, celui de Juste et l’a trouvé sublime. »

L’âme de la maison a surgi des récits des 3 meubles. L’aube apparaît. Maintenant la maison agonise et tout va être vendu et dispersé

L’âme de la maison a surgi des récits des 3 meubles. L’aube apparaît. Maintenant la maison agonise et tout va être vendu et dispersé

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais cette volonté de vouloir tout expliquer dans un récit « fantastique » nous gêne. On est loin du Horla ou de Sur l’eau de Maupassant ! On est loin aussi   des Diaboliques Barbey d’Aurévilly  publié en 1874  ou des  Contes cruels  de Villiers de L’Isle Adam  de 1883. Même si leurs thèmes  ont des points communs : vie provinciale, fantastique et drames secrets.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Il faut dire aussi que parmi les contemporains directs d’Estaunié il y a ces 4 grands, dont Marcel Proust  qu’il appelle tout de même « mon arrière petit cadet ». Est-ce un signe ? une intuition ?  un appel ?

On reproche à  Estaunié  qui se veut le romancier de l’invisible et de l’indicible, d’être « trop clair par excès de classicisme ». Le critique Gérald Prince lui reproche « sa passion explicative » et ajoute que « S’il sait décrire le silence, il ne sait pas le respecter ; s’il aime l’inachevé, c’est pour le compléter. » Le critique Paul Renard, conclut : « Il lui a manqué d’avoir un style et une technique correspondant à sa vision du monde. »

J’espère tout de même que vous aurez eu plaisir à le découvrir. J’espère aussi avoir suffisamment mis en lumière sa personnalité complexe, ce contraste si saisissant entre sa vie officielle et sa vie secrète.  Volontairement encore j’ai choisi le plus souvent une iconographie expressionniste ou surréaliste pour mettre en image ce qu’il n’a pas osé écrire, ou ce qu'il appelle "les projections de son inconscient".

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Et pour terminer  je  vous propose un jeu : je vais  croiser en 2 couleurs différentes les phrases de la fin de Les Choses voient avec celles d'un autre roman : qui en est l' auteur, et quel est son titre ? saurez-vous le devinez ?

« On ne sait donc jamais qui habite une Maison ! Les choses, comme les hommes en croient le passé mort, et ce passé seul en reste l’hôte !

Rien ne bougeait dans le salon, la salle à manger ou l’escalier. Seulement, par les gonds rouillés et les boiseries dilatées (…) certains petits airs, détachés de la masse du vent (après tout la maison était délabrée) se faufilèrent dans les coins et se risquèrent à l’intérieur. (…)

Écoutez ce bruit de parquet, ce murmure de la pièce vide : c’est l’invisible qui se promène.

Frôlant les murs, ils poursuivaient rêveurs, comme s’ils demandaient aux roses jaunes et rouges de la tapisserie si elles allaient se faner, et questionnaient (doucement car ils avaient du temps devant eux) les lettres déchirées de la corbeille à papier, les fleurs, les livres, qui leur étaient ouverts à présent, et demandaient : Étaient-ce des alliés ? Étaient-ce des ennemis ? Combien de temps résisteraient-ils ?

 De l’air passe…c’est l’invisible qui respire. Il est sur le siège abandonné ; il a touché le sachet qui lui fut cher ; il caresse la glace aimée ; il sourit au cadran immobile dont l’heure  lui serait inutile.

Quoi qui puisse périr et disparaître ailleurs, ce qui repose ici est immuable. Ici, pourrait-on dire  à ces lumières fugaces, à ces airs tâtonnants, qui s’exhalent et se penchent jusque sur le lit, ici vous ne pouvez ni toucher ni détruire.

 Quand on fouille les lettres du tiroir, un parfum s’en exhale qui est le sien. L’invisible, vous-dis-je, ne quitte jamais la Maison. Il l’aide à garder ses secrets, il lui donne son visage, il en est le regard, il la peuple, elle meurt de ne plus le posséder. 

Tous ensemble ils exhalèrent un vain souffle de lamentation, à quoi répondit une porte dans la cuisine, qui s’ouvrit toute grande, ne laissa rien entrer, et se referma en claquant.

 (…) Mais déjà tout s’effaçait. De nouveau la poussière qui tournoie. Le soleil n’éclaire plus qu’un tourbillon de projectiles ténus, une fumée : moins encore, l’impalpable, le rien … »  

Alors, vous avez trouvé ? ………. ou vous donnez votre langue à un chat noir ?

 

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

 En violet, c'était Les Choses voient, et en turquoise Virginia WOOLF, Vers le Phare, écrit en 1927, 2ème partie Le Temps passe, dans la belle traduction de Françoise PELLAN de l’Université de Bourgogne, 1996, choisie pour l’édition de La Pléiade.

