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Commémorations de la Grande Guerre en habits de tous les jours

Publié le par Claude Léa Schneider

Commémorations  de la Grande Guerre en habits de tous les jours

Bernard Pivot tweetait ce dimanche 4 novembre : « Novembre est le mois le plus triste de l’année avec son jour des morts et le 11, sa victoire crépusculaire. Novembre 2018: carrément sinistre avec les commémorations des fiertés et horreurs patriotiques. »

Bien d’accord avec lui, mais il n’empêche. Ces commémorations auront au moins  le mérite de mettre en lumière des archives inédites, toujours plus proches, que l’on prend comme un coup de poing dans la figure, et  de montrer de nouvelles" horreurs patriotiques" qu’il est sain de révéler. Et puis de mettre au jour une guerre "en tenue de tous les jours" pour reprendre l'expression du journal Le Temps à propos de la réédition d'un livre (cf plus bas) de Jean Giraudoux, un auteur que l'on ferait bien de relire  aujourd'hui  dans cette actualité  dangereusement années-trentiste.

Commençons donc par  mettre nos bottes, non pour en faire dangereusement claquer les talons, mais pour aller dans les vignes de Santenay comme le décrit la 4ème de couverture du livre qui ouvre cette bibliographie : Travaux de vigne et Guerre d'usure, par Marc Sorlot, aux éditions de l'Escargot savant.

Voilà qui vous rappelle les lettres échangées par Henri Soichot, affecté en 1915 au 37e régiment d'artillerie  à Bourges,  avec sa femme Apolline.  Apolline  se partage entre l'atelier de serrurerie de la rue Berbizey à Dijon et  les  vignes familiales à Marsannay-la-Côte et cherche désespérément  de la maind'oeuvre. Pour (ré) écouter ces lettres lues par Édouard Bouyé, suivre les épisodes 8 à 14 des Inédits de la Grande Guerre sur ce lien :

http://stationsimone.free.fr/index.php/nos-podcasts/les-inedits-de-la-grande-guerre

 

Restons encore en Côte d'Or avec cet album publié en 2013 par les Éditions Sutton :

Pour en savoir davantage :

http://www.editions-sutton.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=55265

Deux éditions et deux couvertures pour les Lectures pour une ombre de Jean Giraudoux. " Publié en mars 1917, le livre se compose de trois récits, « Le retour d'Alsace, « Périple » et « Les cinq soirs et les cinq réveils de la Marne ». On y voit le sergent Giraudoux, attaché au colonel de son régiment comme secrétaire-interprète, car il parle allemand. (...) . Et c'est le récit d'autant plus hallucinant qu'il décrit sans emphase « la surface ravagée de la guerre, avec [...] toutes ses dépouilles, képis, souliers, avec une paire de bretelles étendue comme à l'étalage, avec une main raide qui sort d'un silo. »

Deux éditions récentes de ces textes de Giraudoux
Deux éditions récentes de ces textes de Giraudoux

Deux éditions récentes de ces textes de Giraudoux

Quand on lit  des journaux de l'époque, on s'aperçoit que nos fake-news du 21e siècle n'ont rien à envier à la propagande visant à rassurer l'arrière, du style "les balles allemandes ne tuent pas, elles ne font que des bleus" !

De toutes les "horreurs patriotiques" de grands romans de la fin du 20e siècle ont eu le mérite de nous éclairer sur les automutilations, les mutineries et les fusillés pour l'exemple.

Citons des livres plus récents qui s'attaquent à ces sujets:

Citons 3 livres de Jean-Yves Le Naour
Citons 3 livres de Jean-Yves Le Naour
Citons 3 livres de Jean-Yves Le Naour

Citons 3 livres de Jean-Yves Le Naour

D'autres auteurs.
D'autres auteurs.
D'autres auteurs.

D'autres auteurs.

On oublie souvent que la guerre ne s'est pas arrêtée le 11 novembre 1918 pour tout le monde et qu'elle a continué sur le front d'Orient.

"Ce n'est qu'en mars 1919 que les poilus d'Orient sont rembarqués d'Odessa avec le sentiment d'avoir injustement été les oubliés de la Grande Guerre."  source : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/le-front-dorient-1915-1919

Un livre paru en 2016 traite ce sujet :

Pour en savoir davantage sur cet ouvrage de Max Schiavon, suivre  lien ci-dessous :

Commémorations  de la Grande Guerre en habits de tous les jours

Enfin, terminons cette courte bibliographie complémentaire par un livre qui s'intéresse au "silence des peintres "pendant la Grande Guerre. En effet, nous avons tous en mémoire "La Guerre", le triptyque hallucinant peint par Otto Dix entre 1929 et 1932 qui se trouve actuellement à la Galerie Neue Meister  de Dresde.

En suivant le lien ci-dessous vous pourrez l'observer en détail  à l'aide de la loupe:

https://www.flickr.com/photos/mazanto/39540596595

Mais Philippe Dagen s' interroge sur le fait que les grands peintres européens de l'époque ont pour beaucoup poursuivi leurs recherches picturales personnelles (cubisme, futurisme, post-impressionnisme, expressionnisme ...) à l'écart des événements de la guerre.

Pour un compte-rendu de cet ouvrage ,vous pouvez lire l'article qui lui est consacré en  cliquant sur le lien ci-dessous.

Pour avoir travaillé un peu sur les rapports entre les peintres allemands et la Grande Guerre, j'ai pu découvrir  que si beaucoup se sont engagés volontairement  en 1914 comme Otto Dix lui-même, Max Beckmann, Ludwig Kirchner, Oskar Kokoschka, Franz Marc ... beaucoup ont rapidement déchanté !

Ou ne reviendront pas, comme comme August Macke mort à 27 ans  dès le 26 septembre 1914 dans la boucherie collective de Perthes-les Hurlus.

Ci-dessous August Macke en 1908.

Si le sujet vous intéresse, je vous conseille l'excellent  livre  ci-dessous, facilement trouvable à petit prix sur le net dans sa version française chez Taschen.

Commémorations  de la Grande Guerre en habits de tous les jours

Par ailleurs, plusieurs des livres que j'ai  cités dans cet article sont disponibles à la Bibliothèque municipale de Dijon. 

L'ouvrage Travaux de vigne et guerre d'usure de Marc Sorlot est en vente Au Duché de Bourgogne, place de la Libération à Dijon.

Au moment où je termine cet article, je découvre la couverture du Télérama de cette semaine (ci-dessous). Non, ne vous inquiétez pas les gars, cette commémoration du centenaire a ravivé des souvenir familiaux, même enfouis, nous a fait vous connaître plus intimement.  On ne va pas vous laisser tomber. On ne va pas laisser retomber sur vous cette lourde  dalle du centenaire. On ne vous oubliera pas. Et on continuera à vous évoquer car vous êtes LA génération sacrifiée dans une horreur absolue. Et nous vous devons bien cela.

 

Commémorations  de la Grande Guerre en habits de tous les jours

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Détournons la barricade #1

Publié le par Claude Léa Schneider

"La barricade Jeannin" en inversion polaire !

"La barricade Jeannin" en inversion polaire !

Commençons par le commencement : non loin de la rue Jeannin, il y a la place du 30 octobre que vous avez peut-être déjà traversée à pied, à vélo, en voiture ou sous toute forme de mobilité moderne qu'il vous plaira. Savez-vous pourquoi elle se nomme "Place du 30 octobre et de la Légion d'Honneur" ? Ce nom évoque la Guerre de 1870-71 qui opposa la France à la Prusse (l'Allemagne). La statue que vous voyez en son centre commémore la 1ère bataille de Dijon, bataille particulièrement sanglante, au cours de laquelle les troupes  françaises appuyées par les Dijonnais, ont tenté de résister aux Prussiens. Il est arrivé des mésaventures à cette statue du sculpteur Paul Cabet, jugée trop révolutionnaire avec son bonnet phrygien, dont l'original se trouve maintenant à Nuits St Georges ! Mais c'est une autre histoire que je vous raconterai un jour prochain.

 

Vous promenant dans ce même quartier Jeannin de Dijon, vous avez peut-être déjà remarqué ce buste  de Garibaldi, en haut à droite du mur en trompe-l’œil sur la placette à l'angle de la rue Jean-Jacques Rousseau et de la rue Auguste Comte.

Garibaldi, à la tête de l'Armée des Vosges, a prêté main forte à la défense de Dijon et a remporté, près du château de Pouilly (qui se trouve au nord de Dijon, tout à côté du centre commercial de la Toison d'Or) une des rares victoires françaises dans cet immense désastre qu'a été la Guerre de 1870, au cours de laquelle la France a perdu les territoires d'Alsace et de Lorraine.

