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39 articles avec chroniques

C'est toujours mieux après

Publié le par Claude Léa Schneider

C'est toujours mieux après

Club Sandwich n°22 du dimanche 5 Mars 2017

« La fiabilité des souvenirs, comme chacun le sait d’expérience, ne vaut pas grand-chose. »

C’est avec ce rappel à l’ordre psychologique que le poète et essayiste allemand,  Durs Grünbein, de passage à Dijon en février dernier,  commence son livre … de souvenirs, justement !

Tu dis :  C’était mieux avant ! mais avant quoi ?

Ça fait près de 70 ans qu’Anny Cordy chante, danse et joue la comédie, ce qui d’ailleurs finit par forcer l’admiration. En 1974  elle chantait La bonne du curé, et elle le chante toujours, tu vois qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Prends conscience de la pérennité des choses.

A propos de curés, à cette époque on ne savait pas grand-chose sur la pédophilie ecclésiastique, au moins aujourd’hui la vérité sort de la vase et vient crever en bulles à la surface.

Oh les belles années 50 …. les Français travaillaient beaucoup et gagnaient peu. Pour la grande majorité des Français : pas de voiture, pas de téléphone, pas de télévision, pas de salle de bains, pas de machine à laver …

Oh les belles années 50 : si je  transpose en euros pour qu’on se rende compte : un ouvrier gagnait la valeur de 90 € par mois quand un transistor en coûtait 38,  soit plus du tiers de son salaire …

C'est toujours mieux après

Ah les belles années 60 … Aujourd’hui on sodomise peut-être à la matraque, je te rappelle que le 17 octobre 1961, on a jeté des Algériens dans la Seine et  que la police de Paris dont le chef était Maurice Papon, lequel avait organisé la déportation des juifs en Gironde entre 1942 et 1944 et qui a été jugé plus tard pour complicité de crimes contre l’humanité, avait donné l’ordre de tirer à vue sur les manifestants algériens qui ne réclamaient rien d’autre que leur indépendance. Et que le nombre de morts n’a toujours pas été établi officiellement. Mais  Papon est mort de vieillesse à 96 ans en 2007.

Ah les belles années 60 … Guerre d’Algérie,- un million et demi de jeunes appelés-, attentats de l’OAS, guerre du Vietnam, guerre du Biafra, guerre des Six Jours, plus toutes celles que j’oublieCombien de morts déjà ?

Tu dis qu’avoir 20 ans en 2017, ce n’est pas facile : mais rappelle-toi qu’en 1914, ce n’était pas drôle non plus, ni en 1939, ni entre 1954 et 1962: d’Avoir 20 ans dans les Aurès. Si un jour tu as l’occasion de voir ce film de René Vautier, très peu diffusé, malgré son prix au Festival de Cannes en 1972, tu ne l’oublieras jamais, je t’assure.

Ah les belles années 60… et la construction du mur de Berlin, l’assassinat de Kennedy et  de Martin Luther King,  la dictature des colonels en Grèce, Nelson Mandela condamné à perpétuité, les essais nucléaires français et le bétonnage du littoral.

Ah les belles années 60 …où on n’était majeur qu’à 21 ans et où pouvait mourir d’aimer.

C'est toujours mieux après

Oh les belles années 70… et  la grâce accordée à Paul Touvier (voir Maurice Papon plus haut), ses négationnistes,  ses créationnistes, son extrême-droite qui s’installe et  la censure d’Hara Kiri, ancêtre de Charlie Hebdo.

Oh les belles années 70… et l’introduction des stock-options dans les sociétés, la libération progressive des marchés financiers et les  belles centrales nucléaires.

Oh les belles années 70… avec ses manifestants du Larzac qu’on n‘écoutait pas davantage que ceux de ND des Landes … On croyait dur comme fer de Lorraine- qu’on était déjà en train de licencier- que notre salut était la croissance.

Oh les belles années 70 … et l’expansion du chômage et ses années de plomb, pas seulement en Italie.

Tiens, et hop ! puisque je publie cet article le 8 mars...et qu'encore aujourd'hui en France une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon. (source Télérama n°3504, p 26)

Tiens, et hop ! puisque je publie cet article le 8 mars...et qu'encore aujourd'hui en France une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon. (source Télérama n°3504, p 26)

Ah les belles années 80… et la chute rapide de la dégradation de l’environnement, ses grosses catastrophes pas si naturelles que ça, et ses catastrophes clairement écologiques, Bhopal, Tchernobyl, etc … Combien de morts déjà ?

Ah les belles années 80… et les attentats de l’IRA, la guerre des Malouines, la guerre Iran-Irak, la guerre du Liban, la Valse avec Bachir, plus tout ce que j’oublie … Combien de morts déjà ?

Ah les belles années 80…. et l’apparition du sida. Combien de morts déjà ?

Ah les belles années 80… Ronald Reagan, Margaret Thatcher et le flanc ouvert au libéralisme sauvage.

Ah les belles années 80… la progression de la misère et l’ouverture par Coluche des Restos du cœur, aujourd’hui plus que jamais nécessaires.

C'est toujours mieux après
C'est toujours mieux après

Oh les belles années 90… et ses guerres en Yougoslavie, en Tchéchénie, au Congo, au Libéria, en Sierra Léone, la guerre civile en Algérie, le génocide des Tutsis au  Rwanda, plus tout ce que j’oublie … Combien de morts déjà ?

Oh les belles années 90…. et leurs sommets écologiques dont les décisions ne sont pas suivies d’effet : Sommet de Rio, Protocole de Kyoto, Forum de l’eau …

Oh les belles années 90… ses séismes, ses cyclones, ses ouragans, ses OGM  et ses famines …… Combien de morts déjà ?

Un petit tour dans les années 90 ? Lisez ces deux excellents livres d'Andréï Kourlov, écrivain ukrainien russophone, venu à Dijon il y a 3 ans pour le festival Clameurs.
Un petit tour dans les années 90 ? Lisez ces deux excellents livres d'Andréï Kourlov, écrivain ukrainien russophone, venu à Dijon il y a 3 ans pour le festival Clameurs.

Un petit tour dans les années 90 ? Lisez ces deux excellents livres d'Andréï Kourlov, écrivain ukrainien russophone, venu à Dijon il y a 3 ans pour le festival Clameurs.

Ah les belles années 2000… considérées comme les moins violentes depuis 1840, moins de 1 million de tués par des violence d’Etat, dit Wikipédia... certes, mais rappelle-toi : le 11 septembre, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Irak, le Darfour, et  en toile de fond de tout ça le permanent conflit israélo-palestinien, la dégradation accélérée de l’environnement, plus tout ce que j’oublie… Combien de morts déjà ?

Bon, je  continue ou on s’arrête là ?

En vérité il n’y a pas d’âge d’or, il y avait ta jeunesse passée, dont tu es peut-être nostalgique, mais crois-moi la nostalgie, c’est un très très mauvais plan.

Ou ta jeunesse présente, dont le propre est la peur de l’avenir, mais ça c’est dans l’ordre des choses.

En vérité « C’est toujours mieux après coup » parce que du temps passé, c’est du temps que l’on est sûr d’avoir vécu. C’est du "déjà ça de gagné". C’est déjà un morceau de nous  que Poutine, Trump ou un autre n’aura pas.

« Encore un que les Prussiens n’auront pas ! » disait déjà, à la fin d’un bon repas, mon arrière-grand-mère que je n’ai pas connue.

C'est toujours mieux après

En France et en Europe, il y a eu des périodes de quasi plein-d’emploi, et tu as raison, c’est certainement là le plus important de tout, mais tu ne m’empêcheras pas de ne pas aimer ces 30 glorieuses de certitudes, d’idéologies, d’enfermement dans le culte d’un progrès, dont on s’aperçoit maintenant qu’il n’en était pas un. Au moins aujourd’hui, on sait mieux se poser des questions, même si on n’a pas toujours les réponses.

