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Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or

Publié le par Claude Léa Schneider

images: Archives départementales de la Côte-d'Or

images: Archives départementales de la Côte-d'Or

[EN ARGONNE SIMONE] Inédits de la Grande Guerre. "Des nouvelles de l'arrière" où les femmes prennent des décisions et gèrent le quotidien comme elles le peuvent, mettant à contribution tous les valides restés au village. L'action de ce 5ème épisode se passe à Epagny en Côte d'Or dans la famille d'Eugène Voisot.

c'est ici mercredi 28 février à 14h  :https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index et en replay dimanche 4 mars à 19h.

et aussi en podcast sur le site http://stationsimone.free.fr

 

La sélection de livres de la semaine.
La sélection de livres de la semaine.
La sélection de livres de la semaine.

La sélection de livres de la semaine.

Et une série de 5 BD : scénario de Régis Hautière et dessin de Hardoc :

La guerre des Lulus : les aventures mouvementées d’un petit groupe de quatre garçons, Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig, tout au long des années de la Grande Guerre.

Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or
Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or
Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or
Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or
Des nouvelles d'Epagny en Côte-d'Or
Les Inédits de la Grande Guerre : une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives de la Côte d'Or
Les Inédits de la Grande Guerre : une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives de la Côte d'Or

Les Inédits de la Grande Guerre : une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives de la Côte d'Or

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Poèmes de la Grande Guerre

Publié le par Claude Léa Schneider

Les Inédits de la Grande Guerre. L'épisode 4 :  "Poèmes de Guerre"  s'écoute sur

https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index

mercredi 21 février à 14h, rediffusion dimanche 25 février à 19h. Textes lus par Edouard Bouyé, directeur des Archives départementales de la Côte-d'Or

et également en podcast ici :

http://stationsimone.free.fr

L'ouvrage ci-dessous présente les poèmes de quatre grands poètes, combattants de la Grande Guerre,  les Calligrammes et les Poèmes à Lou de Guillaume Apollinaire étant les plus connus. Mais aussi : Eluard :  Poèmes pour la Paix (publiés en 1918). Drieu la Rochelle :  Interrogation, 1917 puis Fond de cantine, 1920 . Cocteau  : Escale - Poésies (1917-1920), entre autres.

 

 

Mais il y a des poètes de la Grande Guerre beaucoup plus humbles : en effet, beaucoup de Poilus font de leur vie au front des poèmes et des chansons.

Retrouvez dans l'émission un poème, intitulé La Relève,  écrit à Perthes-les-Hurlus en 1915 et un poème de Gaston Lebault Soir de guerre, écrit en 1916.

Les carnets et cahiers des Poilus s'ornent également de dessins poignants (document Archives départementales de la Côte-d'Or)

 

A propos de Perthes-les-Hurlus, je ne saurais trop vous recommander la lecture d'un curieux roman, à la fois policier et récit d'enfance partiellement autobiographique (orphelinat et mère internée). L'auteur en est Jean Meckert, (1910-1995) alias Jean Amila et beaucoup d'autres pseudos...

L'histoire raconte la vie de Michou 9 ans dont le père a été fusillé  pour l'exemple à Perthes-les-Hurlus  pendant les mutineries de novembre 1917. Dans la première partie du livre Michou est témoin de toutes les brimades quotidiennes que sa mère subit car, pour l'opinion populaire de l'époque, son mari est mort en "lâche".

 

Livre dont a été tiré le film ci-dessus (Jean Amila a collaboré au scénario peu de temps avant sa mort)

Livre dont a été tiré le film ci-dessus (Jean Amila a collaboré au scénario peu de temps avant sa mort)

Pour les ados, un roman apprécié dont le héros, Victor, a 14 ans en 1918.

Pour les ados, un roman apprécié dont le héros, Victor, a 14 ans en 1918.

Et un album "historique" pour les plus jeunes, dont le fac-similé a été réédité en 2014.

Et un album "historique" pour les plus jeunes, dont le fac-similé a été réédité en 2014.

Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives départementales de la Côte-d'Or.
Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives départementales de la Côte-d'Or.

Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de Station Simone en collaboration avec les Archives départementales de la Côte-d'Or.

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Les revers de la gloire

Publié le par Claude Léa Schneider

Photo : Archives Départementales de la Côte-d'Or

Photo : Archives Départementales de la Côte-d'Or

[EN ARGONNE SIMONE] INEDITS DE LA GRANDE GUERRE 3ème épisode "Les revers de la gloire", ou comment certains poilus portent un regard très critique sur l'"héroïsme pour les autres" des chefs de guerre qui n'hésitent pas à sacrifier des régiments entiers pour "grignoter" quelques mètres de terrain sur l'ennemi.
C'est aujourdhui mercredi à 14h et en replay dimanche 18février à 19h


Sur https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index
 

Et toujours notre bonus- biblio en images, pour jeunes et moins jeunes :

 

Chaque semaine, un choix varié pour tous.
Chaque semaine, un choix varié pour tous.
Chaque semaine, un choix varié pour tous.

Chaque semaine, un choix varié pour tous.

Les revers de la gloire

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Grande Guerre : la première fois

Publié le par Claude Léa Schneider

Photo Archives départementales de la Côte-d'Or

Photo Archives départementales de la Côte-d'Or

Mercredi 7 février à 14h sur STATION SIMONE le 2ème épisode des Inédits de la Grande Guerre,

https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index

épisode intitulé "La première fois". Tous les journaux intimes de Poilus insistent sur cette "première fois",  ce premier contact avec la réalité terrible de la guerre.

Lus par  d'Edouard Bouyé, directeur des Archives départementales de la Côte-d'Or, des extraits de journaux intimes de Pierre Lanvin, Gabriel Degoix,et André Bitot.

Rediffusion de l'épisode dimanche 11 février à 19h.

Comme toutes les semaines, je vous propose deux livres sur la Guerre de 14-18. Cette semaine les deux sont des témoignages : celui d'un grand écrivain, et les lettres échangées par 3 frères.

Ceux de 14, de Maurice Genevoix, un gros livre qu'on peut lire par épisodes, dans l'ordre ou le désordre...

 

Et à chaque fois, un livre ou un album destiné à un lectorat plus jeune:

 

Grande Guerre : la première fois
Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de la web radio Station Simone
Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de la web radio Station Simone

Les Inédits de la Grande Guerre sont une émission de la web radio Station Simone

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Un pape rue Jeannin à Dijon ?

Publié le par Claude Léa Schneider

 Portait du Pape Pie VI en 1775 par Pompeo Batoni

Portait du Pape Pie VI en 1775 par Pompeo Batoni

Bonjour à tous,

Je relaie ici une info et une conférence qui intéresseront sans doute les amateurs de l'histoire de Dijon, et particulièrement les habitants de la rue Jeannin,

et  plus encore les adhérents et amis de l'association Jeannin Janime

du Quartier Jeannin.

 

Mercredi 7 février 2018, 18 h, à la Salle de l’Académie

(5, rue de l’École-de-droit-21000 Dijon )

conférence d'Édouard Bouyé

(directeur des Archives départementales de la Côte-d’Or)

« Pie VI otage au 45, rue Jeannin à Dijon ?

Un projet mort-né (1799) » 

dans le cadre du cycle de conférences organisées par

l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon

 

Dijon, 45 rue Jeannin, hôtel Berbis de Longecourt

Dijon, 45 rue Jeannin, hôtel Berbis de Longecourt

Voici le texte de présentation de la conférence d'Edouard Bouyé :

 

"Le pape Pie VI, prisonnier du Directoire, meurt à Valence le 29 août 1799, épuisé par la vieillesse, la maladie et les épreuves. Ordre avait pourtant été donné par Paris, le 22 juillet précédent, de le transférer à Dijon. Mais, ce transfert étant jugé incompatible avec son état de santé, Pie VI reste à Valence et y meurt.