La barricade de la rue Jeannin, Édouard Paupion, 1871© Direction des Musées, musée de la Vie bourguignonne Perrin de Puycousin, Dijon (photo. François Perrodin)

La barricade de la rue Jeannin, Édouard Paupion, 1871© Direction des Musées, musée de la Vie bourguignonne Perrin de Puycousin, Dijon (photo. François Perrodin)

Et que s'est-il passé rue Jeannin ? Le célèbre tableau "La barricade de la rue Jeannin" peint par Édouard Paupion en 1871, dont on a tiré nombre de cartes postales, se trouve actuellement  au Musée de la vie bourguignonne de Dijon.

Observons-le un instant : dans un cadrage qui montre une vue d'ensemble de la rue Jeannin, le peintre a illustré la résistance héroïque de la population dijonnaise. Le 30 octobre 1870, au carrefour de la rue Jeannin  avec la rue Paul Cabet, une barricade constituée de matériaux de fortune est âprement défendue par des soldats et des civils, tandis qu'au loin éclate un obus.

C'est en souvenir de cet événement que l'association Jeannin Janime souhaite instaurer une fête conviviale annuelle "Jeannin se met sur son 30" le samedi le plus proche du 30 octobre.

La Fête #1 a eu lieu samedi 27 octobre 2018, et je vous en parlerai dans un prochain article. Mais Jeannin Janime a d'autres projets.

Détournons la barricade #1

Revenons à notre question initiale : contre quoi dresserions nous une barricade aujourd'hui ? Et vous, contre quoi dresseriez-vous une barricade ? Contre le gaspillage ? contre le plastique ? Contre les préjugés et les idées reçues ? ....

Car en 2020, pour les 150 ans de l'événement, Jeannin Janime souhaite proposer aux habitants du quartier, aux scolaires et aux institutions culturelles qui déjà  s'associent à cette folle aventure, de participer à des reconstitutions modernes, détournées ou décalées du fameux tableau "La barricade de la rue Jeannin" sur le lieu même de l'événement. Ce projet prend de l'ampleur. Alors, si l'envie d'y participer vous tente, rejoignez-nous, ou apportez-nous vos idées. C'est facile !

Fête des voisins organisée par Jeannin Janime

Fête des voisins organisée par Jeannin Janime

Parce que l'association Jeannin Janime organise pour tous ceux qui le souhaitent, du quartier Jeannin ou d'ailleurs - et même de beaucoup plus loin !- fête des voisins, pique-nique de rue, déco de fin d'année, animations de Noël, galette des rois, conférences, printemps de poètes, lectures chez les commerçants, fleurissement, vide-grenier ...

Parce qu'un quartier vivant et agréable pour tous l'est aussi pour soi, et aussi parce qu'un élan de convivialité réchauffe le cœur où que l'on se trouve.

Rejoignez-nous !

jeanninjanime@gmail.com

https://www.facebook.com/jeanninjanime/

https://twitter.com/ @JeanninJanime     

Détournons la barricade #1

Cet article vous a intéressé-e, mais vous voudriez davantage de précisions historiques ? Patience, cela viendra : ce # 1 est une mise en bouche.

Vous voulez laisser des commentaires ? Vous avez des idées (folles) à nous proposer? N'hésitez pas,  vous pouvez l'écrire sur ce blog, je le lirai, je  vous répondrai mais ça ne sera pas publié.

Dans tous les cas, suivez le fil conducteur : "Détournons la barricade"

A suivre.

 

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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus

Publié le par Claude Léa Schneider

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus

Bonjour à tous, un grand merci pour vos messages d'intérêtpar mail ou postés sur les réseaux.

Avant d'envoyer les images du diaporama, je voudrais répondre à 2 questions qui m'ont été posées le soir de la conférence.

Concernant le décor de l'épée d'académicien d' Edouard Estaunié, je n'ai malheureusement rien trouvé, ni dans le discours de réception, ni sur l'onglet "épée" du site de l'Académie. Les épées décrites et photographiées sont celles réalisées par de grands joailliers, et la plus ancienne présentée est celle de Jacques Bainville en 1935. J'ignore s'il y a un descriptif de son épée caché dans les 6ml de la BPE de Dijon. A vos recherches si vous le souhaitez. Si vous trouvez la réponse, envoyez-la moi et je la publierai sur ce blog.

Concernant l'astronome Camille Flammarion qui en 1869, a prononcé l'éloge funèbre d'Allan Kardec avec ces mots : « Le spiritisme n’est pas une religion mais une science-science dont nous connaissons à peine l’ABC. », je me souviens que, habitant l'Essonne dans mon adolescence, on m'a montré son observatoire à Juvisy sur Orge, en forme de "château-fort"! Il a longtemps été en travaux.

L'article (lien ci-dessous) est extrêmement détaillé, très riche en notes et références et vous y trouverez peut-être les liens qui vous intéressent. La rénovation de l'Observatoire Camille Flammarion est maintenant achevée, et de plus je lis que "L'Observatoire sera desservi à partir de 2018 par une station souterraine de la Ligne 7 du tramway d'Île-de-France, Observatoire." Un petit voyage à Juvisy s'impose peut-être ! Bonnes recherches !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Flammarion

Photos personnelles des documents Edouard Estaunié et des différentes éditions du roman Les Choses voient avec l'autorisation de la BPE de Dijon.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus
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NB : il se peut que l'intégralité des diaporamas soit plus facilement visible sur ordinateur que sur téléphone.
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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus
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Quelques suggestions de lecture (ou de film)
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Publié dans Les Yeux de Goethe

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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Publié le par Claude Léa Schneider

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Attention, cette 3ème partie est déconseillée aux personnes sensibles ! :-)

La 1ère expérience de spiritisme d'Edouard  Estaunié a lieu  en 1896, il a 34 ans, chez des amis, les Morel,  à Versailles, - M. Morel est inspecteur des postes et sa femme est médium. Il est secrétaire de séance et il note, en physicien :  
« mesure  de la table :1,20 m x 0,60m ;  température : 20° ; beau temps. » 

Il est impressionné par cette 1ère expérience. Mais pour l’instant il en reste là. En 1904 apprend que Pierre Curie « très préoccupé par les questions de métapsychisme » a commencé une série d’expériences, mais, poursuit Estaunié dans ses Souvenirs :

« Madame Curie, toute à son matérialisme et au surplus ne se souciant pas d’assumer le risque de polémique ou de ridicule, s’était empressée de détruire le dossier en cours. » 

Sur ce, Pierre Curie meurt accidentellement en avril 1906, et c’est la fin des expériences de métapsychisme.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Mais Estaunié continue plus assidûment entre 1907 et 1908, avec les Arnal, les Morel et surtout sa mère. A  partir de cette période, il rédige un PV à chaque séance. Voici, par exemple, quelques extraits du PV du 9 novembre 1907 :

1er Acte : Mouvement de la table, elle dit : « vous verrez ma puissance » (…)

2ème Acte : Le rideau se gonfle, un léger bruit, le guéridon de bois blanc se pose sur la table. Crépitements grêles de petits coups dans le fond.

3ème Acte :  Un dessous de plat est projeté sur la table ; chacun de nous le tient ; il est enlevé, voltige en l’air, vient se poser sur la tête des assistants à leur demande, est repris de leurs mains. (…)

4ème Acte : (…)Lévitation de la table, pendant qu’elle est soulevée, le guéridon vient dessous, juste au milieu – et la table parlait en frappant sur le guéridon. On vérifie la position de la lumière. On éteint, le guéridon se sauve à sa place, la table (…)épèle « Fini ». (…) Pendant toute la séance, le rideau était agité gonflé, drapait les médiums et l’on sentait des mains à travers la soi du rideau. »

Même si parfois il a des doutes et s’il se demande si ce qui lui arrive n’est pas une sorte de projection de son inconscient, ses doutes sont balayés par le fait que ces séances expriment des prédictions (généralement sur des petites choses matérielles) et que ces prédictions se réalisent !

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

 Un jour au cours d’une séance, Mme Morel, médium,   lui propose d’appeler un écrivain avec lequel il désirerait communiquer grâce à l’écriture automatique. Ça le tente parce qu’ il a l’impression qu’il pourrait être un médium d’écrivain, (on dit aussi un psychographe). Il demande donc d’invoquer Maupassant - mort en 1993- et ça fonctionne ! La table se met en mouvement, « Maupassant », par l’intermédiaire de la table, lui donne RV pour le lendemain 6h.  Et le lendemain, à 6h, chez sa mère,  la table s’agite, Estaunié se met alors à écrire. Au cours des séances suivantes,  la plume court sur le papier et il a l’impression que « Maupassant » l’aide à écrire le roman en cours (Ferment )sur lequel il était bloqué :

« Partagé entre l’exaltation d’un travail enfin repris et le sentiment profond que j’étais le jouet de mon propre inconscient. »

Ces séances sont sans témoin, sauf sa mère qui se met de plus en plus à croire à la réalité de la collaboration de « Maupassant »…

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Ultime étape, et la plus étonnante : début 1912, Estaunié a commencé à écrire laborieusement son roman Les Choses voient, et, c’est la panne ! il n’arrive pas à le terminer.  Au même moment sa mère, déjà très âgée, tombe malade et meurt au mois de février. Estaunié a 50 ans, il a toujours vécu avec elle  et cette mort le laisse complètement désemparé. Il a l’impression physique que sa mère le tient toujours dans ses bras, et il met 5 jours à admettre qu’elle est décédée. Et il continue à lui parler. De plus,  Mme Estaunié voulait être enterrée à Dijon, mais lui veut que ce soit à Paris, au cimetière Montparnasse, et comme par hasard tout près de la tombe de Maupassant …

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Quand on regarde la plaque  qu’il fait exécuter pour la tombe de sa mère, sur laquelle il s’est fait représenter à droite, regardez sa main et vous comprendrez pourquoi j’ai mis la photo précédente, ça nous fait une impression des plus  bizarres. C’est un peu nécrophile, non ?  A mon avis, il devient un personnage de Maupassant. Donc, le jour même de la disparition de sa mère, sa première préoccupation c’est d’entrer en communication avec elle. Parce qu’il n’admet pas qu’elle soit morte. D’abord pour lui demander des conseils matériels  et puis pour qu’elle l’aide à terminer son roman Les Choses voient parce qu’il a l’impression que sans elle il n’y arrivera jamais. 