Je remercie très chaleureusement Édouard Bouyé, directeur des Archives départementales de la Côte d'Or, d’avoir assuré, pendant ma conférence, la lecture des textes des auteurs cités, et je vous remercie beaucoup pour l'intérêt que vous portez à mon travail.

Dans le dernier article, vous trouverez les illustrations du roman, la biblio et la sitographie, et tous les bonus. A bientôt !

 

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Publié dans Les Yeux de Goethe

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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Publié le par Claude Léa Schneider

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Pour découvrir la face cachée d' Edouard Estaunié, je vous propose à présent de Suivre un Sentier Secret et Sidérant  que j’ai nommé :

« S comme EStaunié »

S comme Stéphane : c’est le 1er titre de son 1er roman, qu’il écrit à 25-26 ans dans le courant de l’année 1887. Mais le 1er janvier 1888 paraît le roman de Maupassant Pierre et Jean.  Écrivain qu’ Estaunié et sa mère apprécient beaucoup. Ils lisent donc Pierre et Jean, et là Estaunié s’aperçoit qu’il y a de flagrantes similitudes avec son Stéphane, qu’il vient d’écrire, qui n’est pas encore publié –il le sera 3 ans plus tard sous le titre de Un Simple.  Mais en attendant il écrit tout de suite à Maupassant pour l’assurer qu’il ne s’agit pas d’un plagiat mais d’une coïncidence.

 

Et chose étonnante, Maupassant, qui est à ce moment-là  un écrivain connu, en vacances à Cannes sur son voilier le Bel-Ami , répond  le 8 février 1888, à ce jeune ingénieur, écrivain novice, une lettre tout à fait bienveillante dont voici un extrait:

Monsieur et cher confrère,

 Quoi d'étonnant à ce que le même sujet nous ait tentés en même temps ? Vous avez eu la malchance de voir mon livre paraître avant le vôtre, alors que l'un et l'autre étaient prêts en même temps. C'est là une fatalité dont vous êtes victime, mais qui n'enlève aucun mérite à votre œuvre. Il est indubitable que vous ignoriez ce que j'écrivais, comme j'ignorais moi-même ce que vous écriviez, alors que, loin l'un et l'autre, sans nous connaître, nous achevions vous Stéphane et moi Pierre et Jean.(…)
Comment se fait-il que souvent deux hommes du même métier achèvent au même jour la même besogne, enfantent deux livres tellement pareils qu'ils semblent s'être communiqué leurs pensées et leurs sujets ? N'est-ce pas qu'ils ont reçu sans s'en douter le même germe d'émotion ? (…)    Je ne puis, Monsieur et cher confrère, que vous plaindre de l'ennui qui vous arrive. Je me permets en même temps de vous féliciter pour ce premier livre que j'ose louer puisqu'il ressemble au mien. Je lui souhaite en tout cas un grand succès et je vous prie de croire à mes sentiments très dévoués.
Signé : Guy de Maupassant

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

S comme Sud-OueSt/Bourgogne : Bourguignon par sa mère, il est aussi très attaché au Sud-Ouest paternel  jusqu’à avoir une maison de campagne à St Julien de Gras-Capou, dans l’Ariège, à l’ouest de Carcassonne. Voyez sa maison (à gauche)qui porte également une plaque ; à droite, vue de côté, la maison 29 place St Michel à Dijon. Un petit air de famille, non ?

Ses romans se passent principalement  dans le Sud-Ouest et en Bourgogne, avec en point commun, l’atmosphère provinciale étouffante, dans un style très classique, plus proche de Balzac que de Maupassant, finalement. Balzacien, peut-être, mais  apparemment classique et secrètement moderne, c'est ce que nous allons découvrir.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Coup d’œil rapide (ci-dessous) sur les romans « occitans » de l' "enchanteur oublié".

 

et sur ses romans bourguignons : Les Choses voient et Tels qu’ils furent se passent à Dijon. Solitudes à Vézelay, L’Appel de la Route à Semur en Auxois, L’Empreinte à Nevers, Madame Clapain, son seul roman policier, autour de Langres. Vous voyez au passage quelques rééditions des années 2000.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Quant à son roman, L'Ascension de M. Baslèvre il se passe à Paris, où il habite lui-même, et il raconte la vie confinée d’un vieux fonctionnaire célibataire. Et Estaunié sait de quoi il parle, parce que  j’ai le regret de vous dire que si vous attendiez « S comme Sexy », c’est raté !

On a parlé à son sujet de « littérature célibataire » puisque  on a recensé dans la  quinzaine de romans qu’il a écrits : 109 vieux garçons et vieilles filles, c’est-à-dire 77% de ses personnages !

