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36 articles avec les yeux de goethe

ET LISEZ RECLUS 7 PARCOURS SCHUITENIEN

Publié le par Claude Léa Schneider

ET LISEZ RECLUS  7  PARCOURS SCHUITENIEN

Dernière la carapace du masque, des lunettes de soleil et des gants vinyle, cheminant dans la ville désertée, resplendissante et pourtant obscure, résonne en moi les vibrations de Lux Aeterna de LIGETI.

J’éprouve une sorte de sentiment étrange, en terrain faussement connu, sorte de « Souvenirs de l’éternel présent » comme dans cette étrange chambre « Louis XVI » où Bowman vit et meurt en temps accéléré à la fin de 2001, L’Odyssée de l’espace de KUBRICK.

ET LISEZ RECLUS  7  PARCOURS SCHUITENIEN

Depuis quelques jours, je recherche fébrilement sur le net une BD qu’on  m’avait prêtée au tout début des années 80 et dont les images me hantent. Et je l’ai retrouvée ! C’est Carapaces  de Luc et François SCHUITEN.

Luc et François ? « SCHUITEN » seraient-ils deux ?  Exactement ! Luc, né en 1944 et son frère  François, né en 1956, ont d’abord collaboré à imaginer les planètes fantastiques des trois albums des Terres Creuses dont Carapaces est le premier volet.

Je me souviens avec une très grande précision de l’endroit où  j’ai lu Carapaces, avec cette quasi certitude qu’il viendrait un jour où nous devrions vivre au quotidien avec des carapaces protectrices. Nous y sommes (presque).

Carapaces  de Luc et François SCHUITEN.

Carapaces de Luc et François SCHUITEN.

ET LISEZ RECLUS  7  PARCOURS SCHUITENIEN

Ensuite, Luc SCHUITEN a poursuivi sa carrière d'architecte "biomimétique" de l’après-demain : « Un architecte ne dessine jamais que le futur, il dessine des bâtiments qui n’existent pas aujourd’hui, qui existeront peut-être demain. C’est ce que je fais, mais au lieu que ce soit demain, c’est après-demain, un peu plus loin, dans cent ans ou plus tard encore. Je pose des hypothèses, celles qui sont désirables en tout cas pour moi : le monde dans lequel j’aimerais bien vivre, qui s’est réconcilié avec la planète, qui a commencé à bâtir des choses en bonne intelligence. »

 

Luc SCHUITEN, Metz en 2167.

Luc SCHUITEN, Metz en 2167.

Tandis que François SCHUITEN , associé à Benoît PEETERS, a inventé  sur un quart de siècle les mondes des onze (douze ?)  albums des Cités Obscures. Visionnaires tous les deux, tous les trois.

Rue Jeannin, une fine poussière d’immobilité s’est déposée sur des véhicules devenus bienheureusement inutiles.

Au n°8 le directeur des archives départementales met en ligne quotidiennement les fonds d’archives oubliées, de "coronarchives" en "sérendipités" et contribue à perturber la chronologie : au détour de la rue Lamonnoye déserte,  un passant au chapeau melon, comme sur une photo de Martial CAILLEBOTTE.

Passant rue Lamonnoye, document Archives départementales de la Côte-d'Or (ADCO).

François SCHUITEN et Benoît PEETERS, L'Archiviste, Éditions  Casterman.

François SCHUITEN et Benoît PEETERS, L'Archiviste, Éditions Casterman.

Parcours de la ville et parcours du temps. Suis-je  en uchronie  ou en dystopie ?

Imprimerie Lépagnez, document ADCO

« Aux zones en ruines succédaient quelques îlots plus préservés qui semblaient n'avoir été désertés que depuis peu. Parfois même, nous découvrions de curieuses machines dont je ne parvenais pas à comprendre l'usage. » Les Cités obscures, Tome 3 : La tour

 

François SCHUITEN et Benoît PEETERS, Souvenirs de l'éternel présent, Éditions  Casterman.

 

A part quelques  liseurs sur des balcons, les habitants avaient-ils  massivement quitté la ville ? Où étaient-ils ? D'où venait cette impression de décalage ?  Etait-ce une illusion  ? "Je commençais à ressembler aux autres habitants de Samaris, promeneur à demi léthargique parcourant chaque jour les mêmes ruelles."

François SCHUITEN et Benoît PEETERS, Les Murailles de Samaris, Éditions  Casterman.

« La question que maintenant je me pose est de savoir si un point du parcours du temps peut se superposer à des points de précédents parcours. En ce cas, l’impression d’épaisseur des images s’expliquerait par le battement répété du temps sur un identique instant. Il pourrait toutefois se produire, en certains points,  un petit décalage d’un parcours à l’autre : les images légèrement redoublées ou effacées seraient alors l’indice que le tracé du temps est un peu usé par l’usage et laisse une étroite marge qui joue  sur les bords  de ses passages obligés. Mais même s’il ne s’agit que d’un effet optique momentané, il reste l’accent comme d’une cadence dont il me semble que je la sens battre sur l’instant que je vis. Je ne voudrais  toutefois pas que tout ce que j’ai dit fasse apparaître cet instant comme doué d’une consistance intemporelle spéciale dans la série d’instants qui le précèdent et le suivent : du point de vue du temps c’est proprement un instant  qui dure aussi longtemps que les autres, indifférent à son contenu, suspendu dans sa course entre le passé et le futur ; ce que je crois avoir découvert, c’est seulement son retour ponctuel  selon une série qui se répète identique à elle-même à chaque fois. »

Italo Calvino, Temps zéro, traduit de l’italien par Jean Thibaudeau, Éditions du Seuil, 1970.

 

Pourtant, tout avait bien commencé  dans la bulle du 9 janvier 2020 au vernissage de l’exposition Luc SCHUITEN à Latitude 21, alors que le même jour, sous une autre latitude, les autorités sanitaires chinoises –et l’OMS-  déclaraient l’existence d’un nouveau coronavirus qui sévissait depuis un mois et  que nous feignions d’ignorer.

 

Nous étions très nombreux à ce vernissage et  nous n’étions pas venus pour le buffet ! Nous nous pressions  dans une promiscuité rêveuse devant les aquarelles et dessins de Luc SCHUITEN,  ses maisons bioclimatiques, ses « habitarbres », ses villes végétales éclairées en bioluminescence,  ses habitations en osmose complètes avec le lieu de leur implantation.

Ci-dessus une photo prise pendant l'expo, mais la plupart des reproductions sont protégées. Vous pouvez consulter un album sur  le site ci-dessous :

Et Luc SCHUITEN était présent, en grande forme ! Et toujours aussi nombreux, nous  l’avons écouté nous « raconter le futur avec les deux pieds sur terre dans la réalité d’aujourd’hui »,  nous expliquer que « chacun de [ses] dessins est une hypothèse faite pour se poser la question de savoir si  nous avons envie d’y aller ou pas. »  Nulle doute que nous étions prêts à y aller, et  tout de suite !

 

Luc SCHUITEN, le 9 janvier 2020 à Latitude 21 (Dijon), citant Francis BLANCHE :

"Mieux vaut penser le changement que  changer le pansement."

Comme nous étions heureux de l’écouter nous décrire - loin de tout mythe eschatologique et sans prophétie collapsologique- l’obsolescence  de notre actuelle manière de vivre, nous expliquant, avec un enthousiasme communicatif, qu’il y a un autre monde à réinventer et  que la nature nous offre des modèles qui sont une formidable source d’inspiration.

Contents, mais un peu frustrés dans cette cohue, de ne pas avoir eu plus d’espace et de temps pour parcourir toutes les salles, nous étions nombreux à nous promettre de revenir « au calme » pour regarder cette exposition de plus près.

Et puis, les portes de l’exposition se sont refermées à la mi-mars, écourtant l’exposition qui devait durer jusqu’au 30 avril.

L’exposition sera-t-elle prolongée ? D’autres lieux la réclament sans doute. Mais ce n’est pas le plus important. L’important c’est sur quel avenir ces portes se rouvriront.

Portes fermées  de l'exposition  Luc SCHUITEN à Latitude 21.

Portes fermées de l'exposition Luc SCHUITEN à Latitude 21.

Alors que tous les médias et politiques nous entonnent en mode mineur  les chansons du " monde d’après" la crise du COVID 19,

 

c’est à chacun de nous de nous activer pour démontrer qu’ils se trompent et qu’il y a d’autres possibles, pour peu qu’on le veuille.

Pour nos enfants, courage !