(Ne pas) voir Dijon et mourir : ce non-événement a une histoire qui révèle des ressorts du Directoire finissant.

qui joue depuis l’an II au chat et à la souris avec déloger un suspect, Nicolas-Philippe Berbis, marquis de Longecourt, un problème d’ordre public (puisqu’il s’agit d’un otage à surveiller) mais aussi politique (car maltraiter le vieillard créerait du scandale). Il permet en tous les cas de aux autorités dijonnaises Sur fond d’incertitude militaire et de confusion politique, les autorités constatent à la fois le succès mitigé des nouveaux cultes et l’assagissement des « fanatiques ». L’embarrassant ordre du Directoire pose est choisie pour mettre Pie VI en lieu sûr. ville-étape sur la route de Paris, ville-repli en retrait du théâtre italien de la guerre, Dijon,
la Révolution : jamais émigré, toujours suspect, parfois incarcéré, on trouve enfin une bonne raison de l’expulser de son somptueux hôtel du 45, rue Jeannin.

La correspondance échangée pendant ces dix jours où Dijon se prépara à recevoir l’illustre, égrotant et encombrant vieillard révèle en creux, dans l’ambiance crépusculaire du Directoire dont chacun pressent la fin, l’attachement, inattendu et paradoxal, à la personne du pape, que Chateaubriand perçoit et exprime quelques mois tard dans Le Génie du Christianisme."

 

 

Salle de l'Académie à Dijon et logo
Salle de l'Académie à Dijon et logo

Salle de l'Académie à Dijon et logo

Publié dans Jeannin Janime

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Inédits de la Grande Guerre

Publié le par Claude Léa Schneider

Inédits de la Grande Guerre

Chaque mercredi à 14h avec rediffusion le dimanche suivant à 19h, retrouvez les Inédits de la Grande Guerre : 40 épisodes collectés par les Archives Départementales de la Côte-d’Or et lus par leur directeur, Édouard Bouyé.  Montage et mise en onde :  Claude Léa Schneider.

Un feuilleton de lettres et de journaux intimes à suivre jusqu’au  11 novembre 2018, pour célébrer le centenaire de l’armistice de la Grande Guerre, signé à Rethondes le 11 novembre 1918 !

Avec chaque semaine, sur la page Facebook de Station Simone, un document d’archives  inédit en rapport avec l’épisode. 

Et aussi régulièrement des bonus et des suggestions biblio en images   sur ce blog

Les Archives Départementales de la Côte-d’Or, c’est là : http://www.archives.cotedor.fr

Cette semaine, épisode 1 "Prémices de guerre". (photo Archives Départementales de la Côte-d'Or)

 

Chaque semaine, une biblio en images avec 2 ouvrages dont un pour des lecteurs plus jeunes.

Chaque semaine, une biblio en images avec 2 ouvrages dont un pour des lecteurs plus jeunes.

Le Journal d'Adèle, un récit qui se passe à Crécy, près de Sombernon, en Bourgogne. A lire ou à écouter.
Le Journal d'Adèle, un récit qui se passe à Crécy, près de Sombernon, en Bourgogne. A lire ou à écouter.
Le Journal d'Adèle, un récit qui se passe à Crécy, près de Sombernon, en Bourgogne. A lire ou à écouter.

Le Journal d'Adèle, un récit qui se passe à Crécy, près de Sombernon, en Bourgogne. A lire ou à écouter.

Inédits de la Grande Guerre

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En culture, Simone !

Publié le par Claude Léa Schneider

Bonjour à tous ! Merci à vous d'avoir continué régulièrement à visiter ce blog un peu en stand by pendant que je travaillais activement au démarrage de notre web radio associative et culturelle [STATION SIMONE] !

Construire une radio, même une web radio, c'est un travail très prenant,comme vous pouvez l'imaginer, !

Comment écouter [STATION SIMONE] ? En cliquant sur le lien ci-dessous :

https://www.radionomy.com/fr/radio/21stationsimone/index

Ci-dessous nos différents liens

La ligne éditoriale de [STATION SIMONE] :

"[STATION SIMONE] s’engage à diffuser  toutes formes de cultures et à porter un regard critique et/ou amusé sur le monde. Sa ligne éditoriale  a pour objet de défendre les droits à l’information et à la culture. Elle veille à privilégier, à travers des rencontres, l’ouverture sur le monde et les arts : musique, cinéma, littérature, poésie, arts vivants, spectacles…, l’actualité, les langages, les nouvelles technologies, le développement durable, la citoyenneté… »

Pour ma part, je me suis engagée à animer et à produire en partie des émissions sur des thèmes habituellement peu représentés à la radio : théâtre, poésie, ressources des Archives... mais pas que !