Je ne veux pas me prendre pour Hannah Arendt, mais tout de même, le 20ème siècle a banalisé, industrialisé et mondialisé la barbarie pour les hommes, comme pour les bêtes.

On le voit aujourd’hui, le « plus jamais ça » tient à peine une génération, et après ça recommence. Plus loin on est allé dans l’escalade de la barbarie, aussi longtemps on devra la supporter.

Alors "Carpe diem quam minimum credula postero", comme dirait Julie, et comme disait déjà  le poète Horace vers 22 avant Jésus-Christ.

Mais pourquoi je te raconte tout ça ?! Mais parce que, chaque année, tu me dis que  c’est l’an pire, alors je contre-attaque !

Et le podcast complet de l'émission, c'est ci-dessous. A très vite !

http://www.radio-cultures-dijon.com/podcasts/club-sandwich-emission-du-dimanche-5-mars-2017-209

Publié dans Chroniques

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Une demoiselle sur une balançoire

Publié le par Claude Léa Schneider

Rock en Seine 2016

Rock en Seine 2016

Club Sandwich  n°20 du  dimanche 12 février 2017

Chanson du dimanche

Quand  on  sort de Rock en Seine, qui se tient chaque fin d’été depuis 2003 dans le Domaine national de St Cloud, au bord de la Seine, dans l’actuel 92 -on dit bien St Cloud, C.L.O.U.D. et non « St Claoud » - autrement dit dans le parc de St Cloud, celui où j’ai appris à marcher, dans les jardins dessinées par Le Nôtre, notre foule de festivaliers est non seulement étroitement escortée par un cordon de policiers, comme si nous étions des malfrats, jusqu’à l’entonnoir de la station de métro Pont de St Cloud, mais on laisse derrière nous,  après  trois jours de festival dans la partie basse du parc le long de la Seine, des pelouses  laminées par les 240 000 pieds qui les ont foulées.

 

Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire

Quand j’y pense ! J’ai presque appris à lire sur les pancartes « Pelouse interdite » de ce parc, où d’effrayants gardiens à sifflets traquaient les ballons, les amoureux et les patins  roulettes, et m’interdisaient de poser sur le précieux gazon un pied pointure 22, quand  je tentais désespérément de cueillir une pâquerette !

Plus bas dans l'article vous trouverez 4 photos où j'ai entre  deux et cinq ans, (je les avais promises !) dans le Parc de St Cloud. Bien que le scann même retouché ne soit pas excellent, vous remarquerez que les pancartes étaient bien présentes et que l'esplanade avec la grande balustrade et la vue sur Paris et la Tour Eiffel n'a pas changé.

La fête à St Cloud, par Fragonard (détail partie droite)

La fête à St Cloud, par Fragonard (détail partie droite)

Oui, là, dans le Domaine  de St Cloud, celui-là même où a été assassiné Henri III, où Bonaparte a pris le pouvoir, où Napoléon III a rétabli l’Empire et dont le château a été incendié par le bombardement des Prussiens ! Dans ce domaine se tenait, depuis 1785, date à laquelle Marie-Antoinette l’avait racheté, une fête peinte par Fragonard, une fête qui se tient toujours en septembre,  une immense  fête foraine que j’attendais avec impatience, d’autant plus que la rentrée était à l’époque plus tardive, et nous, enfants franciliens, pouvions  en profiter tous les jours du moment qu’un adulte et son porte-monnaie nous accompagnaient !

Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)
Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)
Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)
Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)
Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)

Edouard Dantan, Fête foraine de St Cloud, 1879, gravure fin XVIIIe,cartes début XXe, Incendie du château de St Cloud, "l'année terrible" (1870-71)

Ce qui me ravissait, c’était les balançoires, depuis je n’en ai jamais vu d’aussi variées,  et le manège où des bateaux glissaient sur l’eau sous un ciel étoilé, jamais revu non plus.

A l’époque je n’avais pas le droit de porter les cheveux longs, c’était comme ça, mon  père refusant tout ce qui aurait pu me donner un air de « petite fille de bonne famille » comme les petites filles de cette banlieue ouest. C’était comme ça, on ne discute pas avec la politique, surtout à quatre ans !  Et  pourtant j’aurais tellement adoré porter des nattes, comme mes poupées, que j’appelais toutes … Nathalie !

Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire

Quand on n’a pas droit aux nattes comme les autres filles, on tresse ce qu’on peut, les brins d’herbe, les rouleaux de réglisse, tout ce qui vous tombe sous la main, et surtout les cheveux en coton perlé de deux petites filles sur des balançoires, une châtain et une blonde, brodées sur la robe de l’été de mes cinq ans. Oui, des broderies en relief, avec de « vrais »  cheveux en coton que je pouvais natter et dénatter. J’ai vainement cherché sur le net un modèle identique pour vous montrer à quoi ça ressemblait mais je n’ai pas retrouvé une telle merveille. (ci-dessous une photo avec le même genre de broderie, pour vous donner une petite idée.)

Une demoiselle sur une balançoire

A cette robe et aux balançoires de la Fête foraine de St Cloud est associée tout naturellement une chanson que chantait Yves Montand : Une demoiselle sur une balançoire. J’aimais bien cette chanson qu’on fredonnait à la maison, surtout le dimanche quand je portais cette robe et qu’on allait à la fête, et  je l’aime toujours, même si je ne l’écoute jamais- je l'aime bien parce que ce n’est pas une chanson chantée ! Je n’aime pas trop les chansons en français (à cause des "e" qui, à mon avis passent mal).  Mais une chanson jouée, comme une scène de théâtre, avec des surprises et des changements de ton et le phrasé si caractéristique du grand chanteur et acteur qu’était Yves Montand.

Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire
Une demoiselle sur une balançoire

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Etonnante recette de crème au chocolat aux gésiers

Publié le par Claude Léa Schneider

Chocolatière, tableau de Melendez, Musée du Prado, Madrid

Chocolatière, tableau de Melendez, Musée du Prado, Madrid

Un petit extra à propos de la conférence sur le chocolat.

Aujourd'hui, si nous voulons faire prendre une crème, nous utilisons des oeufs, de la farine, de la fécule, des algues, voire industriellement de la gélatine de porc ...

Dans Le Cuisinier économe ou Eléments nouveaux de cuisine, de pâtisserie et d'office par Archambault, 1825, on apprend une ancienne façon de faire prendre une crème : avec des gésiers de poules  !

"Des crèmes : elles peuvent se faire de deux manières : savoir, aux oeufs ou aux gésiers. Cette dernière est peu employée, par la difficulté d'y bien réussir. Il arrive que souvent la crème ne prend pas assez, et que d'autres fois, au moment de la mettre dans des pots, elle tourne. Ces inconvénients ont fait préférer les jaunes d'oeufs.

Pour une crème, il faut 3 gésiers pour la faire prendre ou 6 jaunes d'oeufs et 1 blanc."

Cacao (Kakao) vendu chez l'apothicaire en 1771

Cacao (Kakao) vendu chez l'apothicaire en 1771

Et en effet, remontons dans le temps. Dans Le Cuisinier moderne, de Vincent La Chapelle, paru à La Haye en 1742, on trouve cette étonnante

Recette de crème de chocolat veloutée

« Prenez une pinte de crême ; mettez-y un morceau de sucre ; mettez-y un quarteron de chocolat par morceau, & le faites bouillir. Quand votre chocolat sera bien détrempé, voyez que votre crème soit d’un bon goût et l’ôter du feu. Ensuite, prenez deux ou trois gésiers de poules ou de poulardes ; ouvrez vos gésiers, &, en prenez la peau qui referme les aliments. Otez-en les ordures, et la laver & la hacher. Etant hachée, mettez-la dans un gobelet, ou autre vaisseau, avec un verre de crème de chocolat ; observez que la crème soit tiède ; ensuite, mettez-là auprès du feu ou sur une cendre chaude ; aussitôt qu’elle est prise, mettez-là dans votre crème de chocolat & passez-là promptement deux ou trois fois par l’étamine ; ensuite, mettez un plat sur une cendre chaude ; observez qu’il soit bien droit, & y versez promptement votre crème ; couvrez ce plat d’un autre plat avec un peu de feu dessus. Votre crème étant prise, mettez-là dans un endroit qui soit frais, & vous en servez quand vous le jugerez à propos. »

 

Recette pour faire le chocolat

Recette pour faire le chocolat

Il est bon de rappeler  qu'un quarteron c'est environ le quart d'une livre (500g) soit 125g, soit une tablette de chocolat ordinaire d'aujourd'hui.