« Pour les gens qui veulent bâtir un modèle de société en croissance infinie sur une planète déjà surexploitée, le mot utopie signifie l’illusion d’un rêve impossible à réaliser qui ne s’applique pas à leurs projets. Pour nous qui cherchons à construire un nouveau modèle de société durable, dans une symbiose avec notre environnement naturel, le mot utopie veux dire simplement, un possible qui n’a pas encore été expérimenté. »

Luc SCHUITEN, citation extraite de :

Source : luc-schuiten-installation-lumineuse-arc-et-senans;  photo  Collet

Source : luc-schuiten-installation-lumineuse-arc-et-senans; photo Collet

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ET LISEZ RECLUS 6 Annie Saumont

Publié le par Claude Léa Schneider

La couverture du Courrier international de cette semaine : un choix qui s'impose pour "Le sucre" d'Annie Saumont

La couverture du Courrier international de cette semaine : un choix qui s'impose pour "Le sucre" d'Annie Saumont

De la mansuétude, oui, je ne peux m’empêcher d'éprouver de la mansuétude  à l’égard de ceux qui en France, en Australie ou ailleurs, ont rempli leurs caddies de papier toilette à l’annonce des mesures de confinement. Malgré leur monstrueux égoïsme et la pénurie injustifiée qu’ils ont provoquée, ils ont au moins retenu une chose de l’Histoire du XXe siècle  : quand on veut humilier un groupe humain, on le prive  d’hygiène élémentaire.

Je repense à mon père qui avait tellement souffert du manque d’hygiène dans son Stalag qu’il ne supportait pas qu’on gaspille le moindre morceau de savon, et je revois les petits savons qu’il me confectionnait quand j'étais enfant en modelant les restes de savonnettes.

Mon oncle – je me souviens de la drôle de tête qu’il faisait un dimanche midi de mai 1982 en pleine guerre des Malouines, quand les Exocet et les Super-Étendard, qu’il avait contribué à vendre aux Argentins quelques années auparavant, avaient fortement endommagé les navires  des Britanniques, nos « Alliés héréditaires ». Tout ingénieur général de l’armement qu’il était, il a,  jusqu’à la fin de sa vie, sur-rempli les étagères des toilettes de rouleaux  de PQ blancs ou roses, tant avaient été infâmes les latrines- et leurs corvées-  du camp où il avait été retenu prisonnier quelque part près de la frontière tchèque.

Source : carte_stalag-histoirefamillevilain.blogspot.fr

Source : carte_stalag-histoirefamillevilain.blogspot.fr

Donc oui, j'éprouve  de la mansuétude pour ceux qui ont stocké le PQ, surtout pour ceux qui vivent dans des quartiers oubliés, abandonnés à leurs désespérantes et précaires conditions de vie. Tous ceux à qui depuis des décennies on ne donne pas les moyens d'une dignité sociale par un  emploi qui permette de vivre décemment et de se sentir utile à la société,  qui vivent dans l'insalubrité, sans salle de bains, victimes impuissantes de marchands de sommeil. Alors, oui,  le papier toilette est le dernier rempart de la dignité !

Photo  Fondation Abbé Pierre 2018

Photo Fondation Abbé Pierre 2018

L’enseignement d’Histoire sur les conflits passés et plus spécialement sur  la 2nde Guerre mondiale et l’Occupation sert-il à faire prendre conscience des comportements humains pour éviter qu’ils ne se répètent ?  « L’expérience des autres ne sert jamais à personne. » m’assurait ce même oncle alors que, jeune adulte, je voulais à toute force croire le contraire.

Aujourd’hui, en avril 2020,  les actes de délation représentent jusqu’à 70% des appels à la police. Et que dire de ceux qui envoient des lettres anonymes à leurs voisin-e-s soignant-e-s ou personnels hospitaliers pour leur demander de changer de domicile ?!

Mais je  vous avais promis une deuxième partie de « Dépoussière les classiques et fait briller les contemporains. » consacrée à Annie Saumont et justement, nous  sommes dans le sujet, car  pour poursuivre parallèlement sur le thème "petits classiques"  je n’ai pas honte de dire que c’est seulement au début des années 2000 et  grâce à cet «Étonnant classique GF Flammarion  »  que j'ai découvert cette grande écrivaine.

 

"J’ai un petit ami. D’un mètre quatre-vingt-cinq. Martin. Qui ne cesse de faire des projets. Qui parle de paix universelle. Je doute. (…) Y a des gens que rien ne trouble. Martin ça lui arrive jamais.(...) Il parie sur notre avenir. Je me tais, je me recroqueville. C'est pas facile à endurer, la crainte. Mieux vaut connaître son malheur pour tenter de l'apprivoiser. J'appelle à mon secours le feu de la bataille. (...) A Martin je réponds, Calmos, on discutera plus tard. Pour l'instant la prudence est de rigueur. Ce n'est pas le moment de se lancer dans des projets. Il dit, Pourquoi ? et moi je dis, Parce que. Et je reste muette. Ça vibre au-dehors. Les populations ruminent leurs griefs. Les hommes se regardent de travers. Les femmes s'éloignent à la hâte serrant leur enfant dans les bras. Ma mère réclame de l'eau pour avaler ses gélules."

Extrait de Annie Saumont, « La guerre est déclarée » dans recueil éponyme, GF Flammarion, 2005.

Discrète parmi les discrètes, Annie Saumont a disparu sans faire de bruit  en janvier 2017. Traductrice  de grands romanciers américains et anglophones. Et immense écrivaine de nouvelles- Prix Goncourt de la nouvelle en 1981 et Prix de la nouvelle de l'Académie française en 2003- elle en a écrit plus de 300  répartie en une trentaine de volumes. "Je ne suis pas une romancière" disait-elle, allant jusqu'à changer d'éditeur (Gallimard) parce qu'on voulait la contraindre à écrire un roman, sous prétexte que le roman se vend mieux !

Comme l’écrit l’article que Le Monde lui a consacré  (ci-dessous) : « Écrire des nouvelles, en France surtout, c’est l’assurance d’échapper à la célébrité. »

Et c'est bien dommage !

Pour lire une analyse approfondie du style si particulier et pourtant si proche d'Annie Saumont, une étude très complète d'Yvon Houssais:

En ligne sur le lien ci-dessous :

https://www.cairn.info/revue-roman2050-2010-4.htm

 

Mais il n'est pas besoin de savoir ce que sont des analepses et des prolepses pour lire et comprendre Annie Saumont et son art d'impliquer en permanence le lecteur par  des glissements permanents entre passé, présent et avenir.

Celle qui sait si bien "élever la parole du quotidien" et élever "au rang de révélateur les petites égratignures et les grandes blessures du temps" mérite toute votre attention.

Donc  je n'en écrirai  pas davantage sur Annie Saumont : l'important est de lire ses nouvelles, surtout en ce moment.  Et d'ailleurs en terminant cet article, je sens un goût de manque et me dis que j'irai dès que possible faire le plein de quelques  recueils que je n'ai pas.

ET LISEZ RECLUS 6 Annie Saumont
ET LISEZ RECLUS 6 Annie Saumont

Pour revenir au Courrier international en couverture, le titre montre qu'il y a de quoi être dubitatif quand on sait que les réserves mondiales actuelles sont abondantes (lire p 9) et que ce sont  les stockages  massifs injustifiés, la spéculation, le blocage des travailleurs saisonniers aux frontières, les préférence nationales exacerbées et un manque de coopération qui pourraient  entraîner une crise artificielle. (lire p10-11 et suivantes).

C'est pourquoi certains, bien avisés, nous enjoignent de repenser notre système alimentaire (p19)

Sur la folie du stockage et son  effet domino  laissons une fois de plus la parole à Annie Saumont

ET LISEZ RECLUS 6 Annie Saumont

« Devait arriver. Fallait s’y attendre. Guerre va commencer.

J’achète du sucre.

A Monoprix. Me regardent de travers. Vendeuses. Quand je passe. Mal fringué. Blouson déformé vieux futal. Caddie chargé de cartons Beghin Say (Au Prisu : Daddy’s Suc. Origny à Auchan, Sol chez Leclerc, emballage mauve). Clientes (mais pas toutes, celles qui achètent du sucre). Clientes et parfois clients. Et puis caissières. Maussades, hargneuses même. Exigeant étalage marchandise sur tapis roulant. Connasses. J’explique : c’est au carré, six sur six font trente-six. Rien à faire. Vi-dez-le-cad-die, elles répètent.

