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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Publié le par Claude Léa Schneider

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Bonjour à tous, merci pour votre fidélité. Vous trouverez ici les grandes lignes de ma conférence du lundi 24 septembre 2018 aux Archives départementales de la Côte d'Or. Par commodité de lecture sur ce blog , j'ai découpé ma conférence en 4 parties, donc 4 articles.

Attention : après une 1ère mise en ligne en début de journée, je m'aperçois que les images intégrées aux § du texte apparaissent sur ordi, mais  ne sont pas lisibles sur téléphone ! (les paramètres de l'hébergeur changent ...) Voici donc la 1ère partie remise à jour avec un plan en 4 articles pour une question de place.

1 biographie officielle

2 S comme EStaunié : la face cachée

3 Les expériences spirites d'Estaunié

4 bibliographie et sitographie en images

Voici pourquoi je me suis intéressée à Édouard Estaunié : au début des  années 2000, quand  j’ai emménagé à Dijon, je  garais  souvent ma voiture devant cette maison au n°29 de la place St Michel :

 

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Sur laquelle il y a une plaque où l'on peut lire : «Cette maison inspira à Édouard Estaunié son roman Les choses voient 1913. ». 

Ce titre qui me plaisait bien et qui me faisait gamberger.  Je m’imaginais une histoire fantastique à mi-chemin entre la célèbre interrogation  de Lamartine :

Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?...

Et les objets dérangeants des tableaux de  Magritte ou de Dali. Qui était ce célèbre Dijonnais  pour lequel on avait émis un timbre en 1962, à l’occasion du centenaire de sa naissance? Et son roman avait donc  été si important au point qu'on avait posé une plaque commémorative sur la maison qui l'avait inspiré ? 

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

J'ai donc commencé à chercher à la Bibliothèque d'Etude de Dijon et merci au passage à Alexandre Bakker et à Sébastien Langlois, responsables du fonds Estaunié qui comprend 108 articles et 6ml !

J'ai donc appris que la mère d' Edouard Estaunié, d’un milieu bourgeois et bourguignon aisé, avait épousé en 2e noces Édouard Estaunié, né à Toulouse en 1830, polytechnicien et brillant ingénieur des Mines, qui  était mort d’un accident professionnel (ou de typhoïde ?) en 1862, un mois avant la naissance de leur fils né

le 4 février 1862 à Dijon, 8 rue du Tillot où se trouve également une plaque. Et pour lui faciliter l’entrée dans la vie, sa mère lui a donné  le prénom de son père qui venait de mourir, ce qui fait que, comme m’a dit un jour à  propos de lui un pédopsychiatre : "comme ça il était déjà mort avant de naître ! »

 

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Même si sa mère avait  eu une fille d’un premier mariage, il vit en  fils unique une enfance pas drôle du tout, entre sa mère et son  sinistre et sévère  grand-père, et il va à l’école des Jésuites à Dijon.

Vous voyez à quoi ressemble Dijon à l’époque ? Pour vous situer, en 3 images :

En 1862 Dijon est une bourgade très rurale, mais  qui a de beaux restes du temps des Ducs et quelques vestiges des ruines de l’ancien château  dont la démolition ne sera achevée qu’à la fin des années 1890.

Bourgade mais qui  a l’eau courante et le chemin de fer, grâce à l’ingénieur Darcy. Une dizaine d’années avant, Napoléon III et l’impératrice Eugénie sont d’ailleurs venus inaugurer la gare, et admirer les tombeaux des ducs de Bourgogne.

Et pour vous situer, en 3 écrivains : en 1862, au moment où naît Estaunié,  Victor Hugo a 60 ans, il est en exil à Guernesey et il publie Les Misérables, ce qui occasionne des embouteillages et des queues rue de Seine à Paris dès 6h du matin et on se bat pour acheter la 2e partie, comme aujourd’hui pour acheter le nouvel IPhone.  Zola a 22 ans, a raté son bac et travaille chez Hachette.  Maupassant a 12 ans, vit chez sa mère en Normandie et se fait renvoyer de chez les Jésuites.