A la fin du 18ème siècle, alors que le chocolat est présent en Europe depuis le milieu du 16ème siècle, 2 quarterons de chocolat  représentent encore 5 jours de travail d'un ouvrier ...

C'était un extrait du Club Sandwich n°17 du 22 janvier, dont vous pouvez écouter l'intégralité ici :

http://radio-cultures-dijon.com/podcasts/club-sandwich-emission-du-dimanche-22-janvier-2017-93

Etonnante recette de crème au chocolat aux gésiers

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It's time to move !

Publié le par Claude Léa Schneider

It's time to move !

It’s time to move !

Club Sandwich n°15 du 8 janvier 2017

It’s time to move, es ist Zeit, sich zu bewegen, en esperanto : Estas tempo por movi.

En français « Bouge-toi ! »  ou  tout équivalent usuel avec un COD très vulgaire.
C’est ce que me  susurre quotidiennement  ma conscience et aussi ce qu’affiche en rouge mon podomètre électronique quand je suis restée assise à rédiger cette chronique !

N’empêche que ledit podomètre, à mon poignet depuis mars 2016, m’annonce que j’ai parcouru  2000 km de marche et de course, soit en moyenne 200 km par mois, c’est véridique et ça,  ça me donne envie de galoper en  2017.

Mais je vois que depuis tout à l’heure, il y en a dans ce studio qui se demandent pourquoi j’ai apporté une bouteille d’eau vide ! Eh bien c’est parce que ma marque d’eau minérale préférée commençant par V -que j’appellerai biiip - me proposait   jusqu’au 31 décembre, un jeu pour gagner du Time to move ! justement !

Sur l’étiquette rouge de cette bouteille, il est écrit : « Bougez-vous ! biiip s’occupe de tout ». Le dessin montre un sneaker rouge écrasant méchamment un fer à repasser ! et précise : « Gagnez 1 an de services à domicile pour retrouver l’occasion de bouger ! » Ce qui veut dire que pendant que biiip s’occupe de tout ce qui pourrait vous faire bouger dans la maison, à savoir faire le ménage,  vous pouvez rester vautré sur le canapé à regarder la télé en engloutissant un paquet de chips…

Vautrés sur le canapé.

Vautrés sur le canapé.

C’est vrai quoi ? Pourquoi aller dans une salle de sport, alors que vous pouvez, en petites foulées,  courir en sneakers rouges  derrière votre aspirateur robot programmable sans que ça vous coûte un centime ! Bon d’accord, vous n’avez pas d’aspirateur robot  programmable. C’est comme chez moi : il n’y a que le lave-linge qui galope tout seul à travers la salle de bains  au moment de l’essorage à 1200 tours.

Curieuse par nature, je suis quand même allée voir ce qu’on me proposait comme services à domicile sur biiip.comMais c’est bien parce que c’est vous, parce que pendant que je recherche  tout ça, il ne s’est pas affiché un seul pas sur mon podomètre ce qui compromet déjà gravement ma moyenne de 2017.

 

On me propose, si je gagne : 100 heures de services sur l’ensemble de l’année, pour une valeur  approximative de 3200 €. Au choix : repassage, ménage, courses, bricolage, jardinage etc …

Est-ce que biiip  qui vient faire le ménage chez vous ? Non !il fait appel à un prestataire, et pas n’importe lequel : la société mondiale de conciergerie de luxe John Paul classée dans les meilleurs services de conciergerie du monde par le magazine américain Forbes !  Je me renseigne donc sur le site de ladite société - entre temps mon podomètre m’affiche en rouge : It’s time to move-  et j’assiste à des scènes courantes d’anthropophagie marketing :

 

It's time to move !

J’apprends que la société John Paul, start-up finaliste de la BFM Académie, a eu l’idée d’industrialiser le métier artisanal de la conciergerie privée et que c’est une grosse bête qui monte, qui monte ….

Janvier 2016 : JP devient leader mondial en fusionnant avec l'américain Les Concierges et a  pour objectif 140  millions d’€ de recettes à la fin 2017.

Février 2016 : JP va utiliser le Big Data  pour proposer à ses clients des contenus ciblés.

Mai 2016 : John Paul, partenaire du Festival de Cannes.

Juin  2016 :"Les services de conciergerie, meilleure partie de la voiture connectée".

Juillet 2016 : John Paul rachète Check Théâtre, leader français de la billetterie culturelle.

Novembre 2016 : AccorHotels absorbe JP pour garder la main sur sa clientèle d’affaire.

20 décembre dernier : tweet du Ritz Paris qui signale « des équipes émerveillées ».

Et ils viendraient faire le ménage chez moi ?! Non !

It's time to move !

Faisons comme si j’avais joué et gagné et voici à peu près les 3 scénarios possibles :

1-On sonne : ce sont trois employés de John Paul, impeccables, gants blancs, une équipe chic et choc, pas du tout émerveillée quand elle arrive dans mon F3 et qui sera consternée quand elle va découvrir  la poussière qui s’est accumulée derrière les bibliothèques depuis 10 ans. Pour ma part, trop gênée, je ne profite pas du time to move : je me réfugie dans la chambre avec un livre sur lequel je n’arrive pas à me concentrer : activité  de la matinée sur mon podomètre : ouvrir la porte d’entrée, accueillir, prendre un livre : 52 pas.

Scénario 2 : Finalement biiip et John Paul, considérant la modestie de mon logis, a sous-traité auprès d’un autre prestataire, lequel a sous-traité, lequel a sous- sous-traité. On sonne. Je vais ouvrir : une jeune fille timide m’explique avec les quelques mots de français qu’elle connaît, que son patron lui a pris ses papiers et l’exploite pour un salaire de misère, alors qu’elle pensait venir faire des études en France. Je la fait asseoir dans le séjour : 20 pas, je la réconforte avec un café préparé dans la cuisine, 27 pas, et j’entreprends de l’aider : je vais chercher ma méthode de FLE dans le bureau : 32 pas, et, bien assises, nous nous mettons au travail toute la matinée : 20 pas, pour aller rechercher du café. Elle apprend vite et me supplie de la laisser revenir la semaine prochaine. Bilan : John Paul, c’est moi, le ménage n’est pas fait et le podomètre affiche : 99 pas il aurait tout de même pu aller jusqu’à 100 !

It's time to move !

3e option, John Paul m’a choisie, pauvre anonyme, pour tester son nouveau système de ménage robotisé pour clients de 6ème catégorie. On sonne. Je vais ouvrir. Il n’y personne, sauf un paquet lourd et encombrant qu’on a déposé sur le paillasson : c’est un robot ménager humanoïde. Assise à la table de la cuisine, je planche sur la mise en service écrite initialement dans une langue asiatique traduite en anglais, retraduite en français. J’y passe la matinée. Le robot refuse d’avancer et le podomètre affiche 14 pas.

Bon j’ai compris ! Je ne joue pas.  Je chausse mes sneakers rouges et je vais, comme tous les jours d’hiver, courir et danser en musique à donf sur le tapis du salon. Ce qui fera tout de même 4000 à 5000 pas. Déjà, mon compagnon  aux  oreilles mélomanes, ferme la porte de la pièce où il est en train de travailler, et le chat demande à sortir…

Mais VOUS, vous êtes coincés à table ou dans ce studio, il va bien falloir que vous écoutiez un peu de Cardio Workout Music Best Off 2015 …

Le podcast complet de l'émission, c'est ici :

http://radio-cultures-dijon.com/podcasts/club-sandwich-8-janvier-2017-32

A bientôt !