Dans l’ In Memoriam à sa mère qui sert de préface au livre, il écrit :

«  Tu vis toujours. Tu agis. Tu conseilles. Tu préserves. Si tu as cessé d’être visible, ce n’est pas que tu sois partie, c’est que je suis aveugle. »

A la bibliothèque d’étude de Dijon, il y a 2 gros cartons contenant les manuscrits de ces séances de spiritisme de 1912,  que j’ai feuilletés et consultés avec une certaine stupeur et une certaine émotion, je l’avoue, car quand on feuillette ces documents originaux, quoi qu’on en pense, ça ne laisse pas indifférent :

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Parallèlement, Estaunié tient un journal rigoureux de ces expériences qu’il appelle Récits spirites, il y en a 760 pages !  et  qui commence ainsi :

 « Ayant été favorisé d’une manière exceptionnelle, et m’étant trouvé non seulement le témoin mais l’acteur principal de faits qui m’ont amené à la certitude de la continuité de la vie, j’estime de mon devoir de ne pas garder pour moi ces faits. (…)   C’est en sorte une observation médicale que je m’efforcerai d’établir. »

Rassurez-vous je ne vais pas vous montrer les 2 cartons de manuscrits spirites,  j’ ai sélectionné 9 feuilles qui me semblent les plus représentatives de ses expériences d’écriture automatique,  qu’il « garantit sous serment » et qu’il décompose en 4 étapes :

Du 19 mars au 16 avril 1912 :  j’apprends à poser ma main.

Ce sont des grands ronds qui se tracent. Estaunié dit que le mouvement imposé à son bras est très violent.

Ce sont des grands ronds qui se tracent. Estaunié dit que le mouvement imposé à son bras est très violent.

Parfois c’est tellement violent que le papier se décrire.

Parfois c’est tellement violent que le papier se décrire.

Du 16 avril au 20 avril : j’apprends à déplacer le bras et je commence à écrire.

Il sent  qu’il entre en communication avec sa mère qui l’appelle: « chéri ». Et puis l’écriture se forme de plus en plus,

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Du 20 avril au 4 mai : on m’entraîne à recevoir la suggestion du mot en même temps que j’écris.

Regardez. Les boucles des lettres se forment. Il explique que les progrès ne sont pas constants, il y a des échecs et des retours en arrière. Il y a  un mot qui revient, qui ressemble à « moyenâgeux » et qui lui sert d’exercice. Souvent, au fil de ces pages manuscrites, on trouve ces mots d’exercices, parce que parfois, il y a des retours en arrière, la communication se fait mal.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites
Mais quand ça marche, ça va parfois tellement vite qu’il récrit en-dessous  après coup pour ne pas perdre le texte.

Mais quand ça marche, ça va parfois tellement vite qu’il récrit en-dessous après coup pour ne pas perdre le texte.

Parfois sa mère lui donne rendez-vous: « à demain ».

Parfois sa mère lui donne rendez-vous: « à demain ».

Et parfois il note un appel « de meuble » , comme un appel téléphonique.

Et parfois il note un appel « de meuble » , comme un appel téléphonique.

Du 4 mai au 16 mai : on libère définitivement ma main.( …) Et tout à coup, à la fin d’une de ces séries, j’eus l’impression unique, extraordinaire, vraiment indescriptible de la suppression des liens qui arrêtaient mon crayon : subitement  celui-ci partit  et j’écrivis avec une incroyable rapidité ce qui suit : »

Suit un texte « dicté par sa mère », entre guillemets, qui conclut :

« Enfin nous y sommes ! (…) Quelle ivresse de sentir que désormais je suis à tes côtés comme jadis, que rien ne m’arrête plus et que ma pensée trouve la tienne dans un nuage. [Maupassant] a été exquis pour moi. Il m’a soutenue, accueillie, dirigée. Aime-le, remercie-le : et surtout que tu ne t’effrayes pas de ce pas terrible qu’est la mort. Nous serons toujours deux pour te recevoir et te guider à notre tour. (…) Tu n’étais pas médium et tu le deviens. Mon chéri, c’est le fil renoué sans la poste. C’est la lettre quotidienne .(…) Ne te décourage pas dans ton ambition. Son aide agit sur toi et tes pensées. Il va te prouver [ce] que tu peux obtenir avec lui. Moi je suis sûre que vous arriverez à la gloire. 

Après ça, « Maupassant » va aider Estaunié à terminer Les Choses voient  en lui donnant 12 pages de  suggestions et il le morigène :

« Le roman [Les Choses voient] est en bonne voie, mais il a besoin d’un fameux coup d’épaule si j’en juge à votre paresse. Donc vous allez reprendre le collier. (…) La première séance de travail aura lieu vendredi vers 9h du matin. (…)Plus de découragement sot, plus de pleurnicheries. Il faut avoir le sentiment du réel et le réel c’est nous.(…)Voilà : j’ai dit. »

Et il « conclut » quelques jours plus tard : "C’est tout, et ce sera poignant et épatant. Croyez-moi. Allons c’est parfait comme écriture. Je laisse votre mère vous parler encore. »

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Il termine comme on passe le téléphone à son voisin ! Et quand, sous la main d’Estaunié vient la signature de « Maupassant », eh bien il est sûr que « Maupassant » l’a aidé. A la fin de ces séances de « dictée » très rapide et très intense,   Estaunié se  dit  totalement vidé, épuisé, tant moralement que physiquement.

Ensuite, dernière étape, il aura quelques raps (=coups frappés) et des visions ectoplasmiques jusqu’en 1915. Puis plus rien jusqu’à la fin de sa vie en 1942.

« Interruption sur la ligne du S » comme on dirait dans le RER de Berlin !

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Alors, à quoi ça ressemble et de quoi ça parle  Les Choses voient ?

A la bibliothèque d’étude de Dijon,  on m’a sorti toutes les éditions disponibles et je me suis aperçue que ce roman a eu effectivement beaucoup de succès.  On l’a réédité jusque dans les années 50,

on en a fait une dictée à Paris l’année même où il est sorti

on en a fait une dictée à Paris l’année même où il est sorti

et il en existe de belles éditions et rééditions en cuir.

et il en existe de belles éditions et rééditions en cuir.

Regardez  la couverture originale et en relief de cette  réédition de 1931, elle  ressemble à la porte du 29 place St Michel

Regardez la couverture originale et en relief de cette réédition de 1931, elle ressemble à la porte du 29 place St Michel

On va entrer dans cette maison grâce à Mme Thomassin qui a été locataire de cette maison et que je remercie.

Comme dit  Gaston Bachelard dans Poétique de l’Espace- Bachelard qui a été prof à l’université de Bourgogne- « il y a un sens à lire la maison(…) la maison qui est un espace anthropomorphique » et c’est particulièrement vrai dans ce roman.

Pour Estaunié, la maison crée les destins de ceux qui l’habitent et les conserve en mémoire :

 «  Une maison (…) c’est une âme attentive à regarder le passé.(…) Ce sont des yeux qui savent, c’est une oreille qui écoute encore les pauvres disparus, un cœur qui, les ayant perdus, ne cesse de les chercher . »

En visitant, j’ai pu prendre quelques photos, que j’ai rapprochées d’ aquarelles d’une édition des années 30: pour ne pas alourdir cet exposé, j’ai mis dans le « diaporama d’attente » les illustrations des différentes éditions, dont les aquarelles de François de Marliave avec des vues de Dijon. Volontairement je ne les ai pas intégrées au récit.

On entre donc par un long couloir carrelé avec de beaux détails décoratifs, comme ces boiseries « en pli de serviette ».

On entre donc par un long couloir carrelé avec de beaux détails décoratifs, comme ces boiseries « en pli de serviette ».

d’où s’élève un très bel escalier qui conduit aux étages. Quand on compare à l’aquarelle, pas grand-chose n’a changé  en fait.

d’où s’élève un très bel escalier qui conduit aux étages. Quand on compare à l’aquarelle, pas grand-chose n’a changé en fait.

