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L'Europe en séries

Publié le par Claude Léa Schneider

Bonjour à tous, comme souvent en début de semaine, retrouvez  ici le podcast du  Club Sandwich du dimanche précédent, avec "Christophe et toute son équipe."

Et justement, avant que je vous parle de séries européennes, aujourd'hui, partageons  d'abord la chronique de Christophe .

Eh eh ... de quel livre sont donc tirées les citations que Christophe a habilement tissées dans sa chronique politique ?

Vous avez deviné ?

Vous donnez votre langue au chat  ? Inutile, il préfère ses croquettes.

La solution est en fin de chronique, avec le podcast complet du Club Sandwich du dimanche 4 décembre 2016. Bonne lecture et bonne écoute !

Imaginez un pays. A peine plus gros que la France, à peine plus français que le nôtre. Imaginez un chef à la tête de ce pays. Un chef que le chef d'en face, celui de l'opposition, critique parce que le chef d'en face critique toujours le chef d'ici. « Le chef d'ici admet, avec lucidité, que son échec patent lui interdit d’aller plus loin*  ». Le chef de l'opposition a parlé : le chef tout court,normal, ne peut plus aller plus loin.

Pourtant il a essayé, il a voyagé, il s'est même déplacé sur un deux roues. Je lis ces quelques lignes de la nouvelle que j'ai dans les mains : Quelque chose en lui réclamait, un besoin nouveau, impérieux, qui n'était rien de moins que le besoin de traverser les murs. Dans la nouvelle dont je parle « Un président ne devrait pas traverser les murs »**, il est écrit plus loin : Le soir à l'heure de quitter le ministère, il était l'objet de plaisanteries sans fin de la part de ses camarades et la vie lui semblait moins belle.  Et je réfléchis. Et je repense à cette phrase d'un autre homme politique qui déclare : Cette décision ne nous fait ni rire ni pleurer.

Dans ce livre, il est écrit : malheureusement il lui manquait un but. Un jour pourtant, notre chef d'ici, voulut faire le pas. Ce n'est pas toujours facile d'analyser les raisons d'un renoncement. Ce n'est pas évident d’en parler. Partir par la grande porte ou se faire jeter par celle de derrière ? En traversant les cloisons et les murs, il eut l'impression d'un frottement inaccoutumé, aux hanches aux épaules. C'est vrai que notre chef d'ici n'avait pas toujours des costumes bien taillés. Toutefois, reprend l'histoire, il ne crut pas y devoir prêter attention. Ce ne fut qu'en pénétrant la mur de la clôture qu'il éprouva nettement la sensation d’une résistance. Au bout d'un temps... Il était comme figé à l'intérieur de la muraille.

Ainsi s'achève le récit du chef qui voulut partir, normalement. C'est Garou-Garou, m'indique la fin de ma nouvelle ! Garou-Garou qui lamente la fin de sa glorieuse carrière et le regret des amours trop brèves.

                                                       Christophe Saconnet

*Tweet de François Fillon le 1er décembre 2016

**Tweet de Philippe Poutou le 1er décembre 2016

  • J’ai une excellente nouvelle à vous annoncer :
  • vous pouvez contribuer à construire l’Europe en restant assis sur le canapé !
  • Vous allez me dire que vous voulez bien rester assis sur le canapé, mais déjà, vous vous montrez suspicieux. Vous dites : oui, mais après, qu’est-ce qui faut que je fasse ?
  • Vous flairez un piège et vous avez tort !
  • Je vous réponds : allumez la télé et regardez des séries européennes !
  • Vous dites, ouais, je veux bien allumer la télé, mais dans les séries européennes, souvent, ça va pas assez vite ! Surtout les séries scandinaves ! Et vous secouez la tête.
  • Je vous réponds : déformatez-vous un peu de la grosse machinerie américano-étasunienne, c’est comme ça que vous contribuez à construire l’Europe avec un grand E.
  • Vous allez me dire que vous en avez ras la réglementation de  l’Europe avec un grand E, de Bruxelles avec un grand B, et que la montée des démocratures eurosceptiques nationalistes avec un grand N, ça vous inquiète.

  • Alors moi je vous réponds que je vous propose de rêver, non sur l’Europe politique, mais sur notre bon vieux continent, l’Europe géographique et culturelle, de Brest à l’Oural et de Jo Nesbo à Camillieri.
  • Et j’ajoute que j’en ai ras l’écran d’un ½ siècle de forcing de séries étasuniennes, qui nous impose ses mêmes cadrages, ses mêmes plans de coupe, son Kiss Kiss Bang Bang, action ! action ! action !et de son fondu au noir pour caser les pauses de pub.
  • Bon, allez, exception faite de Twin Peaks, parce que David Lynch est complètement ouf,  qu’il rend complètement ouf et c’est pour ça qu’on l’aime.
  • Mais quand je vois que sur la trilogie suédoise Millenium,écrite par feu l’écrivain suédois Stieg Larsson, la Suède a produit et créé une superbe série télévisée suédoise, dans un univers suédois, et que moins de 2 ans après, David Fyncher a trouvé le moyen d’en faire un remake étasunien, certes avec des acteurs de différentes nationalités, mais quand même en bon petit donneur de leçon de cinéma américano-étasunien ! étasunien Et ta sœur ?! Comme si la télé suédoise n’était pas capable de créer une bonne série.

  • Vous me rétorquez : oui, mais les séries françaises, c’est nul !
  • Alors là je vous réponds que ça doit faire longtemps que vous n’en avez pas regardé, parce que déjà en 2014, pour la 1ère fois, les fictions françaises ont dépassé en audiences les séries américaines.
  • Vous auriez parié, vous, qu’une série comme « Ainsi soient-ils » attire 1,5 million de téléspectateurs ? Et je ne parle pas d’Un village français, ni des Hommes de l’ombre.
  • Et je vous dis encore que les Assises européennes du CNC vont se réunir pour la 8ème fois en avril prochain sur le thème : Créer ensemble des séries en Europe : concevoir, financer, diffuser. Et qu’on parle aussi de la création d’un grand festival européen des séries, c’est pas beau ça ?

  • Les séries européennes plaisent parce qu’elles ont une personnalité, qu’elles prennent des risques narratifs et font appel à de vrais auteurs
  • Elles nous plaisent parce qu’elles nous font faire un aller-retour livre-film-livre: on regarde Keneth Branagh dans Wallander parce qu’on a adoré les polars de Henning Mankell et que l’Alzheimer de L’homme inquiet nous a tout autant attristés que la mort de son auteur.
  • Quant à la série britannique Downton Abbey, elle a poussé ses auteurs à écrire un livre documentaire pour mieux en préciser le contexte socio- historique.
  • Elles nous plaisent, ces séries européennes, parce qu’elles sont aux séries américaines ce que la slow-food est au fast-food : les séries européennes, ce sont des paysages locaux avec des situations locales qui posent des questions universelles, une recette originale pour laquelle on n’hésite pas à faire venir un chef d’un autre pays pour mélanger les saveurs, des produits frais qu’on savoure en prenant son temps.

  • Et ce que je vous propose de fortifier, bien calé sur votre canapé, c’est cette Europe culturelle, qui relie les peuples européens depuis un certain nombre de siècles, malgré… tout, et qui se reconstruit toujours, sous diverses formes, et en ce moment ce sont les séries européennes qui nous rassemblent parce qu’elles nous ressemblent.
  • C’est vrai que les séries espagnoles ne franchissent pas beaucoup les Pyrénées, mais ça va venir, peut-être avec la série anglo-espagnole The Réfugees ?
  • C’est vrai qu’on ne voit pas beaucoup les séries russes non plus, surtout celles inspirées par les grands romans français du XIXe siècle dont les Russes sont pourtant toujours de grands lecteurs. Ça manque.
  • Allez, qui prend son téléphone pour appeler Depardieu ?
  •  Vous n’êtes toujours pas convaincu/e ? Eh ben écrivez donc des scénarios !
  • On manque de scénaristes en France et je vous signale que la Fémis- l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son- a ouvert récemment  une section consacrée à l’écriture de séries.
  •  

  • Vous allez me dire que je suis sacrément remontée aujourd’hui ! Oui, j’ai la pêche, parce que je viens d’aller voir un film qui donne la pêche, et même la pêche bretonne, puisque le film s’appelle :
  • La Fille de Brest.
  • Non, je rigole, rien à voir avec la pêche, même si les premières images nous plongent dans la mer, puisque le scénario du film d’Emmanuelle Bercot, c’est le livre Mediator 150 mg, Combien de morts ? d’Irène Frachon. Irène Frachon est ce médecin pneumologue lanceur d’alerte qui a révélé les dangers mortels du Médiator.
  • Et qui c’est qui joue le rôle de l’insubmersible Irène Frachon, hein ? une Danoise, et même pas doublée ! Sidse Babett  Knudsen, qui nous a internationalement captivés dans le rôle du Premier ministre Birgitt Nyborg de la série Borgen, une femme au pouvoir .
  • Qu’une actrice danoise qui n’est pas un top model perfectionne son français pour jouer dans un film français populaire le rôle d’un médecin breton, eh bien je vous dis qu’il y a de l’espoir pour la culture européenne.