Vous voulez sa définition de l’amour ? La voici :

  « L’amour est un combat, le corps à corps de deux adversaires acharnés à déchirer les plaies que leur solitude a faites »

La souffrance est pour lui  la 1ère façon d’exister. Il y a des histoires d’amour dans ses romans, mais ses intrigues sont compliquées, avec des héritages et des notaires, notamment dans Les Choses voient.  L’amour est toujours non dit, refoulé, malheureux et il conduit irrémédiablement au désespoir et à la mort …  Et dans irrémédiablement, il y a « diable » !!!

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Quand il était jeune homme, Estaunié aimait en secret et en silence,  une jeune fille, Jeanne Engel, fille d’une amie de sa mère, qui en a finalement épousé un autre, son ami Henry  Arnal, faute de savoir qu’Estaunié l’aimait –il ne le lui avait pas dit ! 30 ans plus tard, quand Henry Arnal divorce, et après la mort de sa mère, à plus de 50 ans, il finit par épouser Jeanne, qu’il aimait en secret pendant tout ce temps. Mais comment aurait-il pu le lui  dire ? Car les paroles trahissent

Ce qui importe, pour lui, dans nos relations avec les autres, ce sont nos silences - un critique l’appelle « le poète du silence »- car toute parole est mensonge ou trahison, même involontaire : « Les êtres humains sont ainsi faits : les mots qui les atteignent se colorent de leurs propres sentiments, et nous n’entendons jamais que nous-mêmes, quand un autre nous parle. »

 

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Il a certes une vie sociale et officielle très remplie, mais dans sa tête il est seul et toute sa vie il s’est  dit : « irrémédiablement seul. (…) Conscient de la solitude foncière dans laquelle sont les pauvres hommes, livrés à l’Inconnu qui de toutes parts les enserre. »

« Inconnu » est écrit avec une majuscule. C’est non seulement une solitude psychologique mais aussi  une solitude métaphysique  qu’il ressent, une « ceinture d’abîmes qui l’isole de l’univers».

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Il oscille toute sa vie entre l’éducation religieuse qu’il a reçue chez les Jésuites, le jansénisme familial, il récuse les deux, des phases d’athéisme  et une sorte de longue re-conversion  au catholicisme qui en fait ne le satisfait pas.  « Mon scepticisme persiste (…) je demeure perplexe en ce qui concerne le sens de la vie ».

Alors comment en littérature cerner par les mots l’être humain, cet insaisissable ?

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Dans la préface de son roman Solitudes, qu’il écrit pendant un séjour dans les Alpes, au pied de le Meije dans la Barre des Écrins, il écrit :« A l’heure où j’écris ces lignes, j’aperçois depuis ma fenêtre un alpiniste et des guides qui s’apprêtent à escalader la Meije… A ceux qui prétendraient pénétrer complètement le secret d’un cœur humain, fût-il le plus proche, je dirais volontiers qu’autant vaut, comme ces grimpeurs, partir pour une Meije. A l’arrivée, l’unique récompense qui les attend est aussi la découverte de la ceinture d’abîmes les isolant de l’univers, cependant qu’au-delà  le mystère des âmes peuple l’espace sans l’éclairer. »

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Mais Estaunié est un ingénieur,  passionné de sciences physiques,  qui a l’occasion de fréquenter  quelques grands savants de son temps comme Pierre et Marie Curie, Henri Becquerel, Henri Poincaré, le biologiste Félix Le Dantec … Scientifiquement, il est prêt à toutes les expériences, à toute meilleure connaissance de l’humain, cet être insaisissable et à la connaissance de ce qu’il appelle le « seuil », ce seuil entre la vie et la mort, qui l’obsède. Comment passe-t-on de la vie à la mort ?  Comment franchir ce seuil ?  Lui qui a vécu le choc  de la mort de son père in utero. D’ailleurs initialement Les Choses voient  devaient  s’intituler Le Seuil.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Au début des années 1900 il écrit : « La matière ! … grand mot qui effraye. Gardons-nous de le limiter au sens étroit de certains. La matière est l’éther subtil du physicien, le support du mouvement, cet inconnu dont l’existence est certaine parce qu’elle est nécessaire. C’est ici qu’on doit s’incliner, adorer presque le lien unifiant les manifestations de l’être…Tout est solidaire…Tout est ordonné. » Et donc pourquoi ne pas  essayer les sciences occultes, puisque justement on en parle ! il y a eu une véritable Fascination de l’Occulte pendant 2 siècles, entre 1750 et 1950, comme l’a montré la grande exposition de Strasbourg en 2011-2012, avec un réveil au milieu du 19e siècle,  plus exactement en 1848, aux États-Unis provoqué par  les 3 sœurs Fox qui agitent les esprits, si l’on peut dire. Elles prétendent entendre des coups frappés par un mort dans la cave de leur maison. Et elles le décrivent. Après ça, elles se rétractent, disent que c’est un canular,  mais quand elles meurent, à la fin du 19e siècle, leur maison est démolie et on découvre effectivement dans la cave, les ossements qu’elles avaient décrits. Alors : vérité ou canular ? qu’importe car le succès de l’événement  est immédiat et planétaire !