Au bout du couloir il y une cour.

Au bout du couloir il y une cour.

La pièce principale du rez-de chaussée est classée monument historique

La pièce principale du rez-de chaussée est classée monument historique

Par les deux fenêtres on voit la Place St Michel. Très important dans ce roman en huis-clos où on épie derrière les fenêtres et où on écoute aux portes !

Par les deux fenêtres on voit la Place St Michel. Très important dans ce roman en huis-clos où on épie derrière les fenêtres et où on écoute aux portes !

Entre ces murs se joue donc, dans le roman, un drame à huis-clos de l’amour, de la jalousie et de l’argent, un drame en 3 actes  et sur 3 générations  qui est raconté par les meubles de la maison puisque « les choses voient »,

Entre ces murs se joue donc, dans le roman, un drame à huis-clos de l’amour, de la jalousie et de l’argent, un drame en 3 actes et sur 3 générations qui est raconté par les meubles de la maison puisque « les choses voient »,

:  Au début du roman,  la maison est à vendre avec ses meubles,  dont 3 meubles anciens « à la retraite » au grenier :   une horloge, un miroir vénitien et un secrétaire Louis XVI.

: Au début du roman, la maison est à vendre avec ses meubles, dont 3 meubles anciens « à la retraite » au grenier : une horloge, un miroir vénitien et un secrétaire Louis XVI.

C’est l’horloge qui raconte la 1ère partie : une histoire d’amour, de jalousie, et d’un faux en écriture sur une lettre qui conduit  une jeune femme au suicide.

C’est l’horloge qui raconte la 1ère partie : une histoire d’amour, de jalousie, et d’un faux en écriture sur une lettre qui conduit une jeune femme au suicide.

Le miroir raconte l’histoire de la 2ème génération, 25 ans après.

Le miroir raconte l’histoire de la 2ème génération, 25 ans après.

C’est une sombre histoire de spoliation d’héritage et de chantage, dans laquelle, une femme, Noémi,  choquée de devoir contraindre sa fille à épouser un homme qu’elle n’aime pas, pour empêcher la divulgation d’un secret de famille,  a une attaque. Dès lors, elle est comme les meubles, elle voit tout, elle entend tout mais elle ne peut plus parler.

 Le miroir a vu les véritables sentiments  des personnages et il dit :

 « Nous autres miroirs, sommes ainsi faits que l’impalpable nous atteint : aux rayons visibles que nous envoie la forme, s’en mêlent d’autres venant du cœur de l’être et donnant son image. »

L’histoire de la 3ème génération, c’est le secrétaire Louis XVI  qui la raconte et qui explique:

L’histoire de la 3ème génération, c’est le secrétaire Louis XVI qui la raconte et qui explique:

  « Il y a pour les hommes, comme pour les meubles, des styles. » Ses tiroirs contiennent tous les secrets des personnages de la maison. Sur la 3ème génération, il est question d’une reconnaissance de paternité :  Juste, le  père du jeune ingénieur en aéronautique héritier de la maison n’est pas son père génétique. Il le savait et les papiers trouvés dans le secrétaire prouve qu’il le savait,  mais qu’il il n’a rien dit, parce qu’il aime ce fils qu’il a élevé, bien que ce ne soit pas le sien.

« Le Secrétaire a vu un cœur d’homme, celui de Juste et l’a trouvé sublime. »

L’âme de la maison a surgi des récits des 3 meubles. L’aube apparaît. Maintenant la maison agonise et tout va être vendu et dispersé

L’âme de la maison a surgi des récits des 3 meubles. L’aube apparaît. Maintenant la maison agonise et tout va être vendu et dispersé

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais cette volonté de vouloir tout expliquer dans un récit « fantastique » nous gêne. On est loin du Horla ou de Sur l’eau de Maupassant ! On est loin aussi   des Diaboliques Barbey d’Aurévilly  publié en 1874  ou des  Contes cruels  de Villiers de L’Isle Adam  de 1883. Même si leurs thèmes  ont des points communs : vie provinciale, fantastique et drames secrets.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Il faut dire aussi que parmi les contemporains directs d’Estaunié il y a ces 4 grands, dont Marcel Proust  qu’il appelle tout de même « mon arrière petit cadet ». Est-ce un signe ? une intuition ?  un appel ?

On reproche à  Estaunié  qui se veut le romancier de l’invisible et de l’indicible, d’être « trop clair par excès de classicisme ». Le critique Gérald Prince lui reproche « sa passion explicative » et ajoute que « S’il sait décrire le silence, il ne sait pas le respecter ; s’il aime l’inachevé, c’est pour le compléter. » Le critique Paul Renard, conclut : « Il lui a manqué d’avoir un style et une technique correspondant à sa vision du monde. »

J’espère tout de même que vous aurez eu plaisir à le découvrir. J’espère aussi avoir suffisamment mis en lumière sa personnalité complexe, ce contraste si saisissant entre sa vie officielle et sa vie secrète.  Volontairement encore j’ai choisi le plus souvent une iconographie expressionniste ou surréaliste pour mettre en image ce qu’il n’a pas osé écrire, ou ce qu'il appelle "les projections de son inconscient".

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Et pour terminer  je  vous propose un jeu : je vais  croiser en 2 couleurs différentes les phrases de la fin de Les Choses voient avec celles d'un autre roman : qui en est l' auteur, et quel est son titre ? saurez-vous le devinez ?

« On ne sait donc jamais qui habite une Maison ! Les choses, comme les hommes en croient le passé mort, et ce passé seul en reste l’hôte !

Rien ne bougeait dans le salon, la salle à manger ou l’escalier. Seulement, par les gonds rouillés et les boiseries dilatées (…) certains petits airs, détachés de la masse du vent (après tout la maison était délabrée) se faufilèrent dans les coins et se risquèrent à l’intérieur. (…)

Écoutez ce bruit de parquet, ce murmure de la pièce vide : c’est l’invisible qui se promène.

Frôlant les murs, ils poursuivaient rêveurs, comme s’ils demandaient aux roses jaunes et rouges de la tapisserie si elles allaient se faner, et questionnaient (doucement car ils avaient du temps devant eux) les lettres déchirées de la corbeille à papier, les fleurs, les livres, qui leur étaient ouverts à présent, et demandaient : Étaient-ce des alliés ? Étaient-ce des ennemis ? Combien de temps résisteraient-ils ?

 De l’air passe…c’est l’invisible qui respire. Il est sur le siège abandonné ; il a touché le sachet qui lui fut cher ; il caresse la glace aimée ; il sourit au cadran immobile dont l’heure  lui serait inutile.

Quoi qui puisse périr et disparaître ailleurs, ce qui repose ici est immuable. Ici, pourrait-on dire  à ces lumières fugaces, à ces airs tâtonnants, qui s’exhalent et se penchent jusque sur le lit, ici vous ne pouvez ni toucher ni détruire.

 Quand on fouille les lettres du tiroir, un parfum s’en exhale qui est le sien. L’invisible, vous-dis-je, ne quitte jamais la Maison. Il l’aide à garder ses secrets, il lui donne son visage, il en est le regard, il la peuple, elle meurt de ne plus le posséder. 

Tous ensemble ils exhalèrent un vain souffle de lamentation, à quoi répondit une porte dans la cuisine, qui s’ouvrit toute grande, ne laissa rien entrer, et se referma en claquant.

 (…) Mais déjà tout s’effaçait. De nouveau la poussière qui tournoie. Le soleil n’éclaire plus qu’un tourbillon de projectiles ténus, une fumée : moins encore, l’impalpable, le rien … »  

Alors, vous avez trouvé ? ………. ou vous donnez votre langue à un chat noir ?

 

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

 En violet, c'était Les Choses voient, et en turquoise Virginia WOOLF, Vers le Phare, écrit en 1927, 2ème partie Le Temps passe, dans la belle traduction de Françoise PELLAN de l’Université de Bourgogne, 1996, choisie pour l’édition de La Pléiade.

Je remercie très chaleureusement Édouard Bouyé, directeur des Archives départementales de la Côte d'Or, d’avoir assuré, pendant ma conférence, la lecture des textes des auteurs cités, et je vous remercie beaucoup pour l'intérêt que vous portez à mon travail.

Dans le dernier article, vous trouverez les illustrations du roman, la biblio et la sitographie, et tous les bonus. A bientôt !