It's time to move !

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Noël en banlieue au temps de la Guerre froide

Publié le par Claude Léa Schneider

Révolte des Améridiens contre le Dakota Access Pipeline (2016)

Révolte des Améridiens contre le Dakota Access Pipeline (2016)

Un conte de Noël écrit spécialement pour vous ! c'est ma dernière chronique du Club Sandwich 2016. (Club Sandwich n°14 du 18 décembre 2016)

Noël en banlieue au temps de la Guerre froide

L’histoire commence en banlieue parisienne à ¼ d’heure de Paris, quand j’étais enfant. Ma famille se partageait entre la banlieue sud-est et la banlieue ouest : Gare de Lyon, Gare St Lazare. J’aime les banlieues. Et j’aime les trains de banlieue.

Dans ma famille, certains du sud-est étaient plutôt à l’Ouest, enfin politiquement. Et d’autres de l’ouest penchaient un peu vers l’Est.  Parfois, grosses prises de bec Est-Ouest  le dimanche midi : le Rideau de Fer venait s’abattre au milieu la table de la salle à manger et la Guerre Froide  faisait refroidir le rosbif aux haricots verts.

Et puis, à l’heure du goûter, tout redevenait comme avant : personne n’ayant jamais convaincu personne.

L’éclaircie venait en milieu de semaine avec le Journal de Mickey que mon père rapportait avec Le Canard enchaîné dont certains dessins réconciliaient les adultes dans un même éclat de rire.

Canard enchaïné, dessin de Siné, construction de la tour Esso à La Défense, hall du CNIT et Journal de Mickey
Canard enchaïné, dessin de Siné, construction de la tour Esso à La Défense, hall du CNIT et Journal de Mickey
Canard enchaïné, dessin de Siné, construction de la tour Esso à La Défense, hall du CNIT et Journal de Mickey
Canard enchaïné, dessin de Siné, construction de la tour Esso à La Défense, hall du CNIT et Journal de Mickey
Canard enchaïné, dessin de Siné, construction de la tour Esso à La Défense, hall du CNIT et Journal de Mickey

Canard enchaïné, dessin de Siné, construction de la tour Esso à La Défense, hall du CNIT et Journal de Mickey

Dans ma famille, personne n’était franchement « communiste », ni « impérialiste ». Simplement, ils avaient deux façons de croire à la même utopie : celle du Progrès, avec P majuscule aussi haut que les Tours de la Défense  alors en construction.  C’était leur conte de Noël à eux, à la génération des grands-parents et des parents qui fredonnaient encore la chanson du film : « Si tous les gars du monde voulaient se donner la main. »

Aujourd’hui, on aimerait bien que Poutine et Donald Trump ne se la donnent pas trop, la main…

Chez nous le clivage est-ouest était beaucoup plus technologique qu’idéologique. C’était particulièrement sensible aux vacances de Noël quand on nous emmenait voir des spectacles à Paris dans les 2 immenses salles de cinéma qui nous éblouissaient de technique. On allait au Cinérama-technologie  américaine avec son écran courbe de 600 m2 -  voir La Conquête de l’Ouest ou au  Kinopanorama- technologie soviétique  avec ses 98 haut-parleurs- pour découvrir L’URSS à cœur ouvert. Deux beaux films de propagande, quoi !

 

Salle du Kinopanorama, affiches et  Renault Frégate transfluide.
Salle du Kinopanorama, affiches et  Renault Frégate transfluide.
Salle du Kinopanorama, affiches et  Renault Frégate transfluide.
Salle du Kinopanorama, affiches et  Renault Frégate transfluide.

Salle du Kinopanorama, affiches et Renault Frégate transfluide.

 Ça fait plaisir d’apprendre aujourd’hui que les Amérindiens sont en train de gagner leur combat contre le Dakota Access Pipeline.

 Et puis, vous ne saviez pas ? Le nom de naissance de Kirk Douglas, qui vient de fêter ses 100 ans,  c’est Issur Danielovitch,  fils de migrants juifs russes.

Certaines radios disaient que Youri Gagarine, avait vu dans l’espace « des couleurs qui n’existent pas sur Terre », ce qui nous faisait beaucoup rêver, mon père et moi. Impossible,  avait dit mon oncle, ingénieur et pragmatique, c’est  physiquement et physiologiquement impossible !

À l’école, nos maîtres et nos maîtresses nous faisaient écrire comment on voyait notre vie  à l’horizon du mythique an 2000. Et dans nos rédacs, on ne se déplaçait qu’en soucoupes volantes, vraiment plus rapides que les 2CV,  Simca et autre Frégate transfluide  et on ne se nourrissait que de pilules, bien moins dégueulasses que les endives qu’on nous forçait à finir dans nos assiettes.

 Et vous, vous la racontez comment  votre vie en … 2050 ?

Noël en banlieue au temps de la Guerre froide Noël en banlieue au temps de la Guerre froide

Dans les spectacles parisiens de fin d’année, il y avait aussi le duel Holiday on ice VS Ballets Moïsseïev. J’avais une nette préférence pour Moïsseïev et un léger tropisme vers l’Est, pour des raisons culturelles, préférant, à cet âge-là, la balalaïka à la musique country et les Contes et Légendes de la Taïga à ceux du Far West.

 Au retour du spectacle, sur notre chère ligne de banlieue omnibus, pleine à craquer, qui sentait le radiateur surchauffé et le tabac, j’écoutais l’accélération progressive du train et le bruit des bogies sur les rails que je rythmais dans ma tête sur l’air de Kalinka, ma danse russe préférée : Kalin Kamalin Kakalin Kamaya…

Et de retour à la maison, dans la chaufferie du sous-sol qui me servait à la fois de scène de théâtre et de piste de danse, je m’essayais aux sauts de chat des Danses  polovtsiennes du Prince Igor, de Borodine, un truc qui te tue littéralement  les genoux !

À la fin du 1er trimestre de 6ème, avant les vacances de Noël,  la prof de dessin nous ayant demandé de faire une carte de vœux, j’avais collé des clochers à bulbes en papier doré sur une feuille de Canson bleu nuit. Tiens, le Kremlin ! avait dit la prof sur un ton amusé. Et dans le regard crispé que m’avaient lancé certains de la classe, j’avais compris qu’un Rideau de Fer culturel passait aussi par-là !

Aujourd’hui, on dit sobrement « les années 2000 » que nous avons vécues … pour ce qu’elles valent. En cette fin 2016, Fidel Castro est mort. On ne se déplace toujours pas en soucoupe mais on croise encore des 2CV, c’est elles qui sont devenues mythiques !

 Il n’y a plus la Guerre Froide, on a délocalisé la Guerre brûlante et on a mis la Paix au congélateur. Aucune pilule ne remplace les endives et Thomas Pesquet, habillé comme vous et moi dans la Station spatiale devenue internationale, déguste des petits plats de grands chefs.

A Noël les  gens vont s’offrir des caméras 360° et des  casques de réalité virtuelle, mais malgré ça nos lignes de banlieue devenues  ligne L du Transilien et D du RER sont toujours aussi pleines à craquer. Seule l’odeur du tabac a disparu.

Et depuis le temps que je vis en Bourgogne, je rêve- c’est mon conte de Noël à moi- que Dijon serait le cœur  d’une immense étoile de lignes de RER, qui rayonneraient sur la région, comme les S autour de Berlin. Le surnombre des voitures individuelles étant devenu enfin obsolète,  ces trains nous emmèneraient tous à travers la campagne bourguignonne débarrassée à jamais de l’exploitation des animaux  et de la chimie tueuse,  et ils  ne laisseraient personne à quai, ni les démunis, ni les migrants, ni les exclus.

Et le bruit des bogies sur les rails, à chaque accélération ferait joyeusement….