Allez, contruisez l’Europe en vous immergeant dans le fantastique nordique avec la série Jordskott, la forêt des disparus, dont les personnages au cœur pur se végétalisent.

Vous faites la moue devant  la mythologie scandinave ?

Mais c’est beau comme le mythe de  Philémon et Baucis  ou  comme la métamorphose de Daphné en laurier racontée par Ovide et sculptée par  Bernini à la  Galerie Borghèse !

Bernini (Le Bernin) Apollon et Daphné (détail), Galerie Borghèse, Rome.

Bernini (Le Bernin) Apollon et Daphné (détail), Galerie Borghèse, Rome.

Et tout de suite, le podcast :

et pour la solution de l'énigme  de Christophe,

cliquez sur les 2 images ci-dessous :

à droite, Marcel Aymé en passe-muraille, sculpture de Jean Marais, Place Marcel Aymé, 75018 Paris.à droite, Marcel Aymé en passe-muraille, sculpture de Jean Marais, Place Marcel Aymé, 75018 Paris.

à droite, Marcel Aymé en passe-muraille, sculpture de Jean Marais, Place Marcel Aymé, 75018 Paris.

L'Europe en séries

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Edith Nicot & Anne- Marie Kelecom

Publié le par Claude Léa Schneider

Les pieds dans la glaise et les mains dans la pâteLes pieds dans la glaise et les mains dans la pâte

Les pieds dans la glaise et les mains dans la pâte

Vous avez toujours aimé mettre la main à la pâte et les pieds dans la glaise, toucher, froisser, triturer ?  Le n° 47 du Mot sur la Main avec  Edith Nicot, plasticienne Art papier et  Anne-Marie Kelecom, céramiste est fait pour vous !

Je les reçois pour leur exposition commune "Réflexion" à la galerie La Source, à Fontaine lès Dijon, jusqu'au 18 décembre.

L'une et l'autre ont déjà beaucoup exposé en France et à l'étranger. Edith Nicot est bien connue des Dijonnais, Anne-Marie Kelecom, d'origine belge, vit actuellement en Saône et Loire.

Vous trouverez sur cet article des citations et réflexions des deux artistes - hors émission- des galeries de photos (cliquez sur les flèches blanches des diaporamas)  et enfin le podcast.

De quoi vous mettre en appétit pour courir à la galerie La Source, dont on remercie au passage sa directrice, Claude Martel, pour ses choix inspirés.

Pourquoi le papier ?

Edith Nicot :

"Je m'intéresse à l'Asie depuis longtemps pour sa conception du monde différente de "la nôtre" et notamment les multiples et étonnantes utilisations qui sont faites du papier.

Une couleur unique, minimaliste, où toutes les projections imaginaires sont possibles : le blanc.

Les origami ont quelque chose de magique mais tellement mathématique. (...) J'avais envie que ma personnalité puisse s'exprimer pleinement. Toutes sortes de papier avaient déjà été utilisées par de nombreux artistes et je cherchais une originalité.

Ce fut le papier de soie avec mes techniques propres.

Papier de soie ... De soi ? En fait, c'est bien connu, les artistes ne parlent que d'eux ! "

 

Pourquoi l'argile ?

Anne-Marie Kelecom :

"Avec l'argile, tout est transformation, métamorphose. Chaque recherche est une interrogation sur la genèse du vivant.

Concasser, mélanger, couler, brûler, en quête de l'émotion d'abord ... La matière répond à mes gestes, et voilà ! C'est le début d'une conversation.

Partir de la source comme si, au bout de mes doigts, l'argile laissait advenir ce qui cherche à naître, à se construire, à respirer.

L'argile me guide vers d'autres matières."

Miroir de nos émotions

Edith Nicot :

"Le papier, de par sa qualité, spécificité éphémère et vulnérabilité entre en résonance avec l'existence humaine.

Travailler avec le papier c'est jouer avec les paradoxes de la fragilité et de la force, des apriori, du paraître e de l'être.

Mon parcours de psychologue en psychiatrie : déconstruire et construire son regard pour découvrir de nouvelles potentialités, revisiter les notions du parfait et de l'imparfait et donner un autre sens à la vie.

Cette création sensible au vent peut s'animer et alors nous interpeller comme un miroir possible de nos émotions."

Animer des lieux

Anne-Marie Kelecom :

"J'aime beaucoup animer des lieux. On m'offre un cadeau lorsqu'on me demande de mettre en place une installation. Cela m'oblige à examiner son histoire, à "entrer en communication" avec lui.

J'aime proposer un travail en cohérence soit avec le lieu, soit avec les personnes qui exposent."

Ensemble : création et mise en espace à quatre mains.Galerie La Source, Fontaine lès Dijon, 2016.
Ensemble : création et mise en espace à quatre mains.Galerie La Source, Fontaine lès Dijon, 2016.
Ensemble : création et mise en espace à quatre mains.Galerie La Source, Fontaine lès Dijon, 2016.
Ensemble : création et mise en espace à quatre mains.Galerie La Source, Fontaine lès Dijon, 2016.
Ensemble : création et mise en espace à quatre mains.Galerie La Source, Fontaine lès Dijon, 2016.
Ensemble : création et mise en espace à quatre mains.Galerie La Source, Fontaine lès Dijon, 2016.
Ensemble : création et mise en espace à quatre mains.Galerie La Source, Fontaine lès Dijon, 2016.
Ensemble : création et mise en espace à quatre mains.Galerie La Source, Fontaine lès Dijon, 2016.

Ensemble : création et mise en espace à quatre mains.Galerie La Source, Fontaine lès Dijon, 2016.

Lithops et stromatolithes

Anne-Marie Kelecom :

"La nature est source d'émerveillement et nous rapproche de l'essentiel. Elle est enseignement et me guide chaque jour.

L'observation des succulentes m'apporte force. Leur capacité d'adaptation me fascine.

Les lithops, plantes-cailloux, m'ouvrent un horizon de travail et de réflexion.

C'est une ouverture à l'abstrait."

A propos des stromatolithes : "Je me suis inspirée de cette vie et de ce qu'elle véhicule.

Tout ce travail est une résilience si bien enseignée par la nature."

Succulente (ici joubarbe), lithops, lithops en fleur, stromatolithes en Australie.
Succulente (ici joubarbe), lithops, lithops en fleur, stromatolithes en Australie.
Succulente (ici joubarbe), lithops, lithops en fleur, stromatolithes en Australie.
Succulente (ici joubarbe), lithops, lithops en fleur, stromatolithes en Australie.

Succulente (ici joubarbe), lithops, lithops en fleur, stromatolithes en Australie.

Le liber de l'arbre

Edith Nicot :

"J'utilise aussi le liber de l'arbre, partie entre l'écorce verte et le coeur, c'est le réseau des canaux empruntés par la sève, la partie vivante de l'arbre qui permet à celui-ci de croître.

Mon travail met en évidence ce réseau qui devient la trame structurelle de mes créations. "

" Rendre compte de la délicatesse du temps qui passe."
" Rendre compte de la délicatesse du temps qui passe."
" Rendre compte de la délicatesse du temps qui passe."
" Rendre compte de la délicatesse du temps qui passe."
" Rendre compte de la délicatesse du temps qui passe."

" Rendre compte de la délicatesse du temps qui passe."

" Le travail de plissage à la main, de développement et de mise en forme réclame pendant son exécution de la patience et un temps étiré propre à la réflexion."
" Le travail de plissage à la main, de développement et de mise en forme réclame pendant son exécution de la patience et un temps étiré propre à la réflexion."
" Le travail de plissage à la main, de développement et de mise en forme réclame pendant son exécution de la patience et un temps étiré propre à la réflexion."
" Le travail de plissage à la main, de développement et de mise en forme réclame pendant son exécution de la patience et un temps étiré propre à la réflexion."
" Le travail de plissage à la main, de développement et de mise en forme réclame pendant son exécution de la patience et un temps étiré propre à la réflexion."