 

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain 3/4: ses expériences spirites

Publié dans Les Yeux de Goethe

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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Publié le par Claude Léa Schneider

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Pour découvrir la face cachée d' Edouard Estaunié, je vous propose à présent de Suivre un Sentier Secret et Sidérant  que j’ai nommé :

« S comme EStaunié »

S comme Stéphane : c’est le 1er titre de son 1er roman, qu’il écrit à 25-26 ans dans le courant de l’année 1887. Mais le 1er janvier 1888 paraît le roman de Maupassant Pierre et Jean.  Écrivain qu’ Estaunié et sa mère apprécient beaucoup. Ils lisent donc Pierre et Jean, et là Estaunié s’aperçoit qu’il y a de flagrantes similitudes avec son Stéphane, qu’il vient d’écrire, qui n’est pas encore publié –il le sera 3 ans plus tard sous le titre de Un Simple.  Mais en attendant il écrit tout de suite à Maupassant pour l’assurer qu’il ne s’agit pas d’un plagiat mais d’une coïncidence.

 

Et chose étonnante, Maupassant, qui est à ce moment-là  un écrivain connu, en vacances à Cannes sur son voilier le Bel-Ami , répond  le 8 février 1888, à ce jeune ingénieur, écrivain novice, une lettre tout à fait bienveillante dont voici un extrait:

Monsieur et cher confrère,

 Quoi d'étonnant à ce que le même sujet nous ait tentés en même temps ? Vous avez eu la malchance de voir mon livre paraître avant le vôtre, alors que l'un et l'autre étaient prêts en même temps. C'est là une fatalité dont vous êtes victime, mais qui n'enlève aucun mérite à votre œuvre. Il est indubitable que vous ignoriez ce que j'écrivais, comme j'ignorais moi-même ce que vous écriviez, alors que, loin l'un et l'autre, sans nous connaître, nous achevions vous Stéphane et moi Pierre et Jean.(…)
Comment se fait-il que souvent deux hommes du même métier achèvent au même jour la même besogne, enfantent deux livres tellement pareils qu'ils semblent s'être communiqué leurs pensées et leurs sujets ? N'est-ce pas qu'ils ont reçu sans s'en douter le même germe d'émotion ? (…)    Je ne puis, Monsieur et cher confrère, que vous plaindre de l'ennui qui vous arrive. Je me permets en même temps de vous féliciter pour ce premier livre que j'ose louer puisqu'il ressemble au mien. Je lui souhaite en tout cas un grand succès et je vous prie de croire à mes sentiments très dévoués.
Signé : Guy de Maupassant

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

S comme Sud-OueSt/Bourgogne : Bourguignon par sa mère, il est aussi très attaché au Sud-Ouest paternel  jusqu’à avoir une maison de campagne à St Julien de Gras-Capou, dans l’Ariège, à l’ouest de Carcassonne. Voyez sa maison (à gauche)qui porte également une plaque ; à droite, vue de côté, la maison 29 place St Michel à Dijon. Un petit air de famille, non ?

Ses romans se passent principalement  dans le Sud-Ouest et en Bourgogne, avec en point commun, l’atmosphère provinciale étouffante, dans un style très classique, plus proche de Balzac que de Maupassant, finalement. Balzacien, peut-être, mais  apparemment classique et secrètement moderne, c'est ce que nous allons découvrir.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Coup d’œil rapide (ci-dessous) sur les romans « occitans » de l' "enchanteur oublié".

 

et sur ses romans bourguignons : Les Choses voient et Tels qu’ils furent se passent à Dijon. Solitudes à Vézelay, L’Appel de la Route à Semur en Auxois, L’Empreinte à Nevers, Madame Clapain, son seul roman policier, autour de Langres. Vous voyez au passage quelques rééditions des années 2000.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Quant à son roman, L'Ascension de M. Baslèvre il se passe à Paris, où il habite lui-même, et il raconte la vie confinée d’un vieux fonctionnaire célibataire. Et Estaunié sait de quoi il parle, parce que  j’ai le regret de vous dire que si vous attendiez « S comme Sexy », c’est raté !

On a parlé à son sujet de « littérature célibataire » puisque  on a recensé dans la  quinzaine de romans qu’il a écrits : 109 vieux garçons et vieilles filles, c’est-à-dire 77% de ses personnages !

Vous voulez sa définition de l’amour ? La voici :

  « L’amour est un combat, le corps à corps de deux adversaires acharnés à déchirer les plaies que leur solitude a faites »

La souffrance est pour lui  la 1ère façon d’exister. Il y a des histoires d’amour dans ses romans, mais ses intrigues sont compliquées, avec des héritages et des notaires, notamment dans Les Choses voient.  L’amour est toujours non dit, refoulé, malheureux et il conduit irrémédiablement au désespoir et à la mort …  Et dans irrémédiablement, il y a « diable » !!!

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Quand il était jeune homme, Estaunié aimait en secret et en silence,  une jeune fille, Jeanne Engel, fille d’une amie de sa mère, qui en a finalement épousé un autre, son ami Henry  Arnal, faute de savoir qu’Estaunié l’aimait –il ne le lui avait pas dit ! 30 ans plus tard, quand Henry Arnal divorce, et après la mort de sa mère, à plus de 50 ans, il finit par épouser Jeanne, qu’il aimait en secret pendant tout ce temps. Mais comment aurait-il pu le lui  dire ? Car les paroles trahissent

Ce qui importe, pour lui, dans nos relations avec les autres, ce sont nos silences - un critique l’appelle « le poète du silence »- car toute parole est mensonge ou trahison, même involontaire : « Les êtres humains sont ainsi faits : les mots qui les atteignent se colorent de leurs propres sentiments, et nous n’entendons jamais que nous-mêmes, quand un autre nous parle. »

 

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Il a certes une vie sociale et officielle très remplie, mais dans sa tête il est seul et toute sa vie il s’est  dit : « irrémédiablement seul. (…) Conscient de la solitude foncière dans laquelle sont les pauvres hommes, livrés à l’Inconnu qui de toutes parts les enserre. »

« Inconnu » est écrit avec une majuscule. C’est non seulement une solitude psychologique mais aussi  une solitude métaphysique  qu’il ressent, une « ceinture d’abîmes qui l’isole de l’univers».

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Il oscille toute sa vie entre l’éducation religieuse qu’il a reçue chez les Jésuites, le jansénisme familial, il récuse les deux, des phases d’athéisme  et une sorte de longue re-conversion  au catholicisme qui en fait ne le satisfait pas.  « Mon scepticisme persiste (…) je demeure perplexe en ce qui concerne le sens de la vie ».

Alors comment en littérature cerner par les mots l’être humain, cet insaisissable ?

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Dans la préface de son roman Solitudes, qu’il écrit pendant un séjour dans les Alpes, au pied de le Meije dans la Barre des Écrins, il écrit :« A l’heure où j’écris ces lignes, j’aperçois depuis ma fenêtre un alpiniste et des guides qui s’apprêtent à escalader la Meije… A ceux qui prétendraient pénétrer complètement le secret d’un cœur humain, fût-il le plus proche, je dirais volontiers qu’autant vaut, comme ces grimpeurs, partir pour une Meije. A l’arrivée, l’unique récompense qui les attend est aussi la découverte de la ceinture d’abîmes les isolant de l’univers, cependant qu’au-delà  le mystère des âmes peuple l’espace sans l’éclairer. »

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée
Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Mais Estaunié est un ingénieur,  passionné de sciences physiques,  qui a l’occasion de fréquenter  quelques grands savants de son temps comme Pierre et Marie Curie, Henri Becquerel, Henri Poincaré, le biologiste Félix Le Dantec … Scientifiquement, il est prêt à toutes les expériences, à toute meilleure connaissance de l’humain, cet être insaisissable et à la connaissance de ce qu’il appelle le « seuil », ce seuil entre la vie et la mort, qui l’obsède. Comment passe-t-on de la vie à la mort ?  Comment franchir ce seuil ?  Lui qui a vécu le choc  de la mort de son père in utero. D’ailleurs initialement Les Choses voient  devaient  s’intituler Le Seuil.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Au début des années 1900 il écrit : « La matière ! … grand mot qui effraye. Gardons-nous de le limiter au sens étroit de certains. La matière est l’éther subtil du physicien, le support du mouvement, cet inconnu dont l’existence est certaine parce qu’elle est nécessaire. C’est ici qu’on doit s’incliner, adorer presque le lien unifiant les manifestations de l’être…Tout est solidaire…Tout est ordonné. » Et donc pourquoi ne pas  essayer les sciences occultes, puisque justement on en parle ! il y a eu une véritable Fascination de l’Occulte pendant 2 siècles, entre 1750 et 1950, comme l’a montré la grande exposition de Strasbourg en 2011-2012, avec un réveil au milieu du 19e siècle,  plus exactement en 1848, aux États-Unis provoqué par  les 3 sœurs Fox qui agitent les esprits, si l’on peut dire. Elles prétendent entendre des coups frappés par un mort dans la cave de leur maison. Et elles le décrivent. Après ça, elles se rétractent, disent que c’est un canular,  mais quand elles meurent, à la fin du 19e siècle, leur maison est démolie et on découvre effectivement dans la cave, les ossements qu’elles avaient décrits. Alors : vérité ou canular ? qu’importe car le succès de l’événement  est immédiat et planétaire !