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Et d’où vient le mot spiritisme ? C’est un instituteur lyonnais, Léon Hippolyte  Denizard Rivail, (1804-1869), qui invente le mot « spiritisme ».  Il prend le pseudo d’Allan Kardec  et il publie en 1857 le Livre des Esprits qui théorise la pensée spirite, livre qui se répand très rapidement dans tous les milieux, et est immédiatement traduit. Succès planétaire également, particulièrement au Brésil où il est actuellement le Français le plus connu et où il compte aujourd’hui près de 4 millions d’adeptes.  Sur le net vous trouverez même une Kardecpedia ! (cf bibliographie et sitographie)

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Au même moment, entre septembre 1853 et octobre 1855,  Victor Hugo  en exil sur l’île de Jersey,  reste inconsolable de la mort de sa fille Léopoldine qui s’est noyée 10 ans auparavant. Initié par Delphine de Girardin,  Hugo explore ce qu’il appelle « la bouche d’ombre », et il se livre lui aussi  à des expériences de tables tournantes, il dit qu’il communique avec Léopoldine, mais aussi  avec Shakespeare et d’autres génies de l’humanité… Il fait également du dessin spirite, très à la mode,  en fixant un crayon au pied de la table.

Mais ces expériences ne sont pas du tout du goût de sa compagne Juliette Drouet. Voici la lettre qu’elle écrit à Hugo le 14 septembre 1853 : « Quel que soit mon peu de sympathie et d'affinité avec les esprits, pour peu que ton commerce avec l'autre monde continue, je serai forcée de me joindre à eux pour avoir la chance de te voir quelquefois. [...] Quant à vos diableries j'y vois pour l'avenir plus d'inconvénient que de plaisir, quelles que soient d'ailleurs vos convictions personnelles et collectives. Je m'explique mal, mais je sens que ce passe-temps a quelque chose de dangereux pour la raison, s'il est sérieux, comme je n'en doute pas de ta part, et d'impie, pour peu qu'il s'y mêle la moindre supercherie. » Mais Hugo écrit :  « Ceux que nous pleurons ne sont pas absents, ce sont les invisibles. » 

Point de vue partagé plus tard par Estaunié qui écrit  dans Les Choses voient  :

« Ne savez-vous pas qu’il y a dans l’espace plus d’êtres invisibles que de choses perçues ? »

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Estaunié a  une grande admiration pour Selma Lagerlöf, 1ère femme a obtenir  le Prix Nobel de Littérature,  en 1909,  auteur mondialement connue pour  Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède traduit et publié en France en 1912, mais qui a écrit  2 ans avant Liens invisibles , un recueil de nouvelles au cœur même des préoccupations d’Estaunié. En outre il a préfacé l’édition française d’un autre livre de Selma Lagerlöf : Le Monde des Trolls

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Estaunié, intéressé par les  travaux de Charcot sur l’hypnose,  est venu au spiritisme  dans le cadre de ses activités scientifiques  sur l’énergie et  la télécommunication électrique. A l’époque, des scientifiques, des ingénieurs comme Estaunié mais aussi des médecins, des savants, sont très intéressés par le spiritisme. La science veut mesurer les esprits. Puisque Henri Becquerel,  Marie et Pierre Curie, que fréquente Estaunié,  mesurent  le phénomène physique de la radioactivité qu’on ne voit pas mais qui existe, on pense qu’on va pouvoir mesurer les esprits, qu’on ne voit pas non plus, et peut-être prouver qu’ils existent. On pense  que la photographie va pouvoir en apporter des preuves scientifiques irréfutables et il y a beaucoup de médiums qui se livrent à des expériences. Il y a des séances célèbres chez l’astronome Camille Flammarion par exemple. (photo ci-dessus).

Et, en 1912, à Freiburg, Albert von Schrenk-Notzing photographie  la fameuse médium Eva C qui semble avoir une matérialisation sur la tête et  une apparition lumineuse entre les mains. Le Musée d’Orsay possède par ailleurs toute une collection de photographies spirites, voir ci-dessous.

Il sera temps dans l'épisode suivant de passer concrètement aux expériences spirites d’Estaunié.  Alors à bientôt !

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