" Le travail de plissage à la main, de développement et de mise en forme réclame pendant son exécution de la patience et un temps étiré propre à la réflexion."

Anne-Marie Kelecom, à l'écoute de la matière : "J'ai besoin de cet accompagnement physique"
Anne-Marie Kelecom, à l'écoute de la matière : "J'ai besoin de cet accompagnement physique"
Anne-Marie Kelecom, à l'écoute de la matière : "J'ai besoin de cet accompagnement physique"
Anne-Marie Kelecom, à l'écoute de la matière : "J'ai besoin de cet accompagnement physique"
Anne-Marie Kelecom, à l'écoute de la matière : "J'ai besoin de cet accompagnement physique"
Anne-Marie Kelecom, à l'écoute de la matière : "J'ai besoin de cet accompagnement physique"
Anne-Marie Kelecom, à l'écoute de la matière : "J'ai besoin de cet accompagnement physique"
Anne-Marie Kelecom, à l'écoute de la matière : "J'ai besoin de cet accompagnement physique"

Anne-Marie Kelecom, à l'écoute de la matière : "J'ai besoin de cet accompagnement physique"

Pour écouter Anne-Marie Kelecom et Edith Nicot  parler avec passion des matériaux qu'elles travaillent, à pleines mains et  à bras le corps

le podcast du 47e numéro du Mot sur la Main, une émission du 100.0 FM,

c'est ici :http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Le%20mot%20sur%20la%20main%20-%2028%20novembre%202016%20-%20les%20expositions.mp3

Et pour terminer en musique, c'est plus bas, après la biblio. A bientôt.

Les livres dont nous avons parlé au cours de l'émission
Les livres dont nous avons parlé au cours de l'émission
Les livres dont nous avons parlé au cours de l'émission
Les livres dont nous avons parlé au cours de l'émission
Les livres dont nous avons parlé au cours de l'émission

Les livres dont nous avons parlé au cours de l'émission

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Devinez qui ...

Publié le par Claude Léa Schneider

Chronique Club Sandwich n° 11 du 27 novembre 2016

Chronique Club Sandwich n° 11 du 27 novembre 2016

Aventi !

Comme promis, mes chroniques jusqu’à Noël vont être constructives. C’est mon calendrier de l’Avent, ou plutôt le calendrier de l’ « Aventi ! ». Le calendrier qui fait avancer !

Et cette chronique va être le moins radiophonique possible. Eh oui, c’est un défi !  Puisque je vais vous décrire une photo. Et je vous garantis, chers auditeurs dominicaux, que personne dans ce studio n’a cette photo sous les yeux, même pas moi. Et vous qui lisez cet article, essayez de deviner avant d’aller voir la photo en fin d’article.

Laissez-vous guider

Allez, on commence… laissez-vous donc guider par vos images mentales ….

C’est une photo en noir et blanc, de format portrait. Elle représente un jeune homme. Il vient tout juste d’avoir 22 ans. En pantalon et veste assez longue sous laquelle on  devine une chemise blanche, un gilet, une cravate.  Il prend la pause pour la photo, debout – mais derrière lui il y a une chaise- sa main droite est appuyée sur l’angle d’un meuble. Le cadrage rapproché montre le jeune homme en entier, sauf ses pieds. On ne voit pas  ses chaussures et ce n’est certainement pas un hasard. Les chaussures en cuir sont chères, on a fait l’effort sur le costume pour qu’il soit présentable, mais le photographe a dû voir qu’il valait  mieux camoufler des chaussures un peu fatiguées.

Fils d'émigré italien

Revenons à son visage. Il a des cheveux bruns, partagés par une raie sur le côté gauche, le front dégagé. Il porte un collier de barbe fourni. Est-ce qu’il sourit au photographe ? Non, pas du tout ! Il nous regarde droit dans les yeux, mais sa bouche aux lèvres serrées  affiche une moue légèrement tordue et très contrite. On sent qu’il a accepté de se faire tirer le portrait, mais qu’il n’est pas, mais alors pas du tout à l’aise.

Il y a de quoi ! Il est fils d’un émigré italien. Ses parents étaient venus habiter dans une grande ville du sud de la France. Son père avait pourtant  réussi à se faire un nom dans son métier, mais par malchance il est mort prématurément.  À l’école, les copains du jeune de la photo se moquaient de lui parce qu’il avait un accent et qu’il  ne savait pas prononcer correctement le mot « saucisson ».

 Il a raison d'y croire

Avec sa mère, veuve, le jeune homme-fils unique-est monté à Paris. Sa mère n’a pas d’argent,  elle se sacrifie pour qu’il puisse poursuivre ses études. Et il vient de rater son bac ! Et impossible de le repasser. Déjà qu’ils logent dans un minuscule appartement minable. C’est donc la dèche, la mouise, la panade …. Et socialement, il est que dalle !

Il faut urgemment qu’il travaille.

Ça y est : il a trouvé du taf.  Il vient de rentrer chez Hachette. L’éditeur Hachette. À l’échelon le plus bas : il est manutentionnaire, toute la journée, il fait des paquets.

Voilà pourquoi il a l’air si contrit sur la photo ! Il sent qu’il a du potentiel en lui, il sent qu’il vaut beaucoup beaucoup mieux que ce mec minable et fauché qu’il est au moment où il pose pour cette photo. Oui, mais comment le faire savoir ? Comment ? Il fait bien des trucs, chez lui, comment se faire connaître ?

Pourtant, au fond de lui, il y croit et  il a raison d’y croire !

Cette photo, où il a 22 ans, elle a été prise en  …..

Si vous retrouvez ce paravent ...

Ah, j’ai oublié de vous dire. Quand il vivait encore dans le Midi, au lycée, ce jeune homme très mal dans sa peau avait tout de même un bon copain.

 Justement, un jour, il demande à ce copain :

  • Qu’est-ce que tu fais, cet aprem ?

Le copain lui répond :

  • Je vais peindre un paravent chez une dame, ça me fait un peu de thunes.

En effet comme ce copain est très doué en arts plastiques, il gagne un peu d’argent de poche en faisant des petits travaux de déco chez les gens.

Le jeune homme répond :

  • Oui, mais moi, je sais pas aussi bien dessiner que toi !

L’autre lui répond :

  • Ça fait rien, tu m’aideras quand même, viens avec moi, ce sera plus marrant.

À propos, si vous retrouvez ce paravent, un jour, dans un grenier du sud de la France, ne le mettez pas tout de suite aux encombrants, hein ?  Appelez-nous avant  à la radio au 03 80 30 07 48 !

Bravo Emile !

Ah oui, parce que le copain, peintre du paravent, c’est Paul ! Mais oui, Paul ! Vous connaissez bien Paul !

Donc, revenons chez Hachette : comme on s’aperçoit que ce jeune homme qui fait les paquets a une belle écriture, on le passe au Bureau des expéditions. Puis on s’aperçoit que non seulement il a une belle écriture, mais qu’il rédige bien : alors on lui fait écrire des pubs. Et ça marche : il sait trouver des arguments très convaincants pour faire acheter. Et  en 2 ans, à 24 ans, il se retrouve directeur de la pub chez Hachette, lui, le moins que rien,  sans bac !

Sa mère est très contente, elle le sent tiré d’affaire et elle le félicite. Elle lui dit :

  • Bravo Émile !

Prends confiance en toi

… Émile ! Mais, oui, vous le connaissez aussi,  Émile ! C’est Émile Zola, et son copain Paul, c’est Paul Cézanne, qui ne va pas tarder à le rejoindre à Paris.

Alors Toi, fille ou garçon,   qui nous écoutes, que tu aies 22 ans, moins, ou plus, voire beaucoup plus, prends confiance en ce que tu sens de positif en toi. Il n’est jamais trop tard. Si tu sens que tu es doué/e, crois-y fermement ! Ne te décourage pas !   Prends garde à toi tout de même. On le sait maintenant : Émile Zola est mort assassiné, à cause de ses idées, qui dérangeaient.    Mais quand même, quelle belle vie bien accomplie!

Finalement vous voudriez bien la voir,  la photo de 1862 sur laquelle Zola à 22 ans affiche cette moue  contrite, oui, mais je ne l’ai pas apportée, exprès. Pour que le message soit plus fort.

Et de toute façon, la photo, tout le monde pourra la découvrir prochainement avec le podcast du Club Sandwich  sur www.almanachdeclaudelea.com . Aventi !

Emile Zola à 22 ans, en 1862.

Emile Zola à 22 ans, en 1862.

La photo, vous l'avez découverte ci-dessus.