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Et d’où vient le mot spiritisme ? C’est un instituteur lyonnais, Léon Hippolyte  Denizard Rivail, (1804-1869), qui invente le mot « spiritisme ».  Il prend le pseudo d’Allan Kardec  et il publie en 1857 le Livre des Esprits qui théorise la pensée spirite, livre qui se répand très rapidement dans tous les milieux, et est immédiatement traduit. Succès planétaire également, particulièrement au Brésil où il est actuellement le Français le plus connu et où il compte aujourd’hui près de 4 millions d’adeptes.  Sur le net vous trouverez même une Kardecpedia ! (cf bibliographie et sitographie)

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Au même moment, entre septembre 1853 et octobre 1855,  Victor Hugo  en exil sur l’île de Jersey,  reste inconsolable de la mort de sa fille Léopoldine qui s’est noyée 10 ans auparavant. Initié par Delphine de Girardin,  Hugo explore ce qu’il appelle « la bouche d’ombre », et il se livre lui aussi  à des expériences de tables tournantes, il dit qu’il communique avec Léopoldine, mais aussi  avec Shakespeare et d’autres génies de l’humanité… Il fait également du dessin spirite, très à la mode,  en fixant un crayon au pied de la table.

Mais ces expériences ne sont pas du tout du goût de sa compagne Juliette Drouet. Voici la lettre qu’elle écrit à Hugo le 14 septembre 1853 : « Quel que soit mon peu de sympathie et d'affinité avec les esprits, pour peu que ton commerce avec l'autre monde continue, je serai forcée de me joindre à eux pour avoir la chance de te voir quelquefois. [...] Quant à vos diableries j'y vois pour l'avenir plus d'inconvénient que de plaisir, quelles que soient d'ailleurs vos convictions personnelles et collectives. Je m'explique mal, mais je sens que ce passe-temps a quelque chose de dangereux pour la raison, s'il est sérieux, comme je n'en doute pas de ta part, et d'impie, pour peu qu'il s'y mêle la moindre supercherie. » Mais Hugo écrit :  « Ceux que nous pleurons ne sont pas absents, ce sont les invisibles. » 

Point de vue partagé plus tard par Estaunié qui écrit  dans Les Choses voient  :

« Ne savez-vous pas qu’il y a dans l’espace plus d’êtres invisibles que de choses perçues ? »

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Estaunié a  une grande admiration pour Selma Lagerlöf, 1ère femme a obtenir  le Prix Nobel de Littérature,  en 1909,  auteur mondialement connue pour  Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède traduit et publié en France en 1912, mais qui a écrit  2 ans avant Liens invisibles , un recueil de nouvelles au cœur même des préoccupations d’Estaunié. En outre il a préfacé l’édition française d’un autre livre de Selma Lagerlöf : Le Monde des Trolls

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

Estaunié, intéressé par les  travaux de Charcot sur l’hypnose,  est venu au spiritisme  dans le cadre de ses activités scientifiques  sur l’énergie et  la télécommunication électrique. A l’époque, des scientifiques, des ingénieurs comme Estaunié mais aussi des médecins, des savants, sont très intéressés par le spiritisme. La science veut mesurer les esprits. Puisque Henri Becquerel,  Marie et Pierre Curie, que fréquente Estaunié,  mesurent  le phénomène physique de la radioactivité qu’on ne voit pas mais qui existe, on pense qu’on va pouvoir mesurer les esprits, qu’on ne voit pas non plus, et peut-être prouver qu’ils existent. On pense  que la photographie va pouvoir en apporter des preuves scientifiques irréfutables et il y a beaucoup de médiums qui se livrent à des expériences. Il y a des séances célèbres chez l’astronome Camille Flammarion par exemple. (photo ci-dessus).

Et, en 1912, à Freiburg, Albert von Schrenk-Notzing photographie  la fameuse médium Eva C qui semble avoir une matérialisation sur la tête et  une apparition lumineuse entre les mains. Le Musée d’Orsay possède par ailleurs toute une collection de photographies spirites, voir ci-dessous.

Il sera temps dans l'épisode suivant de passer concrètement aux expériences spirites d’Estaunié.  Alors à bientôt !

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 2/4 : la face cachée

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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Publié le par Claude Léa Schneider

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Bonjour à tous, merci pour votre fidélité. Vous trouverez ici les grandes lignes de ma conférence du lundi 24 septembre 2018 aux Archives départementales de la Côte d'Or. Par commodité de lecture sur ce blog , j'ai découpé ma conférence en 4 parties, donc 4 articles.

Attention : après une 1ère mise en ligne en début de journée, je m'aperçois que les images intégrées aux § du texte apparaissent sur ordi, mais  ne sont pas lisibles sur téléphone ! (les paramètres de l'hébergeur changent ...) Voici donc la 1ère partie remise à jour avec un plan en 4 articles pour une question de place.

1 biographie officielle

2 S comme EStaunié : la face cachée

3 Les expériences spirites d'Estaunié

4 bibliographie et sitographie en images

Voici pourquoi je me suis intéressée à Édouard Estaunié : au début des  années 2000, quand  j’ai emménagé à Dijon, je  garais  souvent ma voiture devant cette maison au n°29 de la place St Michel :

 

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Sur laquelle il y a une plaque où l'on peut lire : «Cette maison inspira à Édouard Estaunié son roman Les choses voient 1913. ». 

Ce titre qui me plaisait bien et qui me faisait gamberger.  Je m’imaginais une histoire fantastique à mi-chemin entre la célèbre interrogation  de Lamartine :

Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?...

Et les objets dérangeants des tableaux de  Magritte ou de Dali. Qui était ce célèbre Dijonnais  pour lequel on avait émis un timbre en 1962, à l’occasion du centenaire de sa naissance? Et son roman avait donc  été si important au point qu'on avait posé une plaque commémorative sur la maison qui l'avait inspiré ? 

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

J'ai donc commencé à chercher à la Bibliothèque d'Etude de Dijon et merci au passage à Alexandre Bakker et à Sébastien Langlois, responsables du fonds Estaunié qui comprend 108 articles et 6ml !

J'ai donc appris que la mère d' Edouard Estaunié, d’un milieu bourgeois et bourguignon aisé, avait épousé en 2e noces Édouard Estaunié, né à Toulouse en 1830, polytechnicien et brillant ingénieur des Mines, qui  était mort d’un accident professionnel (ou de typhoïde ?) en 1862, un mois avant la naissance de leur fils né

le 4 février 1862 à Dijon, 8 rue du Tillot où se trouve également une plaque. Et pour lui faciliter l’entrée dans la vie, sa mère lui a donné  le prénom de son père qui venait de mourir, ce qui fait que, comme m’a dit un jour à  propos de lui un pédopsychiatre : "comme ça il était déjà mort avant de naître ! »

 

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Même si sa mère avait  eu une fille d’un premier mariage, il vit en  fils unique une enfance pas drôle du tout, entre sa mère et son  sinistre et sévère  grand-père, et il va à l’école des Jésuites à Dijon.

Vous voyez à quoi ressemble Dijon à l’époque ? Pour vous situer, en 3 images :

En 1862 Dijon est une bourgade très rurale, mais  qui a de beaux restes du temps des Ducs et quelques vestiges des ruines de l’ancien château  dont la démolition ne sera achevée qu’à la fin des années 1890.

Bourgade mais qui  a l’eau courante et le chemin de fer, grâce à l’ingénieur Darcy. Une dizaine d’années avant, Napoléon III et l’impératrice Eugénie sont d’ailleurs venus inaugurer la gare, et admirer les tombeaux des ducs de Bourgogne.

Et pour vous situer, en 3 écrivains : en 1862, au moment où naît Estaunié,  Victor Hugo a 60 ans, il est en exil à Guernesey et il publie Les Misérables, ce qui occasionne des embouteillages et des queues rue de Seine à Paris dès 6h du matin et on se bat pour acheter la 2e partie, comme aujourd’hui pour acheter le nouvel IPhone.  Zola a 22 ans, a raté son bac et travaille chez Hachette.  Maupassant a 12 ans, vit chez sa mère en Normandie et se fait renvoyer de chez les Jésuites.

Estaunié, lui, ne se fait pas renvoyer  de chez les Jésuites! Il n’a pas intérêt : on le  destine à devenir polytechnicien comme son père ! Il part donc poursuivre ses études à Paris où sa mère, qui possède un appartement rue Vaneau dans le 7e , le suit.

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Même si à 7 ans il a commencé à en écrire en cachette, il ne devient pas écrivain tout de suite:   à 20 ans, il sort diplômé de l’École Polytechnique et de l’École Supérieure de Télégraphie et il devient ingénieur.

Et à 27 ans, pour  l’Exposition Universelle de Paris de 1889, celle de la tour Eiffel,  il réalise, avec un collègue, le premier dispositif permettant de mesurer les courants électriques dans les lignes téléphoniques :  ils obtiennent une médaille de bronze et les compliments d’Edison ! C’est aussi l’année où on nationalise le téléphone en France en  le réunissant aux Postes et Télégraphes : 10 000 abonnés au tel en France en 1890.