Découvrez ci-dessous 4 émissions que j'ai le plaisir d'animer ou de réaliser.

Au prochain épisode, je vous parle de mon émission d'interview : [SIMONE QUESTIONNE]. A bientôt !
Au prochain épisode, je vous parle de mon émission d'interview : [SIMONE QUESTIONNE]. A bientôt !
Au prochain épisode, je vous parle de mon émission d'interview : [SIMONE QUESTIONNE]. A bientôt !
Au prochain épisode, je vous parle de mon émission d'interview : [SIMONE QUESTIONNE]. A bientôt !

Au prochain épisode, je vous parle de mon émission d'interview : [SIMONE QUESTIONNE]. A bientôt !

Publié dans Station Simone

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Dresde : cité-jardin et poésie contemporaine

Publié le par Claude Léa Schneider

Cité-jardin de Hellerau (quartier de Dresde)

Cité-jardin de Hellerau (quartier de Dresde)

Petit retour sur des moments forts de février 2017, quand la Maison de Rhénanie-Palatinat accueillait une exposition sur Hellerau  et conjointement l'écrivain et poète allemand Durs Grünbein à l'occasion de TemPoésie.

Hellerau est un quartier du nord de la ville de Dresde (en Saxe, Allemagne du Nord)  connu pour avoir été le cadre de  l'implantation d'une des premières cités-jardins.

Hellerau  a attiré de nombreux artistes, compositeurs, écrivains, danseurs, scénographes, pédagogues ... dont le pédagogue écossais Alexander Sutherland Neill  qui a fondé son école à Hellerau avant de la transférer à Summerhill, dans le Suffolk en 1924.

La cité jardin comprenait également un théâtre très moderne -le Festspielhaus- où sont venus Diaghilev, Nijinsky, Rachmaninov ...

Le quartier comprenait aussi une importante fabrique de meubles design très réputée.

L'expérience sociale, artistique et utopique de Hellerau a pris fin en 1933 avec l'arrivée des nazis.

Du temps de la RDA, le Festspielhaus a été occupé par l'Armée rouge jusqu'à la chute du Mur de Berlin.

Aujourd'hui, devenu le Kunstforum Hellerau, c'est un centre artistique européen.

Pour en savoir davantage, suivez les liens ci-dessous (en français)

et un document intéressant avec beaucoup de photos sur 3 cités-jradins, dont Hellerau : (en bilingue)

https://www.dresden.de/media/pdf/europa/Strassburg-hellerau-stockfeld

Dresde : cité-jardin et poésie contemporaine
Hellerau, le Festspielhaus.

Hellerau, le Festspielhaus.

L'écrivain et poète Durs Grünbein est né à Dresde en 1962. Il a vécu dans le quartier de Hellerau. Il raconte des épisodes de son enfance dans son roman Die Jahre im Zoo (Les années au zoo), roman non encore traduit en français, mais dont vous trouverez un extrait ci-dessous, traduit par notre atelier collectif de traduction de la Maison de Rhénanie-Palatinat.

Cette "ouverture", qui est l'incipit du roman, montre les cadrages particuliers (plongée et contre-plongée) qui caractérisent son style narratif qualifié parfois de "baroque post-moderne".

« Tout l’art de Durs Grünbein, qui est l’un des grands auteurs allemands d’aujourd’hui, est de mettre de la tension narrative, de « l’épopée » dans la poésie, d’en faire un récit », écrit Georges-Arthur Goldschmidt dans la préface du recueil Après les satires.

 

 

           

"Ouverture après coup (Ouvertüre im nachhinein  )

La fiabilité des souvenirs, comme chacun le sait d’expérience, ne vaut pas grand-chose.  Matière et mémoire  ont ceci en commun qu’elles peuvent engloutir des mondes entiers sans que la surface des jours montre la moindre ride. En réalité  tout comme disparaissent d’un clic des visages, des quartiers et  des scènes de rue, des pans entiers de vie  peuvent être  balayés avec les lieux  et les sentiments correspondants  comme s’ils n’avaient jamais existé.