Le podcast complet du Club Sandwich n° 11

avec Christophe, et toute son équipe, il est ci-dessous.

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Club%20Sandwich%20-%2027%20novembre%202016.mp3

A bientôt !

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Danse pour tous

Publié le par Claude Léa Schneider

 Atelier "Danse sans (se) voir, KLAP Maison pour la danse, Marseille

Atelier "Danse sans (se) voir, KLAP Maison pour la danse, Marseille

Savez-vous ce qu'est un "colorino" ?

  • "Le Colorino est un identificateur de couleur parlant assurant également la reconnaissance de lumière." C'est "l'objet fétiche" apporté par Dominique Bertucat invitée du 46e n° du Mot sur la Main consacré à la danse contemporaine pour tous, avec Patricia Lamboley, Jenny Biron et Julie Saconnet.  Et pourquoi est-ce l'objet fétiche de Dominique ? Parce qu'elle est non-voyante. Elle est non voyante et elle danse ? oui ! Elle pratique la danse contact. Et grâce à son "colorino", elle porte chaque jour une tenue dont les couleurs sont parfaitement assorties, en toute indépendance. Vous ne serez pas au bout de vos surprises en écoutant le podcast dont vous trouverez le lien à la fin de cet article.

Dominique Bertucat est présidente de l'Association Les Yeux en promenade qui permet aux personnes mal-voyantes ou non-voyantes de retrouver confiance et autonomie en participant à de nombreuses activités, dont des ateliers danse en partenariat avec le  Centre de développement chorégraphique  (CDC) dont Jenny est responsable de l'action culturelle et de la communication. Patricia, quant à elle, est professeure missionnée par le Rectorat au service éducatif du CDC.

Julie, dont la voix vous est familière sur le 100.FM, a envisagé un moment de faire de la danse contemporaine son métier, avant d'y renoncer  et elle nous dit pourquoi.

Pour en savoir davantage sur l' association les Yeux en promenade : https://www.francebleu.fr/infos/societe/dijon-des-ateliers-pour-apprendre-guider-les-personnes-mal-ou-non-voyantes-1457865582

Pour en savoir davantage sur le CDC Art-Danse : http://art-danse.org/

Batsheva, troupe cosmopolite d'Ohad Naharin

Avec nos invitées, nous évoquons d'abord quelques sujets qui peuvent faire obstacle et débat  face à la danse contemporaine : son aspect "art contemporain" justement, la peur de la façon dont le corps est mis en mouvement, le fait que le ballet contemporain  montre un reflet de la société et  renvoie à notre quotidien, son cosmopolitisme, sa fonction politique ... (Photo : Batsheva, troupe cosmopolite du chorégraphe Ohad Naharin)
Nous évoquons aussi tout ce qui peut parfois décourager qui veut suivre une formation professionnelle de danse. (Photo : Batsheva, troupe cosmopolite du chorégraphe Ohad Naharin)

Puis nous parlons de tout ce qui permet justement de surmonter ces obstacles, ceux que rencontrent danseurs et spectateurs. Parce qu'il est bien nécessaire de former le spectateur très jeune, c'est le rôle des actions pédagogiques et du CDC.

Dans nos sociétés, "les gens ont besoin de corps", comme le dit la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker.

D'où un renouveau des danses folkloriques, facteur d'intégration sociale et culturelle.

Et une ouverture de la pratique de la danse pour tous, pour tous les corps, et donc aussi pour tous les handicaps, ce qu'on appelle la danse intégrée.

3 films pour en savoir davantage :

http://festivaldemarseille.com/2015/danse-et-handicap-trois-films-autour-de-la-danse-integree/

L'actualité danse est très riche en ce moment. Instances, à Chalon sur Saône, vient de se terminer, mais à Dijon et en périphérie, profitez des nombreux spectacles proposés par le festival des Nuits d'Orient du 26 novembre au 11 décembre.

Vous pouvez télécharger le programme ici :

Programme Nuits d''Orient 2016

Vous pourrez découvrir en particulier le chorégraphe Kader Attou, directeur du Centre Chorégraphique National de La Rochelle, et sa compagnie Accrorap qui présentera le 9 décembre son spectacle "Douar" (Hameau).

Un bel article sur Kader Attou dans le n° 1 de  Contact Magazine :

http://www.contact-magazine.com/

 http://www.honk-asso.com/edition

Pour ma part, j'ai un coup de coeur pour son spectacle "The Roots" (Les Racines), dont je vous invite à découvrir un extrait ici :

 

En suivant ce lien, vous pourrez voir la bande-annonce de ce film qui vient tout juste de sortir :

http://www.telerama.fr/cinema/films/polina-danser-sa-vie,512033.php

Réalisé par (2016)

Et il est encore temps de voir l'excellente série documentaire Let's Dance de Florence Platarets et Olivier Lemaire sur ARTE :

http://www.arte.tv/guide/fr/062247-001-A/let-s-dance-2-3

 

 

Envie d'un stage ? c'est possible ! Cliquez sur le calendrier pour lire. Et aussi prochainement https://sabinearman.wordpress.com/2016/10/26/le-festival-danse-a-dijon-17-janvier-au-1er-fevrier-2017-art-danse-cdc/
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La musique de notre 1ère  pause musicale est ici :

  •  Idaho "Live Today Again"

https://www.youtube.com/watch?v=KIz_pyCVTPY

Elle  donne envie d'inventer une chorégraphie, non ?

Le podcast de l'émission est là :

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Le%20mot%20sur%20la%20main%20-%2021%20novembre%202016%20-%20danse%20contemporaine%202.mp3


Et pour terminer ....

Cette émission, cet article vous ont plu ? Dites -le nous ! A bientôt.

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Lie-de-vin et lie de la terre

Publié le par Claude Léa Schneider

 Club Sandwich n° 10 du 21 novembre 2016

Retrouvez ici  ma chronique ainsi que le podcast du Club Sandwich, avec Christophe et toute son équipe.

  • Vous savez que j’aime bien vous proposer à chaque fois une chronique d’un style différent, alors aujourd’hui, comme la nuit tombe vite en cette saison, je vais vous parler de couleurs.
  • Figurez-vous qu’au XIXe siècle, de savants philologues se sont demandé si les yeux des Grecs de l’Antiquité voyaient la couleur bleue, parce qu’elle n’est presque jamais nommée dans les textes anciens. D’où toute une série de théories pseudo-scientifiques qui se sont avérées fausses, bien sûr, parce que les yeux des Grecs, comme les nôtres, voyaient la couleur bleue ! Mais ils ne la nommaient pas comme telle. C’est ce que nous apprend l’excellent Michel Pastoureau, historien des couleurs.

  • Moi, je me demande si les responsables des produits et des emballages – du "packkkaggging " -comme on dit chez Sephora - destinés aux femmes de plus de 50 ans savent que les dites femmes sont capables de percevoir d’autres couleurs que violet !
  • Et je ne parle pas de la chaude couleur cassis de la crème de Cassis de Bourgogne, ni du rouge profond vitaminé des petits fruits des Hautes Côtes, ni même du parme parfumé de la violette qui se cache dans les jardins en février.
  • Non, je vous parle de toutes cette gamme violasse qui me lasse ! Violine pour la ligne, aubergine pour les vitamines, mauvasse pour le teint fadasse, rosâtre pour les acariâtres, prunâtre pour les opiniâtres, mauve rose pour la ménopause, rose mauve pour éviter d’être chauve,  lie-de-vin, vineux,  vinasse, et  violacé : assez du viol de nos yeux !
  • Comme on fait tomber la petite-fille dans le rose girly, on roule la femme de + de 50 ans  dans le mauve  dé-girly, histoire de lui montrer qu’elle peut tirer un trait sur … sur quoi d’ailleurs ?
  • Et on ne parle pas de la case à cocher « 60 ans et plus ». Vous remarquerez que sur les questionnaires, il n’y a jamais de case à cocher 70, 80, 90, 100 ans …, car qui oserait les cocher, ces cases ? !
  • Au-delà de cette ligne violine et incertaine de la soixantaine, votre billet d’existence sociale est n’est plus valable, et toute sortie est définitive !