Cliquez sur la vidéo ci-dessous pour écouter la musique de Kalinka.

deux liens : http://www.telerama.fr/cinema/films/la-conquete-de-l-ouest,404913.php

http://streaming202.com/20919-l-urss-a-coeur-ouvert-film-vf-en-streaming.html

Le podcast de l'émission complète, c'est ici :

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/club%20sandwich%20-%20SPECIALE%20NOEL.mp3

Club Sandwich  vous souhaite d'excellentes fêtes et vous dit à l'année prochaine.

Club Sandwich vous souhaite d'excellentes fêtes et vous dit à l'année prochaine.

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Trois mecs bien

Publié le par Claude Léa Schneider

Trois mecs bien

                       Puisqu’il y a déjà des galettes des Rois bien avant le 6 janvier, et  même avant Noël, je ne vois pas pourquoi  j’attendrais plus longtemps pour vous présenter mes Trois Rois Mages 2017, qui comme Les Trois mousquetaires, sont quatre.

Trois mecs bien et un extraterrestre, prometteurs pour l’avenir.

  • Mon 1er est un Allemand qui a claqué une porte anglaise
  • Mon 2ème est un Portugais qui a ouvert une porte internationale
  • Mon 3ème est un Français qui voudrait ouvrir les portes d’un tribunal
  • Mon 4ème est un Extraterrestre qui voudrait ouvrir les portes du Bien commun
  • Mon tout fait quatre Européens.

Ce n’est pas vraiment une charade, c’est une devinette à tiroirs, ou plutôt une devinette  à portes, vous allez voir :

  • Mon 1er  a claqué la porte du plus grand musée d’arts décoratifs et de design du monde, le Victoria & Albert Museum de Londres, qu’il dirigeait depuis 2011.
  • Mon 2ème  a réduit d’un tiers les effectifs dans les bureaux à Genève pour envoyer plus de personnel sur le terrain et répondre aux situations d’urgence.
  • Mon 3ème est professeur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, il enseigne un peu partout dans le monde,il a reçu cette année le Grand Prix de la Société Française d’Écologie et il reçoit couramment des messages d’insultes et de menace parce qu’il veut faire appliquer le principe de précaution.
  • Mon 4ème est un extraterrestre né à Paris, bardé de diplômes, docteur en maths appliquées, actuellement économiste en chef de l’Agence française de Développement mais aussi ordonné prêtre ! et il a des idées bizarres.

Vous  avez deviné ? non ?

  • Mon 1er  s’appelle Martin Roth
  • Mon 2ème s’appelle António Manuel de Oliveira Guterres, dit  Antonio Guterres.
  • Mon 3ème s’appelle Pierre-Henri Gouyon
  • Mon 4ème s’appelle Gaël Giraud
  • Martin Roth, premier directeur étranger du musée londonien, à qui on doit la grande exposition David Bowie qui a attiré plus d’un million de visiteurs à travers l’Europe, a annoncé sa démission  après la victoire du Brexit qu’il vit « comme une défaite personnelle ». Il a expliqué qu'il quittait « son poste pour mettre tout son poids dans la lutte contre les nationalismes en Europe ». On peut dire que c’est une décision courageuse.
  • Il va devenir leprésident de l'Institut des relations internationales, basé à Stuttgart.  Souhaitons-lui bonne chance !
  • Antonio Guterres a été élu Premier secrétaire des Nations Unies le 13 octobre dernier pour succéder à Ban Ki-Moon et il prendra ses fonctions au 1er janvier 2017.
  • C’est un grand défenseur des droits de l’Homme,très apprécié des ONG. Il a déclaré : « Je suis totalement engagé parce que je sais ce que j’ai ressenti à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés pendant dix ans. Vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est que de voir de tels niveaux de souffrance ».
  • Il veut réformer « l'Organisation des Nations unies pour avancer vers plus de démocratie et d'efficacité de la communauté internationale, qui doit intensifier ses efforts pour veiller aux droits humains et à la paix. »
  • Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’a pas peur ! Souhaitons-lui vraiment beaucoup de courage ! Et aussi d’avoir l’occasion de travailler avec Martin Roth.
  • Pierre-Henri Gouyon n’a pas peur des mots non plus. Dans de nombreuses vidéos qu’on peut voir en ligne, il explique que le Procès de Nuremberg a démontré que le respect de la dignité humaine est supérieur aux ordres reçus et que  c’était une première.
  • Lui le scientifique explique qu’il ne faut pas avoir une foi aveugle dans la Science, que les scientifiques sont capables de faire le pire en pensant faire le bien, comme l’eugénisme.
  • Qu’on a basculé dans un eugénisme libéral qui tue la biodiversité et qu’on est en présence d’un danger irréversible qu’on est incapable de prévoir.
  • Et surtout, il veut qu’on applique le principe de précaution qui a étéinscrit en 2005 par Jacques Chirac dans la Charte de l’Environnement en annexe de la Constitution de la Ve République.
  • Et les portes qu’il veut ouvrir, ce sont celles d’un nouveau procès de Nuremberg contre tous ceux qui n’auront pas appliqué ce principe et auront  tué la biodiversité,  contre ces entreprises privées qu’il appelle des « super-organismes prédateurs » qui nous mettent en danger en toute impunité, car dit-il, « les États ont parfois reconnus leurs torts, les entreprises jamais. »
  • Je crois qu’on peut l’encourager aussi !
  • J’ai découvert très récemment le nom de l’extraterrestre final - Gaël Giraud- dans un numéro récent du magazine Télérama titré : « Vite ! une Nouvelle Société ».
  • Comment résister à ce titre ?
  • Dans une interview Gaël Giraud y déclare qu’une société doit avoir un projet qui lui permette d’aller de l’avant, pour que les gens aient à transmettre à leurs enfants des choses qui en vaillent la peine, que notre vieux modèle économique est périmé et« détruit tout sur son passage », et qu’il faut, je le cite : « une transition écologique qui créera du travail et donnera du sens  à nos vies. » Je vous renvoie à l’article qui est passionnant.
  • Eh bien vraiment, du fond du cœur, qu’il soit entendu !
Martin Roth, Antonio Guterres, Pierre-Henri Gouyon, Gaël Giraud
Martin Roth, Antonio Guterres, Pierre-Henri Gouyon, Gaël Giraud
Martin Roth, Antonio Guterres, Pierre-Henri Gouyon, Gaël Giraud
Martin Roth, Antonio Guterres, Pierre-Henri Gouyon, Gaël Giraud

Martin Roth, Antonio Guterres, Pierre-Henri Gouyon, Gaël Giraud

  • Retenez bien ces quatre noms : Martin Roth, Antonio Guterres, Pierre-Henri Gouyon et Gaël Giraud.
  • C’est vrai qu’il n’y a pas de femmes dans mon quarté. Il y aurait pu y en avoir. Mais ce sera pour une autre fois. Et je vous avais promis des Rois Mages.
  • Qu'ils vous apportent ce message que je résumerai ainsi  :
  • Dans la vie, il faut parfois avoir le courage de claquer des portes et la force d’en ouvrir d’autres, voire de les enfoncer.

C'était ma Chronique du Club Sandwich n°13, du 11 décembre 2016, avec "Christophe et toute son équipe",  dont le podcast complet est ici :

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Club%20sandwich%20-%2011%20decembre%202016.mp3

Trois mecs bienTrois mecs bien

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Lie-de-vin et lie de la terre

Publié le par Claude Léa Schneider

 Club Sandwich n° 10 du 21 novembre 2016

Retrouvez ici  ma chronique ainsi que le podcast du Club Sandwich, avec Christophe et toute son équipe.

  • Vous savez que j’aime bien vous proposer à chaque fois une chronique d’un style différent, alors aujourd’hui, comme la nuit tombe vite en cette saison, je vais vous parler de couleurs.
  • Figurez-vous qu’au XIXe siècle, de savants philologues se sont demandé si les yeux des Grecs de l’Antiquité voyaient la couleur bleue, parce qu’elle n’est presque jamais nommée dans les textes anciens. D’où toute une série de théories pseudo-scientifiques qui se sont avérées fausses, bien sûr, parce que les yeux des Grecs, comme les nôtres, voyaient la couleur bleue ! Mais ils ne la nommaient pas comme telle. C’est ce que nous apprend l’excellent Michel Pastoureau, historien des couleurs.