Pourtant je me souviens  encore parfaitement de mon  premier cauchemar. Il était resté gravé en moi parce qu’il s’était répété de nombreuses nuits. Jusque-là j’ai dû  être relié à tout et à tous, à la manière des peuples primitifs et des petits enfants : à partir de ce moment je ne fus  plus que l’enfant unique,  dans tout ce qu’il avait de perdu et de raté. Le déroulement était toujours le même. Ça se passait dans notre maison du lotissement de Hellerau à la périphérie de Dresde, où nous avions emménagé peu de temps avant que j’aille à l’école, et ça devait être à l’époque où  l’on apprenait à lire, à écrire et les bases du calcul.

L’obscurité venue, à peine étais-je allongé dans mon lit que l’espace commençait à  s’élargir vers le haut et à tourner autour de moi.  De très haut je me voyais moi-même, minuscule, couché en bas dans mon pyjama à fleurs. Au-dessus de la chambre, séparée seulement de celle où dormaient les parents par une porte coulissante à  vitre dépolie, et qui nous servait de salle de séjour dans la journée, la maison était éventrée.  Le plafond s’était ouvert sur la nuit  comme la coupole d’un observatoire. Entre moi et l’univers il n’y avait plus de toit et au-dessus des armoires  commençait désormais le firmament. J’étais exposé  à l’espace extérieur, humide, froid et incommensurablement noir et j’avais l’impression d’y être aspiré  avec grande force. Mon lit, mon lit que j’aimais tant, ne m’offrait plus aucun appui, le seul lieu où j’étais protégé des agressions du monde. J’étais ce cosmonaute malheureux (on utilisait alors la terminologie soviétique officielle, les Astronautes étant les Américains), celui qui était tombé par erreur par la trappe de sa station spatiale, et qui à présent errait, cordon ombilical coupé, câble sectionné. Ce qui me faisait peur, c’était  que je ne trouvais aucune prise dans cette obscurité où il n’y avait plus ni haut ni bas, et en revanche j’avais l’impression que mon crâne avait été ouvert et que mon cerveau était  à l’air libre, comme un œuf qu’on coupe au petit déjeuner – ce pourquoi il y avait clairement devant mes yeux la forme ronde du coupe-œuf avec lequel une partie de ma famille décapitait à table les œufs à la coque. Je sentais autour de mon front un souffle cosmique glacial, je gelais de tout mon corps et j’étais perdu jusqu’au petit doigt de pied. Une peur infinie m’avait saisi, un sens ancestral de peur panique de devoir me décomposer, me répandre dans l’univers.

Pendant ce temps-là, les parents, dans la pièce voisine, se terraient dans leurs lits et ne pouvaient ou ne devaient pas me sauver, quand bien même je gémissais lamentablement. J’avais l’impression qu’ils se trouvaient à des kilomètres de moi. Au début, ma mère s’était levée et avait essayé de m’apaiser. Mais dans le fond, elle ne comprenait pas grand-chose à ma détresse, et son ignorance bienveillante me fendait le cœur. Derrière, le père disait en ronchonnant que je devais laisser tomber ces sottises. Plus tard ma mère a également renoncé à me croire lorsque, tremblant de froid,  je racontais mon odyssée à travers l’univers. Ma situation restait inconsolable. C’est ainsi qu’au bout d’un moment je m’endormais en pleurnichant doucement, sous le scintillement insensible des étoiles.