  • Mauve dé-girly, ça vous fait …dé-gueurler, hein ? ça vous fait une belle gerbe !
  • Parfois on nous concède généreusement l’améthyste ecclésiastique, la couleur liturgique de la pénitence, alors là, vraiment merci !
  • Le même Michel Pastoureau nous apprend que le violet est une ½ couleur, qu’en latin ça se dit subniger = demi-noir ! comme demi-deuil, et que c’est généralement la couleur la plus détestée après le brun… Encore merci !
  • Je remarque qu’Hillary Clinton, qui a affectionné, tout au long de sa campagne, une étrange tunique-pantalon-pyjama rouge vif- curieuse idée  de se déguiser en clown républicain, alors qu’il y en avait déjà un ! -portait  le lendemain de sa défaite, un tailleur noir à grands revers violets. Couleur du renoncement, on vous dit !
Lie-de-vin et lie de la terre

  • Mais attention à qui ne se plie pas à cette règle tacite du renoncement : alors que ça fait des millénaires que des hommes épousent des femmes dont ils sont les aînés sans qu’on trouve à y redire,  gare à la femme qui ose vivre avec un homme plus jeune, à elle d’endosser les sobriquets de dangereux prédateurs !

  • Je remarque aussi qu’une mode de femmes chics à cheveux blancs progresse sournoisement. Signe de la baisse quasi générale du niveau de vie ? Sans doute.  Une coloration coûte cher, surtout quand il faut l’entretenir, c’est vrai. Mais j’y vois ramper autre chose, une sorte de stigmatisation. Car en ces temps difficiles la stigmatisation galope sur tous les fronts sociaux.
  • Et voilà que Dessange s’y met aussi avec les cheveux blancs ! L’inventeur du coiffé-décoiffé  ressort la photo en noir et blanc de 1983 (ci-dessus à gauche) qui l’a rendu célèbre, celle d’Ana blonde, alias le mannequin Catherine Ahnelle, avec les grandes boucles d’oreilles.
  • Entre temps – j’ai vérifié-Catherine Ahnelle est devenue une galeriste reconnue, elle a 30 ans de plus, mais porte les cheveux longs et blonds !

  • Non, le groupe Dessange a repris la même photo de 1983 ! pour nous vendre un produit pour cheveux blancs ! Même pose, mêmes boucles, même pull, et  facile en noir et blanc de faire passer le blond clair pour du blanc, le visage de Catherine Ahnelle a purement et simplement été vieilli à coup de Photoshop ! Avec ça, Dessange veut nous vendre  un produit pour -ouvrez les guillemets »- « cheveux éteints, en perte de lumière », tout un programme ! Et devinez quelle est la couleur du flacon ? violet dé-girly !
Lie-de-vin et lie de la terreLie-de-vin et lie de la terre

  • C’est vrai qu’une femme peut porter les cheveux blancs glamour, mais tout le monde n’a pas la fougue d’Élisabeth Quinn, et ses 28 minutes, chaque soir, sur ARTE.
  • Il faut avoir l’âme sacrificielle  de Françoise Hardy et boire le calice lie-de vin, jusqu’à la lie pour porter si tôt les cheveux blancs. Bon, d’accord, il y a la grave maladie contre laquelle elle se bat si courageusement. Mais qu’une fille si jolie et si douée ait passé sa jeunesse et sa toute vie ! à attendre que les passades de son Jacquot se passent, ça, ça me dépasse ! Voilà bien les couleurs du renoncement.
Lie-de-vin et lie de la terreLie-de-vin et lie de la terre

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New Temps Modernes

Publié le par Claude Léa Schneider

Etats-Unis : employés du secteur volailler privés de pause-toilette et obligés de porter des couches. Photo http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/13/prives-de-pause-pipi-des-employes-obliges-de-porter-des-couches/

Etats-Unis : employés du secteur volailler privés de pause-toilette et obligés de porter des couches. Photo http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/13/prives-de-pause-pipi-des-employes-obliges-de-porter-des-couches/

Voici ma chronique du Club Sandwich n°9 du 13 novembre 2016. Animé par Christophe, avec Edouard, Julie, Benoit, et ma fraise.

Management algorithmique.

Un instant les amis : j’ajuste mon oreillette obligatoire, comme déjà pas mal de vendeurs dans de  nombreuses boutiques et enseignes, pour vous parler de mon nouvel emploi.   

Car  j’ai  accepté le métier de livreur de chroniques et de sandwichs pour Club Sandwich Power  System qui m’offre des conditions   très rémunératrices.  Je n’ai plus ni patron ni supérieur hiérarchique, je suis en free-lance, je peux gérer mon temps de travail, à moi la liberté et la belle vie ! car Club Sandwich Power System pratique le management algorithmique.  

Relié à mon smartphone par cette oreillette, mon métier consiste à aller chercher des chroniques et des sandwichs chez Chroniko Uber Team et à les livrer en un temps record aux médias qui en ont besoin quand leurs  journalistes sont en panne d’inspiration.

Pourquoi faire  livrer des chroniques par coursier, me direz-vous, alors qu’il serait si simple de les envoyer par mail ?

         

La force de Chroniko Uber Team

Réponse : pour contourner l’implosion du  piratage informatique, les chroniques sont écrites sur d’anciennes machines à écrire  non connectées et ensuite acheminées sous plis scellés par un coursier, ce qui assure leur totale exclusivité. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

D’autre part, les journalistes étant, on le sait, amateurs de sandwichs, surtout quand ils sont en panne d’inspiration, Chroniko UberTeam, pour apporter une offre plus concurrentielle,  s’est associé à Club Sandwich Power System  pour livrer des chroniques Et des sandwichs et gérer la logistique algorithmique.

Des chroniqueurs très efficaces

Chroniko Uber Team est donc un centre d’écriture de chroniques pour les médias. Les chroniqueurs de Chroniko sont rodés aux méthodes du politiquement correct et aux champs lexicaux les plus consensuels, toutes les chroniques sont donc à la fois exclusives  ET interchangeables et donc immédiatement adaptables au média qui en fait la demande. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

Chez Chroniko Uber Team chaque chroniqueur est capable de produire 8 chroniques par jour. Comment ce miracle est-il possible, me direz-vous ? Vous qui peinez à en écrire une par semaine !  Eh bien les chroniqueurs  les écrivent à la chaîne, 8 h par jour,  rivés à leur table de travail, muni d’un casque, face à leur machine à écrire,  dans  leur bureau openspace.

Employés dans les mêmes conditions

Employés dans les mêmes conditions

Impossible de déjeuner avec ses amis

Une seule pause toilette quotidienne leur étant accordée, ils réduisent au maximum leurs prises de liquides, ce qui règle de facto l’improductif problème des pauses-café. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

La pause-déjeuner est limitée  à 30 mn et organisée de telle sorte qu’on ne peut la prendre en même temps que ses voisins de bureau, ce qui limite l’inutile bavardage convivial et les risques d’ententes syndicales.

Un médecin du travail a bien  fait quelques remarques sur cette forme de harcèlement moral et physique et a tenté de mettre en place une cellule d’écoute, mais il a finalement dû démissionner, comme les 12 autres médecins qui l’ont précédé. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

Obligés de porter des couches culottes

Quant aux sandwichs, ils sont préparés par des employés qui  voient régulièrement leurs demandes de pauses-pipi refusées par leur chef qui leur répond par des menaces de sanctions ou de renvoi. Les employés sont ainsi « maintenus sous pression pour garder la vitesse de production. ». Ils sont donc obligés de porter des couches culottes et ils urinent et défèquent debout face à leur plan de travail. C’est ça la force de Chroniko Uber…..

Une nouvelle commande

Mais je m’interromps car une nouvelle commande arrive dans mon oreillette. J’ai 30 secondes pour réagir : je dois balayer l’écran de mon smartphone  pour  “Accepter la livraison” – de toute façon c’est la seule option qui m’est proposée puisque je dois obligatoirement travailler au moins deux jours consécutifs durant les week-ends.

Je dois vous dire  que je reçois tous les mois un audit de performance qui recense mes « délais d’acceptation des commandes, temps de trajet client, temps passé chez le client, retards de livraison et commandes non honorées. »

Le temps d’enfourcher mon scooter et de griller  2 feux rouges, je récupère ma chronique sous son pli hermétique, et je fonce chercher les sandwichs. Je fais au plus vite car depuis que j’ai commencé à travailler en free-lance ma rémunération à la course est passée de 12 € à 4,50 €. Un plan apparaît alors sur mon smartphone :

l’algorithme me fournit l’adresse de livraison : je dois filer à Radio Cultures Dijon, 19 rue de la Préfecture,  où on me signale qu’un chroniqueur est justement en panne.

New Temps Modernes

Maudit escalier

Je trouve l’adresse, monte l’escalier, dépose mon colis dans leur local vraiment exigu où sont entassés des chroniqueurs accablés. Je fais signer l’écran de reçu à un prénommé Christophe, et je redescends en 4ème vitesse, mais catastrophe ….je rate une marche de ce maudit escalier et je dégringole. Impossible de me relever : j’ai dû me fracturer quelque chose. Les chroniqueurs de Radio Cultures, alertés par le bruit,  se précipitent, accablés mais sympas quand même, ils appellent les secours, et me voilà parti dans l’ambulance.