A partir de là il gravit très rapidement les échelons et il mène  une brillante carrière  de haut-fonctionnaire : il dirige le développement du télégraphe et du téléphone en France et il est successivement :

Directeur de l’École d’Application des Postes et Télégraphes où il enseigne également. Il introduit l’enseignement des langues étrangères et prend sur son temps libre pour emmener les élèves ingénieurs au Musée du Louvre, considérant qu’un bon ingénieur doit avoir une solide culture générale.

Directeur du matériel et de la construction
Inspecteur général des Télégraphes

 

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Il publie divers ouvrages scientifiques, dont en 1904 un  Traité de communication électrique dans lequel, pour définir à la fois le télégraphe et le téléphone il invente le mot « télécommunication ». Mot particulièrement bien trouvé, au succès international immédiat  et suffisamment large pour y inclure aussi nos modes de communication actuels,  puisqu’aujourd’hui encore on n’en a pas trouvé de meilleur.

 C’est dire si dans son métier il a été un ingénieur moderne, audacieux, novateur, voire visionnaire pour les progrès qu’il a fait accomplir aux futures Télécom.

Suffisamment reconnu pour que à l’École Supérieure des Telecom de Paris,  actuelle Telecom Paris Tech dans le 13ème arrondissement, il y ait  un amphithéâtre moderne qui porte  son nom : Amphi Estaunié,

Et pour que  les  Télécom Physique Strasbourg, anciennement École Nationale Supérieure de Physique de Strasbourg ait donné à sa promotion 2011 le nom de «  promotion Édouard Estaunié »

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Mais ce n’est pas tout :

Pendant la Première  Guerre mondiale, alors qu’il n’est déjà plus tout jeune, il devient Inspecteur général du Grand Quartier britannique pour les liaisons franco-anglaises et il assure la liaison télégraphique du quartier général anglais jusqu’en 1917.

En 1919, il préside la Commission de liquidation des biens allemands en Alsace-Lorraine

Et ce n’est toujours pas tout :

Pendant ses loisirs, et en 1911, après une demande de mise en disponibilité de ses fonctions officielles, il poursuit son idée d’enfance et il écrit une bonne quinzaine de romans, ce qui lui vaut :

En 1908, le prix Fémina pour son roman La Vie secrète.  En 1923 l’élection à l’Académie française, carrément ! mais ça n’a l’air de le faire sourire !

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle
 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Et c’est pas encore tout, du tout :

En 1924, il est à l’initiative de la création de La Société des Amis du Musée de Dijon dont il devient président.

Il devient également Président de l'Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Dijon.

De 1925 à 1942, il est  président de l’Association bourguignonne des sociétés savantes

En 1926 il est président de la Société des Gens de Lettres de France

Il est aussi commandeur de la Légion d’Honneur, décoré du DSO britannique et de l'ordre de Léopold de Belgique.

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Et consécration suprême : dans les années 60,  il est dans les manuels scolaires de Littérature du XXe siècle : au chapitre « Ordre et Tradition » dans le Castex et Surer, et  au chapitre « Le roman avant 1914 » dans le Lagarde et Michard.

Et voilà une vie bien remplie ! mais ce n'est que la face officielle du personnage, celle que l'on trouve sur les sites des institutions culturelles qui lui sont consacrés.

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Mais il est aussi un autre, il a une face cachée méconnue.  Je vais  l’orienter côté sombre et spirite dans le prochain article où il ne sera plus tout à fait le même ! A suivre ...

A bientôt !

 Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 1/4 : biographie officielle

Publié dans Les Yeux de Goethe

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Grande Guerre : deux romanciers d'aujourd'hui

Publié le par Claude Léa Schneider

Mathurin Méheut (1882-1958 ) Le salut au mort, photo musée Mathurin Méheut à Lamballe.

Mathurin Méheut (1882-1958 ) Le salut au mort, photo musée Mathurin Méheut à Lamballe.

Puisque  STATION SIMONE, avec les Archives départementales de la Côte d’Or, diffuse, dans les Inédits de la Grande Guerre, de larges extraits des lettres d’Apolline Soichot qui confie à son mari, affecté à Bourges, le roman intime de son quotidien dijonnais,  que nous partageons ses soucis et que ses mots simples nous touchent,   interrogeons-nous un instant sur ce que nous apportent, au-delà du devoir de mémoire,  les écrivains de notre temps qui écrivent encore et toujours , et pour notre plus grand intérêt,  des romans sur la Grande Guerre.

Une documentation  renouvelée et enrichie de la mise à disposition, voire en  ligne, des Archives ?

Une parole libérée des censures et du non-dit social qui a régné longtemps,  une parole qui ose parler par exemple des fusillés pour l’exemple et des automutilations ?

 Une nouvelle distance critique sur le patriotisme?

Un texte  dépouillé de beaucoup de  réalisme technique  des combats,  écrit  dans une langue contemporaine qui nous touche davantage ? Car  qui comprend encore l’argot de l’époque des dialogues entre Poilus, des expressions comme  se mettre « un cintième de casse-pattes dans l’cornet » « chez une mouquère de l’endroit» (Henri Barbusse, Le Feu) ?

Une plus grande aptitude stylistique -cinématographique-  à mettre en scène la violence ?

 Une meilleure prise en compte du rôle de l’armée d’Afrique ?

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Grande Guerre : deux romanciers d'aujourd'hui

 L'écriture moderne, même de facture classique nous procure une plus grande peut-être une plus grande proximité de sentiments.

Un roman comme  Les Champs d’honneur de Jean Rouaud (Editions de Minuit, prix Goncourt 1990) m’a fait ressentir « de l’intérieur » tout un registre d’émotions intimes, comme, par exemple, ce passage de la permission d’Emile : 

« Entrant en tenue de soldat dans la chambre, à la tombée de la nuit, il s’approche sans bruit du berceau, se penche avec précaution pour ne pas verser sur cette petite chose endormie les tumultes de la  guerre – abasourdi  de joie soudain par ces minuscules poings serrés sur des songes blancs, ses cheveux d’ange, le trait finement ourlé de ses yeux clos, le réseau transparent de ses veines, l’inexprimable fraîcheur de son souffle qui trace sur la main meurtrie d’Émile comme une invitation au silence. Soulevant le voile de mousseline, Mathilde présente son œuvre à son grand homme. Car elle le voit grand  dans sa triste tenue de combat qui sent la sueur, la poussière, l’infortune des armes. »

Jean Rouaud et Mathurin Méheut, Eclats de 14, Dialogues.

Jean Rouaud et Mathurin Méheut, Eclats de 14, Dialogues.

Eclats de 14  met en résonance les images des Croquis de guerre de  Mathurin Méheut, peintre breton mobilisé et survivant de quatre années de tranchées,  avec le texte poétique écrit spécialement   en regard par Jean Rouaud pour la commémoration de la Grande Guerre.

ci-dessous quelques liens pour en savoir davantage.

Dans un tout autre style, Laurent Gaudé, né en 1972,(Prix Goncourt 2004) nous émeut dans Cris par son style dépouillé à l’extrême et par  l’âge qu’avait le romancier lorsqu’il a écrit ce roman : 29 ans.

L’âge moyen des Poilus. Ecrire en 2001, à 29 ans, un roman « de l’intérieur » sur la Grande Guerre ...

Laurent Gaudé, Cris, 2001 (Actes Sud Babel)

Laurent Gaudé, Cris, 2001 (Actes Sud Babel)

Et pour rester sur le même auteur, venez assister  le 7 avril au spectacle du prochain GUEULOIR du Petit Cîteaux

GUEULOIR #6 extraits de "De Sang et De Lumière" de Laurent GAUDE

Le samedi 7 avril 2018 à 19 heures
Au 18, rue Charlie Chaplin (Petit Citeaux) Dijon

Avec Christian SAUVAGE (piano) et Elisabeth BARBAZIN (voix)

"Je veux une poésie du monde qui voyage, prenne des trains, des avions, plonge dans des villes chaudes, des labyrinthes de ruelles. Une poésie moite et serrée comme la vie de l’immense majorité des hommes. Je veux une poésie qui connaisse le ventre de Palerme, Port -au-prince et Beyrouth, ces villes qui ont visages de chair, ces villes nerveuses, détruites, sublimes, une poésie qui porte les cicatrices du temps et dont le pouls est celui des foules…

L’écriture ne m’intéresse pas si elle n’est pas capable de mettre des mots sur cela. Qu’elle maudisse le monde ou le célèbre mais qu’elle se tienne tout contre lui. Nous avons besoin des mots du poète, parce que ce sont les seuls à être obscurs et clairs à la fois. Eux seuls posés sur ce que nous vivons, donnent couleurs à nos vies et nous sauvent, un temps, de l’insignifiance et du bruit." Laurent GAUDE

 

Grande Guerre : deux romanciers d'aujourd'hui
Photos Archivves départementales de la Côte d'Or
Photos Archivves départementales de la Côte d'Or

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Grande Guerre : de "la Pyro" (Bourges) à Dijon

Publié le par Claude Léa Schneider

"la Pyro" à Bourges (photo Archives départementales du Cher)

"la Pyro" à Bourges (photo Archives départementales du Cher)

Ce n° 8 des Inédits de la Grande Guerre commence une série de sept épisodes consacrés à de larges extraits de  lettres d'Apolline Soichot à son mari, Henri Soichot qui était serrurier rue Berbisey à Dijon.