  • Moi, je me demande si les responsables des produits et des emballages – du "packkkaggging " -comme on dit chez Sephora - destinés aux femmes de plus de 50 ans savent que les dites femmes sont capables de percevoir d’autres couleurs que violet !
  • Et je ne parle pas de la chaude couleur cassis de la crème de Cassis de Bourgogne, ni du rouge profond vitaminé des petits fruits des Hautes Côtes, ni même du parme parfumé de la violette qui se cache dans les jardins en février.
  • Non, je vous parle de toutes cette gamme violasse qui me lasse ! Violine pour la ligne, aubergine pour les vitamines, mauvasse pour le teint fadasse, rosâtre pour les acariâtres, prunâtre pour les opiniâtres, mauve rose pour la ménopause, rose mauve pour éviter d’être chauve,  lie-de-vin, vineux,  vinasse, et  violacé : assez du viol de nos yeux !
  • Comme on fait tomber la petite-fille dans le rose girly, on roule la femme de + de 50 ans  dans le mauve  dé-girly, histoire de lui montrer qu’elle peut tirer un trait sur … sur quoi d’ailleurs ?
  • Et on ne parle pas de la case à cocher « 60 ans et plus ». Vous remarquerez que sur les questionnaires, il n’y a jamais de case à cocher 70, 80, 90, 100 ans …, car qui oserait les cocher, ces cases ? !
  • Au-delà de cette ligne violine et incertaine de la soixantaine, votre billet d’existence sociale est n’est plus valable, et toute sortie est définitive !

  • Mauve dé-girly, ça vous fait …dé-gueurler, hein ? ça vous fait une belle gerbe !
  • Parfois on nous concède généreusement l’améthyste ecclésiastique, la couleur liturgique de la pénitence, alors là, vraiment merci !
  • Le même Michel Pastoureau nous apprend que le violet est une ½ couleur, qu’en latin ça se dit subniger = demi-noir ! comme demi-deuil, et que c’est généralement la couleur la plus détestée après le brun… Encore merci !
  • Je remarque qu’Hillary Clinton, qui a affectionné, tout au long de sa campagne, une étrange tunique-pantalon-pyjama rouge vif- curieuse idée  de se déguiser en clown républicain, alors qu’il y en avait déjà un ! -portait  le lendemain de sa défaite, un tailleur noir à grands revers violets. Couleur du renoncement, on vous dit !
Lie-de-vin et lie de la terre

  • Mais attention à qui ne se plie pas à cette règle tacite du renoncement : alors que ça fait des millénaires que des hommes épousent des femmes dont ils sont les aînés sans qu’on trouve à y redire,  gare à la femme qui ose vivre avec un homme plus jeune, à elle d’endosser les sobriquets de dangereux prédateurs !

  • Je remarque aussi qu’une mode de femmes chics à cheveux blancs progresse sournoisement. Signe de la baisse quasi générale du niveau de vie ? Sans doute.  Une coloration coûte cher, surtout quand il faut l’entretenir, c’est vrai. Mais j’y vois ramper autre chose, une sorte de stigmatisation. Car en ces temps difficiles la stigmatisation galope sur tous les fronts sociaux.
  • Et voilà que Dessange s’y met aussi avec les cheveux blancs ! L’inventeur du coiffé-décoiffé  ressort la photo en noir et blanc de 1983 (ci-dessus à gauche) qui l’a rendu célèbre, celle d’Ana blonde, alias le mannequin Catherine Ahnelle, avec les grandes boucles d’oreilles.
  • Entre temps – j’ai vérifié-Catherine Ahnelle est devenue une galeriste reconnue, elle a 30 ans de plus, mais porte les cheveux longs et blonds !

  • Non, le groupe Dessange a repris la même photo de 1983 ! pour nous vendre un produit pour cheveux blancs ! Même pose, mêmes boucles, même pull, et  facile en noir et blanc de faire passer le blond clair pour du blanc, le visage de Catherine Ahnelle a purement et simplement été vieilli à coup de Photoshop ! Avec ça, Dessange veut nous vendre  un produit pour -ouvrez les guillemets »- « cheveux éteints, en perte de lumière », tout un programme ! Et devinez quelle est la couleur du flacon ? violet dé-girly !
Lie-de-vin et lie de la terreLie-de-vin et lie de la terre

  • C’est vrai qu’une femme peut porter les cheveux blancs glamour, mais tout le monde n’a pas la fougue d’Élisabeth Quinn, et ses 28 minutes, chaque soir, sur ARTE.
  • Il faut avoir l’âme sacrificielle  de Françoise Hardy et boire le calice lie-de vin, jusqu’à la lie pour porter si tôt les cheveux blancs. Bon, d’accord, il y a la grave maladie contre laquelle elle se bat si courageusement. Mais qu’une fille si jolie et si douée ait passé sa jeunesse et sa toute vie ! à attendre que les passades de son Jacquot se passent, ça, ça me dépasse ! Voilà bien les couleurs du renoncement.
Lie-de-vin et lie de la terreLie-de-vin et lie de la terre

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New Temps Modernes

Publié le par Claude Léa Schneider

Etats-Unis : employés du secteur volailler privés de pause-toilette et obligés de porter des couches. Photo http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/13/prives-de-pause-pipi-des-employes-obliges-de-porter-des-couches/

Etats-Unis : employés du secteur volailler privés de pause-toilette et obligés de porter des couches. Photo http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/13/prives-de-pause-pipi-des-employes-obliges-de-porter-des-couches/

Voici ma chronique du Club Sandwich n°9 du 13 novembre 2016. Animé par Christophe, avec Edouard, Julie, Benoit, et ma fraise.

Management algorithmique.

Un instant les amis : j’ajuste mon oreillette obligatoire, comme déjà pas mal de vendeurs dans de  nombreuses boutiques et enseignes, pour vous parler de mon nouvel emploi.   

Car  j’ai  accepté le métier de livreur de chroniques et de sandwichs pour Club Sandwich Power  System qui m’offre des conditions   très rémunératrices.  Je n’ai plus ni patron ni supérieur hiérarchique, je suis en free-lance, je peux gérer mon temps de travail, à moi la liberté et la belle vie ! car Club Sandwich Power System pratique le management algorithmique.  

Relié à mon smartphone par cette oreillette, mon métier consiste à aller chercher des chroniques et des sandwichs chez Chroniko Uber Team et à les livrer en un temps record aux médias qui en ont besoin quand leurs  journalistes sont en panne d’inspiration.

Pourquoi faire  livrer des chroniques par coursier, me direz-vous, alors qu’il serait si simple de les envoyer par mail ?

         

La force de Chroniko Uber Team

Réponse : pour contourner l’implosion du  piratage informatique, les chroniques sont écrites sur d’anciennes machines à écrire  non connectées et ensuite acheminées sous plis scellés par un coursier, ce qui assure leur totale exclusivité. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

D’autre part, les journalistes étant, on le sait, amateurs de sandwichs, surtout quand ils sont en panne d’inspiration, Chroniko UberTeam, pour apporter une offre plus concurrentielle,  s’est associé à Club Sandwich Power System  pour livrer des chroniques Et des sandwichs et gérer la logistique algorithmique.

Des chroniqueurs très efficaces

Chroniko Uber Team est donc un centre d’écriture de chroniques pour les médias. Les chroniqueurs de Chroniko sont rodés aux méthodes du politiquement correct et aux champs lexicaux les plus consensuels, toutes les chroniques sont donc à la fois exclusives  ET interchangeables et donc immédiatement adaptables au média qui en fait la demande. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

Chez Chroniko Uber Team chaque chroniqueur est capable de produire 8 chroniques par jour. Comment ce miracle est-il possible, me direz-vous ? Vous qui peinez à en écrire une par semaine !  Eh bien les chroniqueurs  les écrivent à la chaîne, 8 h par jour,  rivés à leur table de travail, muni d’un casque, face à leur machine à écrire,  dans  leur bureau openspace.