Estaunié, lui, ne se fait pas renvoyer  de chez les Jésuites! Il n’a pas intérêt : on le  destine à devenir polytechnicien comme son père ! Il part donc poursuivre ses études à Paris où sa mère, qui possède un appartement rue Vaneau dans le 7e , le suit.

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Même si à 7 ans il a commencé à en écrire en cachette, il ne devient pas écrivain tout de suite:   à 20 ans, il sort diplômé de l’École Polytechnique et de l’École Supérieure de Télégraphie et il devient ingénieur.

Et à 27 ans, pour  l’Exposition Universelle de Paris de 1889, celle de la tour Eiffel,  il réalise, avec un collègue, le premier dispositif permettant de mesurer les courants électriques dans les lignes téléphoniques :  ils obtiennent une médaille de bronze et les compliments d’Edison ! C’est aussi l’année où on nationalise le téléphone en France en  le réunissant aux Postes et Télégraphes : 10 000 abonnés au tel en France en 1890.

A partir de là il gravit très rapidement les échelons et il mène  une brillante carrière  de haut-fonctionnaire : il dirige le développement du télégraphe et du téléphone en France et il est successivement :

Directeur de l’École d’Application des Postes et Télégraphes où il enseigne également. Il introduit l’enseignement des langues étrangères et prend sur son temps libre pour emmener les élèves ingénieurs au Musée du Louvre, considérant qu’un bon ingénieur doit avoir une solide culture générale.

Directeur du matériel et de la construction
Inspecteur général des Télégraphes

 

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Il publie divers ouvrages scientifiques, dont en 1904 un  Traité de communication électrique dans lequel, pour définir à la fois le télégraphe et le téléphone il invente le mot « télécommunication ». Mot particulièrement bien trouvé, au succès international immédiat  et suffisamment large pour y inclure aussi nos modes de communication actuels,  puisqu’aujourd’hui encore on n’en a pas trouvé de meilleur.

 C’est dire si dans son métier il a été un ingénieur moderne, audacieux, novateur, voire visionnaire pour les progrès qu’il a fait accomplir aux futures Télécom.

Suffisamment reconnu pour que à l’École Supérieure des Telecom de Paris,  actuelle Telecom Paris Tech dans le 13ème arrondissement, il y ait  un amphithéâtre moderne qui porte  son nom : Amphi Estaunié,

Et pour que  les  Télécom Physique Strasbourg, anciennement École Nationale Supérieure de Physique de Strasbourg ait donné à sa promotion 2011 le nom de «  promotion Édouard Estaunié »

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Mais ce n’est pas tout :

Pendant la Première  Guerre mondiale, alors qu’il n’est déjà plus tout jeune, il devient Inspecteur général du Grand Quartier britannique pour les liaisons franco-anglaises et il assure la liaison télégraphique du quartier général anglais jusqu’en 1917.

En 1919, il préside la Commission de liquidation des biens allemands en Alsace-Lorraine

Et ce n’est toujours pas tout :

Pendant ses loisirs, et en 1911, après une demande de mise en disponibilité de ses fonctions officielles, il poursuit son idée d’enfance et il écrit une bonne quinzaine de romans, ce qui lui vaut :

En 1908, le prix Fémina pour son roman La Vie secrète.  En 1923 l’élection à l’Académie française, carrément ! mais ça n’a l’air de le faire sourire !

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Et c’est pas encore tout, du tout :

En 1924, il est à l’initiative de la création de La Société des Amis du Musée de Dijon dont il devient président.

Il devient également Président de l'Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Dijon.

De 1925 à 1942, il est  président de l’Association bourguignonne des sociétés savantes

En 1926 il est président de la Société des Gens de Lettres de France

Il est aussi commandeur de la Légion d’Honneur, décoré du DSO britannique et de l'ordre de Léopold de Belgique.

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Et consécration suprême : dans les années 60,  il est dans les manuels scolaires de Littérature du XXe siècle : au chapitre « Ordre et Tradition » dans le Castex et Surer, et  au chapitre « Le roman avant 1914 » dans le Lagarde et Michard.