(…)

Sucre. Produit pas cher. Peut devenir produit rare, monnaie d’échange. Denrée facile à stocker. Boîtes qu’on empile comme des briques. Ça tient. Sans ciment sans mortier. Si construction établie sur base parfaitement saine et plane. »

(…)

Boîtes montées dernier étage. Par cinq kilos, beaucoup trop. A mon âge. Risques de courbatures. Paquets de sucre vont remplir tous espaces encore libres. Fond de penderie, étagère et placard à balais. Débarras, deux tiroirs commode, un seul réservé pour chaussettes et sous-vêtements thermolactyl. Sucre envahit chambre d’ami (pas d’amis), boîtes renforçant murs à leur base, s’alignant sur le tapis. Plate-forme (en sucre) prolongeant cosy. Sous fenêtre contreforts (de sucre). Cartons entassés dans fauteuil bancal. »

 

Extraits de Annie Saumont, La guerre est déclarée et autres nouvelles, « Le sucre », Étonnants classiques, GF Flammarion, 2005.

C'est dans ce recueil qu'on trouve la nouvelle "Simone"

C'est dans ce recueil qu'on trouve la nouvelle "Simone"

Dans le recueil ci-dessus, vous trouverez une nouvelle  titrée "Simone". Simone est la voix féminine de la SNCF qui vous interpelle dans les gares et sur les quais.

Des étudiants de l’École Estienne l'ont adaptée en un beau très court métrage  d’animation de 2mn;  lien ci-dessous : 

La sucrerie d'Aiserey aujourd'hui. "5000 tonnes de betteraves sont traitées chaque jour, produisant 50 000 tonnes de sucre de bouche pendant la campagne d'octobre à décembre de chaque année"

La sucrerie d'Aiserey aujourd'hui. "5000 tonnes de betteraves sont traitées chaque jour, produisant 50 000 tonnes de sucre de bouche pendant la campagne d'octobre à décembre de chaque année"

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ET LISEZ RECLUS 5 Dépoussiérage sans masque

Publié le par Claude Léa Schneider

ET LISEZ RECLUS  5  Dépoussiérage sans masque

« Dépoussière les classiques et fait briller les contemporains. »

J’aimais bien cette ancienne accroche des éditions scolaires Magnard, devenue plus sobrement « Classiques et Contemporains ». Vous auriez tort de croire que les éditions scolaires et universitaires sont réservées aux collégiens, lycéens, étudiants. Personne ne vous empêchera-quand les librairies seront rouvertes- d’en acheter rien que pour vous. Et pour une somme bien modeste par rapport   au « dépoussiérage » ou à la « mise en lumière » des œuvres d’écrivains immenses qu’elles présentent.

Aujourd'hui première partie :

Liriez-vous aujourd’hui Fontenelle ou Montesquieu ? Non !  Or je vous rappelle que ces écrivains illustres (hommes ou femmes), dont la pensée éclaire toujours notre quotidien,  n’ont pas écrit pour alimenter les sujets du bac !

Vous me rétorquerez que justement vous avez été obligé-e d’en lire à l’école, que vous aviez trouvé ça très chiant et que vous en gardez un mauvais souvenir. Rien de plus normal : Montesquieu, Fontenelle, Rousseau ont écrit pour des adultes. Une raison de plus pour voir ce que vous en pensez aujourd’hui.

D’autant que ces éditions font bien leur travail  et extraient ce qui fait encore sens pour nous.

Vous  avez chez vous de "petits classiques" qui vous restent de vos études ou de celles de vos enfants, et vous n'avez vraiment pas envie d'y mettre le nez ? Normal ! Même si les textes sont "classiques" donc prétendus "indémodables", ces éditions vieillissent mal : le choix des textes correspond toujours à une époque, or nous avons envie de lire des sujets qui nous concernent.

Et puis, comme ce sont des éditions bon marché, le papier jaunit vite (et parfois  sent mauvais).  Achetez-vous donc des éditions récentes qui éclairent le monde contemporain.

La preuve par l'exemple:

Un pasteur télé-évangéliste américain prétend qu’il peut vous guérir du Covid 19 par imposition des mains sur votre écran de télévision  ? Annonce véridique ! cf lien ci-dessous.

 Bien entendu vous  ne gobez pas ce bobard.

Mais avouez que  certaines fausses nouvelles sont si difficiles à débusquer  que des média (papier ou écran) y consacrent des rubriques, comme le mensuel NEON (que j'ai découvert en 2018 chez mon coiffeur et que depuis j'achète de temps en temps car  intéressant et hors des sentiers battus).

Ci-dessous, un exemple du n° 75 de février-mars 2020. Faites le test avant de regarder la solution en bas de page. Pas si facile !

Des journalistes  enquêtent et croisent les sources pour vérifier  l’exactitude des faits. Et nous recommandent de le faire absolument avant de partager une information sur les réseaux sociaux.

Enquêter ? Vérifier l'exactitude des faits avant de se lancer dans tout commentaire, interprétation et autre exégèse ?   mais c'est exactement ce que nous recommandait, avec humour, Fontenelle en 1687 !

Avouez que maintenant vous avez envie d'en connaître davantage ce quasi centenaire (à un mois près!) apprécié de Voltaire et de Diderot et dont les écrits déclenchèrent tant de polémiques !

Ci-dessous, par exemple  le lien Babelio. J'aime bien ce site qui traite tous les genres littéraires et toutes les époques à égalité.

ET LISEZ RECLUS  5  Dépoussiérage sans masque

Dans ces collections dites"scolaires" vous trouverez  des anthologies qui n'existent pas ailleurs. Et ce n'est pas parce que les textes sont suivis de questions à rédiger et de sujets d'écriture  que vous êtes  obligé-e de les faire !

J'ai bien ri en lisant cette série de pastiches de Pascal Fioretto : suivez l'enquête de Adam Seberg (vous aurez reconnu le clin d'oeil à l'Adamsberg de Fred Vargas ) racontée par Mélanie Notlong, Christine Anxiot, etc ... et Jean d'Ormissemon de la française Académie ! Pastiche approuvé par ce dernier pastiché !

Et qui est donc  Traven, auteur de ces Nouvelles mexicaines ? " « Ma vie m’appartient, seuls mes livres appartiennent au public », disait B. Traven.  Pour en savoir (juste un peu) plus sur ce mystérieux écrivain, suivez le lien ci-dessous :

Vous en voulez encore ?

Dans  "Histoires vraies" on trouve par exemple : le récit des inondations du faubourg St Marcel à Paris le 8 avril 1579,  ou comment s'électrocuter avec sa canne à pêche, sans contact pourtant entre la canne et la ligne à haute tension... (Libération, 12 juillet 2006).

Dans chaque volume toujours un important dossier documentaire avec des liens, d'où l'intérêt de choisir des éditions  récentes. Exemple avec le lien ci-dessous :

La suite de « Dépoussière les classiques et fait briller les contemporains. » ne saurait tarder : l'article sera consacré à la grande écrivaine Annie Saumont.

Pour attendre en musique, en poésie ou en littérature lue pour vous, vous pouvez toujours écouter STATION SIMONE.

Alors à très vite.

Claude Léa, le 16 avril 2020

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ET LISEZ RECLUS 4 Dany Laferrière

Publié le par Claude Léa Schneider

ET LISEZ RECLUS 4 Dany Laferrière

Pyjama, minuteur et chaussures à lacets.

Il circule en ce moment sur les réseaux sociaux des caricatures à face simiesque que je me garde bien de partager : voilà  donc, disent leurs légendes, à quoi ressembleront les femmes « à la sortie du confinement » privées de coiffeur et d’esthéticienne pendant plusieurs semaines ! Remarques  éminemment machistes ! Et déplaisantes pour les guenons : je vous renvoie à l’article «Beau,  Beauté » du Dictionnaire philosophique portatif de Voltaire.  Et d’ailleurs qui vous dit qu’on  confine en tenue négligée  ? On sait à quelle fulgurante vitesse le laisser-aller physique atteint le mental.  Et c’est d’abord pour soi qu’on choisit chaque matin sa tenue.

ET LISEZ RECLUS 4 Dany Laferrière

Et donc ne  restez pas en pyjama toute la journée !

Il faut tout le talent et l'humour de Dany Laferrière pour être un « écrivain [et un lecteur] en pyjama » dans ce recueil de chroniques qui se dévore comme un roman, manuel de conseils (bienveillants) pour (ne pas)  devenir écrivain.

Et mettez aussi vos chaussures à lacets ! comme le recommande « Fly Lady », dans un livre malin (bien que très daté « rêve américain »)-manuel de conseils pour ne pas se perdre dans le rangement et l’entretien de sa maison.  Le titre original Sink Reflections  est traduit en français par un autre jeu de mots :  Entretien avec mon évier.