Dès lors tout changea, et rien ne fut plus comme aux siècles de mon enfance. Aujourd’hui il me semble que c’est comme si certaines choses dans  ma vie avaient pris un tour particulier, une dérivation, à peine perceptible, mais un peu plus évidente chaque jour, de la normale. Je ne connais pas de meilleur mot pour l’exprimer que aberration, un terme qui rayonne de tous côtés, qui plus tard resta gravé dans ma mémoire en cours d’astronomie. En même temps on pouvait le voir partout : pas un individu qui ne s’écarte à sa manière du commun des mortels. Pas un regard vers le  firmament sans que les constellations  ne s’écartent de l’observateur lorsque le vertige de la rotation de la terre le saisit. Pas une image qui ne génère son illusion d’optique. Je ne sais absolument pas à quoi servait cette série de cauchemars  mais je suis certain qu’elle  a tiré un trait  sur ma conscience à peine éveillée. J’avais sept ans lorsque la certitude d’être mortel m’effleura, le sentiment d’être exposé à l’univers."

Die Jahre im Zoo, traduction: Atelier de traduction de la Maison de Rhénanie-Palatinat, dirigé par Ursula Hurson, Dijon, février 2017.

 

Dresde : cité-jardin et poésie contemporaine

« Ses images sont des radiographies aux rayons X, ses poèmes des ombres de poèmes jetés sur le papier comme provenant d’un éclair atomique. Le secret de sa productivité se trouve dans son insatiable curiosité de l’offre de catastrophes que le siècle tient en réserve sous les étoiles comme sous le microscope » écrit le grand écrivain Heiner Müller qui a contribué à le faire connaître.

Pour ma part, ayant en tête comme tout le monde  l'image de Dresde en ruines après le bombardement de février 1945, et ayant visité la Dresde d'aujourd'hui, j'ai particulièrement apprécié de traduire et découvrir la Dresde à "l'instant G", celle  de la RDA des souvenirs de Durs Grünbein.

"À quoi bon te plaindre, toi qui es né après ? Ta ville natale, mon ami,

Avait disparu depuis longtemps, lorsque ta petite personne vint au monde.

Les yeux en larmes c’est autre chose que les cheveux gris.

Tu files à toute jambe, comme ton nom l’indique : un fruit encore vert.

Dix-sept ans ont suffi,  tout juste le temps de grandir,

Pour effacer ce qui fut. Un gris stricte et uniforme

A scellé les blessures,  et de l’enchantement n’est resté que –  simple gouvernance.

Ce n’est pas par nécessité qu’ils l’ont abattu, le paon de Saxe.

Des lichens ont envahi, indestructibles,  les fleurons de grès.

Élégie, ça revient comme le hoquet. À quoi bon ruminer ?"

traduction: Atelier de traduction de la Maison de Rhénanie-Palatinat, dirigé par Ursula Hurson, Dijon, février 2017.

Gerhard Richter, Familie nach Altem Meister, 1965. Munich, musée Brandhorst.

Gerhard Richter, Familie nach Altem Meister, 1965. Munich, musée Brandhorst.

Petite biblio d'ouvrages traduits ou non.
Petite biblio d'ouvrages traduits ou non.
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Petite biblio d'ouvrages traduits ou non.
Petite biblio d'ouvrages traduits ou non.

Petite biblio d'ouvrages traduits ou non.

J'espère que cet article vous aura intéressé-e ! N'hésitez pas à me laisser un message.

J'espère que cet article vous aura intéressé-e ! N'hésitez pas à me laisser un message.

Publié dans Les Yeux de Goethe

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Naissance de STATION SIMONE

Publié le par Claude Léa Schneider

Naissance de  STATION SIMONE
Comme vous le savez sans doute, nous étions une bonne douzaine de bénévoles à avoir quitté le 100FM en juin 2017 pour cause d'incompatibilités diverses.
Depuis cet été notre équipe a pris de l'ampleur et nous avons travaillé à la création d'une web radio nommée STATION SIMONE dont nous avons le plaisir de vous annoncer la naissance aujourd'hui !
 
Vous pouvez l'écouter désormais sur la plateforme Radionomy en cliquant sur ce lien
Il ne s'agit pour l'instant que d'une diffusion musicale qui nous espérons vous plaira (évolution du nombres de titres à venir).
 
Toute l’équipe de STATION SIMONE vous invite à partir de maintenant, à :
- Écouter le plus possible la radio (en réel, en sourdine comme vous le voulez), afin que nous puissions atteindre et maintenir notre objectif de 130 heures d'écoute cumulées par jour (12 heures pendant le 1er mois).
- Transférer ce lien à vos parents, amis, voisins, collègues pour entrer dans cette démarche d'écoute cumulée.
 