Employés dans les mêmes conditions

Employés dans les mêmes conditions

Impossible de déjeuner avec ses amis

Une seule pause toilette quotidienne leur étant accordée, ils réduisent au maximum leurs prises de liquides, ce qui règle de facto l’improductif problème des pauses-café. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

La pause-déjeuner est limitée  à 30 mn et organisée de telle sorte qu’on ne peut la prendre en même temps que ses voisins de bureau, ce qui limite l’inutile bavardage convivial et les risques d’ententes syndicales.

Un médecin du travail a bien  fait quelques remarques sur cette forme de harcèlement moral et physique et a tenté de mettre en place une cellule d’écoute, mais il a finalement dû démissionner, comme les 12 autres médecins qui l’ont précédé. C’est ça la force de Chroniko Uber Team !

Obligés de porter des couches culottes

Quant aux sandwichs, ils sont préparés par des employés qui  voient régulièrement leurs demandes de pauses-pipi refusées par leur chef qui leur répond par des menaces de sanctions ou de renvoi. Les employés sont ainsi « maintenus sous pression pour garder la vitesse de production. ». Ils sont donc obligés de porter des couches culottes et ils urinent et défèquent debout face à leur plan de travail. C’est ça la force de Chroniko Uber…..

Une nouvelle commande

Mais je m’interromps car une nouvelle commande arrive dans mon oreillette. J’ai 30 secondes pour réagir : je dois balayer l’écran de mon smartphone  pour  “Accepter la livraison” – de toute façon c’est la seule option qui m’est proposée puisque je dois obligatoirement travailler au moins deux jours consécutifs durant les week-ends.

Je dois vous dire  que je reçois tous les mois un audit de performance qui recense mes « délais d’acceptation des commandes, temps de trajet client, temps passé chez le client, retards de livraison et commandes non honorées. »

Le temps d’enfourcher mon scooter et de griller  2 feux rouges, je récupère ma chronique sous son pli hermétique, et je fonce chercher les sandwichs. Je fais au plus vite car depuis que j’ai commencé à travailler en free-lance ma rémunération à la course est passée de 12 € à 4,50 €. Un plan apparaît alors sur mon smartphone :

l’algorithme me fournit l’adresse de livraison : je dois filer à Radio Cultures Dijon, 19 rue de la Préfecture,  où on me signale qu’un chroniqueur est justement en panne.

New Temps Modernes

Maudit escalier

Je trouve l’adresse, monte l’escalier, dépose mon colis dans leur local vraiment exigu où sont entassés des chroniqueurs accablés. Je fais signer l’écran de reçu à un prénommé Christophe, et je redescends en 4ème vitesse, mais catastrophe ….je rate une marche de ce maudit escalier et je dégringole. Impossible de me relever : j’ai dû me fracturer quelque chose. Les chroniqueurs de Radio Cultures, alertés par le bruit,  se précipitent, accablés mais sympas quand même, ils appellent les secours, et me voilà parti dans l’ambulance.

Immobilisé  sans couverture sociale

C’est bien ce que je craignais : on m’a posé un plâtre qui va m’immobiliser  pendant plusieurs semaines. Je m’aperçois alors que  je n’aurai ni remboursement  des frais médicaux, ni indemnités journalières, puisque je suis employé sans employeur et que c’était à moi de cotiser aux régimes de santé et de protection sociale, ce que j’ignorais.

J’ai reçu de Club Sandwich Power System  un message me demandant de justifier mon absence, bien que je leur aie envoyé un mail et un certificat médical  pour les prévenir. Ils me répondent que le contrat est rompu et  que je ne toucherai le solde de ma rémunération que  lorsque j’aurai rendu mon matériel et  fourni la preuve que j’ai enlevé de mes sacs de livraison tous les autocollants de Chroniko Uber Team. C’est ça la force de …

Je suis désolée, je dois interrompre cette chronique. On me signale que des âmes sensibles qui nous écoutaient ont dû quitter la table dominicale à l’énoncé des conditions de travail que je viens de décrire ! Pourtant elles sont vraies !

2 films à voir et à revoir et une idée de lecture
2 films à voir et à revoir et une idée de lecture
2 films à voir et à revoir et une idée de lecture

2 films à voir et à revoir et une idée de lecture

Et merci aux ressources en ligne du Huffington Post, Courrier International, Oxfam, Mediapart et AlterEcoPLus.

Je dédie cette chronique aux 80 ans des Temps Modernes du génial Charlie Chaplin et aux 80 ans de Ken Loach, dont le Moi, David Blake, Palmes d’or à Cannes, vient de sortir récemment en salles.

le podcast intégral du Club Sandwich n°9, c'est ici :

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Club%20Sandwich%20-%2013%20novembre%202016.mp3

Et le livre (sur un autre sujet) présenté en fin d'émission.

Et le livre (sur un autre sujet) présenté en fin d'émission.

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Lapin à la moutarde garou

Publié le par Claude Léa Schneider

Club Sandwich  n° 5 du dimanche 9 octobre 16.

Vous l'avez manqué ? Retrouvez ici ma chronique et le podcast de l'émission complète.

Aujourd’hui  je vais vous parler de pâte à modeler et de philosophie, et donc de philosophie à modeler, car c’est bien ce qu’on fait couramment quand on modèle ses principes selon  ses intérêts. Donc comme promis, voici la recette du lapin à la moutarde garou.

Pour faire un bon lapin à la moutarde garou, il faut :

·         1 tasse de moutarde au verjus et aux graines de Bourgogne

·         1 verre d’aligoté

·         1 escabeau

-     1 briquette de crème de coco

-     1 dictionnaire français-anglais

-      2 échalotes

-      1 cuillerée à soupe d’huile d’olive

-      1 balle de tennis

-     1 branche de thym

-       700 g de poivrons coupés en lanières

-     1 grand plat

-     1 cuillerée à soupe de curry

-     2 pieds

-       1 beau lapin d’1,5 kg, en pâte à modeler, de chez Wallace et Gromit

-     Et 1 fraise Tagada pour le décor

 


  • 1       Mets les pieds dans le plat.
  • 2   Regarde le lapin dans les yeux et pose-toi la question suivante : pourquoi ne pas prendre  un vrai lapin vivant, et le tuer ? Oui, mais de quel droit ? Et c’est là que, comme promis, on bascule  de la pâte à modeler vers la philosophie comme sur l’infernal  toboggan à petit-déjeuner de Wallace et Gromit. Car qu’est-ce que le spécisme ? Le spécisme c’est le fait de négliger la vie et les intérêts des animaux uniquement parce qu’ils sont d’une autre espèce. Les humains sont anthropocentrés, c’est-à-dire, centrés sur eux-mêmes et leurs intérêts  au détriment des autres espèces.

  •       Maintenant prends le dictionnaire  et ouvre-le au mot « feeling ». Christophe, toi qui es angliciste, tu sais à quel point ce mot est difficile à traduire en français : feeling : sensation ou sentiment ? 2 mots qui viennent du même verbe sentir.  C’est physique ou psychique ? Réponse : c’est les deux : sensation ET sentiment, physique  ET psychique, puisque une sensation purement physique, la souffrance purement physique par exemple,  ça n’existe pas, nous disent les philosophes.
Descartes (1596-1650) et Malebranche (1638-1715)Descartes (1596-1650) et Malebranche (1638-1715)

Descartes (1596-1650) et Malebranche (1638-1715)

  •         Prends la branche de thym, mais écarte les mauvaises branches, par exemple le métaphysicien Malebranche, qui battait son chien à tour de bras, et criait  plus fort que les cris du chien en disant  « ça crie mais ça ne sent pas», c’est-à-dire que selon lui, et aussi selon Descartes, l’animal ne sent rien puisque c’est une machine ! Or on le sait aujourd’hui grâce aux progrès de la science : les couilles de Malebranche et de Descartes étaient tout aussi sensibles que celles du chien ! souffrance physique ET psychique !