Et voilà une vie bien remplie ! mais ce n'est que la face officielle du personnage, celle que l'on trouve sur les sites des institutions culturelles qui lui sont consacrés.

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Mais il est aussi un autre, il a une face cachée méconnue.  Je vais  l’orienter côté sombre et spirite dans le prochain article où il ne sera plus tout à fait le même ! A suivre ...

A bientôt !

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Publié dans Les Yeux de Goethe

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Grande Guerre : deux romanciers d'aujourd'hui

Publié le par Claude Léa Schneider

Mathurin Méheut (1882-1958 ) Le salut au mort, photo musée Mathurin Méheut à Lamballe.

Mathurin Méheut (1882-1958 ) Le salut au mort, photo musée Mathurin Méheut à Lamballe.

Puisque  STATION SIMONE, avec les Archives départementales de la Côte d’Or, diffuse, dans les Inédits de la Grande Guerre, de larges extraits des lettres d’Apolline Soichot qui confie à son mari, affecté à Bourges, le roman intime de son quotidien dijonnais,  que nous partageons ses soucis et que ses mots simples nous touchent,   interrogeons-nous un instant sur ce que nous apportent, au-delà du devoir de mémoire,  les écrivains de notre temps qui écrivent encore et toujours , et pour notre plus grand intérêt,  des romans sur la Grande Guerre.

Une documentation  renouvelée et enrichie de la mise à disposition, voire en  ligne, des Archives ?

Une parole libérée des censures et du non-dit social qui a régné longtemps,  une parole qui ose parler par exemple des fusillés pour l’exemple et des automutilations ?

 Une nouvelle distance critique sur le patriotisme?

Un texte  dépouillé de beaucoup de  réalisme technique  des combats,  écrit  dans une langue contemporaine qui nous touche davantage ? Car  qui comprend encore l’argot de l’époque des dialogues entre Poilus, des expressions comme  se mettre « un cintième de casse-pattes dans l’cornet » « chez une mouquère de l’endroit» (Henri Barbusse, Le Feu) ?

Une plus grande aptitude stylistique -cinématographique-  à mettre en scène la violence ?

 Une meilleure prise en compte du rôle de l’armée d’Afrique ?

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Grande Guerre : deux romanciers d'aujourd'hui

 L'écriture moderne, même de facture classique nous procure une plus grande peut-être une plus grande proximité de sentiments.

Un roman comme  Les Champs d’honneur de Jean Rouaud (Editions de Minuit, prix Goncourt 1990) m’a fait ressentir « de l’intérieur » tout un registre d’émotions intimes, comme, par exemple, ce passage de la permission d’Emile : 

« Entrant en tenue de soldat dans la chambre, à la tombée de la nuit, il s’approche sans bruit du berceau, se penche avec précaution pour ne pas verser sur cette petite chose endormie les tumultes de la  guerre – abasourdi  de joie soudain par ces minuscules poings serrés sur des songes blancs, ses cheveux d’ange, le trait finement ourlé de ses yeux clos, le réseau transparent de ses veines, l’inexprimable fraîcheur de son souffle qui trace sur la main meurtrie d’Émile comme une invitation au silence. Soulevant le voile de mousseline, Mathilde présente son œuvre à son grand homme. Car elle le voit grand  dans sa triste tenue de combat qui sent la sueur, la poussière, l’infortune des armes. »

Jean Rouaud et Mathurin Méheut, Eclats de 14, Dialogues.

Jean Rouaud et Mathurin Méheut, Eclats de 14, Dialogues.

Eclats de 14  met en résonance les images des Croquis de guerre de  Mathurin Méheut, peintre breton mobilisé et survivant de quatre années de tranchées,  avec le texte poétique écrit spécialement   en regard par Jean Rouaud pour la commémoration de la Grande Guerre.

ci-dessous quelques liens pour en savoir davantage.

Dans un tout autre style, Laurent Gaudé, né en 1972,(Prix Goncourt 2004) nous émeut dans Cris par son style dépouillé à l’extrême et par  l’âge qu’avait le romancier lorsqu’il a écrit ce roman : 29 ans.