Immobilisé  sans couverture sociale

C’est bien ce que je craignais : on m’a posé un plâtre qui va m’immobiliser  pendant plusieurs semaines. Je m’aperçois alors que  je n’aurai ni remboursement  des frais médicaux, ni indemnités journalières, puisque je suis employé sans employeur et que c’était à moi de cotiser aux régimes de santé et de protection sociale, ce que j’ignorais.

J’ai reçu de Club Sandwich Power System  un message me demandant de justifier mon absence, bien que je leur aie envoyé un mail et un certificat médical  pour les prévenir. Ils me répondent que le contrat est rompu et  que je ne toucherai le solde de ma rémunération que  lorsque j’aurai rendu mon matériel et  fourni la preuve que j’ai enlevé de mes sacs de livraison tous les autocollants de Chroniko Uber Team. C’est ça la force de …

Je suis désolée, je dois interrompre cette chronique. On me signale que des âmes sensibles qui nous écoutaient ont dû quitter la table dominicale à l’énoncé des conditions de travail que je viens de décrire ! Pourtant elles sont vraies !

2 films à voir et à revoir et une idée de lecture
2 films à voir et à revoir et une idée de lecture
2 films à voir et à revoir et une idée de lecture

2 films à voir et à revoir et une idée de lecture

Et merci aux ressources en ligne du Huffington Post, Courrier International, Oxfam, Mediapart et AlterEcoPLus.

Je dédie cette chronique aux 80 ans des Temps Modernes du génial Charlie Chaplin et aux 80 ans de Ken Loach, dont le Moi, David Blake, Palmes d’or à Cannes, vient de sortir récemment en salles.

le podcast intégral du Club Sandwich n°9, c'est ici :

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Club%20Sandwich%20-%2013%20novembre%202016.mp3

Et le livre (sur un autre sujet) présenté en fin d'émission.

Et le livre (sur un autre sujet) présenté en fin d'émission.

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Entreprendre Pour Apprendre

Publié le par Claude Léa Schneider

Mathieu Chaillot

Et voici le n° 43 du Mot sur la Main sur le 100 FM ! Entreprendre pour Apprendre, ou comment donner aux jeunes le goût d'entreprendre, à travers 4 parcours, du CM1 à l'Après Bac !

  • Avec Catherine Dubos, chargée de mission à la Cellule Relation écoles-Entreprises (CRéE) au Rectorat de Dijon,
  • Pauline Fuster, Directrice régionale de "Entreprendre pour Apprendre" (EPA) Bourgogne (photo ci-dessous)
  • et Mathieu Chaillot, (photo ci-dessus) actuellement étudiant en information-communication à l'IUT de Besançon, mais qui a suivi le parcours quand il était élève de 2nde et qui peut apporter son témoignage avec un certain recul.
  • Pauline FusterLongtemps, trop longtemps, les mondes scolaires et universitaires ont été tenus à l'écart du monde du travail pour des raisons variées et plus ou moins idéologiques.
  • Quant à la représentation que les jeunes - et aussi les moins jeunes- ont des métiers et des univers professionnels, elle est très floue et construite sur l'iceberg du visible et des clichés.
  • On ne le répétera jamais assez : il faut ouvrir à tout âge son champ des représentations professionnelles.
  • Au cours d'un stage effectué dans une entreprise où travaille un de ses parents, un jeune est généralement très surpris quand il découvre le quotidien professionnel de son père ou de sa mère !
L'écoblet, 3ème Collège Malraux, Dijon, 2012.

L'écoblet, 3ème Collège Malraux, Dijon, 2012.

Catherine DubosL' "objet-fétiche" de notre émission est l'écoblet, (photo ci-dessus) un gobelet "pocket", écologique, étanche et pliable conçu et fabriqué par les 3ème option Découvertes Professionnelles 3h, au collège André Malraux de Dijon en 2012, équipe pilotée par Catherine Dubos, professeure de Technologie (photo ci-contre).

Si vous voulez en savoir davantage sur les différentes étapes de la création d'un produit en mini-entreprise  : conception, étude de marché, entretiens d'embauche, ouverture d'un compte bancaire, fabrication, assemblée générale, vente, salon régional ..., 

regardez ce clip de présentation d'une mini-entreprise EPA qui suit une équipe tout au long d'une année scolaire en cliquant sur la vidéo ci-dessous :https://vimeo.com/114992447

 

Pauline et Catherine  nous expliquent le fonctionnement du dispositif.

Mathieu nous raconte son expérience et sa satisfaction de l'avoir vécue quand il était élève de 2nde au lycée St Joseph de Dijon.

Nous évoquons aussi toutes les qualités que cette aventure développe chez les jeunes.

Et une plus grande ouverture sur le monde du travail pour les enseignants de l'équipe !

Mathieu déclare que cette expérience l'a bien aidé à communiquer, lui qui n'aimait pas trop s'exprimer.

D'ailleurs il fait actuellement des études de ... communication !

De 10 à 25 ans, du CM1 aux classes post-bac, de la toute première initiation à l'entreprise jusqu'au programme START-UP, où  les étudiants construisent et gèrent ensemble une véritable entreprise durant une année scolaire,  tous les parcours sont possibles.

 

 

Nous ne nous quittons pas sans évoquer :

  • les obstacles à surmonter pour les jeunes et les moins jeunes quand il s'agit de créer son entreprise,
  • la fragilité du statut d'autoentrepreneur,
  • la tendance à l' "ubérisation" dans certains secteurs professionnels ...

Raisons de plus pour apprendre à entreprendre avec Entreprendre pour Apprendre !

Merci à nos trois invités Pauline, Catherine et Mathieu,  et à Florian à la technique.

Deux livres sur le sujet, destinés aux jeunes et d'une lecture facile.Deux livres sur le sujet, destinés aux jeunes et d'une lecture facile.

Deux livres sur le sujet, destinés aux jeunes et d'une lecture facile.

Le Mot sur la Main est une émission conçue et présentée par Claude Léa Schneider le lundi à 19h sur le 100 FM.

Le Mot sur la Main est une émission conçue et présentée par Claude Léa Schneider le lundi à 19h sur le 100 FM.

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Roi du Marketing

Publié le par Claude Léa Schneider

Retrouvez ici votre Club Sandwich du dimanche 23 octobre 2016

Retrouvez ici votre Club Sandwich du dimanche 23 octobre 2016

Comme d'habitude, retrouvez  en fin d'article le podcast complet du Club Sandwich du 23 octobre, avec Christophe, Tristan, Sylvain, Edouard et ma fraise Tagada qui vous propose une chronique  théâtrale et en alexandrins, mais oui !

  • La scène se passe dans une bourgade de 9999 habitants, à une époque où Les Inconnus, au nombre de 3, avaient du génie, c’est-à-dire il y a un certain temps.
  • L’argument est une histoire vraie : Mme Mardi veut, dans la petite ville rurale où elle travaille, acheter au supermarché des yaourts au citron, et à la parfumerie son parfum de marque, comme elle en a l’habitude.
  • Ne les trouvant plus, elle s’informe et elle apprend :
  • d’une part,que les yaourts au citron ne font pas suffisamment partie des habitudes de consommation des zones  rurales, et que donc il n’y en aura plus !
  • et que d’autre part, les parfums de cette marque ne seront désormais plus disponibles dans les villes de moins de 10 000 habitants, pour des raisons d’image et de marketing.
  • Sur ce thème, je vous propose un mix de Cyrano, de l’Opéra de 4’sous et l’actualité sociopolitique ! On en discute après si vous voulez.

Personnages : Mme Mardi,   Roi du Marketing,   Duc de Niche,   Baron de Masse et  Déesse Égalité

  • Prologue : Roi du Marketing

Je suis le roi, je suis roi  du marketing !

Que j’aime, que j’aime, quand l’tiroir-caisse fait  « cling » !

Je coupe et je segmente du haut de mon building,

Je vous vends de l’espoir en crédit revolving.

  • Scène : Mme Mardi,  Duc de Niche,  Baron de Masse

Mme Mardi

Les yaourts au citron ne sont pas populaires !!!

Peut-on me dire pourquoi et quels sont les critères ?

Duc de Niche

Nous découpons les goûts, de Berlin à Greenwich.

Les trop petites villes ne sont pas sur nos fiches.

On dit « segmentation » car le marché de niche,

Comme l’alexandrin, se coupe à l’hémistiche.