  • ·        Cherche le mot sentience. Tu apprends que ça vient du latin sentiens, « ressentant », et que ce mot désigne la capacité de ressentir. Un être sentient ressent la douleur, le plaisir et diverses émotions.

      Maintenant, monte sur l’escabeau et prends la balle de tennis.

Un peu de silence, s’il vous plaît !

·        L’homme est-il un être sentient ? oui !

·        L’animal est-il un être sentient ? oui ! 15 A

·        L’homme a-t-il  conscience d’exister ? oui ! 30-15

·        L’animal a-t-il une conscience d’exister? oui !  30 A

·        Combien  l’homme a-t-il de vie ? : Une !  40-30

·        Combien l’animal a-t-il de vie ? Une ! 40 A

·        L’animal peut-il toujours décider de son sort ? non ! Avantage homme

·        L’homme peut-il toujours décider de son sort ? non !  Égalité

Alors tu peux te le jouer en 3 sets ou en 5 sets, il n’y aura pas vraiment de "tie-break"

1.      MAIS c’est difficile de changer, les idées sont tellement ancrées dans la conscience collective qu’on  peut  les croire éternelles : rappelle-toi, il y a eu une époque où certains pensaient que « les nègres n’avaient pas d’âme ». Le racisme, le sexisme, et  aussi le spécisme, le grand débat de notre siècle."La cruauté envers les animaux est la violation d’un devoir de l’homme envers lui-même.disait déjà le philosophe Emmanuel Kant

C’est difficile de changer d’habitudes et surtout alimentaires, alors vas-y progressivement, ne crois pas que si flexi-t’as rien, ou si t’es végé, t’as rien ! Au contraire t’en as beaucoup dans ton assiette. Mélange bien  la moutarde, le curry  et la crème de coco. Fais revenir les échalotes dans l’huile d’olive, ajoute les poivrons coupés en lanières,  incorpore le mélange moutarde-curry-coco,  laisse réduire à feu très doux pendant 20 mn, verse sur un grand plat de riz, déguste, partage la pâte à modeler entre les enfants qui sont autour de toi et  bois le verre d’aligoté à la santé du lapin que tu n’as pas tué !

Tu  veux rigoler sur les végétariens, rien de plus facile : sur le net on trouve plein de sites.

·        Tu veux connaître les remarques dont les végétariens ont vraiment  ras l’assiette de quinoa, rien de plus facile non plus.

·        À toi donc à qui je ne fais pas de morale, mais j’essaie de traiter un sujet sérieux avec un peu d’humour, je te dédie cette chronique  et te donne le dicton du new almanach  du jour : « Qui est trop anthropocentré devient vite entrecôtecentré."

         Le podcast de l'émission complète présentée par Christophe, c'est par ici :

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/club%20sandwich%20-%209%20octobre.mp3

Petit lapin de l'île de Sylt (été 2012)

Petit lapin de l'île de Sylt (été 2012)

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Europe-Pénélope

Publié le par Claude Léa Schneider

Europe-PénélopeEurope-Pénélope
Pénélope à son métier – Vase (440 av. JC)
Pénélope à son métier – Vase (440 av. JC)
Vous avez raté le Club Sandwich d'hier midi ? Retrouvez ici ma chronique et le podcast complet de l'émission du dimanche 2 octobre.

Dérogez, dérogez ...

  • Oui, Christophe, merci de me donner l’occasion d’ouvrir une page du nouveau calendrier du jardinage européen, der neue Kalender of the European gardening, je le dis aussi en anglo-allemand, pour sceller les liens d’amitié indéfectible entre Monsanto et Bayer.
  • Cette page va vous aider à survivre dans cette Europe qui se prend pour Pénélope, puisque, jugez plutôt :
  • Cet été, pendant qu’on était sur la plage, occupé à manger des fraises Tagada, la Commission européenne, telle Pénélope qui défaisait la nuit la toile qu’elle avait tissée le jour, a préparé des dérogations pour rendre caduques ses propres lois, celles qu’elle avait elle-même votées, sa propre interdiction d’utiliser certains herbicides et autres produits phytosanitaires reconnus cancérogènes !
On voudrait nous faire croire ...
On voudrait nous faire croire ...

On voudrait nous faire croire

  • Parce qu’on voudrait nous faire croire que ces mêmes produits, classés toxiques en 2009 ne le sont plus en 2016, d’où ces dérogations préparées en douce pour avoir le droit de les utiliser, au nom de la santé des plantes !
  • Alors que, comme te l’a déjà recommandé notre new almanach au printemps :
  • Si tu tiens à tes patates, ne mets pas de glyphosate.
  • Et pendant la préparation de ces dérogations, personne n’a bronché. Surtout pas la France. Seule la Suède s’est opposée.
  • On sait que le réchauffement climatique est cause d’intempéries inhabituelles. Il y en a eu d’importantes cet été en Alsace et les champs de choux à choucroute ont souffert des inondations puis de la sécheresse, compromettant la prochaine récolte.
  • Sera-t-on à l’avenir obligé d’asperger de produits phytosanitaires les choux à choucroute pour les rendre résistants à ces bouleversements ?
  • Alors là, j’incite tous les choux à choucroute qui nous écoutent- et je sais que le dimanche ils sont particulièrement nombreux- à tweeter à la Commission européenne, un message de protestation signalant qu’ils préfèrent les intempéries à un traitement cancérogène.
Une belle choucroute !
Une belle choucroute !

Une arme : semer le doute dans les esprits.

  • Mais on voudrait nous faire croire qu’il est « improbable » que le glyphosate et autres dérivés présentent des dangers pour l’homme et l’environnement
  • On voudrait nous faire croire une chose et son contraire, la Commission européenne vote une chose et son contraire, et tout ça n’a qu’un but :
  • semer le doute dans nos esprits, avec de vraies expertises honnêtes, démenties par de fausses expertises malhonnêtes, comme l’a remarquablement montré Élise Lucet dans un récent Cash Investigation à propos de l’utilisation de sels nitrités dans la charcuterie, méthode du doute des expertises contradictoires aux arguments fallacieux, déjà bien rodée par l’industrie du tabac, comme le montre avec humour l’excellent film Thank You for Smoking de Jason Reitman.
  • Des patates au glyphosate, de la charcuterie nitritée et des choux traités,
  • ça nous prépare une belle choucroute !
Une arme : le doute.
Une arme : le doute.

Alors Europe, tu te prends pour Pénélope ?

Tes décisions contradictoires se télescopent,

« La santé des plantes » c’est quoi cet argument, plat comme une escalope ?

Tu es vendue à la chimie interlope

De Monsanto, de Bayer ou de Winthrop

Qui trafiquent les isotopes.

Et les vraies décisions achoppent.

Montre-toi courageuse Europe !

Les dégâts sur la nature ? tu veux qu’on te les montre en cinémascope ?

Parce que qu’est-ce qui écope ?

C’est nous, c’est le biotope !

Tout gorgé de Roundup !

Et pendant que tu joues à l’oscilloscope,

Les prétendants populistes te courtisent et se développent

Tu ne les connais ? ou tu veux leur trombinoscope ?

Tu fais vraiment de la provoc, Europe,

Et quand je dis provoc, c’est une apocope !

Franchement Europe, je t’aime, mais tu me rends misanthrope !

Où est le temps des philosophes du café Procope ?

Et toi qui nous écoutes, pose ta clope et lève ta chope,

Ne te laisse pas tromper par le cheval de Troie du doute qui galope

Aussi vite que RoboCop,

Et saute sur toi comme le lion sur l’antilope.

C’est pourquoi l’almanach du jour à ta perplexité dit : stop !

Et te donne ce conseil philanthrope :

"Quand vient le temps de la choucroute,
Te laisse pas gagner par le doute."

http://radio-cultures-dijon.com/wp-content/uploads/Club%20Sandwich%20-%202%20octobre%20-%20100%20FM.mp3

Publié dans Chroniques

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