L’âge moyen des Poilus. Ecrire en 2001, à 29 ans, un roman « de l’intérieur » sur la Grande Guerre ...

Laurent Gaudé, Cris, 2001 (Actes Sud Babel)

Laurent Gaudé, Cris, 2001 (Actes Sud Babel)

Et pour rester sur le même auteur, venez assister  le 7 avril au spectacle du prochain GUEULOIR du Petit Cîteaux

GUEULOIR #6 extraits de "De Sang et De Lumière" de Laurent GAUDE

Le samedi 7 avril 2018 à 19 heures
Au 18, rue Charlie Chaplin (Petit Citeaux) Dijon

Avec Christian SAUVAGE (piano) et Elisabeth BARBAZIN (voix)

"Je veux une poésie du monde qui voyage, prenne des trains, des avions, plonge dans des villes chaudes, des labyrinthes de ruelles. Une poésie moite et serrée comme la vie de l’immense majorité des hommes. Je veux une poésie qui connaisse le ventre de Palerme, Port -au-prince et Beyrouth, ces villes qui ont visages de chair, ces villes nerveuses, détruites, sublimes, une poésie qui porte les cicatrices du temps et dont le pouls est celui des foules…

L’écriture ne m’intéresse pas si elle n’est pas capable de mettre des mots sur cela. Qu’elle maudisse le monde ou le célèbre mais qu’elle se tienne tout contre lui. Nous avons besoin des mots du poète, parce que ce sont les seuls à être obscurs et clairs à la fois. Eux seuls posés sur ce que nous vivons, donnent couleurs à nos vies et nous sauvent, un temps, de l’insignifiance et du bruit." Laurent GAUDE

 

Grande Guerre : deux romanciers d'aujourd'hui
Photos Archivves départementales de la Côte d'Or
Photos Archivves départementales de la Côte d'Or

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Grande Guerre : de "la Pyro" (Bourges) à Dijon

Publié le par Claude Léa Schneider

"la Pyro" à Bourges (photo Archives départementales du Cher)

"la Pyro" à Bourges (photo Archives départementales du Cher)

Ce n° 8 des Inédits de la Grande Guerre commence une série de sept épisodes consacrés à de larges extraits de  lettres d'Apolline Soichot à son mari, Henri Soichot qui était serrurier rue Berbisey à Dijon.

Henri Soichot est mobilisé et affecté à Bourges au 37e régiment d'artillerie. Ce régiment regroupe des ouvriers et des techniciens qui étaient chargés de la fabrication des obus de 75.

Il est  personnellement affecté aux ateliers de fabrication des fusées éclairantes, la "Pyro".

La famille Soichot  a des vignes à Marsannay-la-Côte. Apolline se partage  entre l'atelier de la rue Berbisey qu'elle essaie de maintenir en activité avec l'aide des vieux ouvriers et les vignes de Marsannay.

Les lettres d'Apolline forment une sorte de chronique de la Grande Guerre vue de Bourgogne

Pour écouter des extraits de ses lettres de mars 1915, cliquez sur le lien STATION SIMONE en fin d'article.

Pour rester dans le thème de la correspodance pendant  la Grande Guerre

Pour rester dans le thème de la correspodance pendant la Grande Guerre

Photos Archives départementales de la Côte d'Or
Photos Archives départementales de la Côte d'Or

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Vignes, vin et Grande Guerre

Publié le par Claude Léa Schneider

image-fournie-Historial-Peronne-montrant-poilu-tenant-plusieurs-bouteilles_2_729_1095

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Au front,  bien des Poilus vignerons pensent à leurs vignes, tandis que leurs épouses essaient de mener à bien le travail nécessaire sur les exploitations, à la recherche d'aides valides ... Suivez l'épisode 7 des Inédits de la Grande Guerre.

Pas de roman (à ma connaissance) à vous proposer qui décrive le travail des femmes aux vignes pendant la Guerre de 14, hélas. Si vous en connaissez, merci de proposer des titres en commentaire.

En revanche, on trouve quelques ouvrages et des articles récents sur le rôle du vin pendant la Grande Guerre.