ET LISEZ RECLUS 4 Dany Laferrière

Faites briller vos évier(s) et lavabo(s)  de telle sorte que le chat ait envie de s’y coucher, dit-elle. Manière de bien débuter la journée : qu’on commence par le petit-déjeuner ou la toilette, c’est la première chose qu’on voit le matin. Chez nous, mission accomplie.

Et tenez pendant quatre semaines car, affirme-t-elle, une bonne pratique observée pendant un mois se transforme en habitude. Vous ne pourrez pas dire que le confinement ne vous offre pas cette formidable opportunité.

Je n’ai pas ce livre, une amie me l’avait prêté il y a longtemps, mais il contenait des conseils que je cite de mémoire car j’ai fait de certains une routine efficace.

Et mettez des chaussures à lacets à la maison ! « à lacets » pour ne pas s'en dégager les pieds d’un geste distrait sous la table !  Il est avéré que la voix  au téléphone varie selon la tenue dans laquelle on se trouve : gare à l’importante conversation professionnelle sur le tapis de bain au sortir de la douche !

Magritte, Le modèle rouge, 1935.

Magritte, Le modèle rouge, 1935.

Oui, il faut tout le talent, la verve, l'énergie  de Dany Laferrière pour être un « écrivain  en pyjama ». Et il en faut du courage pour quitter sa patrie à 23 ans- Haïti et ses Tontons Macoute- émigrer à Montréal, survivre  de boulots pénibles et engager toute sa volonté et ses économies en pariant de  s’en sortir  par la seule force de l’écriture !

« Mon premier livre parut en novembre 1985, et mon sort a changé. Je ne suis pas devenu riche, loin de là, mais depuis je mène la vie que j’ai toujours rêvée. J’ai bien fait de miser toute ma fortune et mon énergie sur cette carte. » (p 19 (Toutes pages renvoient à l’édition du Livre de Poche  photographiée -Grasset et Fasquellle 2013.)

Et depuis  …. plus d’une trentaine de livres, plusieurs films, une brouette de prix littéraires,  élu à l’académie française en 2013, Docteur Honoris Causa de 8 universités ! Et un grand et joyeux moment au festival Clameurs à Dijon le 10 juin 2016 !

Je suis fière de cette dédicace sur L’Odeur du café (Edition Zulma, 2016)  livre que je relis le soir dans la foulée du rangement des bibliothèques parce qu'il abat les murs.

 

ET LISEZ RECLUS 4 Dany Laferrière

Dany Laferrière, comme la plupart des grands écrivains, s’impose les règles strictes de l’écriture quotidienne, mais il y ajoute une saveur qui n’appartient qu’à lui.

 « Je me réveille tôt et j’écris jusqu’à dix heures du matin. Je reprends le soir de sept à dix heures. Entre ces deux périodes de travail, je fais semblant d’être là. » p 196

« Une journée par mois, sans lire ni écrire, pour garder un pied dans la réalité, ce qui vous permettra d’avancer d’un pas dans le rêve. » p 26

« L’État devrait exiger qu’on paie des taxes sur les dépenses faites dans un livre afin d’apprendre à l’écrivain le prix des choses. » p 58 

Plus je repense à Entretien avec mon évier  tout en relisant Le Journal d’un écrivain en pyjama, plus je constate qu’écriture et grand ménage procèdent de la même méthode : travailler à sa mesure,  ne pas vouloir nettoyer les écuries d’ Augias.

« L’un des principes de l’écriture c’est de connaître ses possibilités afin d’éviter de tenter des choses au-dessus de ses moyens - du moins au début. » p39

Évitez d’empiler au sol tous vos livres, comme il m’est arrivé de le faire jadis,  ou tous vos vêtements  (comme le préconise la délirante méthode japonaise  KonMari !) Avancez par petites étapes : vous n’êtes pas Hercule !

ET LISEZ RECLUS 4 Dany Laferrière

Autre conseil de Fly Lady : utiliser le minuteur pour les tâches domestiques, ça motive et ça empêche de traîner. Exemple : je me donne une demi-heure pour ranger ce tiroir. Quand le minuteur sonne, le tiroir doit être rangé.  Mission accomplie.

Cela me fait penser à ce génial  concours international de jeunes doctorants (initié par le Québec, justement ): Ma thèse en 180 secondes  :  trois minutes- le temps d’infusion d’un bon thé vert- et le sujet d’une thèse -généralement abscons- est clairement expliqué à un public de profanes.

Sur ce site du journal L’Étudiant qui  conseille les  thésards  voulant tenter le concours :

je remarque des conseils identiques à ceux du Journal d’un écrivain en pyjama :

 L’Étudiant : « choisir une approche originale ; ménager le suspense » .

Laferrière : « On n’aime pas toujours les histoires qui commencent par le début. Ça fait peur. On sent qu’on va s’emmerder. » p 56

L’Étudiant : « proscrire la position d'enseignant ; s'appuyer sur un support simple »

Laferrière : « Éviter d’écrire en nouveau riche qui veut étaler tout ce qu’il sait. » p 53

« On veut un gai savoir. Et non ce savoir lourd qui n’arrive pas à lâcher  ce ton pédagogique , comme si l’auteur était sûr d’être le seul à savoir ce qu’il sait. » p 77

ET LISEZ RECLUS 4 Dany Laferrière

Et pour terminer- car si j'écris sans minuteur, je m'impose un format de 1000 mots-  une dernière citation pour soulager le mal de dos de tous ceux qui, en ce moment, télé-travaillent des heures durant, confinés devant leur(s) écran (s) :

« La première qualité d’un écrivain c’est d’avoir de bonnes fesses. Si vous ne pouvez pas rester en place, faites autre chose. Vous allez passer votre vie assis. Au début du roman, prenez une chaise droite. Mais vers le milieu mettez un oreiller dans votre dos. Ensuite sous vos fesses. Et vers la fin un derrière votre nuque. J’ai terminé Le Cri des oiseaux fous avec cinq oreillers. » p 203

Nono-le-chat couché dans le lavabo : mission Fly Lady accomplie !

Nono-le-chat couché dans le lavabo : mission Fly Lady accomplie !

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ET LISEZ RECLUS 3 Feng Jicai

Publié le par Claude Léa Schneider

Henri Matisse, Intérieur, bocal de poissons rouges, 1914.

Henri Matisse, Intérieur, bocal de poissons rouges, 1914.

Fenêtres...

« Pendant cette période, la contemplation de ce qui se trouvait  au-delà de la fenêtre a été mon seul divertissement, mon unique consolation. J’avais calé mon oreiller avec des livres afin qu’il soit  très haut et que mon regard puisse embrasser les contours de la fenêtre. N’importe quel encadrement de fenêtre peut devenir le cadre d’un tableau vivant.(…) L’art transfigure la banalité de la vie."

Celui qui s‘exprime ainsi  c' est Hua Xiayu, un peintre persécuté par la Révolution culturelle,  héros du roman Que cent fleurs s’épanouissent  de l’écrivain chinois Feng Ji Cai.  (ou Feng Jicai ou Jicai Feng)

Cet écrivain appartient au  mouvement "Littérature des cicatrices", nécessaire reconstruction après les traumatismes  de la Révolution culturelle (dans les limites permises par la censure, tout de même).

Ne vous fiez pas au fait que ce roman soit  classé en littérature jeunesse . Il est lisible  par tous, à partir de l'adolescence.  Les romans contemporains publiés sous l’étiquette « Jeunesse » sont souvent de qualité,  ce qui hélas n’est pas toujours le cas dans d'autres collections. Je reviendrai  d'ailleurs un autre jour sur ce sujet.

Nouvelle couverture

Nouvelle couverture

En juin 1956, par le mot d’ordre  « Que cent fleurs s’épanouissent », appelé aussi « Campagne des Cent Fleurs »,  Mao Zedong (1893-1976) « invite » tous les intellectuels et artistes à exprimer librement leurs opinions. Malheur à ceux qui, comme le héros de ce roman,  ont cru naïvement à cette liberté d’expression ! Un an plus tard ils seront persécutés, exilés, torturés. Et dix ans après, la Révolution culturelle est chargée d’éradiquer les « Quatre Vieilleries »  : la pensée, la culture, les mœurs et les coutumes de l’époque de Confucius. ». Une révolution -une guerre civile- qui a duré dix autres années et fait, estime-t-on aujourd’hui,  entre  un et trois millions de morts   et cent millions de personnes persécutées.