Ne soyez pas surpris par la présence ici et là de titres nommés "Jamendo" avec un numéro. Il s'agit de l'espace réservé à la publicité par Radionomy.
 
C’est un grand premier pas avant la création de notre site qui vous permettra d' écouter les émissions exclusives de STATION SIMONE.
 

Publié dans Archives

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Alexandre Bakker : manières et métamorphoses

Publié le par Claude Léa Schneider

Alexandre Bakker, Encre n°32 (détail)- 2017.

Alexandre Bakker, Encre n°32 (détail)- 2017.

"Ce qu'on crée ne correspond pas forcément à ses goûts, mais il ne faut pas imposer ses goûts sur ce qu'on est en train de produire."

C'est par cette réflexion sur la création que  l'artiste Alexandre Bakker aborde la préparation de l'entretien qu'il m'a accordé pour l'émission POINT DE RENCONTRE sur Radio Simone

Nous nous rencontrons à l'occasion de l'exposition  de ses Encres sur deux sites de la Bibliothèque Municipale de Dijon : La Nef et La Bibliothèque Patrimoniale et d'Etude.

En miroir sont également exposées des gravures d'artistes  maniéristes et de quelques autres artistes,  choisies "de façon  intuitive" par Alexandre Bakker dans les fonds patrimoniaux de la Bibliothèque où il a lui-même travaillé pendant plusieurs années avant de se consacrer entièrement à ses travaux d'artiste et d'écrivain.

 

Choix d' Encres d'Alexandre Bakker (2009 à 2017). Cliquez sur la flèche pour faire défiler les images.
Choix d' Encres d'Alexandre Bakker (2009 à 2017). Cliquez sur la flèche pour faire défiler les images.
Choix d' Encres d'Alexandre Bakker (2009 à 2017). Cliquez sur la flèche pour faire défiler les images.
Choix d' Encres d'Alexandre Bakker (2009 à 2017). Cliquez sur la flèche pour faire défiler les images.
Choix d' Encres d'Alexandre Bakker (2009 à 2017). Cliquez sur la flèche pour faire défiler les images.

Choix d' Encres d'Alexandre Bakker (2009 à 2017). Cliquez sur la flèche pour faire défiler les images.

Fusion temporelle,  reflet d'une grande culture artistique,  prolifération quasi cellulaire des formes, illusion de l'image, allégories et cryptage, présence obsédante des corps et des visages, force du noir et blanc, extrême rigueur du dessin, violence tantôt latente, tantôt éclatante, comme celle qui envahit nos multiples écrans : Alexandre Bakker est bien un artiste "maniériste" du 21ème siècle.

Lieux :

La Nef
1 place du Théâtre  - Tél. 03 80 48 82 55
Réseau Divia : L6, B11 et City > arrêt Théâtre
Venir à vélo : station Vélodi place du théâtre
  Horaires habituels
du mardi au vendredi de 11h à 18h, samedi de 10h à 17h

Bibliothèque patrimoniale  et d'étude :

3 rue de l'École de droit - Tél. 03 80 48 82 30
Réseau Divia : L6, B11, City > arrêt Bibliothèque
Venir à vélo : station Vélodi rue Chabot-Charny
Horaires habituels :
mardi, jeudi et vendredi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h30, mercredi et samedi de 9h30 à 18h30

Les 2 sites se trouvent au Centre Ville de Dijon et l'on va très facilement à pied de l'un  à l'autre.

Réservation des visites commentées : 03 80 48 82 30

Découvrez l'autoportrait en entier.

Découvrez l'autoportrait en entier.

NB :  la rencontre du 14/09 aura lieu à 12h30 ; Alexandre Bakker commentera son exposition pour les Journées du Patrimoine.

NB : la rencontre du 14/09 aura lieu à 12h30 ; Alexandre Bakker commentera son exposition pour les Journées du Patrimoine.

Alexandre Bakker : manières et métamorphoses

Publié dans Station Simone

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