Les yaourts au citron, c’est un marché de niche !

Mme Mardi

Et les fraises Tagada, c’est pour les goss’ de riches ?

Duc de Niche

Vous le prenez de haut, mais de vous je me fiche,

La rentabilité est mon seul vrai fétiche.

Car les nouveaux marchés, c’est moi qui les déniche.

 Mme Mardi

Et si je préférais les yaourts à la fraise ?                                      

Baron de Masse

Les yaourts à la fraise, c’est du marché de masse.

Et le « marché de masse » rime avec « populace »

Il vous faut accepter la loi des grandes’ surfaces.

Mme Mardi

C’est un marché de masse !  Et pourquoi pas de classes ?

On est contingentés  comm’ les anciens bidasses. 

D’un côté  les ruraux,  les vieux à la ramasse,

Et de l’autr’ le gratin,  on me prend pour une quiche !

On m’oblige à manger comme chez les Angliches :

Vive le yaourt libre et le bon club sandwich !

Et quant à mon parfum, là vraiment ça me fâche,

Pourquoi je ne l’ai plus ? Il faut que je le sache !

Duc de Niche

Question de stratégie. Le luxe est une niche.

C’est un curseur social, quand un parfum s’affiche.

Baron de Masse

Dans  vot’ super marché -qu’est-ce qui vous embarrasse ?-

Vous trouverez sûrement  un’ sous-marque de masse,

Qui en zone rurale  votre parfum  remplace.

Mme Mardi

Ah vous croyez vraiment ? et la sous-marque cache

Les odeurs de lisier et de bouse de vache !

Puisqu’il en est ainsi,  eh bien moi je me casse

De la zone rurale et de ses grandes surfaces. !

Épilogue : Déesse Égalité et Roi  du marketing

Roi  du marketing

Je suis le roi, je suis roi  du marketing !

Que j’aime, que j’aime, quand l’tiroir-caisse fait  « cling » !

Je coupe et je segmente du haut de mon building,

Et je vous vends de l’espoir en crédit revolving.

                      Déesse Égalité

A ces propos le sang dans mes veines se glace :

Le peuple souverain n’est pas la populace.

On paiera cher un jour le mépris du prochain,

Des ruraux, des petits, des paumés sans destin

Et les plaisanteries sur les nains de jardin.

Segmentez, fragmentez, faites la sélection,

Creusez donc les écarts dans la population,

Par les lois du commerce, divisez la nation !

On l’a déjà senti lors des municipales :

Attention, attention aux sanctions nationales !

Roi  du marketing

Je rest’ le roi, je rest’ le roi  du marketing !

Je gouverne les États du haut de mes holdings

Maint’nant sur vos applis, je vous fais du forcing

Il vous d’vient impossible de faire du zapping

Mes algorithmes rythment vos vies et le standing !

                                Rideau

                                

                                          

ça vous a plu ? Oui ? non ? pas du tout ? N'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Le podcast complet, c'est ici !

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Club%20sandwich%20-%2023%20octobre%202016.mp3

A bientôt !

 

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Lapin à la moutarde garou

Publié le par Claude Léa Schneider

Club Sandwich  n° 5 du dimanche 9 octobre 16.

Vous l'avez manqué ? Retrouvez ici ma chronique et le podcast de l'émission complète.

Aujourd’hui  je vais vous parler de pâte à modeler et de philosophie, et donc de philosophie à modeler, car c’est bien ce qu’on fait couramment quand on modèle ses principes selon  ses intérêts. Donc comme promis, voici la recette du lapin à la moutarde garou.

Pour faire un bon lapin à la moutarde garou, il faut :

·         1 tasse de moutarde au verjus et aux graines de Bourgogne

·         1 verre d’aligoté

·         1 escabeau

-     1 briquette de crème de coco

-     1 dictionnaire français-anglais

-      2 échalotes

-      1 cuillerée à soupe d’huile d’olive

-      1 balle de tennis

-     1 branche de thym

-       700 g de poivrons coupés en lanières

-     1 grand plat

-     1 cuillerée à soupe de curry

-     2 pieds

-       1 beau lapin d’1,5 kg, en pâte à modeler, de chez Wallace et Gromit

-     Et 1 fraise Tagada pour le décor

 


  • 1       Mets les pieds dans le plat.
  • 2   Regarde le lapin dans les yeux et pose-toi la question suivante : pourquoi ne pas prendre  un vrai lapin vivant, et le tuer ? Oui, mais de quel droit ? Et c’est là que, comme promis, on bascule  de la pâte à modeler vers la philosophie comme sur l’infernal  toboggan à petit-déjeuner de Wallace et Gromit. Car qu’est-ce que le spécisme ? Le spécisme c’est le fait de négliger la vie et les intérêts des animaux uniquement parce qu’ils sont d’une autre espèce. Les humains sont anthropocentrés, c’est-à-dire, centrés sur eux-mêmes et leurs intérêts  au détriment des autres espèces.

  •       Maintenant prends le dictionnaire  et ouvre-le au mot « feeling ». Christophe, toi qui es angliciste, tu sais à quel point ce mot est difficile à traduire en français : feeling : sensation ou sentiment ? 2 mots qui viennent du même verbe sentir.  C’est physique ou psychique ? Réponse : c’est les deux : sensation ET sentiment, physique  ET psychique, puisque une sensation purement physique, la souffrance purement physique par exemple,  ça n’existe pas, nous disent les philosophes.
Descartes (1596-1650) et Malebranche (1638-1715)Descartes (1596-1650) et Malebranche (1638-1715)

Descartes (1596-1650) et Malebranche (1638-1715)

  •         Prends la branche de thym, mais écarte les mauvaises branches, par exemple le métaphysicien Malebranche, qui battait son chien à tour de bras, et criait  plus fort que les cris du chien en disant  « ça crie mais ça ne sent pas», c’est-à-dire que selon lui, et aussi selon Descartes, l’animal ne sent rien puisque c’est une machine ! Or on le sait aujourd’hui grâce aux progrès de la science : les couilles de Malebranche et de Descartes étaient tout aussi sensibles que celles du chien ! souffrance physique ET psychique !

  • ·        Cherche le mot sentience. Tu apprends que ça vient du latin sentiens, « ressentant », et que ce mot désigne la capacité de ressentir. Un être sentient ressent la douleur, le plaisir et diverses émotions.

      Maintenant, monte sur l’escabeau et prends la balle de tennis.

Un peu de silence, s’il vous plaît !

·        L’homme est-il un être sentient ? oui !

·        L’animal est-il un être sentient ? oui ! 15 A

·        L’homme a-t-il  conscience d’exister ? oui ! 30-15

·        L’animal a-t-il une conscience d’exister? oui !  30 A

·        Combien  l’homme a-t-il de vie ? : Une !  40-30

·        Combien l’animal a-t-il de vie ? Une ! 40 A

·        L’animal peut-il toujours décider de son sort ? non ! Avantage homme

·        L’homme peut-il toujours décider de son sort ? non !  Égalité

Alors tu peux te le jouer en 3 sets ou en 5 sets, il n’y aura pas vraiment de "tie-break"

1.      MAIS c’est difficile de changer, les idées sont tellement ancrées dans la conscience collective qu’on  peut  les croire éternelles : rappelle-toi, il y a eu une époque où certains pensaient que « les nègres n’avaient pas d’âme ». Le racisme, le sexisme, et  aussi le spécisme, le grand débat de notre siècle."La cruauté envers les animaux est la violation d’un devoir de l’homme envers lui-même.disait déjà le philosophe Emmanuel Kant

C’est difficile de changer d’habitudes et surtout alimentaires, alors vas-y progressivement, ne crois pas que si flexi-t’as rien, ou si t’es végé, t’as rien ! Au contraire t’en as beaucoup dans ton assiette. Mélange bien  la moutarde, le curry  et la crème de coco. Fais revenir les échalotes dans l’huile d’olive, ajoute les poivrons coupés en lanières,  incorpore le mélange moutarde-curry-coco,  laisse réduire à feu très doux pendant 20 mn, verse sur un grand plat de riz, déguste, partage la pâte à modeler entre les enfants qui sont autour de toi et  bois le verre d’aligoté à la santé du lapin que tu n’as pas tué !

Tu  veux rigoler sur les végétariens, rien de plus facile : sur le net on trouve plein de sites.

·        Tu veux connaître les remarques dont les végétariens ont vraiment  ras l’assiette de quinoa, rien de plus facile non plus.