Gardes rouges sur la place Tian'anmen à Pékin le 15 septembre 1966. Slogan : « Pas de fondation sans destruction »,

Gardes rouges sur la place Tian'anmen à Pékin le 15 septembre 1966. Slogan : « Pas de fondation sans destruction »,

 

Hua Xiayu, brillamment diplômé de l’École des Beaux-Arts de Pékin, familier de la culture traditionnelle chinoise, comme de la culture européenne, et promis à un bel avenir artistique,  est relégué à plus de 2000 km de chez lui, dans une usine de porcelaine à Qianxi, dans la province de Guizhou, particulièrement pauvre  et reculée. Pourquoi ? il ne l’apprendra qu’à la fin de l’histoire. Victime d’un système qu’il ne comprend pas, il est soumis à l’autocritique et à diverses brimades, comme casser ses propres porcelaines et rester agenouillé sur les tessons.  Et ce n'est pas le pire des supplices  qu'il doit endurer...

Découpage traditionnel chinois (classé au patrimoine UNESCO) comme celui de "Ciseaux magiques" dans le roman.

Découpage traditionnel chinois (classé au patrimoine UNESCO) comme celui de "Ciseaux magiques" dans le roman.

Ce qui est magnifique  dans ce roman,  c'est que l'art, la vision colorée que  Hua Xiayu pose sur les choses  et sa résilience transfigurent tout. Un livre que je relis  souvent, que je vous recommande absolument parce  il est bien écrit avec une grande simplicité, qu'il est universel et  donne courage et espoir.

« Vous ne trouvez pas cela bizarre ? Les gens qui me veulent du mal, par un moyen ou un autre, finissent toujours par m’aider. Vous pouvez me dire pourquoi ? »

                            Raoul Dufy, intérieur à la fenêtre ouverte, 1928.

"Une phrase [de Picasso] m’est revenue en mémoire :  Le monde entier se déploie devant nous, impatient que nous l’inventions, non que nous le répétions. »

             Pablo Picasso, Nature morte devant une fenêtre à St Raphaël, 1919.

« Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir  au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir  ou lumineux vit la vit, rêve la vie, souffre la vie. »

Baudelaire, Les fenêtres, Petits poèmes en prose, XXXV.

Karl Schmidt-Rottluff, Lune à la fenêtre, 1933.

Karl Schmidt-Rottluff, Lune à la fenêtre, 1933.

Souvenir personnel d’un triste récit de ma grand-mère paternelle auquel la pandémie si contagieuse me fait repenser :

la fenêtre d’une petite chambre où mon arrière-grand-père était confiné : fragilisé par son métier- il possédait une entreprise de fleurs en tissu pour la mode et manipulait beaucoup de teintures- il avait attrapé la tuberculose. Aucun contact avec le reste de la famille. Totalement isolé. Tout ce qu’il avait touché était systématiquement désinfecté. Il n’a plus jamais embrassé ses enfants qui ne pouvaient que lui faire coucou de l’extérieur, quand il se tenait à la fenêtre de sa chambre. Il est mort en 1896 : ma grand-mère avait sept ans et mon grand-oncle quatorze.

 

Berthe Morisot,  Eugene Manet à l'île de Wight, 1875. Eugène Manet est mort en 1892 à 58 ans.

Berthe Morisot, Eugene Manet à l'île de Wight, 1875. Eugène Manet est mort en 1892 à 58 ans.

Plus joyeusement :

À travers la fenêtre du deuxième étage d’une maison en face de la nôtre, nous apercevons depuis des mois, éclairé par la lueur de l’écran, le profil d’un grand ado, casque sur les oreilles, mains sur les manettes. Tôt le matin, tard le soir, toute la journée parfois.

S’étonnera-t-il  dans quelques semaines : Le confinement ?! quel confinement ?

ET LISEZ RECLUS 3 Feng Jicai

Je continue de ranger les bibliothèques et voici un bonus chinois (traduit de l'anglais) au rayon policier :

Si j'ai collé des étiquettes sur les 6 polards de QIU Xiaolong  que je possède (il en a écrit davantage) c'est qu'il est intéressant de les lire dans l'ordre chronologique, non pour les histoires policières en elles-mêmes, mais parce que l'auteur décrit au fil des années les transformations des quartiers populaires, des villes, des comportements, des peurs,  des risques ....

Prenez soin de vous.

Claude Léa, 31 mars 2020

Goethe  à sa fenêtre à Rome .... Et vous ? Pouvez-vous  profiter de ce confinement pour être créatif ?

Goethe à sa fenêtre à Rome .... Et vous ? Pouvez-vous profiter de ce confinement pour être créatif ?

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ET LISEZ RECLUS 2 Elisée Reclus

Publié le par Claude Léa Schneider

Elisée Reclus, d'après une photo de son ami Nadar en 1889.

Elisée Reclus, d'après une photo de son ami Nadar en 1889.

A celles et ceux parmi vous qui vous demandez- et vous êtes tout excusé-e-s- pourquoi j’ai choisi pour cette chronique de confinement ce titre bizarre, la réponse se trouve dans le clair regard qui vous observe sur la photo ci-dessus !

Certes pour certains, le nom de ce géographe anarchiste et libertaire reste sulfureux et  infréquentable, mais je suis sûre qu’un coup d’œil à son extraordinaire  biographie  et aussi à sa parentèle et à ses ami-e-s -et dans ce contexte  le féminin est particulièrement  important-  vous fera changer d’avis.

Oui  vous êtes tout excusé-e-s- de ne pas avoir entendu parler d’Élisée Reclus (1830-1905) -et pourtant aussi connu de son vivant que Pasteur ou Victor Hugo- si vous n’avez pas eu la chance d’avoir des arrière-grands-parents qui, au tout début de la Troisième République,  se sont mariés civilement, refusant le mariage religieux qu’on voulait leur imposer, et un grand –père qui possédait, dans sa bibliothèque surmontée du buste de Dante, quelques-uns des vingt volumes  de sa très célèbre Nouvelle Géographie Universelle.

Mais, fort heureusement, après un long purgatoire de près d’un  siècle,  on redécouvre son œuvre aujourd’hui.

 

Reclus, il ne l’était pas du tout, lui qui voyagea tant, dès sa jeunesse, et souvent à pied. Mais il fut malgré tout reclus dans « une quinzaine de prisons en onze mois de captivité » en 1871-1872, pendant et après la Commune de Paris (vous savez, celle dont l’histoire a quasiment disparu des programmes  scolaires….).

Le récit de sa vie extraordinaire mérite notre lecture attentive. Nous lui devons d’avoir ouvert des chemins dans  la modernité dont nous profitons aujourd’hui. Même dans notre vie quotidienne car si  vous avez l’habitude, en temps normal, de vous fournir en produits frais auprès d’une coopérative, ayez une pensée pour sa mémoire. Et en voilà un qui a effectivement contribué par ses très nombreux articles à la Revue des Deux Mondes !

ET LISEZ RECLUS 2 Elisée Reclus
île de SYLT (Allemagne) 6 août 2012

île de SYLT (Allemagne) 6 août 2012

Aimant beaucoup marcher moi-même –particulièrement sur les rivages de la Mer du Nord et de la Baltique, j’ai une grande sympathie pour ceux qui marchent. Et une grande admiration pour  les marcheurs et marcheuses penseurs.

Ce n’est pas un hasard si Élisée Reclus a préfacé le premier livre d’Alexandra David-Néel. Dont les récits de voyages font partie de mon ADN (jeu de mot facile !) et de ma bibliothèque depuis quelques décennies déjà. 

 

Ces grands marcheurs-penseurs qui nous offrent  par leur vision unique  un regard sur la Terre comme un tout, avec toutes ses espèces, dont l'espèce humaine . Ces penseurs universels –et généralement pionniers de l’écologie-   qui franchissent courageusement les  barrières et des cloisonnements académiques et universitaires.

 Et puis tiens, puisque c’est le 250e anniversaire de sa naissance, une occasion d'évoquer  Hölderlin auquel ARTE consacre justement une émission que vous trouverez ci-dessous tant que durera le replay. Vous y verrez,  parmi les intervenants l'écrivain contemporain Durs Grünbein que nous avons eu le plaisir de recevoir à la Maison de Rhénanie-Palatinat de Bourgogne-Franche-Comté après avoir traduit quelques chapitres de son livre le plus récent (qui raconte son enfance à Dresde).

Petite parenthèse, si vous avez envie de découvrir  Durs Grünbein, en allemand  ou en français.