Pour écouter Les Inédits de la Grande Guerre, c'est ici chaque mercredi à 14h et chaque dimanche à 20h.

https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index

en podcast : http://stationsimone.free.fr

Nouveau : vous pouvez aussi cibler ce code à l'aide de votre mobile (téléchargez une application gratuite comme "Scanner QR")         R

Nouveau : vous pouvez aussi cibler ce code à l'aide de votre mobile (téléchargez une application gratuite comme "Scanner QR") R

Des livres dans lesquels on trouve des chapitres sur le vin pendant la Grande Guerre
Des livres dans lesquels on trouve des chapitres sur le vin pendant la Grande Guerre
Des livres dans lesquels on trouve des chapitres sur le vin pendant la Grande Guerre

Des livres dans lesquels on trouve des chapitres sur le vin pendant la Grande Guerre

Photos Archives départementales de la Côte d'Or
Photos Archives départementales de la Côte d'Or

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Grande Guerre : Louis Pergaud et Roland Dorgeles

Publié le par Claude Léa Schneider

Grande Guerre : Louis Pergaud et Roland Dorgeles

Episode 6 : "Rien ne vaut la Bourgogne."

Alors que les Poilus bourguignons sont ballottés au gré des affectations, des ordres et des contre-ordres, plus d'un pense avec nostalgie à sa chère Bourgogne !

Retrouvez ces inédits lus par Edouard Bouyé, directeur des Archives départementales de la Côte d'Or sur STATION SIMONE.

Bourgogne et Franche-Comté : une occasion de vous présenter le Carnet de guerre de Louis PERGAUD  publié pour la première fois en intégralité  en ... 2011 !

Carnet de guerre, de Louis Pergaud. Éditions établie par Françoise Maury. Suivi d'Un tombeau pour Louis Pergaud, par Jean-Pierre Ferrini. Le Mercure de France, 158 p., 6,80 €.

Louis PERGAUD, né en 1882 à Belmont  près de Besançon (Doubs), passe la première partie de  sa (courte) vie dans sa Franche-Comté natale où il fut instituteur et eut tout le loisir d’observer le langage et les jeux des gamins que l’on retrouve dans La Guerre des Boutons (qu’il écrit cependant à Paris en 1912), et la vie des bêtes  dans De Goupil à Margot, prix Goncourt 1910 (opposé à Colette et Apollinaire …). Le Roman de Miraut, chien de chasse paraît en 1913.

Il est mobilisé le 3 août 1914 et, bien que pacifiste et antimilitariste, il  part tout de même dans l’enthousiasme, comme tant d’autres. Mais il déchante vite. Dès le 1er jour de sa mobilisation il  note sur son carnet au jour le jour et presque toujours dans l’urgence sa vie de Poilu.

Son carnet s’arrête au  6 avril 1915.  En effet le 7 avril 1915, il écrit à sa femme : « Je te conterai plus tard des histoires émouvantes et terribles, et gaies aussi …En attendant, il faut s’armer de patience et de courage. »

Louis Pergaud en tenue militaire. Photo http://jeanmichel.guyon.free.fr/monsite/recits/lp2.jpg

Louis Pergaud en tenue militaire. Photo http://jeanmichel.guyon.free.fr/monsite/recits/lp2.jpg

Dans la nuit du 7 au 8 avril 1915, dans le secteur des Eparges, l’ordre arrive d’attaquer la cote 233. Louis PERGAUD  dirige le peloton de tête. Au matin, il est porté « disparu ». Il avait 33 ans.

Fiche militaire de "Louis PERGAUD porté disparu" ici :

www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YToxMDp7czoxMDoidHlwZV9mb25kcyI7czoxMzoic3BlY2lmX2N

Son corps n’a jamais été retrouvé, cependant on en sait peut-être davantage aujourd’hui sur les circonstances exactes de sa mort.

Pour en savoir davantage, voir le chapitre « mort » ainsi que les notes d’y rapportant   de cet article : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Pergaud

On peut penser que les notes laconiques et crues du Carnet de  PERGAUD étaient destinées à être reprises ultérieurement sous une forme plus élaborée.