·        À toi donc à qui je ne fais pas de morale, mais j’essaie de traiter un sujet sérieux avec un peu d’humour, je te dédie cette chronique  et te donne le dicton du new almanach  du jour : « Qui est trop anthropocentré devient vite entrecôtecentré."

         Le podcast de l'émission complète présentée par Christophe, c'est par ici :

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/club%20sandwich%20-%209%20octobre.mp3

Petit lapin de l'île de Sylt (été 2012)

Petit lapin de l'île de Sylt (été 2012)

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Viola Montenot

Publié le par Claude Léa Schneider

Affiche de l'exposition.

Affiche de l'exposition.

Viola Montenot

Viola Montenot, Migrations : à voir absolument !

Vous n'êtes pas encore allé/e voir l'exposition des dernières œuvres de Viola Montenot à la Galerie La Source à Fontaine lès Dijon ? Courez-y, c'est jusqu'au 23 octobre seulement.

Vous n'avez pas pu écouter l'interview qu'elle m'a accordée lundi dernier pour Radio Cultures Dijon ? Vous trouverez le podcast à la fin de cet article qui est un complément de l'interview. Les citations sont extraites du récit autobiographique de son parcours.

Musique tahitienne, sarment de vigne, biographie de Camille Claudel par Anne Delbée : 3 objets-fétiches de Viola Montenot.
Musique tahitienne, sarment de vigne, biographie de Camille Claudel par Anne Delbée : 3 objets-fétiches de Viola Montenot.

On l'écouterait pendant des heures...

Car ça a été bien difficile de se contraindre à 40 mn d'émission, alors qu'on l'écouterait pendant des heures nous raconter sa vie, ses voyages, ses rencontres ..."chaque nouvelle situation étant source de nouvelles images", écrit-elle, et occasion de nombreuses expositions : Papeete, Paris, Metz, Nancy, Pont-Aven, Strasbourg, Avignon, Genève, Rome, Bratislava, Mannheim, Mayence, et beaucoup d'autres ...

Et on voudrait voir tous ses tableaux !

Viola Montenot m'a montré beaucoup de photos de tableaux et sculptures qu'elle n'a plus, dispersés - et c'est tant mieux- dans des collections privées.

Mais quel bonheur ce serait de voir un jour l'ensemble de l’œuvre de Viola Montenot rassemblé pour un temps en un même lieu d'exposition !

Viola Montenot, "Pliés et liés", acryl/toile.

Viola Montenot, "Pliés et liés", acryl/toile.

"Avec les mots", "La plume", acryl/toile, encre blanche.
"Avec les mots", "La plume", acryl/toile, encre blanche.

De Martin (Slovaquie) à la Bourgogne

Viola Montenot est née à Martin, avant la chute du Mur de Berlin dans l'ex-Tchécoslovaquie (aujourd'hui Slovaquie) où elle a fait des études d'art et de pédagogie. Puis, grâce à l'amour, elle a pu fuir en France peu après l'entrée des chars à Prague en août 1968, et elle a trouvé une seconde patrie en Bourgogne, mais restera longtemps poursuivie par les tracasseries administratives dont on accable les migrants, surtout venant de l'autre côté du Rideau de fer.

Mais son caractère résilient transforme en art tous les aléas de l'exil et de la vie.

"Le Chemin" (acryl/toile), ou le parcours kafkaïen du migrant.
"Le Chemin" (acryl/toile), ou le parcours kafkaïen du migrant.

Quatre ans en Polynésie

"Chaque nouvelle situation est source de nouvelles images" : à peine arrivée, très jeune encore, elle obtient le 1er prix du Salon de Nolay, et depuis elle n'a jamais cessé de créer.

"Le séjour en Polynésie (années 1986-90) m'a profondément marquée. La lumière et les couleurs bien sûr, mais surtout le rythme de la vie polynésienne, les attitudes, les gens et leurs histoires m'ont donné l'opportunité d'explorer d'autres cheminements artistiques."

Exposition "En basse altitude", Conseil régional de Bourgogne, 2004.
Exposition "En basse altitude", Conseil régional de Bourgogne, 2004.

Un univers à nul autre pareil

C'est en peignant, du haut de la galerie d'un temple, des Polynésiennes à l'office religieux, portant des chapeaux immaculés, que Viola Montenot trouve son style si caractéristique : corps puissants mais enfermés, absence de paysage, magie des tons bruns, vues en plongée.

Carte du vignoble slovaque. Pour Viola Montenot, le sarment de vigne:fil conducteur entre la Slovaquie et la Bourgogne.
Carte du vignoble slovaque. Pour Viola Montenot, le sarment de vigne:fil conducteur entre la Slovaquie et la Bourgogne.

Retour vers les racines

"A partir des années 90, la Slovaquie jusqu'alors interdite me fut réouverte. La chute du mur de Berlin m'a offert l'opportunité de retrouver la culture et les richesses créatrices à l'origine de mon "bagage" culturel. Les paysannes-peintres, les bergers-sculpteurs, significatifs représentants de l'art brut, savaient prolonger la vie des objets usuels, en leur offrant la beauté d'un objet d'art. Cette part culturelle m'a inspirée. Le besoin de la raconter, de l'explorer, est alors devenu indispensable."

Viola Montenot, peinture et collage sur douelles de tonneau et sur terre cuite.Viola Montenot, peinture et collage sur douelles de tonneau et sur terre cuite.

Viola Montenot, peinture et collage sur douelles de tonneau et sur terre cuite.

"Possibilité de fuite", "Verrouillés", "Les demeures improbables" ... les sculptures de Viola Montenot sont un chant d'exil."Possibilité de fuite", "Verrouillés", "Les demeures improbables" ... les sculptures de Viola Montenot sont un chant d'exil."Possibilité de fuite", "Verrouillés", "Les demeures improbables" ... les sculptures de Viola Montenot sont un chant d'exil.

"Possibilité de fuite", "Verrouillés", "Les demeures improbables" ... les sculptures de Viola Montenot sont un chant d'exil.

Ne sommes-nous pas tous en partance ?

Les titres des tableaux, des sculptures et des salles de l'exposition montrent la proximité charnelle de Viola Montenot avec l'exilé, le migrant qui ne sait pour où partir, qui attend dans la peur la confrontation avec "ceux d'ailleurs", qui se demande si son voyage est sans retour et s'il retrouvera ses racines.

Mais pas seulement. Car, comme l'écrit si bien Claude Martel :

"Les êtres toujours en partance qui peuplent les tableaux de Viola sont autant de symboles de la quête du créateur à la recherche de sa propre fonction et de son propre rôle. Ils traversent son univers pictural enfouis à tout jamais dans le tourbillon du temps et les méandres du souvenir, peut-être à la recherche d’un bonheur passé ?"

 Quatre livres que je vous recommande : Dany Laferrière cet autre exilé, le récit incroyable recueilli par Fabio Geda, et très clair ouvrage de sciences politiques de C.W.de Wenden.
 Quatre livres que je vous recommande : Dany Laferrière cet autre exilé, le récit incroyable recueilli par Fabio Geda, et très clair ouvrage de sciences politiques de C.W.de Wenden.
 Quatre livres que je vous recommande : Dany Laferrière cet autre exilé, le récit incroyable recueilli par Fabio Geda, et très clair ouvrage de sciences politiques de C.W.de Wenden.
 Quatre livres que je vous recommande : Dany Laferrière cet autre exilé, le récit incroyable recueilli par Fabio Geda, et très clair ouvrage de sciences politiques de C.W.de Wenden.

Quatre livres que je vous recommande : Dany Laferrière cet autre exilé, le récit incroyable recueilli par Fabio Geda, et très clair ouvrage de sciences politiques de C.W.de Wenden.

Paul Gauguin, D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? 1897.
Paul Gauguin, D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? 1897.

Ci-dessus, le tableau de Gauguin (1897), considéré comme son testament pictural, dont les interrogations nous ont servi de fil conducteur tout au long de l'interview.

Interview dont le podcast est ici : http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Le%20mot%20sur%20la%20main%20-%20Viola%20Montenot%20Peintre%20sculpteur%20-%20%203%20octobre.mp3

Et pour terminer en musique sur des chants "Himene" du gospel polynésien, chers à Viola, c'est ci-dessous.

Merci à Claude Martel, directrice de la galerie La Source, à Fontaine-lès-Dijon, pour son accueil et sa précieuse collaboration.

Bonne visite de l'expo, bonne lecture et bonne écoute !
Le Mot sur la Main, c'est une émission de Radio Cultures Dijon, le lundi à 19h.

Le Mot sur la Main, c'est une émission de Radio Cultures Dijon, le lundi à 19h.

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