Henri Soichot est mobilisé et affecté à Bourges au 37e régiment d'artillerie. Ce régiment regroupe des ouvriers et des techniciens qui étaient chargés de la fabrication des obus de 75.

Il est  personnellement affecté aux ateliers de fabrication des fusées éclairantes, la "Pyro".

La famille Soichot  a des vignes à Marsannay-la-Côte. Apolline se partage  entre l'atelier de la rue Berbisey qu'elle essaie de maintenir en activité avec l'aide des vieux ouvriers et les vignes de Marsannay.

Les lettres d'Apolline forment une sorte de chronique de la Grande Guerre vue de Bourgogne

Pour écouter des extraits de ses lettres de mars 1915, cliquez sur le lien STATION SIMONE en fin d'article.

Pour rester dans le thème de la correspodance pendant  la Grande Guerre

Pour rester dans le thème de la correspodance pendant la Grande Guerre

Photos Archives départementales de la Côte d'Or
Photos Archives départementales de la Côte d'Or

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Vignes, vin et Grande Guerre

Publié le par Claude Léa Schneider

image-fournie-Historial-Peronne-montrant-poilu-tenant-plusieurs-bouteilles_2_729_1095

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Au front,  bien des Poilus vignerons pensent à leurs vignes, tandis que leurs épouses essaient de mener à bien le travail nécessaire sur les exploitations, à la recherche d'aides valides ... Suivez l'épisode 7 des Inédits de la Grande Guerre.

Pas de roman (à ma connaissance) à vous proposer qui décrive le travail des femmes aux vignes pendant la Guerre de 14, hélas. Si vous en connaissez, merci de proposer des titres en commentaire.

En revanche, on trouve quelques ouvrages et des articles récents sur le rôle du vin pendant la Grande Guerre.

Pour écouter Les Inédits de la Grande Guerre, c'est ici chaque mercredi à 14h et chaque dimanche à 20h.

https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index

en podcast : http://stationsimone.free.fr

Nouveau : vous pouvez aussi cibler ce code à l'aide de votre mobile (téléchargez une application gratuite comme "Scanner QR")         R

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Des livres dans lesquels on trouve des chapitres sur le vin pendant la Grande Guerre
Des livres dans lesquels on trouve des chapitres sur le vin pendant la Grande Guerre
Des livres dans lesquels on trouve des chapitres sur le vin pendant la Grande Guerre

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Photos Archives départementales de la Côte d'Or
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Grande Guerre : Louis Pergaud et Roland Dorgeles

Publié le par Claude Léa Schneider

Grande Guerre : Louis Pergaud et Roland Dorgeles

Episode 6 : "Rien ne vaut la Bourgogne."

Alors que les Poilus bourguignons sont ballottés au gré des affectations, des ordres et des contre-ordres, plus d'un pense avec nostalgie à sa chère Bourgogne !

Retrouvez ces inédits lus par Edouard Bouyé, directeur des Archives départementales de la Côte d'Or sur STATION SIMONE.

Bourgogne et Franche-Comté : une occasion de vous présenter le Carnet de guerre de Louis PERGAUD  publié pour la première fois en intégralité  en ... 2011 !

Carnet de guerre, de Louis Pergaud. Éditions établie par Françoise Maury. Suivi d'Un tombeau pour Louis Pergaud, par Jean-Pierre Ferrini. Le Mercure de France, 158 p., 6,80 €.

Louis PERGAUD, né en 1882 à Belmont  près de Besançon (Doubs), passe la première partie de  sa (courte) vie dans sa Franche-Comté natale où il fut instituteur et eut tout le loisir d’observer le langage et les jeux des gamins que l’on retrouve dans La Guerre des Boutons (qu’il écrit cependant à Paris en 1912), et la vie des bêtes  dans De Goupil à Margot, prix Goncourt 1910 (opposé à Colette et Apollinaire …). Le Roman de Miraut, chien de chasse paraît en 1913.

Il est mobilisé le 3 août 1914 et, bien que pacifiste et antimilitariste, il  part tout de même dans l’enthousiasme, comme tant d’autres. Mais il déchante vite. Dès le 1er jour de sa mobilisation il  note sur son carnet au jour le jour et presque toujours dans l’urgence sa vie de Poilu.

Son carnet s’arrête au  6 avril 1915.  En effet le 7 avril 1915, il écrit à sa femme : « Je te conterai plus tard des histoires émouvantes et terribles, et gaies aussi …En attendant, il faut s’armer de patience et de courage. »

Louis Pergaud en tenue militaire. Photo http://jeanmichel.guyon.free.fr/monsite/recits/lp2.jpg

Louis Pergaud en tenue militaire. Photo http://jeanmichel.guyon.free.fr/monsite/recits/lp2.jpg

Dans la nuit du 7 au 8 avril 1915, dans le secteur des Eparges, l’ordre arrive d’attaquer la cote 233. Louis PERGAUD  dirige le peloton de tête. Au matin, il est porté « disparu ». Il avait 33 ans.

Fiche militaire de "Louis PERGAUD porté disparu" ici :

www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/visionneuse/visionneuse.php?arko=YToxMDp7czoxMDoidHlwZV9mb25kcyI7czoxMzoic3BlY2lmX2N

Son corps n’a jamais été retrouvé, cependant on en sait peut-être davantage aujourd’hui sur les circonstances exactes de sa mort.

Pour en savoir davantage, voir le chapitre « mort » ainsi que les notes d’y rapportant   de cet article : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Pergaud

On peut penser que les notes laconiques et crues du Carnet de  PERGAUD étaient destinées à être reprises ultérieurement sous une forme plus élaborée.

Pour en savoir davantage sur le  Carnet de guerre  de Louis Pergaud, lire des commentaires et divers liens, je vous recommande le site Babelio :

https://www.babelio.com/livres/Pergaud-Carnet-de-guerre-suivi-deUn-tombeau-pour-Louis-/317700

 

 

 

Autre ouvrage publié en 2006 par "Connaissance de la Meuse"

Autre ouvrage publié en 2006 par "Connaissance de la Meuse"

Et puisque "Rien ne vaut la Bourgogne", une occasion de revenir sur un livre célèbre  qui a été écrit à Longvic (Côte d'Or)

 

Car ce  n'est pas un hasard si le collège de Longvic (21355) s'appelle Roland DORGELES.

Roland DORGELES (1885-1973), qui vivait à Paris dans le quartier de Montmartre, s'engage en 1914, rejoint en 1915 l’aviation française et devient instructeur. Il loge au 9, route de Dijon à Longvic, et entre deux séances d'instruction, il travaille à son roman Les Croix de bois qu'il termine en 1917.

 

Le roman Les Croix de bois paraît après guerre,en 1919, reçoit le prix Femina après avoir manqué de peu le prix Goncourt qui est attribué  à  A l'ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel PROUST par  6 voix  contre 4 ...

Six voix d'un jury qui a fort heureusement décelé tout ce que PROUST avait de novateur, car même si le roman de Roland DORGELES est un témoignage poignant de la Grande Guerre vécue au jour le jour, le style en lui-même n'apporte rien de vraiment  nouveau. Mais ce livre le rend immédiatement célèbre.

En plus des Croix de bois  Roland DORGELES consacre quatre ouvrages à l'épreuve de la guerre et des tranchées, dans des genres très divers !

La machine à finir la guerre (1917)

La Cabaret de la Belle Femme (1919)

Saint Magloire (1922)

Le Réveil des Morts (1923)

il entre ...à l'Académie Goncourt en 1929 et écrit de très nombreux romans, reportages, récits de voyages.

Une citation : "Serons-nous jamais lavés de tant de souffrance ?"

 

 

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Le pont de Longvic : la plaque se trouve à droite de l'enseigne bleue que l'on aperçoit tout à fait à droite de la photo.

Le pont de Longvic : la plaque se trouve à droite de l'enseigne bleue que l'on aperçoit tout à fait à droite de la photo.

Statue de Pergaud à Besançon (parc Micaud)  d'après Bourdelle et plaque Dorgelès à Montmartre.
Statue de Pergaud à Besançon (parc Micaud)  d'après Bourdelle et plaque Dorgelès à Montmartre.

Statue de Pergaud à Besançon (parc Micaud) d'après Bourdelle et plaque Dorgelès à Montmartre.

Photos Archives départementales de la Côte d'Or
Photos Archives départementales de la Côte d'Or

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