Pour en savoir davantage sur le  Carnet de guerre  de Louis Pergaud, lire des commentaires et divers liens, je vous recommande le site Babelio :

https://www.babelio.com/livres/Pergaud-Carnet-de-guerre-suivi-deUn-tombeau-pour-Louis-/317700

 

 

 

Autre ouvrage publié en 2006 par "Connaissance de la Meuse"

Autre ouvrage publié en 2006 par "Connaissance de la Meuse"

Et puisque "Rien ne vaut la Bourgogne", une occasion de revenir sur un livre célèbre  qui a été écrit à Longvic (Côte d'Or)

 

Car ce  n'est pas un hasard si le collège de Longvic (21355) s'appelle Roland DORGELES.

Roland DORGELES (1885-1973), qui vivait à Paris dans le quartier de Montmartre, s'engage en 1914, rejoint en 1915 l’aviation française et devient instructeur. Il loge au 9, route de Dijon à Longvic, et entre deux séances d'instruction, il travaille à son roman Les Croix de bois qu'il termine en 1917.

 

Le roman Les Croix de bois paraît après guerre,en 1919, reçoit le prix Femina après avoir manqué de peu le prix Goncourt qui est attribué  à  A l'ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel PROUST par  6 voix  contre 4 ...

Six voix d'un jury qui a fort heureusement décelé tout ce que PROUST avait de novateur, car même si le roman de Roland DORGELES est un témoignage poignant de la Grande Guerre vécue au jour le jour, le style en lui-même n'apporte rien de vraiment  nouveau. Mais ce livre le rend immédiatement célèbre.

En plus des Croix de bois  Roland DORGELES consacre quatre ouvrages à l'épreuve de la guerre et des tranchées, dans des genres très divers !

La machine à finir la guerre (1917)

La Cabaret de la Belle Femme (1919)

Saint Magloire (1922)

Le Réveil des Morts (1923)

il entre ...à l'Académie Goncourt en 1929 et écrit de très nombreux romans, reportages, récits de voyages.

Une citation : "Serons-nous jamais lavés de tant de souffrance ?"

 

 

cliquez sur la flèche pour découvrir les 5 couvertures.
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Le pont de Longvic : la plaque se trouve à droite de l'enseigne bleue que l'on aperçoit tout à fait à droite de la photo.

Le pont de Longvic : la plaque se trouve à droite de l'enseigne bleue que l'on aperçoit tout à fait à droite de la photo.

Statue de Pergaud à Besançon (parc Micaud)  d'après Bourdelle et plaque Dorgelès à Montmartre.
Statue de Pergaud à Besançon (parc Micaud)  d'après Bourdelle et plaque Dorgelès à Montmartre.

Statue de Pergaud à Besançon (parc Micaud) d'après Bourdelle et plaque Dorgelès à Montmartre.

Photos Archives départementales de la Côte d'Or
Photos Archives départementales de la Côte d'Or

Photos Archives départementales de la Côte d'Or

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Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or

Publié le par Claude Léa Schneider

images: Archives départementales de la Côte-d'Or

images: Archives départementales de la Côte-d'Or

[EN ARGONNE SIMONE] Inédits de la Grande Guerre. "Des nouvelles de l'arrière" où les femmes prennent des décisions et gèrent le quotidien comme elles le peuvent, mettant à contribution tous les valides restés au village. L'action de ce 5ème épisode se passe à Epagny en Côte d'Or dans la famille d'Eugène Voisot.

c'est ici mercredi 28 février à 14h  :https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index et en replay dimanche 4 mars à 19h.

et aussi en podcast sur le site http://stationsimone.free.fr

 

La sélection de livres de la semaine.
La sélection de livres de la semaine.
La sélection de livres de la semaine.

La sélection de livres de la semaine.

Et une série de 5 BD : scénario de Régis Hautière et dessin de Hardoc :

La guerre des Lulus : les aventures mouvementées d’un petit groupe de quatre garçons, Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig, tout au long des années de la Grande Guerre.

Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or
Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or
Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or
Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or
Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or
Les Inédits de la Grande Guerre : une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives de la Côte d'Or
Les Inédits de la Grande Guerre : une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives de la Côte d'Or

Les Inédits de la Grande Guerre : une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives de la Côte d'Or

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Poèmes de la Grande Guerre

Publié le par Claude Léa Schneider

Les Inédits de la Grande Guerre. L'épisode 4 :  "Poèmes de Guerre"  s'écoute sur

https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index

mercredi 21 février à 14h, rediffusion dimanche 25 février à 19h. Textes lus par Edouard Bouyé, directeur des Archives départementales de la Côte-d'Or

et également en podcast ici :

http://stationsimone.free.fr

L'ouvrage ci-dessous présente les poèmes de quatre grands poètes, combattants de la Grande Guerre,  les Calligrammes et les Poèmes à Lou de Guillaume Apollinaire étant les plus connus. Mais aussi : Eluard :  Poèmes pour la Paix (publiés en 1918). Drieu la Rochelle :  Interrogation, 1917 puis Fond de cantine, 1920 . Cocteau  : Escale - Poésies (1917-1920), entre autres.

 

 

Mais il y a des poètes de la Grande Guerre beaucoup plus humbles : en effet, beaucoup de Poilus font de leur vie au front des poèmes et des chansons.

Retrouvez dans l'émission un poème, intitulé La Relève,  écrit à Perthes-les-Hurlus en 1915 et un poème de Gaston Lebault Soir de guerre, écrit en 1916.

Les carnets et cahiers des Poilus s'ornent également de dessins poignants (document Archives départementales de la Côte-d'Or)

 

A propos de Perthes-les-Hurlus, je ne saurais trop vous recommander la lecture d'un curieux roman, à la fois policier et récit d'enfance partiellement autobiographique (orphelinat et mère internée). L'auteur en est Jean Meckert, (1910-1995) alias Jean Amila et beaucoup d'autres pseudos...

L'histoire raconte la vie de Michou 9 ans dont le père a été fusillé  pour l'exemple à Perthes-les-Hurlus  pendant les mutineries de novembre 1917. Dans la première partie du livre Michou est témoin de toutes les brimades quotidiennes que sa mère subit car, pour l'opinion populaire de l'époque, son mari est mort en "lâche".

 

Livre dont a été tiré le film ci-dessus (Jean Amila a collaboré au scénario peu de temps avant sa mort)

Livre dont a été tiré le film ci-dessus (Jean Amila a collaboré au scénario peu de temps avant sa mort)

Pour les ados, un roman apprécié dont le héros, Victor, a 14 ans en 1918.

Pour les ados, un roman apprécié dont le héros, Victor, a 14 ans en 1918.

Et un album "historique" pour les plus jeunes, dont le fac-similé a été réédité en 2014.

Et un album "historique" pour les plus jeunes, dont le fac-similé a été réédité en 2014.

Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives départementales de la Côte-d'Or.
Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives départementales de la Côte-d'Or.

Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives départementales de la Côte-d'Or.

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Les revers de la gloire

Publié le par Claude Léa Schneider

Photo : Archives Départementales de la Côte-d'Or

Photo : Archives Départementales de la Côte-d'Or

[EN ARGONNE SIMONE] INEDITS DE LA GRANDE GUERRE 3ème épisode "Les revers de la gloire", ou comment certains poilus portent un regard très critique sur l'"héroïsme pour les autres" des chefs de guerre qui n'hésitent pas à sacrifier des régiments entiers pour "grignoter" quelques mètres de terrain sur l'ennemi.
C'est aujourdhui mercredi à 14h et en replay dimanche 18février à 19h


Sur https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index
 

Et toujours notre bonus- biblio en images, pour jeunes et moins jeunes :

 

Chaque semaine, un choix varié pour tous.
Chaque semaine, un choix varié pour tous.
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Les revers de la gloire

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Grande Guerre : la première fois

Publié le par Claude Léa Schneider

Photo Archives départementales de la Côte-d'Or

Photo Archives départementales de la Côte-d'Or

Mercredi 7 février à 14h sur STATION SIMONE le 2ème épisode des Inédits de la Grande Guerre,

https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index

épisode intitulé "La première fois". Tous les journaux intimes de Poilus insistent sur cette "première fois",  ce premier contact avec la réalité terrible de la guerre.