 

Hölderlin, un autre grand marcheur à pied- et quand je dis marcheur à pied, c’est par exemple de Bordeaux (où il fut précepteur) en Allemagne. Nous qui sommes confinés quelques semaines, songez qu’il  fut contraint de  vivre reclus trente-six ans, exactement la seconde moitié de sa vie, dans une tour à Tübingen. Un poète à découvrir sans rien savoir de toutes les interprétations politico-littéraires sur son œuvre. Ouvrir un recueil avec un œil neuf.

 

Pour continuer la promenade sur les traces des géographes -écologistes-découvreurs-marcheurs-penseurs, je  passe d’un bond  à Alexander von Humboldt (1769- 1859).  C’est son frère Wilhelm, linguiste et philosophe des Lumières, et lui également, qui  ont donné leur nom à la prestigieuse Université Humboldt de Berlin.

Très méconnu des Français, depuis que trois guerres franco-allemandes sont passées par là et ont déposé une chape de plomb anti-germanique qui commence à peine à se fissurer, Alexander von Humboldt détient le record absolu des lieux commémorant son nom , y compris un cratère de la Lune. Songez que le centenaire de sa naissance le 14 septembre  1869  fut célébré dans le monde entier. Puis vint la guerre de 1870...

Une magnifique biographie, écrite par Andréa Wulf et abondamment illustrée est parue en octobre 2018. pour la traduction française. Aux éditions Noir sur Blanc. Ça se lit « comme un roman » parce que sa vie en est un !

J’aurai l’occasion d’évoquer ce génie universel dans une prochaine conférence titrée « 4M » prévue normalement pour l’automne 2020.

 

ET LISEZ RECLUS 2 Elisée Reclus

Et je termine sur un livre en cours de lecture-  que mon compagnon  a eu l’excellente idée de m’offrir pour mon  récent anniversaire : Manières d’être vivant,  de Baptiste Morizot,  jeune philosophe français,  écrivain, poète, arpenteur de montagnes et pisteur de loups. Manières d’être vivant,  propose ni plus ni moins une nouvelle perception du monde, pleine d’avenir, pour peu que quelques décideurs veuillent bien ouvrir les yeux...

 

"Prendre définitivement conscience de notre humanité solidaire, faisant corps avec la planète elle-même, embrasser du regard nos origines, notre présent, notre but rapproché, notre idéal lointain, c’est en cela que consiste le progrès."

L'homme et la Terre (1905), Élisée Reclus, éd. Libraire Universelle, 1905, vol. VI, p. 565 (texte intégral sur Wikisource)

Pour terminer, sachez que le Printemps des poètes fleurit toujours sur Station Simone, afin de vous aider à vous évader du confinement.

Et que SIMONE LIT POUR VOUS  ce sont des histoires variées lues par  nos contributeurs bénévoles, à découvrir au fil des jours sur le site de la radio  sur la page d'accueil, en cliquant sur l'onglet qui ressemble à ça :

Claude Léa, 27 mars 2020

île de Rügen, mer Baltique, 14 juillet 2014.

île de Rügen, mer Baltique, 14 juillet 2014.

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ET LISEZ RECLUS 1 Ranger la bibiothèque

Publié le par Claude Léa Schneider

Ferrare, juillet 2015. La ville de Giorgio Bassani.

Ferrare, juillet 2015. La ville de Giorgio Bassani.

Aujourd’hui  profitez  donc  du confinement pour ranger une de vos  bibliothèques, sans tricher. J'appelle tricher quand, juché-e sur l'escabeau, on déplace deux ou trois bouquins, qu'on s’empare d’un titre  retrouvé avec plaisir  et qu’on commence à le relire! J’ai déjà commis cette regrettable erreur.  Conséquences :  des crampes dans les mollets, le travail n’avance pas et la préparation du repas sera négligée.

 Or, tous les sous-mariniers vous le diront, plus on est confiné, plus il faut soigner les menus. Pas d'excuses. Vous avez le droit de faire vos courses deux fois par semaine. Il n’y a que dans les  vieux romans de SF qu’on croyait pouvoir se  nourrir de pilules. Avec le paquet de céréales, les chips ou les biscuits apéritif, ça ne marche pas non plus.

ET LISEZ RECLUS 1 Ranger la bibiothèque
ET LISEZ RECLUS 1 Ranger la bibiothèque
ET LISEZ RECLUS 1 Ranger la bibiothèque

Donc ranger la bibliothèque implique de sortir les livres de leur rayonnage, d’essuyer correctement livres et étagères et de reclasser tout. Personnellement, je préfère l’ordre alphabétique par genre. Cet exercice est d’autant plus profitable qu’il assouplit les cervicales et fait travailler les genoux. Que demandez-vous de plus en ce moment, alors que vous avez du mal à vous imposer votre gym matinale quotidienne  ?

Évitez absolument de vous attarder sur certains ouvrages : on les  sort, on les essuie, on les range et c’est tout ! Exemple à la lettre G : Le hussard sur le toit ou encore à la lettre S : L’aveuglement. Certes ce sont de très grands livres, mais est-ce vraiment nécessaire de constater une fois de plus, et alors que vous le savez déjà,  que les expériences du passé ne profitent à personne et qu’au contraire les comportements humains se répètent inlassablement ? Non ! Vous  relirez ces deux livres plus tard, quand vous serez sorti-e de votre quarantaine.

J'ignore de qui est ce malin montage et ne peux malheureusement pas en attribue l'auteur.

J'ignore de qui est ce malin montage et ne peux malheureusement pas en attribue l'auteur.

En revanche, comme le second tour électoral  est reporté en juin, je ne saurais trop vous recommander la suite de L’aveuglement  du même S, à savoir La Lucidité - qu’on peut lire séparément- car   vous verrez ce qu’il en coûte quand 83% des électeurs votent blanc aux élection municipales…

Bon, je n’ai pas commencé à ranger et déjà je m’égare …

Traduction Geneviève Leibrich

Traduction Geneviève Leibrich

Je choisis de ranger en premier cette  bibliothèque ci-dessous, une de mes  préférées : en haut, trois  rayons de théâtre, puis deux rayons de poésie et trois rayons de littérature italienne (traduite, hélas !  je ne le lis pas l’italien)

Avec un petit challenge photographique motivant : dans chacun de ces trois genres  je dois choisir trois livres :  une œuvre intégrale, plus deux livres dont un écrit par une femme. C’est comme ça ! il n’y a pas à discuter.

L'élément une fois rangé.

L'élément une fois rangé.

Je commence : j’ai presque tout le théâtre de mon très cher grinçant Thomas Bernhard, mais je l’ai prêté en bloc à une copine metteure en scène pour un futur spectacle. Je choisis donc, en hommage à nos amis Italiens  ce volume des Comédies choisies de  Goldoni en très agréable édition La Pochothèque, quinze pièces très enlevées,  tellement 18e siècle, dont le célèbre Valet de deux maîtres : on ne s'en lasse jamais.

Les Troyennes d’Euripide, adaptation de Jean-Paul Sartre, mise ne scène de Cacoyannis et musique de Prodomides : un grand moment du TNP vécu avec les copains et copines du lycée, qui m’a fait plonger à 15 ans dans le théâtre antique.

A ma grande honte, je constate qu’il n’y a que quatre auteures sur mes rayons théâtre : Colette, Sagan, Réza et NDiaye Mais pour Colette et Sagan, leur théâtre  n’est pas ce que je préfère. Marie NDiaye, je la réserve pour le rayon romans. Je choisis donc ce Théâtre de Yasmina Réza : confinement oblige, j'aime bien ses pièces en huis-clos !

Choix de théâtre

Choix de théâtre

Dans mon rayon Poésie, mes  trois choix : ce volume de Oeuvres  de Robert Desnos chez Quarto Gallimard.  On y trouve TOUT  Desnos en 1395 pages, ce qui est connu et ce qui l'est moins.  En août 1929, Desnos fait un Voyage en Bourgogne, avec sa femme Youki et Foujita, en "costumes de route "cousus par Foujita ! page 628, étape à Dijon :" Au débarquement, à Dijon, une fête, encore une, nous accueillit. Mais la cité est riche et peut se payer des réjouissances à l'instar de Paris. (...) Un quelconque congrès de la boustifaille avait attiré de nombreux visiteurs. L'avenue de la Gare était encombrée de promeneurs. Ils tournaient en rond autour du square de la Place Darcy, et, de nos fenêtres de l'hôtel de la Cloche, nous pouvions les voir se disperser  dans les rues avoisinantes, tandis que, sagement, nous buvions du vittel-cassis glacé."

Mais c'est du poète que je voulais vous parler. Que choisir ? Allez, le début de Demain, poème écrit en 1942, et qui vous remontera le moral :

"Âgé de cent mille ans, j'aurais encore la force

De t'attendre,  ô demain pressenti par l'espoir.

Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,

Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir."

Je possède un certain nombre d'anthologies poétiques, cueillies au fil du temps et j'avais succombé à  celle-ci pour son titre : Poèmes à dire (Seghers) choisis par Daniel Gélin et préfacée par Jean Vilar. On y trouve « Corps perdu », un très beau poème extrait de Cadastre d’Aimé Césaire. 

Ce petit chapitre poésie sera clos par une lumineuse rencontre de 2018 à la Maison de Rhénanie-Palatinat  : Marina Skalova,  jeune poète franco-allemande née à Moscou en 1988  qui  parle aussi le russe " J'ai conçu Atemnot (Souffle court) comme un recueil bilingue en français et en allemand. Ces deux langues sont mes langues d'écriture, sans pour autant être mes langues maternelles. L'écriture a toujours été liée pour moi à une expérience de l'étrangeté, de l'entre-deux. Dans ce texte, la parole s'éveille dans les deux langues, se reflète dans le miroir toujours légèrement déformé que l'autre lui tend, soulignant ainsi  l'altérité et l'étrangeté de chaque langage." (édition CHEYNE)

 

Choix de poésie

Choix de poésie

 Au rayon des romans italiens je choisis deux auteures. Bon je ne vous cache pas que j'ai beaucoup d'admiration pour Silvia Avallone, et notamment son formidable  roman D'Acier. Mais c'est un livre lu en vacances  sur ma liseuse numérique. Et j'ai promis de ne pas tricher !

Alors d'abord Elsa Morante avec L’île d’Arturo. Je me rends compte au passage que je possède une quinzaine de romans de Moravia, oubliés pour la plupart, mais  huit volumes d’Elsa Morante. Une époque où elle était surtout perçue comme la femme du premier. La postérité a déjà heureusement rétabli cette injustice. L’île d’Arturo, c'est l'île de Procida dans le golfe de Naples. Un beau roman d'initiation  (traduit de l'italien par Michel Arnaud  )  poétique et violent comme le paysage.

Il ne saurait pas y avoir pour moi  de "Chronique italienne" sans un écrivain turinois. Alors ? Giuseppe Culicchia ? Umberto Ecco ?  Pavese ?  Eh non, ce sera Natalia Ginzburg et Les Mots de la tribu  (Cahiers rouges, Grasset , traduction de Michèle Causse) et son humour percutant dans toutes les situations. Quel courageux foyer de résistance anti-fasciste a été Turin !

Pour terminer en beauté Giorgio  Bassani et Le Roman de Ferrare (autre Quarto Gallimard).  Ceux qui connaissent ma conférence sur Ferrare savent à quel point cette ville et son auteur fétiche me fascinent. Vous trouverez dans ce volume tous les romans de Bassani: Le Jardin des Finzi-Contini, bien sûr. Mais aussi ce roman admirable et peu lu en France : Le héron. Une journée de la vie d'après-guerre d'Edgardo Lementani en 1948.

Aux inévitables transformations sociales qui s'ensuivront après cette "guerre" virale que nous vivons, puissions-nous mieux résister que le héros de ce roman !

Claude Léa, 24 mars 2020.

Choix de romans italiens

Choix de romans italiens

Turin, la ville de tant d'auteurs et d'artistes sublimes. Photo prise un soir de mars 2009.

Turin, la ville de tant d'auteurs et d'artistes sublimes. Photo prise un soir de mars 2009.

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Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café

Publié le par Claude Léa Schneider

Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café

Chères Amies et chers Amis de l'Alliance française de Bourgogne, voici le diaporama que vous n'avez pas pu voir le 23 janvier 2020.

Je place les diapos les unes au-dessous des autres, sinon la lecture n'est pas aisée sur un smartphone.

Merci de votre intérêt et bonne découverte !

Claude Léa Schneider

clasch92@orange.fr

Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Un livre passionnant, dont il reste peut-être quelques exemplaires à la librairie du musée Magnin

Un livre passionnant, dont il reste peut-être quelques exemplaires à la librairie du musée Magnin

Le château de la Marquise du Châtelet

Le château de la Marquise du Châtelet

Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
A visiter en été.

A visiter en été.

Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
L'autre "demeure" de Rousseau.

L'autre "demeure" de Rousseau.

La dernière "demeure" de Rousseau.

La dernière "demeure" de Rousseau.

avec un itinéraire de découvertes

avec un itinéraire de découvertes

Voltaire au  chocolat !

Voltaire au chocolat !

Et Rousseau tout choco !

Et Rousseau tout choco !

Le peintre des déjeuners de chocolat

Le peintre des déjeuners de chocolat

Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
un CD sort récemment, teaser ci-dessous

un CD sort récemment, teaser ci-dessous

Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Pour répondre à une question

Pour répondre à une question

une femme d'avant-garde à découvrir !

une femme d'avant-garde à découvrir !

Les grands textes de la littérature n'ont pas été écrits pour les sujets du bac!

Les grands textes de la littérature n'ont pas été écrits pour les sujets du bac!

Et méritent d'être re-découverts quand on est adulte et qu'on les comprend mieux !

Et méritent d'être re-découverts quand on est adulte et qu'on les comprend mieux !

Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Eh oui, déjà !

Eh oui, déjà !

Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Ah .... et  puis (z)ut ! non do !

Ah .... et puis (z)ut ! non do !

Pour découvrir  celui dont un boulevard dijonnais porte le nom.

Pour découvrir celui dont un boulevard dijonnais porte le nom.

Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Voltaire, Rousseau et Mozart amateurs de vin de chocolat et de café
Les livres de Brigitte et Jean MASSIN sur Mozart  sont  passionnants.

Les livres de Brigitte et Jean MASSIN sur Mozart sont passionnants.

Pas si loin de la réalité du caractère de Mozart en fait.

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Très douée aussi, mais c'était une fille...

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Le Corton que Voltaire aimait boire "en suisse" : climats Les Perrières et les Bressandes

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un grand paysagiste peu connu en France

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Et pour finir par un sourire. Merci pour votre accueil et votre fidélité :-) Découvrez aussi les autres articles de ce site.

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Les yeux de Gohette

Publié le par Claude Léa Schneider

Goethe par Tischbein, Playmobil et Michael Sommer !

Goethe par Tischbein, Playmobil et Michael Sommer !

Ça commence un matin par une sonnerie de téléphone. Une  interlocutrice inconnue  me dit qu’elle  appelle de la part d’une maison d’édition (connue)  et elle me demande si je veux être « influenceuse ». Influenceuse ! je me dis : c’est une blague ! un  gag ?!   Je réponds que c’est très gentil de me faire cette proposition, mais que non, désolée, je ne veux influencer personne et que je suis pas qualifiée pour ça.  Et je lui demande : Mais comment vous avez eu mes coordonnées ? Et elle me répond : Sur votre site « Les yeux de Gohette »! Intérieurement je rigole et je raccroche. C’est vrai que j’ai une auto-entreprise  qui s’appelle « Les Yeux de Goethe » et un onglet sur ce blog ! Par ailleurs vous êtes tout excusé-e si vous ne saviez pas que le nom de l’auteur de Faust  se prononce « Gueut»,  mais qu’une personne prétendant travailler dans le domaine culturel ignore le nom d’un auteur mondialement connu, c’est inquiétant.

"Gohette" pour rimer avec  "goélette" ?

"Gohette" pour rimer avec "goélette" ?

Mon compagnon  se souvient d’un prof de fac racontant  qu’il avait été invité à un colloque littéraire aux États-Unis et que  l’un des intervenants américains prononçait Goethe  « Goussi », ce qui avait fait rigoler le prof  toute une journée !

Ça me rappelle aussi que, dans les années 90, un ex-candidat à la Maison blanche-dont j’ai oublié le nom- à qui un journaliste opposait comme argument une citation du même Goethe-  avait répondu très sérieusement : « Donnez-moi son n° de téléphone à ce Goethe, je vais lui dire deux  mots ! » Bon, depuis, en matière culturelle on a vu pire à La Maison blanche, et bien élu celui-là ! Et peut-être même réélu ….  points de suspension,  suspendus dans l’avenir incertain du monde.  C’est  inquiétant.