Lus par  d'Edouard Bouyé, directeur des Archives départementales de la Côte-d'Or, des extraits de journaux intimes de Pierre Lanvin, Gabriel Degoix,et André Bitot.

Rediffusion de l'épisode dimanche 11 février à 19h.

Comme toutes les semaines, je vous propose deux livres sur la Guerre de 14-18. Cette semaine les deux sont des témoignages : celui d'un grand écrivain, et les lettres échangées par 3 frères.

Ceux de 14, de Maurice Genevoix, un gros livre qu'on peut lire par épisodes, dans l'ordre ou le désordre...

 

Et à chaque fois, un livre ou un album destiné à un lectorat plus jeune:

 

Grande Guerre : la première fois
Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de la web radio Station Simone
Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de la web radio Station Simone

Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de la web radio Station Simone

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Un pape rue Jeannin à Dijon ?

Publié le par Claude Léa Schneider

 Portait du Pape Pie VI en 1775 par Pompeo Batoni

Portait du Pape Pie VI en 1775 par Pompeo Batoni

Bonjour à tous,

Je relaie ici une info et une conférence qui intéresseront sans doute les amateurs de l'histoire de Dijon, et particulièrement les habitants de la rue Jeannin,

et  plus encore les adhérents et amis de l'association Jeannin Janime

du Quartier Jeannin.

 

Mercredi 7 février 2018, 18 h, à la Salle de l’Académie

(5, rue de l’École-de-droit-21000 Dijon )

conférence d'Édouard Bouyé

(directeur des Archives départementales de la Côte-d’Or)

« Pie VI otage au 45, rue Jeannin à Dijon ?

Un projet mort-né (1799) » 

dans le cadre du cycle de conférences organisées par

l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon

 

Dijon, 45 rue Jeannin, hôtel Berbis de Longecourt

Dijon, 45 rue Jeannin, hôtel Berbis de Longecourt

Voici le texte de présentation de la conférence d'Edouard Bouyé :

 

"Le pape Pie VI, prisonnier du Directoire, meurt à Valence le 29 août 1799, épuisé par la vieillesse, la maladie et les épreuves. Ordre avait pourtant été donné par Paris, le 22 juillet précédent, de le transférer à Dijon. Mais, ce transfert étant jugé incompatible avec son état de santé, Pie VI reste à Valence et y meurt.

(Ne pas) voir Dijon et mourir : ce non-événement a une histoire qui révèle des ressorts du Directoire finissant.

qui joue depuis l’an II au chat et à la souris avec déloger un suspect, Nicolas-Philippe Berbis, marquis de Longecourt, un problème d’ordre public (puisqu’il s’agit d’un otage à surveiller) mais aussi politique (car maltraiter le vieillard créerait du scandale). Il permet en tous les cas de aux autorités dijonnaises Sur fond d’incertitude militaire et de confusion politique, les autorités constatent à la fois le succès mitigé des nouveaux cultes et l’assagissement des « fanatiques ». L’embarrassant ordre du Directoire pose est choisie pour mettre Pie VI en lieu sûr. ville-étape sur la route de Paris, ville-repli en retrait du théâtre italien de la guerre, Dijon,
la Révolution : jamais émigré, toujours suspect, parfois incarcéré, on trouve enfin une bonne raison de l’expulser de son somptueux hôtel du 45, rue Jeannin.

La correspondance échangée pendant ces dix jours où Dijon se prépara à recevoir l’illustre, égrotant et encombrant vieillard révèle en creux, dans l’ambiance crépusculaire du Directoire dont chacun pressent la fin, l’attachement, inattendu et paradoxal, à la personne du pape, que Chateaubriand perçoit et exprime quelques mois tard dans Le Génie du Christianisme."

 

 

Salle de l'Académie à Dijon et logo
Salle de l'Académie à Dijon et logo

Salle de l'Académie à Dijon et logo

Publié dans Jeannin Janime

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