Les yeux de Gohette

Tout aussi inquiétant est de confondre Beethoven le musicien avec Beethoven le chien du film ! Rappelez-vous : si le chien s’appelle « Beethoven », c’est parce qu’il a aboyé  en entendant la 5e symphonie de Beethoven. Un musicien / un chien. D’accord,  me direz-vous, mais justementcomment ne pas les confondre  ? C’est vrai que Beethoven le musicien avait une abondante chevelure et que Beethoven le chien est un Saint-bernard avec un  poil fourni, mais c’est facile, et c’est la musique qui nous sauve, vous allez voir  :  à ce jour il y a 8 films Beethoven, dont le dernier est « Beethoven et le trésor des pirates » mais il y a 9 symphonies de Beethoven !  Donc si on vous parle de la 9e de Beethoven, il s’agit bien du  musicien qui  a composé aussi La lettre à Élise… Vous le saviez ? Non, La Lettre à Élise n’est pas  de Richard Claydermann, malgré ses 340 disques d'or et de platine. La Lettre à Élise c’est de Ludwig van Beethoven, le musicien allemand! Vous êtes sourd ou quoi ?

L'un des quatre "bras"  du Danube à Vienne :  pas vraiment  ce qu'on imaginait...

L'un des quatre "bras" du Danube à Vienne : pas vraiment ce qu'on imaginait...

Tout ça me rappelle que cet  été, on est allés à Vienne en Autriche et  que, pour préparer ce voyage, on a acheté un guide Le Petit Futé - Vienne, édition 2019-2020, et en cherchant la rubrique « pour s’y rendre » , on a eu la très grande surprise de lire p24 :

Le Danube à  moins de 3h de Paris !!!  Le rédacteur du Petit futé n’aurait pas confondu Vienne en Autriche avec Vienne en France, au bord du Rhône, par hasard ? Et personne n’aurait relu et corrigé cette énorme bourde ?! c’est inquiétant ! Vous allez encore  me dire : Vienne en Autriche et Vienne en France, comment ne pas  les confondre  ? Je vous réponds,  c’est facile, et c’est encore la musique qui nous sauve : Johann Strauss (le fils) a bien composé Le beau Danube bleu, mais il n’a jamais composé de valse qui  aurait ouvert le bal à Schönbrunn en 1867 et qui s’appellerait  La lyonnaise des eaux.  Quelqu’un me dit :  Si ! Si ! mais non !

Maison/musée  Beethoven à Heiligenstadt

Maison/musée Beethoven à Heiligenstadt

Donc en allant à Vienne (Autriche), on a eu une petite pensée pour Beethoven, le musicien, et on est allé à Heiligenstadt, dans ce village viticole, maintenant  dans la banlieue nord de Vienne, autrefois à la campagne,  où le médecin avait  envoyé Beethoven  pour qu’il repose son audition.  Eh bien je vais vous dire : si vous êtes Bourguignon ce n’est pas la peine de faire 1000km pour ça ! C’est surprenant mais Heiligenstadt  ressemble tout à fait  à Talant ! autre ancien village viticole,  limitrophe de Dijon. Vous allez encore me demander : Heiligenstadt/ Talant, comment ne pas les confondre ?  Eh bien je vais vous  répondre : c’est facile ! d’abord les bus  Divia B 10 et Liane 5  ne passent pas  Heiligenstadt : on a vérifié ! Et une autre preuve, et c’est encore la musique qui nous sauve : c’est bien à Heiligenstadt, le 6 octobre 1802 que Beethoven a écrit à ses frères pour leur dire  qu’il devenait  sourd et qu’il en était désespéré. Lettre retrouvée après sa mort  et qu’on appelle  « le testament de Heiligenstadt ».  Pas « le testament de Talant ». Cela dit il y a peut-être quelqu'un à Talant qui a écrit à son frère pour lui dire qu’il devenait sourd, mais pas Beethoven.  Mozart  est venu à Dijon, rue Jeannin, mais pas Beethoven ! Vous allez me dire : comment ne pas les confondre ? Mais là je vous dis stop !

Beethoven : page autographe du "testament de Heiligentstadt".

Beethoven : page autographe du "testament de Heiligentstadt".

Revenons à Goethe, auteur de Faust et de Werther.  Vous me dites :  Ah ! Werther’s Original ?  Mais non ! c’est vrai que les  Werther’s Original  ce sont  de délicieux   caramels au lait,  mais je vous assure, le vrai  Werther, l’« original », c’est bien celui de Goethe, dans  Les souffrances du jeune Werther,  roman culte paru à la Foire du livre de Leipzig en 1774 –eh oui déjà ! qui raconte l’amour réciproque mais impossible de Werther et de Charlotte, dite Lotte, fiancée puis mariée à  Albert ! après quoi Werther désespéré se suicide ! 

 Parce qu’attention quand même : les  deux Werther sont dangereux.  Et vous allez encore me demander : comment ne pas les confondre ?  eh bien cette fois, c’est facile :  c’est la Sécu qui nous sauve: les caramels Werther sont dangereux pour la couronne, pas la couronne des Habsbourg, non, celle que le dentiste venait de vous poser, qui a coûté bonbon, et qui justement est partie dans le caramel.  Tandis que le Werther de Goethe est dangereux pour le cœur et provoque  le suicide.  La Sécu rembourse une partie des soins dentaires et  même un peu plus si vous avez une bonne mutuelle, mais la Sécu ne rembourse pas les soins de désespoir d’amour. C’est comme ça qu’on les différencie.

Les yeux de Gohette

Ça fait un moment que je vous cite des auteurs et des chefs d’œuvre, ça commence à se  mélanger  et vous me demandez : comment ne pas les confondre ? : alors là cette fois, c’est facile et c’est  Playmobil qui nous sauve !  parce qu’un écrivain et metteur en scène allemand qui s’appelle Michael Sommer  a eu l’idée de raconter sur YouTube en vidéos de quelques minutes tous les chefs d’œuvre de la littérature mondiale rien qu’avec des Playmobil. Il fait ça depuis 2013. C’est en allemand ou en anglais et c’est hilarant : suivez le lien ci-dessous (e

Michael Sommer à la bibliothèque de Heidelberg

Michael Sommer à la bibliothèque de Heidelberg

Maintenant pour terminer, même si « Gohette » rime avec goélette, je vous assure que je ne vous ai pas menés en bateau.  Tous les faits que je viens de citer  sont  véridiques, mais je vous déconseille absolument de  raconter  cette histoire des « Yeux de Gohette » à votre chat ; c’est beaucoup trop dangereux pour lui.  Vous me demandez : Pourquoi l’histoire des yeux de Gohette est dangereuse pour le chat ?  Et je vous réponds : vous voulez voir vous voulez voir le Sha –kes- peare, le chat qu’expire ?!

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Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus

Publié le par Claude Léa Schneider

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus

Bonjour à tous, un grand merci pour vos messages d'intérêtpar mail ou postés sur les réseaux.

Avant d'envoyer les images du diaporama, je voudrais répondre à 2 questions qui m'ont été posées le soir de la conférence.

Concernant le décor de l'épée d'académicien d' Edouard Estaunié, je n'ai malheureusement rien trouvé, ni dans le discours de réception, ni sur l'onglet "épée" du site de l'Académie. Les épées décrites et photographiées sont celles réalisées par de grands joailliers, et la plus ancienne présentée est celle de Jacques Bainville en 1935. J'ignore s'il y a un descriptif de son épée caché dans les 6ml de la BPE de Dijon. A vos recherches si vous le souhaitez. Si vous trouvez la réponse, envoyez-la moi et je la publierai sur ce blog.

Concernant l'astronome Camille Flammarion qui en 1869, a prononcé l'éloge funèbre d'Allan Kardec avec ces mots : « Le spiritisme n’est pas une religion mais une science-science dont nous connaissons à peine l’ABC. », je me souviens que, habitant l'Essonne dans mon adolescence, on m'a montré son observatoire à Juvisy sur Orge, en forme de "château-fort"! Il a longtemps été en travaux.

L'article (lien ci-dessous) est extrêmement détaillé, très riche en notes et références et vous y trouverez peut-être les liens qui vous intéressent. La rénovation de l'Observatoire Camille Flammarion est maintenant achevée, et de plus je lis que "L'Observatoire sera desservi à partir de 2018 par une station souterraine de la Ligne 7 du tramway d'Île-de-France, Observatoire." Un petit voyage à Juvisy s'impose peut-être ! Bonnes recherches !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Camille_Flammarion

Photos personnelles des documents Edouard Estaunié et des différentes éditions du roman Les Choses voient avec l'autorisation de la BPE de Dijon.

Edouard Estaunié ingénieur et écrivain spirite 4/4: biblio et bonus
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NB : il se peut que l'intégralité des diaporamas soit plus facilement visible sur ordinateur que sur téléphone.
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Publié dans Les Yeux de Goethe

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